Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Défi n°63 "Invitation à un repas virtuel" proposé par Eglantine Nalge, pour "Les Croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

Invitation à un repas virtuel-

 

Dans mon verger, les "Croqueurs de mots" à un buffet sont conviés.

arrosageEn les attendant, j'ai juste semé de la graine de tréteaux, les hâtifs- costauds- pas bancals, puis arrosé et laissé pousser.

Il a suffit ensuite de les saupoudrer de semence de planches "les robustes-sans échardes" et de laisser venir à bien.

Et enfin de recouvrir le tout du lin brut des nappes. Paaarfait! 

Il était temps! Portant des paniers pleins, les conviés arrivent bien décidés à mêler mets et mots afin que chacun s'y retrouve bien à propos.

Servez-vous, approchez! Il y a de quoi tous vous contenter.

Les bretzels tournicotés pour les tourmentés.

Les farces savoureuses pour les blagueurs invétérés.

Les cornichons et les citrons pour les grognons.

Le kir chanoinesque pour les mécréants qui détestent la messe.

Les niniches au beurre salé pour les amateurs de mots pimentés-sucrés.

Les biscuits roses pour les moroses.

banquet

Les vols au vent pour les rêveurs... au regard absent. 

Les vins pétillants pour les auteurs pétulants.

Le brocciu, la coppa, le muscat de Frontignan pour les amoureux des accents.

L'absinthe pour les artistes gagas de Manet, de Degas.

Les rigolos questionneront leur voisin - ti punch ou ti punch pas?  

Les malchanceux, une fois n'est pas coutume auront du bol...plein de cidre.

Les lésés souvent plumés, se vengeront sur le pâté...d'alouette. 

Les bien-aimés savoureront un gratin chouchou.

Les timides oseront le munster, le maroilles, le roquefort et même le livarot.

Les faiseurs de belles lettres se pencheront sur  les mir-a-belles.

Les tristes se noieront dans la bière et les gais dans le muscadet.

...................................................................................................................

Jongleurs des mots, épicuriens, carpe diem! 

Partager cet article
Repost0

Pour le maïs, j'ai oublié de vous dire…

Publié le par François & Marie

Pou l'trequi, j'ai ubié d'vôs dir'-

Le maïs que nous avons effeuillé ensemble chez le Louis (fin novembre 2010) a sèché pendant plusieurs mois sous l'avant toit en ribambelles d'énormes grappes, les "andouilles".

Mais2.jpgEl a bin sôchi sô l'sevron l'trequi du Louis.

Les plus beaux épis aux grains souples ont été mis de côté puis grillés dans le grand four à pain.

An a guêdjé lê pi-e braves rôs pou lè gaudes. 

Vient ensuite l'égrainage. C'est l'affaire des enfants! Il faut voir comme ils se disputent la place à califourchon sur le banc de l'égrainoir.

Fayot vouêr qu'm'en lê ptchiots freguillint quân yêtot v'ni l'temps d'l'égrenou!.

Allez hop! Avec énergie ils tournent la manivelle et s'esclaffent au tintamarre d'orage de grêle des grains qui tombent dans le seau métallique.

Rien n'est perdu, les rafles (épis dénudés) termineront en brosses à habits et en lustreuses pour souliers du dimanche! C'est elles aussi qui vont activer dans l'âtre la cuisson du fricot.

An envouyê-yot ren lê, an guêdjot les borrons pou fêr r'leure lê souyers, n'en'l'ver la pous'rôt' dê preleures, ap'atou pou l'fû du fricot! 

On va moudre finement les grains torréfiés pour recueillir une farine jaune à la saveur de noisette, "les gaudes".

gaudes3effets.jpg

Y'ê prou bon c'tê gaudes, ill sentant la neusille! 

Mêlée à de l'eau, touillée et touillée en huit (huit fois un , huit...huit fois deux, seize, huit fois quatre vingts...que c'est long!) dans une marmite en fonte noire, cette bouillie va glouglouter des heures sur la plaque de la cuisinière à bois. Plus l'épais brouet est lisse, plus il prouve l'habileté de la maîtresse de maison. Tout juste si on ne répudie pas celle qui oserait laisser des grumeaux!

Ape y faut viri, viri... La patronne a bin du maux pou qui raist' point d' catons ape ill dê avouêr l'u-ye pou qu'ê burlint point su la piatine.

