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Défi n°81 "Enfance, enfances" proposé par 'Jeanne Fadosi' pour la Communauté "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

" ENFANCE, ENFANCES ".

Vous donnerez à votre texte la forme que vous souhaitez à partir de ce que vous inspire cette image.

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- Qui t'es toi?

- Charles-Edouard. Et toi qui es-tu?

- Marie- tout- court. T'as quel âge?

- Trois ans et une demi-année, et toi?

- T'sais, bientôt quacr'ans. T'es malade?

- Ai-je l'air d'un valétudinaire?

- Wouaille! J'te f'rai dire que tu causes compliqué! Nan, t'es pas des valets qui dînèrent,  mais comme t'es en gros manteau dans ta maison, j'm'ai dit que...

la-mode-illustree1870-d- J'ai simplement passé ma robe du jeudi en drap léger, ceinturée et  incrustée de velours, aux poignets bordés de fine dentelle; elle est assortie à mes bottines en chevreau à grain fin, semi-montantes. Et toi, on te repère de loin avec ton sweater et tu as de drôles de petites boîtes aux pieds.

- Voui, hein! C'est mon papa qui m'a fait des p'tits sabots en bois d'arbre qu'il a dit, avec des brides rouges. Et pis, t'sais ma mémé a détricoté un vieux, vieux caraco rouge de ma grande soeur pour me retricoter un beau- gilet- rouge- tout- neuf! T'as une belle bâche - de- par- terre.

Petiote bis


- C'est un tapis. Un tapis d'éveil. Nanny-Nurse a jugé qu'il serait un allié important pour mon bon développement.

- C'est quoi Nanny-Nurse- à- juger?

- C'est une Anglaise très Anglaise, très très diplômée, très pointilleuse et sourcilleuse qui ne sourit qu'en sirotant son cher cherry brandy. Depuis ma naissance, elle veille jour et nuit à me maintenir en bon état physique et psychologique.

- Hannn, mon pauvre! T'as pas d'manman?

- ...J'ai... Mère vit au sommet de l'exosphère...Mère butine d'un tournoi de bridge à une soirée à l'Opéra, de sa modiste à sa gantière, de son coiffeur à son confesseur. Mère a dû passer par là, pressée, en abandonnant son manteau et son chapeau sur ma chaise.

- Wouah! Elle est rien -qu'à -toi la chaise aux pattes d'araignée biscornues?

- Elle est mienne, mais tout contact avec sa précieuse soie Versailles m'est interdite. Seule Mère a le droit d'y jeter ses effets parfumés. 

- Parfumés! Mais on est jeudi, pas dimanche! Ma manman à moi, elle met du SentBon en pchitt à pompon que- le- di-manche. J'aime bien, t'sais! R'marque, j'aime bien aussi les aut'jours, quand on s'fait des mimis, elle sent bon le lait qui mousse et pis aussi le foin, mummm!

- Le lait? Alors elle est crémière à Paris?

- Pfff...nan, fermière- à- la -cam-pa-gne! C'est magique, t'sais, elle pose un seau sous les vaches et hop! y d'vient plein d'bon lait. Ma manman, elle m'en donne toujours un p'tit gob'let, c'est rigolo, c'est tout chaud et ça me fait des grosses moustaches toutes blanches comme celles de mon pépé! 

- Tartuferie! La fabrique du lait c'est seulement à Paris " Crémerie surfine, 3 Carrefour de l'Odéon". J'en suis sûr, j'y accompagne Nanny-Nurse qui veille à mon développement également en B.O.F. 

- Mouais! bof... t'es zinzin! Le lait c'est les vaches de moi qui le dzinguent dans le seau de ma manman et pis même qu'après on le tournicote et ça fait du bon beurre de baratte et pis y'a aussi les poules de moi, quand elles z'en ont marre de faire du caca de poule  elles se disent tiens, si on f'sait un z'oeuf ! Elles s'égosillent en s'couant leur crête et toc, quand elles crételent*, l'oeuf est tout pondu! Et même que ma mémé elle en perce un tout chaud avec une aiguille et slurp, elle le gobe pour son quacr'heures. Y'a pas tout ça hein sur ton tapis qui réveille!

- ...No...of course... 

- Tchârle's-Edouârd, your hot chocolat is ready! annonce Nanny-Nurse.

- Yes Nanny-Nurse, thank you! 

- Elle dit quoi?

