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Défi n°75 "Couvre-chef" proposé par Lénaïg pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

A partir de "couvre chef", on écrira ce qu'on voudra!

Une seule condition, glisser "qui m'aime me suive".

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chapeaux1Moustache soignée, costume trois pièces et chapeau melon, assurément symboles extérieurs de respectabilité, monsieur bombe le torse et accorde son pas à celui de madame qui s'appuie à son bras.

Chapeau de velours à aigrette, manteau de vigogne et bottines lacées, madame trottine à petits pas. Madame "a des espérances", madame est dans une situation intéressante.

Oh surprise, quelques mois plus tard des jumeaux leur sont nés et de plus "nés coiffés"! Ces chanceux qui d'instinct ont su protéger leur chef, ne pouvaient porter pour prénoms que ceux de couvre-chefs. Capellus et Capelina on les baptisa.

Ce qui les contraignit en contrepartie, à se protéger l'occiput tout au long de leur vie.

Un béguin tricoté débuta la série. L'un bleu-bébé, l'autre bébé-rosé, pour les bien différencier.

Cagoule et passe-montagne leur furent infligés pour leur hivernale première année. Affutiaux indispensables pour prouver qu'à un an, de franchir les montagnes on est enfin capable.

Puis vint le temps des chamailleries où "Renard roux rusé" emplumé d'une coiffe de Sioux scalpa, de son besson en hennin la poupée préférée. Cette mère outragée, s'empressa d'ameuter à cor et à cris sa parenté, dévoilant pour se venger que Capellus passait son temps d'écolier en versus, nez au mur d'un bonnet d'âne coiffé.

chapeaux1Un autre jour, apeurée, Capelina une mantille en bouclier, résista à son alter ego encanaillé sous le  foulard d'un pirate, qui tentait de lui faire gober des billes d'agate.

Plus tard, attifé en toréador à montéra, Capellus tenta de transpercer de son épée de bois le bois de leur petit cheval qui resta stoïquement de bois mais causa chez sa soeur un très très grand émoi.

Faire la dînette les réconcilia. Des toques trop grandes seuls leurs yeux dépassaient, à peine de quoi vérifier que l'autre, le filou, n'essayait pas de vous faire prendre des crottes de bique pour d'innocents cachous. 

Les pâtés de sable en bord de mer les réunifia en bobs flasques et flashy,  repérables de loin par les géniteurs, ou en chapeau de paille à l'élastique jamais de bonne taille, mollasson ou semi-étrangleur.

Le temps des gamineries fini, ils s'essayèrent à diverses montures.

Le cheval les intéressa un temps; leurs bombes équestres malgré leurs attaches trois points réglementaires, les virent demeurer bien piètres cavaliers. 

Ils se lassèrent de l'odeur du crottin et se motorisèrent, trouvant surtout en leurs casques intégraux l'objet de concours de moustiques écrasés, les plus gros... 

Il n'est qu'au toilettage qu'ils n'étaient pas concordants, elle encharlottait son brushing, alors que lui intégralement s'irriguait. 

Ils traversèrent l'épisode obligé mais ô combien inconfortable du métaphysique - Qui suis-je? Où vais-je? (qui souvent précède celui plus prosaïque, du - Bon sang, où sont passées mes clés?) 

Il tergiversa un moment entre le galure de doulos, le gibus ou la barrette écclésiastique (qu'en ambitieux il envisageait comme tremplin vers la mître d'évêque et sans aucun doute jusqu'à la tiare papale suprême). Il balançait en balançant des cailloux dans la mare, en ricochets ratés... 

chapeaux2Quant à elle, longuement elle hésita - La cornette de nonne me rendrait bien mignonne mais quelle besogne quand on la lave puis l'amidonne...le bibi à voilette coquine perché sur le feu d'une perruque léonine me ferait-il ou non économiser la brillantine?... 

Finalement, l'une inclina sur son oreille gauche le bleu marine du béret d'un pensionnat de jeunes filles de bonnes familles. L'autre tâta pour un temps de la marine. Il n'autorisait l'approche de son bachi à houpette rouge - porte-bonheur à une nuées de gloussantes donzelles, qu'après avoir prévenu - qui m'aime me suive!  