Pendant de longues années, trois fois par jour, les gaudes resteront le seul aliment des gens de la terre les plus pauvres.

Y'avôt çan, ape ren d'autre, ape t'piaunos point... 

On surnommait ces coutumiers (bien malgré eux) de la farine dorée, les "ventres jaunes". 

 Ils ont gardé de cet épisode de vie un souvenir d'écuelles bien peu réjouissantes.  Il fallait souffler sur la peau épaisse des gaudes pour ne pas se brûler la langue. (On a conservé l'expression "souffler les gaudes" en parlant de qui s'endort en ronflotant en gonflant les joues!)

Leur seul luxe était de les améliorer d'un peu de lait. Ils ne se le permettaient qu'au moment des vêlages de leurs vaches montbéliardes, le lait étant interdit de vente en fromagerie pendant les périodes de mise bas. 

Dè coups, t'avôs in ptchiot d'lê, quand lê vêchs fi-int l'viau, y'ètot du nannan, t'sé!

Ils n'imaginaient pas que de nos jours, sur les meilleures tables, les gaudes reviendraient à la mode...

 Y paraîtrôt qu'aujd'eu, chu lê rupins,ê migeant dê gaudes, ape qu'ê en sant gormands!  T'y crêts-te çan? J'crês bin qu'à c't'heur' y'en a qu'sant in ptchiot maboules, t'sé t'y!

Publié dans Souvenirs

Partager cet article
Repost0

Défi n° 62 "Tout le monde veut prendre sa place" proposé par Lilou-Frédotte pour la Communauté "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

TOUT LE MONDE VEUT PRENDRE SA PLACE-

 Vous prenez la place d'un personnage ou d'un objet sur l'image. Vous racontez son histoire, ses émotions, ses impressions.

 

defi-62

Hier cet espace foisonnait de vie. 

Ce matin il est quasiment vide, figé.  

L'herbe, oui même l'herbe de la place, sous la terre s'est cachée...

Le banc a bien tenté de s'échapper vers l'arrière; il s'est creusé, creusé...

Mais ses deux pieds d'éléphant l'ont gardé prisonnier...

La poubelle, aussi vite qu'elle a pu a couru s'accoter au béton de la maison;

Rouille de trouille, elle observe, les yeux ronds. 

La bâtisse apeurée elle aussi, a juste pris le temps de planquer

En hauteur ses croisées, réduites à de petits pointillés... 

Bonz'un s'est aligné loin avec les réfugiés. 

Mains jointes il implore -  Du péril il faut me protéger,

En tronc d'arbre s'il le faut, je suis prêt à muer, pitié...

Dans le feuillage il tente de se fondre mais, va-t-il en réchapper?

En tongs et robe safran un fût a bien peu de crédibilité... 

Bonz'deux, angoissé, n'est pas là de son plein gré;

C'est cette maudite courte paille qui l'a désigné...

Il fixe la menace, tout en pupilles dilatées. 

Bouche ouverte, en apnée.

Le plat de sa main tente de rassurer,

Rien à faire, trapèzes tétanisés

Et deltoïdes bandés hurlent - Danger!

Les doigts de l'autre main sont crispés,

Agrippés au collier du tigre résigné.

Ce félidé rayé on l'a choisi; à le dresser on s'est même ingénié.

Il savait qu'à l'épreuve un jour il serait confronté.

Le moment est venu... Il lui faut assumer.

........................................... 

Tout est tétanisé. D'où vient cette frayeur?

Une angoisse est palpable, une peur...

Où se terre l'éventuel agresseur?  

...........................................

Approchez! Oui, vous... plus près! 

De vous à moi...j'ai un secret à livrer: 

Je suis le seul responsable du danger,

Et du tintouin qu'il a suscité, 

Et m'en trouve bien amusé! 

............................................

Pas sûr que vous m'ayez remarqué...

Mon tronc a l'air bien inoffensif pour un profane

Qui ignore que je suis un "douriane"*...

Et voilà l'énigme éventée!

Vous éventer, vous aèrer, croyez-moi vous aussi y courrez,

Lorsque de mes fruits vous découvrirez la fétidité. 

Mes "dourianes", des costaudes, plus de dix livres vont peser.