- "Charles-Edouard, votre chocolat chaud est prêt"!

-  Où il est l'autre?

- L'autre?

- T'es plusieurs pisqu'elle dit "votre" tchoc'laite.

- Je suis singulier, mais Nanny-Nurse est tenue de me voussoyer. 

- Ah!... bin... moi,on me voussoie pas tellement...Ma manman elle me prépare mon p'tit panier avec une tartine de beurre au miel des ruches de mon pépé et une belle fille d' Salins* en rondelles toutes fines - Ton goutéron est prêt ma chipette! qu'elle dit. Alors, Chipette - moi va se n'installer dans l'herbe du verger et partage son festin avec les n'escargots, les roccinelles, les chourmis, le chat-minet, gros chien et même la mulette. T'sais quoi? d'main, j'vas tous les voussoyer, y vont être contents-contents, très!

- T'sais un truc, Marie-tout-court? J't'f'rai dire que j'aimerais bien être invité sur ton tapis d'éveil en herbe d'campagne. 

- Dear Tchârlédouârd, nous z'allons z'y réfléchir et vous le ferons savou-oir. A' très vite, cher!

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* Crételer: chanter en parlant de la poule qui vient de pondre.

* Belles filles de Salins: variété de pomme originaire du jura; jaune paille striée de rouge à la chair fine, croquante au léger parfum d'amande.  

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l'Armand-

Publié le par François & Marie

Lui, c'est le Georges;

dans les années trente, il épouse l'Armande.

C'en est fait, désormais on l'appelera l'Armand!

Li, yè le Djôrge.

Pou lèvôt din lê an-nians trint', ê mèria l'Ermande.

C'qui faît que d'ce je là, ê s'appala l'Ermand!

Cliche-armand.jpg

 

L'Armand, novateur, avait en projet d'aller représenter

les machines à coudre dans les foyers.

A l'idée que son Armand allait initier

des ménagères affriolées par ces alléchantes nouveautés,

Armande faisait la sourde et était prête à en découdre!

Vlà t'y point qu' l'Ermand qu'êtôt bin d'aivant gaidje,

vouillôt étr'r'montrant d' Singér.

La Ermande voyai-ôt d'in bin mauvais u-ye

san Ermand veu totes c'tê fones qu'étint fines foules de c'tê novés ingins d'coujure.

Ill restôt sodje ape il fiôt la caire!

  

Bref, pour ne point mettre le feu aux poudres

et éviter de son Armande s'attirer les foudres, 

à se convertir cantonnier l'Armand dut se résoudre...

Oubliées navettes, fusettes et canettes

il adopta un balai, une pelle et puis une brouette.

C'qui fâît que l'Ermand d'vint cantonni...

Vaillôt mi-e ubier l' sint frusquin d'coujure

ape acceptaïe la r'maisse, la pôle ape la beuriotte.

  

Il y gagna au change en empruntant ce créneau;

de compagnon des points de couture nouveaux 

il fut intronisé maître des chemins vicinaux.

Virtuose des fossés qu'il creusait et des talus qu'il fauchait,

expert en empierrage de nids de poules et d'ornières,

il étalait et damait les tas de pierres

que les paysans de corvée, lui amenaient des gravières.

E y êvôt djaigni. Li qu'èrôt viai étr' prïnce d'la coujure, s'en d'veniôt l'rouê dê tchairêres.

E creuillôt lê tarreaux, souaillôt lê tâleus ape esaitchôt lê baôchons.

El  êtôt bin aise pou grèveler lê odjnaies ape rempi-i lê creuillons.

 

Bienveillant il laissait l'herbe des accotements

en pâture aux bien maigres troupeaux des indigents.

Tout comme une couturière eut débridé les pinces des corsets,

méticuleusement, des chemins il échancrait de saignées* les bas côtés.

Les eaux s'y écoulaient, dégageant le sentier afin que les souliers

du vérificateur Agent Voyer ne fussent point mouillés!

Boun' gent, ê souaillôt point la boun' harbe dê êcoutés, y' êtôt pou lê vèchs d'èn' poure vave qu'avôt point d'chintre.

Bin soignou, ê creuillôt dê roues daves pou qu' l'aigue sait point in débodjement (dê coups qu'san Aidgaint Vouaiyer vindrôt d'aveu sê pt'chiots sou-yers!)