Il y eut l'époque sans le sou des faluches estudiantines à fanfreluches et des bicornes; puis la saison des champs de courses où sous canotiers et capelines, on perd ses sous. Et enfin l'étape des panamas ruineux et capuchons d'organza vaporeux en appeaux de partis fortunés.

Ils voyagèrent. Cette mode était  dans l'air. Collectionnèrent des fez, des fichus, des képis et aussi des sombreros, des borsalinos, des chèches et même des chapskas qui moisirent dans un grenier sous les toits... 

Et un jour...

Sous un voile blanc elle dit oui à un monsieur gai comme un bonnet de nuit.

Lui, donna son assentiment à une femme en turban blanc; ils ont eu dix enfants.

Elle, à présent c'en est fait, de veuve a coiffé l'attifet.

Lui, lassé des couvre-chefs, d'une calvitie cabocharde doit supporter les effets...en hiver son crâne est glacé et en été, pelé...

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Ainsi passa la vie de ces deux "nés coiffés". Qu'en aurait-il été s'ils ne l'eussent été?... 

 


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Défi n°74 "Objets inanimés avez-vous donc une âme?" proposé par Enriqueta pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

"Objets inanimés avez-vous donc une âme"?

Choisissez un objet et racontez-nous sa vie humanisée et ses relations avec vous.

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Elle avait le trac. 

Sa main tenait ma poignée bien serrée.

Je la chaperonnais, tout fier d'être le cartable de sa première rentrée.

Elle était encore bien petite et j'étais tout petit,

teinté de rouge brique et mon cuir simili  fait de carton bouilli.

Dans mon giron brandillaient un chiffon, une ardoise et son crayon,

minimale provision pour apprentie-écrivaillon.

cartables

Vint ensuite pour elle le temps de l'éducation -primaire -pour- tous- obligatoire;

là encore, de l'accompagner me suis fait un devoir.

Me rendant guère plus rond, elle a nourri mon ventre,

d'un cahier du jour vénéré, protégé d'un épais papier encre

à l'étiquette lignée, au grand buvard rosé, et d'un cahier de brouillon

au cache protecteur, dont le recto vantait une "garantie pure chicorée"

qui me faisait saliver.

Je n'ai pas protesté lorsqu'elle m'a un peu endolori les flancs

du bois d'un rigide plumier, riche d'une gomme, d'un crayon

et bizarrement, d'un Sergent Major en plumes... 

J'ai accepté sans broncher le vaste mouchoir en boule, à la fois soulageur de rhume

et secoureur de genoux meurtris et aussi les images en double de "La vache qui rit".

Lorsque d'une éducation secondaire la chance on lui donna,

elle me jugea peu adapté à ce nouvel état

et me préféra un immense portefeuille en véritable boa,

cadeau d'une parentèle exilée dans les îles.

Bien étonnée fut ma peau de reptile

de se voir trimballée chaque jour, six kilomètres-aller

et au retour autant, par soleil, gel, pluie ou grand vent 

sur le porte-bagages de ma collégienne à vélo.

Le plus saugrenu et le plus rigolo,

c'est qu'elle m'appela "vache" en argot de potache!

Joufflu de plus en plus, converti en serpent ruminant,

dans mes flancs j'enserrais de nouveaux enseignements;

sur elle me calquant, j'abhorrais ce qu'elle détestait,

j'appréciais ce qu'elle affectionnait. 

Ainsi pour l'histoire, la géo et l'Allemand

je me montrais des plus tolérant. 

Pour le dessin, les sciences nat et surtout les rédac

j'élargissais mes soufflets tout grands,

qui devenaient mâchoires tels étaux d'établis

dès lors que paraissaient les maths et la géométrie.

Au lycée, en pension mon adolescente j'ai suivi.

Elle m'a gavé de physique, de chimie,

instruit des rudiments du droit, de la sténographie.  

Avec dame philosophie m'a prié de faire amie-ami.

M'a dévoilé le curieux alphabet de la dactylographie,

m'a fait entrer en sympathie avec la biologie.