Banian2.JPG.jpg

D'énormes épines leur coque est caparaçonnée.

C'est leur odeur pestilentielle qui fait le plus parler d'elles: 

"Elles sont d'une puanteur socialement inacceptable". (... sic!)

"Interdites dans les lieux publics, même dans les bagages". (..sic!) 

"Leur odeur âcre et forte est proche de celle des égouts." (...sic!)

"Elle rappelle par sa putridité  alliacée,(... sic!) 

Les relents de vieilles chaussettes usagées". (si,si!..sic!)

Mais comme il en faut pour tous les goûts, 

"Les écureuils, les éléphants, les oran-outangs,

Les cochons et les tigres en sont friands" (...nan? si,si!)

C'est à leur ramassage qu'on a éduqué l'animal strié.

Il va mettre en paniers cette manne longtemps réservée

Aux seuls Empereurs de Chine. Ils étaient "envoûtés

Par ce plaisir parfumé" (... et re-sic !)

Mais ce genre de "gourmandise" doit se faire désirer;

Chaque décennie seulement, je donne à profusion

A ces moines de quoi gagner des picaillons.

En commerçant mes fruits, ils vont se faire du beurre,

Faisant leur l'adage: "l'argent n'a pas d'odeur!"

                                   ..............................................................................................

 

  * Durian: arbre de l'Asie du sud-est (prononcer "douriane", ça m'arrange!)

  

Partager cet article
Repost0

15 août

Publié le par François & Marie

Aujourd'hui c'est la fête à Marie !

Les mots des rues changent de couleur pour lui souhaiter plein de paix et de bonheur.

François

P1020411.JPG

 

Partager cet article
Repost0

Ono m'a toper

Publié le par François & Marie

- Wâââ!

oies-002.JPG

 

- Oupla! ...wââ!

oies 003

 

- Hep, wâ-wâ-wâ-wâ?

oies 004

 

- Zou! wâ-wâ!

oies 005

 

- Euh...wâ? wâ?

oies 006

 

- ...Wâ? Wâ?... wâââ-snif... 

oies 007

( Scénario et mise en scène : Marie)

 

Partager cet article
Repost0

Défi n°61 "La valise" proposé par Lénaïg pour la communauté de Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Thème "la valise"-

 

Au fin fond des feuillages de mon arbre généalogique

Je me suis découvert une aïeule métissée  Arabo-Italienne,

 wahila (sac de blé...), valigia. 

Lointainement, (1856, pensez donc!) dans "Le" Bescherelle

Elle a fait parler d'elle. 

    Valise: s f - espèce de long sac de cuir, qui s'ouvre dans sa longueur, propre à être porté sur la croupe du cheval et dans lequel on met des hardes pour sa commodité.

Voyage

 

J'ai gardé d'elle quelques traits, à quelques détails près.

Les années m'ont rendue autonome.

Révolu le temps du doux balancement

Sur la croupe chevaline, confortablement tiède,

Aux effluves-crottin...

On a vissé sur mon dos une caractérielle poignée,

Qui s'escamote ou se pousse du col... à son gré!

Puis, après des années de cogitation,

On m'a boulonné deux paires de  roulettes, en arpions.

Pour l'heure, garée dans l'ombre d'un placard,

Je perçois la voix familière de ma globe-trotteuse attitrée

Qui alentour annonce, 

- Je vais faire ma valoche!

D'une poigne énergique elle saisit ma poignée.

Holà, ce poignet a l'air bien déterminé,

A l'horizon un voyage serait-il programmé? 

Moi qui dormotais flasque, je vais enfin gonfler!

Je connais le rituel, elle m'y a habituée.

J'emmènerai ma baroudeuse dans trois jours

Ou quatre, au plus tard. Pour l'instant, elle répète.

C'est un examen blanc! Elle va m'ouvrir grand,  

Face au placard aux habits. Elle a fait le tri,

Quatre piles qui, du voyage, ne feront pas partie:

En une, le trop chaud; en deux, le trop léger;

Trois, le trop habillé; la quatre (la plus dodue)

C'est la pile-déprime, celle des "c'qui n' lui va plus"...

chemises.jpg

Me voyant béer, elle se met à m'abecquer

De hardes indispensables! Pour magasiner,

Pour dormir, ou sur le sable se promener.