    

D'un vaste chapeau paillé, du soleil il se protégeait 

et sous la pluie, d'un sac de jute il s'encapuchonnait.

Il était réservé, calme et discret.

Boun' gent, ê fiôt point d' bru, sô sin chépiau d' pêille ou bin sin tchaip'ron.

 

Arrêtait son ouvrage pour échanger deux, trois mots

avec le facteur ahanant sur son vélo,

ou pour cueillir pour l'omelette du soir

une poignée de mousserons et quelques escargots.

Dê coups, ê s'êrettôt pou bacaler d'aveu c'tu potchou d' lattres qu'avôt bin du mô su sin biclou ou bin pou queudre dê mouêchirons (pou la moulette du saï), ape quêques ptchiètes caguoilles.

 

Peut-être lorsqu'il s'appuyait un moment sur son fossoir

pour effacer sa sueur d'un grand mouchoir,

percevait-il rythmés par les trilles des oiseaux,

ces mots-clés qui l'avaient fait rêver,

...tui- tchip- Sain-gè-re- pé-da-lier...

...tui- tché - fils- z'en- aigui-llées...

...cou-cou- d'coutu-rier les ciseaux... 

Quin el êtôt êpâlaïe su san fossou, pou torchi san moêtou din san mouchou,

qui c' que t'dit qu'lê zuziaux li tchintint point,

...Tui-tchip-y'ê- la -Sin-gér... tchu-tui- lê fis in- ai-gu-yllies... cô-cô, d' coujuri-in -lê -ci-siaux...

 

Allez donc savoir...

Va t'en dan savouêr...

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Saignée: petite rigole.

 

Publié dans Histoire en Patois

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Défi n°80 "Mystério" proposé par Enriqueta pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

"Vous pensiez être à l'abri dans la blogosphère, mais il n'en est rien...On dit que dans le cyberespace, il existe un blog pas comme les autres...

Il est temps d'apporter votre contribution à la légende de ce " Mystério ".

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Hourra Mys! Nos deux premiers clients, "Elle" et "Lui" viennent de cliquer- cocher.

- Youpi Tério, tope là! Quels sont donc leurs désidérata?

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mysterio.jpg

              Case n°1- Quantité (de un à douze):

Elle: trois.

Lui: douze.

             Case n°2- Aspect:

Elle: petits, courts.

Lui: longs, creux, boursouflés, subtils, filandreux.

              Case n°3- Style:

Elle: ours blancs.

Lui: paons.

                Case n°4- Usage:

Elle: boudage bien grognon.

Lui: épatage de galerie pour dîner mondain.

                 Case n°5- date et heures de livraison:

Elle: fissa.

Lui: dès qu'il vous siéra.

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- Tério, je veux bien faire une proposition à la madame. Que penserais-tu de "nan, argn, bof" et j'ajouterais gratis "zut et flûte" en petit cadeau de bienvenue!

- Ouais! Je dirais surtout Mys que tu ne t'es pas foulé les méninges, et tes maigres trouvailles de dix lettres ne nous rapporteront  pas grand chose... Écoute un peu ce que je propose à monsieur qui souhaite un épatage maximum de galerie:

" Ah... X (ou Y ou Z ), je l'ai bien connu! S'il n'avait souffert que d'apopathodiaphulatophobie, c'eût été un moindre mal, mais il était également hexakosioihexekontahexaphobe! De plus, il détestait toute odeur empyreumatique. Il avait la manie de parcourir les sous-bois pour y effemeller et cueillir la " regardez-moi". Imaginez-vous, qu'il était incapable de lire une carte routière mais déchiffrait les écrits grecs  en boustrophédon"! Bref, X (ou Y ou Z ) ce fut un grand homme! *

-  S'il parvient à placer ce galimatias dans un dîner, il méritera le titre d'épateur de galerie en chef !

- Tu vois, récupérer les mots qui ont été pianotés, mais qui  disparaissent mystérieusement et que l'on ne retrouve jamais sur l'écran, n'était pas une idée aussi fêlée qu'il y paraissait!

- Et...pas mal trouvé non plus de les amalgamer puis de les vendre en chronodrive sur " Mystério, votre scénario avec brio"!

Chut, ne dévoile jamais que le titre original était " Le blog des babillards cossards"!Chut!