Délaissant "guten morgen", prit le pli de me saluer "good morning". 

Complice je me liguais contre ses perpétuels ennemis,

écrasant pour lui plaire leurs interros honnies dans mes sombres replis.

Pour me remercier elle me bombardait de papiers or chiffonnés

au subtil parfum chocolaté, dont elle et ses amies

se régalaient dès qu'un menu plaisir les mettait en joie

ou que d'une poussée de mélancolie elles devenaient les proies.

Ensuite, en cartable numéro trois, je me suis retrouvé 

sac vintage en daim couleur chocolatée, silencieusement à ses pieds bien calé,

tandis que sur les feuilles anonymées des concours elle planchait.

J'étais là pour l'encourager lorsqu'elle en fut au stade

de ses débuts sur estrade.

Comme elle l'exigeait pendant quatre décennies,

j'ai protégé les écrits de milliers de copies.

Deux ou trois fois j'ai changé de tournure,

me prénommant tour à tour sacoche, serviette ou bien encore besace.

Fidèle, tel un servant de messe,

je l'ai suivie aussi bien par jours sombres que par temps d'allégresse. 

Il y a quelques années,

considérant sans doute son rôle comme accompli, son mandat elle n'a pas renouvelé.

Me remerciant d'un sourire de connivence, dans un coin du bureau elle m'a déposé.

Dorénavant elle ne vient m'éveiller 

que pour confier à mon giron, en précieux coffre fort

les messages que lui envoient encore,

pour certains depuis plus de quarante années,

celles et ceux qui, pendant deux ou trois ans, ont avec elle marché

et qu'elle a écoutés, poussés, stimulés, réconfortés

 et encouragés à se hisser en haut du marchepied,

leur souhaitant de vivre leur vie, alors qu'elle au quai demeurait.

Pour eux elle avait le trac, mais le dissimulait

en sa main tenant ma poignée bien serrée...

 

 

 

 

 

 

 

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D'autrefois à la campagne, simple scène

Publié le par François & Marie

Huit heures. Le matin gris, neigeux est encore jeune.

- Combin c'qu'y t'en faudrôt? que d'mainde le Mèrieu's in tindant (volontiément) san vér de quêfé-tchicoraï ê Lèïon pou qu'ê l'èrrose d'èn' ptchiète gnôle.

- Il t'en faudrait combien? demande le Marius en tendant (volontiers) son verre de café-chicorée au Léon pour qu'il l'arrose d'une petite "goutte".

- Duê, trouais cambi-es pou lè châs d'pêille, pâraye pou lê bridous, ape encô pou lè traîts dê beurcôles, quaitre, cïntçhe coulainnes, ape...

- Deux, trois cordes de cinq mètres pour les chars de paille, autant pour les licols, pour les traits des bricoles, quatre ou cinq longes et puis... 

-  J'voudrôs dê codgeaux ape èn' pougnâ d'fasselles pou man cotchi, que l'trébâtchie l'Edri-eine!

ceinture- Y'm'faut des cordeaux et gardez-moi une bonne poignée de ficelles pour mon jardin, les interrompt l'Adrienne.

- Y'ê vu! M'en faudrôt atou èn ptchiête fèn' pou t'ni man tiulatte pou d'sus mâ badrie d'flanelle, la maine ê bin déniapée!

- D'accord! Y m'en faudrait aussi une petite fine pour tenir ma culotte, par- dessus ma ceinture de flanelle, la mienne tombe en déconfiture. 

- Pou c'qu'ill te sért c'ta fasselle, ill ê-t-ill peûte ...t'âs don pouèdju tê bertalles? qu's'ébâbit lai pètronne.

- Pour ce qu'elle te sert cette ficelle, en plus elle est moche...t'as donc perdu tes bretelles? s'étonne la patronne. 

- ...C'qu'ill me sért...bin wat, ê t'ni man covie, ape man raiquiot. Ape fôdrôt-y qu'ill sê ball' en pi-e? J'vas point rincontrer l'menichtre à c't'heûr'!