Il y en a aussi pour le "s'il pleut" en ville,

Le "s'il pleut avec vent" de suroît, de noroît .

Le "s'il fait chaud", chaud tempéré (son préféré),

Chaud caniculaire (son abhorré...), avec ou sans vent coulis.

Le "s'il vente" avec soleil ou sous une grande pluie.

Le "s'il fait gris: ardoise, anthracite ou souris".

Le "si le temps fraîchit en un après-midi."

Au secours! de hardes pour sa commodité,

Me voilà débordée, saturée et gavée!

Ma parole elle voudrait faire entrer Paris en bouteille!

Sapristi, à ses nippes elle tient!  Résultat, moi qui pensais

Partir seule en voyage avec elle, las! "Adieu la valise..."

("C'en est fait, tout est fini"), me voilà condamnée à cohabiter

Avec deux autres paquetages trop neufs et trop gonflés,

(Sainte Fermeture Eclair, veillez sur nos coutures!).

A-t-elle réalisé que par Dame Nature

De un + un = deux bras, elle a été dotée?

Alors pourquoi vouloir trois bagages joufflus adopter?

Sait-elle aussi qu'il lui faudra descendre puis monter,

Pour le quai "deux", trois raides volées d'escaliers.

A faire trois fois l'aller-retour se sait-elle condamnée,

Afin de convoyer ses triplées tour à tour

Abandonnant les unes puis l'autre sur le quai,

Sorte de Mère Poucet au dilemme confrontée.

N'osant solliciter l'aide des employés

" èsèn'céèfe" casquettés battant le pavé

Qui regardaient ailleurs lorsqu'ils la croisaient.

Exceptionnellement l'un des leurs, bien luné 

(viendrait-il par son chef d'être félicité? ou augmenté?) 

Bref, un normal, lui a proposé, 

- Ma p'tit'dame, j'vais vous aider! 

Reconnaissante, elle sourit - Merci, merci!

Mais grognotte en son for intérieur

- Merci pour la B A, mais p'tite dame... p'tite dame...

1m68 tout de même, hein!

- Y'a pas d'quoi! et nous dépose sous le tableau de composition

(souvent décomposé-inversé) de Maître TGV.

Prodige! La voiture "deux" stoppe bien où il faut!

- Une minutes d'arrêt!

En soixante secondes, "p'tite dame", énergique,

Dans le gros boa nous catapulte. .

Sur un lit de fakir, inconfortable, métallique et tout froid,

Elle nous coince et nous entasse, trio bien regroupé.

Puis sans un au revoir, elle investit la place vingt trois.

Dans le sens de la marche (bien aise!), siège isolé

(bien aise-bis!), climatisation en sommeil (bien aise- ter!),

Elle y feuillette des feuillets, y rêvasse éveillée,

Y dormote à moitié, y savoure chocolat à croquer.

- Terminus! Veillez bien à ne rien oublier.

Pour elle, dure réalité, elle doit nous assumer...

Résignée, elle nous propulse sur le quai, vlam, boum, splach.

Comme des sacs de blé! (hé, hé, certains n'ont pas suivi, je les ai repérés!)

Elle nous roulette jusqu'au pied du roulant (lui aussi) escalier,

En hâte et sans nous suivre, elle nous y projette, 

Nous abandonne à notre sort de bagages non accompagnés.

Pourtant elle ne peut nous renier, elle nous a bracelés,

Nommés et prénommés, comme l'a préconisé

En annonces suaves, au son d'un carillon,

Dame Simone Hérault, voix mélodieuse des gares.

Notre abandonneuse, en bas de l'escalier, figée, attend. 

Pour elle le temps se suspend. Elle le savoure avec chouchou,

Son précieux sac besace qui la tient par le cou.

Elle se donne l'illusion de voyager enfin léger!

Elle regarde amusée les autres qui se pressent

Accrochés à leurs bagages comme à une laisse...

Fi, elle n'est pas de ceux-là! Elle se délecte ravie,

Du luxe de deux mains vides au bout de ses bras ballants.

- S'il vous plaît le temps, encore cinq secondes de sursis...

Quatre, trois, deux, un... puis pose un pied, à regret

Sur cette marche qui va grimper, grimper, grimper

Et la déposer malgré elle près d'un trio de valises vautrées.