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* Ah... X ( Y ou Z ) Je l'ai bien connu!  S'il n'avait souffert que de crainte pathologique de constipation, c'eût été un moindre mal, mais il craignait également le chiffre 666! De plus, il détestait toute odeur de caoutchouc brûlé. Il avait la manie d'ôter le bois mort des sous-bois et d'y cueillir la scabieuse noire. Imaginez-vous, qu'il était incapable de lire une carte routière mais déchiffrait les inscriptions grecques écrites de droite à gauche puis de gauche à droite. Bref, X (ou Y ou Z ) ce fut un grand homme!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Défi n°79 "Les couleurs" proposé par "Encre couleur à la bonheur" de Capitaine Tricotine pour la Communauté "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

Choisissez une ou plusieurs couleurs. Décrivez les sensations qu'elle(s) vous procure(nt), les souvenirs, les espoirs, les bonheurs qui y sont attachés.

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Marie - Le blanc de la neige et nos joues rougies par le froid, le bleu du...Facile ce défi!

L'oiseau - Ah non! C'est un peu court Marie!

  On pouvait dire bien des choses pardi

   en variant le ton, par exemple, voyez ici,

Cyrano2

 

 

Indigné: ah, pour être bleue ma truite l'est!

J'ai surpris le marmiton bleusaille qui tentait 

de bleu de Prusse la badigeonner!

 

Romantique: vert, velours côtelé des jeunes pousses du champ de blé.

                      roux, col de fourrure en fougères d'automne.

 

Cogitatif:  si vous grillez un feu rouge, vire-t-il au caramel?

  

Géographique: les blancs sommets dominent-ils les éminences grises?

 

Consultatif:  il avait la voix blanche, sans timbre, ce jour là il vota blanc.

  

Ornithologique: les perruches seraient-elle l'espèce la plus exposée aux volées de bois vert?

  

Médical: après examen de petit gris, petit jaune et petit noir, diagnostic: certaines couleurs auraient tendance à freiner la croissance.

 

Romanesque: duo au sang bleu à l'aube sur un pré, 

                      doublette d'armes blanches,

                      trois gouttes pourpres sur la neige.

   

Mise en garde: si on t'accorde le feu vert, veille à ne pas dépasser la ligne jaune!

  

Résigné: pour voir la vie en rose, il fumait du gris et buvait du gros rouge...

 

Agacé: cette oie blanche me gave à  fixer ainsi le blanc de mes yeux.

 

Troqueur: échangerais mail orange caduque, contre citronnade bien fraîche.

 

Ecologique: haro sur le gant de jardinage inhibiteur de main verte!

 

Anticlérical: après une peur bleue, il redoutait de rougir de confusion, de crainte de virer évêque.

 

Peintre inquiet: si le vert de ma palette tire sur le jaune, peut-on m'accuser d'association de malfaiteurs?

  

Pâlichon: la diététicienne lui ayant déconseillé de se resservir, il ne reprit jamais de

cou le urs...

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L'oiseau - Voilà en somme ce que l'on pouvait dire

                 et qui offre plus de place

                 pour bien agripper mes petites pattes!

 

 

 

 

 

 

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Aqueut' vouèr... ( écoute voir !)

Publié le par François & Marie

 

Sambadi l'mêtin chu êllé jusqu'à la grand'ville, nota p'tchèt' prêfecture.

Samedi matin je suis allée jusqu'à la grand'ville, notre petite préfecture.

J'ême bin m'proumouner sô sê brav'ercades. Quan y pieut, t'es à l'assote, quan y'a trop d'soulê, ill sant bin frêchottes, ill me bottant, n'y v'là!

J'aime bien me promener sous ses jolies arcades. Quand il pleut, on est à l'abri, quand il fait très chaud, elles sont fraîches, elles me plaisent, tout simplement!

  J'ê r'lochi lê veutrines. J'ê essay-i dè rouilléres, dê affutiaux ê couleus du premie-temps, m'ê êchté dê brav'ptchiots souillés, j'baguenaudôs...

J'ai  léché les vitrines, suis entrée essayer des effets aux couleurs printanières, me suis acheté de jolies petites chaussures, ai musardé...

Tout par in cô, d'vant chu la mechrie, j'vouais l'ridjo d'fâ bachi. La merchande de chêpiaux varrouille sa potche de d'dans, sa lemièr'clairôt. J' m'èrrette ébâbie. Qu'm'en c'qui s'fê don, que j'me dis, qu'ê fremant veu anz'heur ape le quât?  Y s'rôt-y ar'ver quêque cheuse sô c'tê ercâdes, ape que tous se s'rint mis in arrindgement pou fremer rectâ? Y'êrôt-y du diabe la d'ssô?