- ...A quoi elle me sert...bin pardi, à tenir mon coffin (sorte d'étui métallique plein d'eau pour la pierre à aiguiser) et mon racloir (qui "décrottait" la terre collée aux outils ou aux sabots; souvent bricolé à partir d'une robuste cuillère à soupe aplatie, écrasée- raplapla). Et faudrait qu'elle soit belle en plus? J'm'en vais pas rencontrer le ministre!

- Allins-y dan, l'Mèrieu's. Songe bin à n'èt'cheindre ta bouffadge, faudrot point menttre l'fû. An va d'cheut êller din la chimbr'eud'fô, poû rapondre lê fasselles. An sèra bin au chaudot veu lê tchêdièr' d'aveu lê patates ê couchons qu'cuisant. Ape aprés, an èra ê l'étâle dê vêch's d'aveu not'sint frusquin. 

- Allons y donc, le Marius. Pense bien à éteindre ta bouffarde pour ne pas risquer de mettre le feu. On va d'abord abouter les ficelles, bien au chaud dans la chambre à four où cuisent les patates pour les cochons. On ira ensuite dans l'écurie des vaches avec tout notre attirail (saint frusquin). 

- (Sôpi d' l'Edri-eine: y'ê point trop tôt!) ...Ape mouais, j'm'en vas étr' paitronne d'man huteau! J'vas vôs mijotaïe in ban fricot.

- (Soupir de l'Adrienne: enfin!) ...Et moi, j'vais me retrouver maîtresse dans ma cuisine! J'vais vous faire un bon ragoût. 

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Dans l'étable, l'arrivée du saint frusquin met en émoi les paisibles montbéliardes.

- Corne d'auroch, des envahisseurs! rognonne la Princesse ...aucun respect pour ma pause rumen.

Carré- Vise le "moule à cordes", réplique la Lunette, j'te parie qu'ces deux là vont  "commettre". 

- Commettre?

- Ah ignorante génissonne ! Chaque hiver, le Léon et le Marius "commettent" (tordent plusieurs ficelles pour fabriquer) des cordes, des longes, des licols à partir des ficelles de chanvre récupérées après le battage des moissons.

-  Pfff...comment attaquer dans ces conditions ma séance de "rumination-réflexion sur mon je transcendantal"...Pourraient pas squatter ailleurs que chez nous, dans NOTRE allée? 

Rouet- C'est la seule longue ruelle abritée et bien chaude où ils peuvent installer le"rouet" et  le "chariot", les deux engins du "moule à cordes". Ils vont fixer des ficelles sur les quatre crochets du "rouet" et les ééé-tiii-rer... loinnnn... jusqu'au " carré". Ils pourront commencer le "commettage" en tournicotant la manivelle du rouet pour embirlificoter les cordelettes.

-....Si j'étais buffle, je dirais - Lunette, tu me blûûffes!

- ...C'est l'expérience ma jeunette... 

- ...Va s'ensuivre du bousin dans notre fabrique à bouses...

Toutoupin-  Pas de quoi vriller la caisse de ton tympan. Juste le ronron des manivelles entortillonneuses de cordelettes et  le glissement du "toupin" qui les empêche de s'emmêler. 

- ...Vont sauter sans arrêt les portes...La froidure va nous cailler la caillette.

- Meuh non, Princesse au p'tit pois, inutile de rajouter un "damart" sur  ton manteau  en bon gros cuir épais! Arrête de râler, mastique, observe et... tais-toi!

- ...grommm'll...miummm...

- Tout en ruminant, je remâche, me questionne et ressasse, pourquoi les cordiers ont-ils été si longtemps mésestimés, méprisés?... parce qu'on les jugeait complices du bourreau auquel il fournissaient la corde?... Pourquoi leurs enfants étaient-ils inscrits à l'envers et tout en bas des registres de naissance? Pourquoi l'activité de cordier était-elle la seule à laquelle les lépreux avaient accès?...

- ...miummm?... bestiales clabauderies humaines?

- ...miummm...compliqué... 

-  ... chuttt...miummmmons ensemble! 

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In fin d'jeunia.

En fin de journée.

- Y sentrôt-y l'brûle? cheup' l'Edri-eine.