Qu'elle  feint de ne pas reconnaître,

.............................................perfide indifférence... 

Elle est près de  nous renier.

L'oeil suspicieux d'un vigile la rappelle à la réalité. 

Elle s'ébroue et sprinte, brandissant sa monnaie,

Quand faut y aller, faut y aller! 

Décidée, elle libère de ses chaînes le dernier europhage-chariot,

A la barbe d'un grand escogriffe, interloqué par son culot, 

- Priorité! Moi meûsieur, j'ai des triplés!

Fermement, elle nous tasse sur l'engin à roulettes,

Aussi ouaté que le lit du yogi,

Et, déterminée, nous drive vers la sortie. 

Finalement à bon port nous sommes arrivées.

...Il ne reste plus qu'à espérer que les pots

De confiture-maison qui farcissent ses chaussons 

N'auront pas explosé dans le feu des actions.

...Le retour?

Que croyez vous! Même scénario, mais à rebours... 

 

Partager cet article
Repost0

Boîtes à escarmouches-

Publié le par François & Marie

 Boîtes aux lettres

Monsieur Particulier a deux boîtes aux lettres,

Conservées toutes deux par paresse.

L'une svelte, haut perchée sur son pied léger,

Le teint vert et frais, une terre cuite en béret.

Sûre d'elle, l'oeil cyclopéen vif et brillant,

Sur le chemin elle empiète d'un bon pas en avant. 

L'autre en retrait, sur pied gris et massif de guingois,

En timide petite boulotte, larmoie.

Barbouillée de lichen et de rouille,

Dans le buisson elle voudrait dissimuler sa bouille.

Il arriva que le préposé- postier, gêné dans sa  progression

Par la prétentieuse qui rayait sa voiture de fonction,

Décida, agacé de lui donner une leçon. 

Fûté, il eut l'idée de ne jeter dans la boîte pimbêche,

Que découverts bancaires et factures revêches.

Alors qu'au coffret de la modeste il confiait les épistoles

Des sourires de naissances, des mariages annoncés,

Ainsi que cartes postales joliment coloriées, 

Et autres courriers du coeur aux vélins parfumés.  

Monsieur Particulier fut d'abord intrigué.

Puis convaincu que par un esprit malin

Le réceptacle altier se trouvait habité. 

Il le brisa sur le champ et le précipita au panier.

Mettant enfin la biscornue en vedette sur son vilain pied penché.

...Et toc!

Publié dans choses vues

Partager cet article
Repost0

La mairchande

Publié le par François & Marie

(La marchande de fruits et légumes en patois.)

 

 L'aut'je, chu allaie au mairchi. Qu' m'en çan pou vouèr, j'ê bin tout ça qu'me faut chu mouais, y m'fèyôt just'in ptchiot m'lon. Y ravigote.

L'autre jour, je suis allée au marché. Comme ça, pour voir; j'ai bien tout ce qu'il me faut chez moi, il me fallait juste un petit melon pour me rafraîchir. 

 Si t'veux du bon légueume ape du brav'mirlicanton d'cotchi, y t'faut n'aller veu "la cèlébr"!

Ill ê cougnue. Ill ê ique dêpeu presqu'in d'mi centnie, d'aveu san pal'tôt ruge, san d'vantier, san chignette noèr' ape sè mitaines.

Si tu veux du bon légume et du bon fruit du jardin, il faut aller voir "la célébre"!

Elle est connue. Elle est là depuis presqu'un demi-siècle, avec son gilet rouge, son tablier, son chignon noir et ses mitaines.

marchandeAveu li, t'fê point c'que t'veux d'sê mairichaindises, crê me!

Avec elle, tu ne fais pas ce que tu veux de ses marchandises, crois-moi!

Y'a dê z'ardouaises pouêtchou su san banc.

Sur son banc, il y a des ardoises partout. 

Sê espairges diant, " quedues à la rosia, vôs'étins encô din vôtê lançus".

Ses asperges disent, "cueillies à la rosée du matin, vous étiez encore dans vos draps". 

Su sê côdres, "vô êrez en charchi dê qu'm'en çan à Pairis".

Sur ses courges, "vous irez en chercher des comme ça à Paris". 

Su sê côrgétes, "an lê pieum'point, y'ê point dê poulôts".