Subitement je prends conscience que le rideau de fer de la mercerie est baissé, que la marchande de chapeaux verrouille sa porte de l'intérieur tout en laissant la boutique éclairée. Je m'arrête, étonnée,

- Pour quelle raison les commerces cessent-ils leur activité à onze heures quinze. Est-ce qu'il serait arrivé quelque évènement qui ferait que les commerçants des arcades ferment solidairement leurs échoppes  ? Celà cacherait-il quelques maléfices?

 

 clockOh bin faut que j' says! Je r'tern' veu chu la merchande de taupés, ill êtôt touj ique à fregonner dari sa potche varrouillie; j'cugne un ptchiot coup ê carreaux.

- Qu'est ce qu'y a dan pou qu'y sait d'jà fremé à c't'heure? 

Il faut que j'en aie le coeur net! Je toque à la porte de la boutique de chapeaux,

 - Qu'est ce qui se passe pour que ce soit déjà fermé? 

- Bin y'ê qu'y ê pi-e d'midi ape le quât!

C'est tout simplement qu'il est plus de midi un quart!

Te m'crê t'y si j'te dis qu' j'avos l'air bin capot... j'avôs tout bâllement u-bié qu'an an ètôt dèpeu huit je à l'heur de tchâtemps! Y m'fê songy que le r'loge d'ma torpédo a encô èn' heûre de r'tâ (j'ching'rê quan y m' piêra, pou que j'crayes qu'y ê mouais qu' dêcide, nan mê dê coups!) 

Tu me crois si je te dis que j'avais l'air bien stupide... j'avais oublié que l'heure d'été sévissait depuis huit jours !

La pendule de ma voiture a encore une heure de retard ,j'en changerai quand ça me plaira, pour me donner l'impression que c'est moi qui décide, non mais!

 

Publié dans Histoire en Patois

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Défi n°78 "Héros de conte" proposé par "Le panier à histoires de Memette" pour la communauté de Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Choisissez un héros parmi les contes, transposez-le à notre époque.

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                          loulou                                         www.encyclopédie - desuete.com

- Le conte: subst. masc.

Communication orale (terme suranné, cf: la thèse: "De la prouesse d'un individu capable de parvenir à s'exprimer face à un autre, sans le truchement d'une quelconque technologie"), qui était jadis quotidiennement usitée par des parents (terme vieilli, voir: géniteurs ou famille élargie) n'ayant pas encore sous la main d'éléments substitutifs à l'endormissement de leurs petits d'humains (cf: la thèse précédemment citée).

- Modalité d'entrée:

Tout quidam souhaitant s'immerger dans le conte doit sous peine de rejet, prononcer la formule magique "Il était une fois..." qui le déconnectera avantageusement (pour un court laps de temps) du monde réel.

  - Contenu

Salmigondis (terme vieilli, cf: salade composée) de princes et de princesses, de reines et de rois (non liftés, donc très beaux), de rares spécimens diurnes sont visibles dans des châteaux ouverts de juin à octobre à un public harnaché de bobs, tongs et bermudas.

On y trouve également des miséreux (il faut bien contrebalancer les précédents), des chanceux (sans loto, ni roue de la fortune), des naïfs (surnommés arbitrairement "idiots de village"; par la suite, lorsque les moyens de transport se sont développés, on en a découverts moults échantillons en zones urbaines),d'ogresses, de bienveillantes fées (termes introuvables), de frivoles lutins et de taquins farfadets (termes vieillots, cf: esprits papillonnants, telles de légères aquarelles, censés représenter les bulles du champagne interdites aux enfants.)

                                            - www.quesont-ilsdevenus. com 

° Belle au bois dormant:

Attend début mai pour décider si elle sortira de son somme ou le prolongera douillettement (aux dernières nouvelles, serait tentée par la seconde option).

° Blanche-Neige:

S'est enrichie en tenant un stand de pommes d'Api sur la Foire au pain d'épices. Depuis qu'elle s'est réconciliée avec sa marâtre (qui a l'esprit occupé par un commerce de miroirs sans tain), celle-ci lui fait livrer chaque jour ces fruits juteux en abondance. Blanche-Neige les vend à prix d'or à des touristes amateurs de sensations fortes, car...qui pourrait jurer que la belle-mère, un jour de mal lunée ne glissera pas dans les cagettes une pomme empoisonnée? (suspicion gratuite provenant sans aucun doute des producteurs de poires blettes.) 