- Est-ce que ça sent le brûlé? crie l'Adrienne.

  Y'ê ren, la raichur' le Lèïon, an aidoucit lê codges sô l'sevron. L'Mèrieu's d'aveu san madou frille lê pouais -foulôts, mouais j'ètiens ape j'yissie d'aveu man patte moyue. An baguenaude point trop, j'dê n'enmouner d'vant la nê, l'môle ê codges chu l'Pôlon, el an èra b'sain poû l'je qu'vint. Qu'ment y'ê la sïnt Paul aujdeu, an vai brïnchai in ptchiot cô d'aveu li!

- C'est rien, la rassure le Léon, on "adoucit" les cordes sous l'avant -toit. Le Marius brûle avec son briquet les fibres- échevelées (les poils-fous), moi j'éteins et je lisse avec mon chiffon mouillé. On fait au plus vite, je dois emmener le "moule à cordes" chez l'Paul, il en aura besoin demain. Et comme c'est justement aujourd'hui sa fête (St Paul, Patron des cordiers) on va trinquer un p'tit coup avec lui!  

Publié dans Histoire en Patois

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Défi n°73 "Autoportrait actuel" proposé par Tricotine pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Thème "Autoportrait actuel".

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Elle et les "autos".

Autosynthèse globale: homo fémina et néanmoins bipède vertical.

Automnal et accusé d'être autodestructeur: son signe de naissance. 

Autogestion, autonomie, autofinancement: fait de son mieux.

Autochenille: style de semelles vers lesquelles elle se dirige inexorablement après avoir batifolé en cases ballerines, talons aiguilles, bottes grimpantes et sandales bijoux (sans imaginer, l'étournelle, que ce ne serait pas éternel...).

Autoclave: marmite dans laquelle elle rêverait de laisser mijoter prétentieux et déloyaux de tous poils. 

auto-math3Autocuiseur: gamelle qu'elle a moult fois embecquée et torchée et qu'elle délaisse souvent pour sa noiraude et vieille cocotte en fonte bien culottée. 

Autodafé: réjouissant uniquement si alimenté de bûches consentantes en cheminée. 

Autocar et autobus: transports en commun d'elle peu prisés; ne les emprunte que par nécessité après avoir glissé un bouquet de persil anti-nauséeux dans son corsage.

 Autofocus: précieux allié qu'elle parvient rarement à bien régler, résultat: des macros tout floufloutés.

Autographe: personne ne lui en réclame, pourquoi donc?

Automatisme: se révèle dans sa capacité à peler trop de patates, l'esprit occupé par le  défi du lundi.

Automédication: la pratique parfois (elle suçote les pastilles du bon docteur Valda. Pssst, ne le répétez pas à ses pharmaciens, ils ne comprendraient pas qu'elle ait la nostalgie du chapeau haut de forme de ce rondelet apothicaire ...)

Automobile: en possède un exemplaire de douze ans d'âge. Estime que ce genre d'engin locomoteur, par ailleurs bien pratique et imperméable, doit impérativement démarrer au quart de tour, trois cent soixante cinq jours par an, sans avoir jamais à soulever indiscrètement le capot.

Automobile (bis): est-ce pour la raison évoquée ci-dessus que son garagiste lui a récemment demandé si elle s'était recyclée dans l'élevage de lérots; il en aurait découvert un nid douillet, avec provision de noix incorporée, dans le filtre à air du véhicule sus-nommé.

Automobiliste: fait partie de cette cohorte depuis... bien des décennies. S'estime spécimen attentif et courtois (hormis envers les malotrus qui passent outre le panneau " c'est pas vous qu'avez la priorité" et les radins qui semblent avoir opté pour le clignotant en option.). Prend tout- bien les ronds points dans le tout -bon sens, s'autocarrouselle en bis-tournicotis afin de déchiffrer tout- bien les pancartes. Si un flot de véhicules, animés par des autochtones, qui connaissent la grand'ville comme leur poche, l'enclavent au milieu de quatre files, elle démarre crânement au feu vert aussi vite que ces habitués blasés, à la seule différence qu'elle...elle ne sait pas où elle va, mais elle y va dare-dare, l'air très sûre d'elle, en s'autocongratulant!