Sur ses courgettes, "on ne les plume (pèle) pas, c'est pas des poulets". 

Su sa sâlâd', "y'è point in éderdon pou garni l'fond du sâ" ape, "j'gaidje l'vart pou l'nanan d'mê polailles, vôs airez l'raiste".

Sur sa salade, "c'est pas un édredon pour garnir le fond du sac" et puis, "je garde les feuilles vertes pour gâter mes poulettes, vous aurez ce qui reste".

Su sê poumes è tarre, èn'r'môtraince, "ill z'amant point vouèr trop quiâ, bouchi-lê".

Sur ses pommes de terre, une remarque, "elles n'aiment pas voir trop clair, recouvrez-les". 

Aivis su sê favioles, "an lê n'ai-ye point, ê savant point noge-i, an les aitouffe, y'ê bin mi-e".

Avis sur ses haricots, "on ne les noie pas, ils ne savent pas nager, on les étouffe, c'est mieux". 

Su sê m'lons, ill aiffierme,  " sûr qu'ê sant bin bons, y'ê mouais qu'lê ai brôdaies."

Sur ses melons elle affirme, "bien sûr qu'ils sont bons, c'est moi qui les ai brodés".

Oh, ill fê point gros d' bru, ill r'gaidje si t'as bin r'luqué sê aiffiches; si t'en fê point cas, ill te fê lê gros z'u-lles, ên' vrê instruizouse!

Ape gnon rababouine, t'en aivise point, t'sé!

Elle ne fait pas beaucoup de bruit, elle s'assure que tu as bien regardé ses affiches; si ce n'est pas le cas, elle te fait les gros yeux, une vraie maîtresse d'école

Et personne ne proteste, t'avise pas de le faire! 

 

 

Partager cet article
Repost0

Défi n°60- Lipogramme en "e", proposé par Julien pour la communauté "Les Croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

Fanchon's pot au lait -

 

PerretteFanchon sur l'occiput ayant un pot au lait,

à califourchon sur un mini polochon,

affirmait aboutir sans mal à Paris.

La souris allait à grands pas, cotillon court, poids mini, 

ayant mis aujourd'hui pour avoir l'air prompt,

jupon banal,  godillots plats.

Fanchon comptait dans sa raison

tout l'usufruit du lait,

utilisait son fric pour s'offrir cocos à foison pour trois couvaisons,

- Qui vont aboutir par maints soins actifs !

La nana cogitait - Chapons, coqs, canards grandiront autour du mas;

Goupil, bon gars, laissant bonis suffisants pour avoir un cochon,

( du son! voilà porc frugal satisfait.) 

Mi-gros à l'achat, il grossira, vaudra bons picaillons.

Puis il y aura sur champ, bovins bondissants.

Youpi!

L'air gai, Fanchon sauta: lait patatras!

Tchao bouvillon, mamma-bouvillon, cochon, poussins...

Tout fut à vau- l'aqua! 

Trottin l'air assombri, toisant son capital sur sol diffus

courut pour avoir du conjoint un pardon, 

risquant moult gnons...

 

L'anodin fabliau amusa, finit bouffon, qu'on bâptisa "pot au lait".

 

Ah... qui jamais n'affabula, sain ou fou sur palais castillan,

puis "a novo" chut au sol, aussi niais qu'auparavant...  

Partager cet article
Repost0

Fruits, légumes et chaperon-

Publié le par François & Marie

- JA-MAIS ! 

 Le ton de la marchande des quatre saisons, reine de la Place du marché, bien que pédagogiquement mesuré, est impératif.

Péremptoire, son index à l'ongle carminé émerge de la mitaine jais.

- Malheureux! Ja-mais de frigo pour MES tomates élevées sur goémon, elles en cailleraient de honte. 

Un peu penaud, ledit "malheureux" promet de conserver les pommes d'or sur son dressoir, près de la photo (sans danger, juré craché!) de sa première bicyclette. En revanche, il donne sa parole, il éloignera des délicates solanacées la boule neigeuse du Mont St Michel, on ne sait jamais, la vue de cet or blanc risquerait bien les faire éternuer.

La marchande de végétaux qui investit le marché depuis plus de quarante ans, ne rigole pas avec ses denrées. Elle a de la considération pour ses fruits et légumes, ce sont ses bébés. Elle les chaperonne, les dorlote, les mignote et les bichonne.