° Cendrillon:

La mode des radiateurs ont ruiné sa carrière. S'est fâchée avec sa belle-mère qui l'a privée de son passe-temps favori en embauchant une technicienne de surfaces. Allergique aux escarpins de vair, ne chausse plus que de larges bizarreries roses, clones des passoires à nouilles, modèle famille nombreuse, qui porte un nom à faire frémir de peur les orteils. 

° Petit Chaperon rouge:

A viré au géranium fané. Vient parfois saluer Blanche Neige à la Foire du Trône, sans pour autant lui acheter de pommes (qu'elle ne pourrait d'ailleurs plus croquer...) Tient en laisse un vieux loup ostéoarthritique; on murmure que ce leu fût dans le passé l'ennemi public numéro un, on a bien du mal à se l'imaginer, vu son état actuel de décrépitude.

 ° Petit Poucet:

Grand dégingandé qui fait carrière dans le cailloutis. Il vend (au prix des fragments de roches lunaires) les petites pierrailles blanches qui étaient jadis par hasard tombées de sa poche trouée. Comme les amateurs sont légion, il s'est réapprovisionné à moult reprises, se ruinant en effaceurs (comment auriez-vous fait, vous, pour occulter leurs étiquettes "made in China", hein?), afin que perdure l'a.o.p de ses graviers.

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                                        www.commentsortir -duconte.fr

Utiliser la méthode des paliers de décompression.

Reprendre conscience des bruitages alentour (-...tu n'oublieras pas de sortir la poubelle et/ou ...de changer la bouteille de gaz, et/ou...de nettoyer la caisse du chat...et/ou...de remplir la déclaration d'impôts).

Perdre l'air béat qui est souvent l'effet secondaire engendré par ce genre de lecture (méthode efficace: écouter les infos).

Et,pfff, Abracadabra! atterrir crânement dans le monde du réel. 

 

 

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Défi n°77 "Voici quelques photos..." proposé par Nounedeb pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Voici quelques photos. Comme des cartes, battez, coupez, rebattez, étalez-les et faites-en un texte.

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sea.jpg

Sale cabot!

- ...Euh certes Maître... le premier violon est parfois...

- Pauvre niais! foin du premier violon! tonne le Maestro, c'est après le clébard de la concierge que j'en ai, ce bestiau a volé ma baguette.

sea2 - ...il a volé votre sandwich?

- Pauvre niais! il a boulotté ma baguette de CHEF à pommeau de nacre d'Australie (deux cent quatre vingt dix euros, quarante quatre cts, ttc), la confondant avec un vulgaire nonosse, explose le Maître ulcéré. 

-...et...dans deux heures... le concert...

- Pauvre niais! pas de baguette, pas de concert, tranche Maestro.  

 

sea3"Pauvre niais", en dévoué factotum, observe inquiet l'estrade dressée sur le port de Dunkerque, où s'affairent les ingénieurs du son (qui ignorent encore qu'ils n'enregistreront que du silence) et les régisseurs lumière qui n'auront plus qu'à fermer leurs quinquets.

Hébété, le "sans baguette", en chef affligé, scrute ses mains vacantes et en stances se lamente.

sea4.JPG- Sans elle les cinq doigts de ma dextre ne sont que maladroits sénestres...

Sans elle me voilà Aranjuez sans Concerto, Juliette sans Roméo...

Sans elle, le vibrato trémolé du basson va expirer en frisottis mollassons.

Sans elle la guitare en son caisson va étouffer son harmonique progression...

Sans elle tout n'est qu'humiliation, déconfiture et mortification. 

A cet inconfort je préférerais être Lully... mort...

sea5.JPGAh sombre destinée, le sort en est jeté, je vole, je cours me noyer... 

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Il se rue sur la plage en queue de pie, sans quitter ses beaux souliers vernis,

Indifférent aux cris des goélands

courroucés par les pans de satin de cet oiseau géant.

Il a perdu le nord et court, court se jeter dedans la mer du nord.

Ce qu'il n'a  pas prévu, le ballot 

c'est qu'à marée basse, très très loin sont les flots.