Autocongratulations: s'en offre moralement une botte de temps en temps lorsqu'elle est auto-épatée de s'être sortie de situations compliquées, telles que réussir le seul sudoku qu'elle ait approché, changer le sac de la poubelle, passer l'aspirateur (grr, elle n'aime vraiment, vraiment pas) ou monter des blancs en neige sans râler qu'elle -perd-son-temps-en-boulot-de-petites-mains (ça, c'est de l'auto-vanité. Pour ne pas aller en enfer, elle va s'auto-donner-l'absolution, elle adore ça, même si c'est encore de l'auto-vanité.  Pouh, elle n'en sortira jamais!) 

Autoplastie: n'y a jamais eu recours étant dotée de deux charmantes oreilles. Qu'on se le dise.

Marie-en-Or.jpgAutoportrait: ni à l'huile, ni à l'acrylique. Ne s'est jamais risquée à portraiturer son double renvoyé par un miroir. D'abord, qui peut assurer que cette verrerie au tain d'étain pratiquerait une totale et fidèle autorestitution? 

Autorail: prénommé micheline. A gardé un souvenir cafardeux de ce moche transport en commun bicolore et bruyant, qui sentait mauvais, donnait mal au coeur et lui refilait souvent un rhume de courants d'air lorsqu'elle repartait pour la pension chaque lundi dans l'aube blafarde. En revanche, le trouvait moins antipathique douze jours plus tard dans le sens du retour à la maison, rosi par le couchant vermeil du samedi.   

Autorisation: s'octroie à présent celle de s'éveiller sans stridente sonnerie. S'accorde également celle de confondre lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche, au risque de rater le jour du camion- poubelles.

Autoritaire: avoir l'obligeance de bien vouloir remplacer immédiatement cet adjectif par "souriante fermeté", n'est-il pas? 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Couleur d'étang

Publié le par François & Marie

couleur d'étang

Marie et moi aimons cheminer dans les sous-bois de vers chez nous, dans le calme de l'hiver, nous avons chacun notre appareil photo et nous nous régalons de découvrir des tableaux abstraits à chacun de nos pas.

Chèquion d'aveu yeut' clic-clac-Kodak, Françouais ape Marie ant charchi la Vouivre din lê boûs, ape auteu dê ètinches. J'crais bin que Françouais a trovaï la Dam'bi-inche  sô la yesse, chut, cougi-vôs... fétes point d'bru...ill dreme. 

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Le chemin des étangs

Publié le par François & Marie

Prisonniers de l'étang gelé.
Lê empouaigis du dgeal sû l'étinch'.

Baton-des-etangs-.jpg

poisson-des-etangs.jpg

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La plume oubliée

Publié le par François & Marie

la-plume.jpgLa pieum' u-biée.

Pou d'sû l'ètainch' l'uziô sâ endremi.

Tout par in cô, l'dgeal l'a rèvouailli
Vit'ment è ça n'envoulé
Mâ èn' pieum' d'sa qu-uâ, ill ê raistée...
Bin, acoûte me vouêr, y'ê bin pi-e aise m'en c'en pou y poudrâler d'la sô d'sus! 


La plume oubliée.

Au-dessus de l'étang l'oiseau s'est endormi.
Tout à coup le gel l'a réveillé
Vite il s'est envolé
Mais une plume de sa queue y est restée...
Finalement, c'est bien plus facile pour saupoudrer du sel dessus!

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Pfff…

Publié le par François & Marie

Villevieux-022-2.jpg

 

- Bin, qu'ê c'qu'iêt que c'ta tét' d'entarrem'ent, t'èrôs-t-y la deure ma ptchièt' poulaille?
Ben t'en fais une tête ma cocotte, tu as un air bien déprimé.

- Y'a bin d'quouais, t'sé! Dèpeu dix je, pi-eu d'bons fricots, ren que dê airtichôts, du f'noïl à l'aigue ape d'la sope de pôrôts, pou dégraichi lê dints qu'ê djant...t'as qu'à vouêr...Pfff...
-  Y'a de quoi! Depuis dix jours plus de bons plats mitonnés, seulement des artichauts, du fenouil à l'eau et de la soupe aux poireaux, pour dégraisser les dents qu'ils disent...tu te rends compte...Pfff...