 Opinant du chignon choucrouté aussi noir que ses mitaines, elle avertit l'acheteur qu'elle soupçonne inexpérimenté,

- MES haricots, on les cuit à l'étouffée, hein! Pas question de les noyer et les délaver à gros bouillons! Interdiction absolue!

Plus tard, les poings bien campés sur ses hanches généreuses, elle observe une blonde platine, bronzée pain d'épices, minimalistement enshortée, maximalistement enlunettée de noir, tintinnabulante des bracelets, qui se dresse sur la pointe de ses sandales-bijoux, en boudant (sans une ridule) une moue très étudiée puis flûtise,

- Je veux dê "bêêrgers ronds". 

L'air malicieux, la reine du marché réplique,

- Bonjour aussi! MES bergerons y font comme vous, y bronzent! Mais y rôtissent pas dans des cabines à UV!  Eux, y prennent leur temps, y ne sont pas encore descendus de leur abricotier, y faudra patienter...

L'adepte du bistre artificiel n'apprécia pas cette sortie et se carapata, vexée, en petits piétinements qui se voulaient méprisants mais qui étaient surtout incertains vus l'altitude des talons et le déplacement du centre de gravité causé par l'immense cabas super chic qui lui sciait l'avant bras et provoquait d'horribles fourmis jusque sous ses ongles teintés Zip inox qu'elle exhibait avec une désinvolture cent fois répétée face au miroir innée.

  

Alors qu'une snob déguisée en vacancière tâtait nerveusement et flairait suspicieusement les cucurbitacées, en marmonnant,

A PARIS pour ce prix bla bla...... melons, à PARIS... bla bla bla, à  PARIS...Bons au moins?

La marchande chevronnée informa calmement l'estivale et radine envahisseuse (après avoir précautionneusement garé ses deux mains dans la poche-kangourou de son tablier de jardinier afin de neutraliser d'éventuelles pulsions étrangleuses),

- Si MES melons n'étaient pas excellentissimes, vous croyez peut-être que je me serais amusée à les "broder"! J'suis pas dedans! Si y sont pas bons vous me les rapporterez! Et puis, si la vie est moins chère à PARIS, faut pas vous gêner pour y retourner!

  

Un chaland qui affirmait, sûr de lui, à cette vendeuse avertie,

- Les courgettes ça se pèle!  Fut fusillé d'un regard noir surgi des grosses lunettes et s'entendit notifier,

- Si vous tenez absolument à récupérer des pelures, prenez des bananes, et ne touchez pas à un centimètre de la peau de MES courgettes!

 

Un autre jour, un élément masculin que l'on avait visiblement envoyé contre son gré acheter une scarole, se fit tancer par la maraîchère,

- Et, où il est votre panier?

- J'ai pas!

- Ouais je vois l'topo, un macho avec un cabas, ça l'fait pas comme dirait l'autre. Vous  imaginiez peut-être que j'allais froisser et étouffer MA belle scarole dans un sac en plastique? Pas de ça chez moi!  Vous allez emporter votre salade sur vos deux mains bien à plat.

- Quoi! Mais elle est large comme une roue de charrette!

- Et alors? Paraîtrait qu'un homme c'est musclé, vous les avez oubliés avec le panier vos "muscs"?

- Pfff...

- On va arranger ça. Schlic schlic schlic et schlic!

- Arrêtez avec vos ciseaux, va plus rien rester...

- Vous affolez pas! J'ai juste taillé le bout des grosses feuilles vertes que Madame aurait trouvées trop amères, elles vont faire le régal de mes poulettes. Preux Chevalier, tendez les mains, voilààà, bien à plat, le Saint Graal n'est pas trop lourd à porter?...

- Pfff...

Les bras croisés sur son gros gilet rouge à torsades, le chaperon des légumes a remis froidement à sa place un chauve qui lui réclamait des "patates",

- Vous voudrez bien appeler "charlottes" MES belles pommes de terre et veiller à les abriter un peu mieux de la lumière que vous ne protégez du soleil votre crâne d'oeuf !

 

Et toc!

Je vous avais prévenus, les bons légumes régionaux sur le marché des vacances, ça se respecte et ça se mérite. A bon entendeur, salut!

Publié dans choses vues

Partager cet article
Repost0