Hors d'haleine il halète et stoppe net,

Ecoeuré, humilié de devoir sans eau se noyer. 

Les deux pieds empêtrés dans une sorte de galimafrée

délaissée par la dernière marée, il se laisse choir, désespéré.

Plouf! il chut, le séant dans les détritus.

Accouru, son vigilant factotum qui ne perd pas le concert de vue,

dégote dans le fatras où gît le postérieur de son supérieur, 

une branchette de bois, qui lambinait par là.

Il fait ni une ni trois, ramène sur la digue un Maestro un peu déboussolé,

qu'il requinque d'un cordial mêlé à une bière ambrée.

sea6.JPGIl lui met en main le bois flotté poli, d'un très beau blanc cassé,

aunant exactement deux cent quarante deux millimètres,

norme la plus proche du nombre d'or qu'affectionne le Maître.

Nul ne sut pourquoi ce soir là, le chef, bienheureux et béat, sous un feu d'artifice doré, tournant le dos à son orchestre,  marquait la mesure de sa baguette drossée, face à une mer argentée...

 

  

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La garde des seaux

Publié le par François & Marie

Marie à l'œil, quand elle chemine, pour faire revivre les objets lentement laissés dans un sommeil solitaire, ils nous rappellent qu'ils furent vivants à une époque où les contenants métalliques étaient très utilisés, c'était "l'âge du faire" .

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Publié dans choses vues

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Défi n°76 proposé par Lilou-Frédotte pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Thème "Au pied de la lettre".

Inventer une histoire à partir d'une expression telle que "donner sa langue au chat" ou toute autre, choisie dans le poème de Claude Roy.

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COUR DE CASSATION, mars 2012.

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auraIl (avocat général) - Accusée,veuillez décliner votre identité.

Elle (accusée) - Aurore Rhodium79 impasse des Orfèvres.

Il - Vous reprochâtes des babioles à la victime, qu'exprimâtes-vous?

Elle - C'était un veau à tête d'aigle*.

Il (étonné) - Vous l'estimâtes pourtant bel homme, du genre...étalon.

Elle - Cessez de lui tresser des auréoles... 

Il - Vous le laminâtes?

Elle - Il me donnait envie de le tréfiler.

Il - Et pourtant il restait coi.

Elle - Le silence était son principe absolu...

Il - Le droguâtes-vous?

Elle - Si peu...En minces feuilles sur des chocolats.

Il - ...et en dose massive d'antibiotique... Le jour de vos cinquante ans de mariage, ,vous le plaquâtes.

Elle - J'en avais l'opportunité!

Il - Afin de perpétrer votre crime, il vous fallait une bonne base.

Vous choisîtes un individu généreux au coeur d'or, qui se trouvait être un ingénieux aux mains en or

Vous le gavâtes de confiseries dorées à la feuille, le rendîtes accro à la poudre jaune dorée de l'auréomycine et lui offrîtes des vacances sur une plage au sable aurifère, où il se fit dorer la pilule.

Vous attendîtes patiemment le jour de vos noces d'or pour le plaquer et le rendre ainsi, à coup sûr totalement  conducteur d'électricité, si bien qu'il se désintégra et fondit dès qu'il voulut se raser.

Vous le ramassâtes à la petite cuillère sans chausser vos lunettes et à la hâte le moulâtes en lingot. Ni vu ni connu, le corps avait disparu.

Vous parvîntes presque au crime parfait. C'était compter sans la vue perçante de votre banquier (qui sortait de chez Arf- le -leu) bien étonné de retrouver deux fers de protection profilés pour le bout des chaussures, au milieu de tout cet or fondu.

Vous fîtes donc disparaître cet homme en or avec, ce me semble, une once de préméditation, c'est pourquoi je requiers une peine exemplaire pour cette histoire à dormir debout, qui vaut son pesant d'or.

idee.jpgElle - Le dissoudre dans le cyanure eut été bien tentant, j'y songerai pour le suivant...

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* Veau d'or, estampillé "or massif".

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Défi n°75 "Couvre-chef" proposé par Lénaïg pour les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

A partir de "couvre chef", on écrira ce qu'on voudra!

Une seule condition, glisser "qui m'aime me suive".

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chapeaux1Moustache soignée, costume trois pièces et chapeau melon, assurément symboles extérieurs de respectabilité, monsieur bombe le torse et accorde son pas à celui de madame qui s'appuie à son bras.