Publié dans Histoire en Patois

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Défi n°72 "Lettre d'amour délirante" proposé par Fanfan pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

" Vous écrivez une lettre d'amour  délirante ou romantique à votre boucher, boulanger, facteur, crèmier. Dans cette lettre vous introduisez quatorze mots (dans l'ordre de préférence) de la chanson "Ne me quitte pas"."

Voici les mots: oublier, s'enfuit, malentendus, coeur, couvrir, domaine, amour, mort,    feu, blé, rouge, ombre, chien, quitte.

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Mon tendre chou frisé

             Ail, ail, ail...mon Fiacre*, comment oublier le temps vernal où j'étais sous ton charme, sur un petit nuage de guimauve?Chou Frisé2

            Que reste-t-il lorsque le souvenir s'enfuit?A cette pensée ma vue se brouille, je n'ai pourtant pas récemment pelé d'oignons. Et buis, (non non je ne suis pas enrhubée, bourquoi?) malgré les seaux de bleuet casse lunettes que j'avale en tisane, pour remplacer mes lentilles égarées, j'ai de la buée sur le clavier. Aussi, pour qu'il n'y ait pas de malentendus je voudrais graver en mon coeur ta force de beau cèdre, le mauve de ton oeil* lavande en amande, ton nez en patate, ta tignasse aux épis carotte, et ton labié cerise. 

               Prends bien soin de toi, tu es précieux pour moi comme le sont pour toi tes asperges, n'oublie pas de les couvrir d'un paillis. La serre est ton domaine, tu y as pignon sur rue. Avec amour tu dorlotes rutabagas et panais. Tu te fais du souci pour les endives qui deviennent frileuses sans leur édredon de jambon et pour les pommes que tu redoutes de retrouver en compote... 

                        Ce serait la mort dans l'âme que je te verrais faire autant de bouleau pour des nèfles alors que tu n'as déjà plus un radis. On te dit en manque d'oseille et même sur la paille. Laitue? Serait-il pensable que tu me menthe(s)?

                 Le feu aux joues je me souviens de notre rocambolesque, voire carambolesque escapade dans le coing de ce champ de blé doré et rouge pomme d'amour, à l'ombre d'un grand chêne qui sentait le chien mouillé et le bouillon blanc. Ah, à cette datte, je me prenais alors pour la reine des prés...Ah ce qu'on navet riz! (et pas rhizome, croyez moi!)

              Houx! ce fut une explosion de grenade, un coup de bambou, pire que si j'avais reçu une châtaigne ou même une giroflée à cinq branches, lorsque mon avocat, qui ne mâche pas ses mots, me bassina,

- Vous perdez la ciboule! Cessez de pêcher avec cet hêtre et ne lui tressez plus de couronnes de laurier en l'estimant bon comme la romaine...il serait préférable qu'il vous quitte. Sous ses airs angéliques, il cache un coeur d'artichaut et a pris le melon gros comme une pastèque depuis qu'il en pince pour Bella Done, cette grande liane au thym fusain. Et son dernier livre à la noix! Un naveton. C'est à croire qu'il a le bulbe en pois chiche.

                      Je n'étais pas mûre pour un tel discours, je me suis retrouvée blette comme une poire. Bien heureusement je n'ai pas longtemps végété en dormance,

Mildiou! Vous m'importunez*, vieille bardane! Vos propos sont bettes et méchants.

                ...Il en est resté blanc-oïdium!

                 Hors de question que ce volubile ternisse notre romance. Comme je ne suis pas bêcheuse, je considère son discours comme caduc et te propose une  romantique réconciliation sous le gui...

                                            Ton affectionnée Pimprenelle.

 

  *  Fiacre, St Patron des jardiniers.

  *  Euh... il est de profil.

  *  En langage des fleurs, offrir de la bardane = "vous m'importunez".  

   

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Heureuse année

Publié le par François & Marie

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