Chapeau de velours à aigrette, manteau de vigogne et bottines lacées, madame trottine à petits pas. Madame "a des espérances", madame est dans une situation intéressante.

Oh surprise, quelques mois plus tard des jumeaux leur sont nés et de plus "nés coiffés"! Ces chanceux qui d'instinct ont su protéger leur chef, ne pouvaient porter pour prénoms que ceux de couvre-chefs. Capellus et Capelina on les baptisa.

Ce qui les contraignit en contrepartie, à se protéger l'occiput tout au long de leur vie.

Un béguin tricoté débuta la série. L'un bleu-bébé, l'autre bébé-rosé, pour les bien différencier.

Cagoule et passe-montagne leur furent infligés pour leur hivernale première année. Affutiaux indispensables pour prouver qu'à un an, de franchir les montagnes on est enfin capable.

Puis vint le temps des chamailleries où "Renard roux rusé" emplumé d'une coiffe de Sioux scalpa, de son besson en hennin la poupée préférée. Cette mère outragée, s'empressa d'ameuter à cor et à cris sa parenté, dévoilant pour se venger que Capellus passait son temps d'écolier en versus, nez au mur d'un bonnet d'âne coiffé.

chapeaux1Un autre jour, apeurée, Capelina une mantille en bouclier, résista à son alter ego encanaillé sous le  foulard d'un pirate, qui tentait de lui faire gober des billes d'agate.

Plus tard, attifé en toréador à montéra, Capellus tenta de transpercer de son épée de bois le bois de leur petit cheval qui resta stoïquement de bois mais causa chez sa soeur un très très grand émoi.

Faire la dînette les réconcilia. Des toques trop grandes seuls leurs yeux dépassaient, à peine de quoi vérifier que l'autre, le filou, n'essayait pas de vous faire prendre des crottes de bique pour d'innocents cachous. 

Les pâtés de sable en bord de mer les réunifia en bobs flasques et flashy,  repérables de loin par les géniteurs, ou en chapeau de paille à l'élastique jamais de bonne taille, mollasson ou semi-étrangleur.

Le temps des gamineries fini, ils s'essayèrent à diverses montures.

Le cheval les intéressa un temps; leurs bombes équestres malgré leurs attaches trois points réglementaires, les virent demeurer bien piètres cavaliers. 

Ils se lassèrent de l'odeur du crottin et se motorisèrent, trouvant surtout en leurs casques intégraux l'objet de concours de moustiques écrasés, les plus gros... 

Il n'est qu'au toilettage qu'ils n'étaient pas concordants, elle encharlottait son brushing, alors que lui intégralement s'irriguait. 

Ils traversèrent l'épisode obligé mais ô combien inconfortable du métaphysique - Qui suis-je? Où vais-je? (qui souvent précède celui plus prosaïque, du - Bon sang, où sont passées mes clés?) 

Il tergiversa un moment entre le galure de doulos, le gibus ou la barrette écclésiastique (qu'en ambitieux il envisageait comme tremplin vers la mître d'évêque et sans aucun doute jusqu'à la tiare papale suprême). Il balançait en balançant des cailloux dans la mare, en ricochets ratés... 

chapeaux2Quant à elle, longuement elle hésita - La cornette de nonne me rendrait bien mignonne mais quelle besogne quand on la lave puis l'amidonne...le bibi à voilette coquine perché sur le feu d'une perruque léonine me ferait-il ou non économiser la brillantine?... 

Finalement, l'une inclina sur son oreille gauche le bleu marine du béret d'un pensionnat de jeunes filles de bonnes familles. L'autre tâta pour un temps de la marine. Il n'autorisait l'approche de son bachi à houpette rouge - porte-bonheur à une nuées de gloussantes donzelles, qu'après avoir prévenu - qui m'aime me suive!  

Il y eut l'époque sans le sou des faluches estudiantines à fanfreluches et des bicornes; puis la saison des champs de courses où sous canotiers et capelines, on perd ses sous. Et enfin l'étape des panamas ruineux et capuchons d'organza vaporeux en appeaux de partis fortunés.

Ils voyagèrent. Cette mode était  dans l'air. Collectionnèrent des fez, des fichus, des képis et aussi des sombreros, des borsalinos, des chèches et même des chapskas qui moisirent dans un grenier sous les toits... 

Et un jour...

Sous un voile blanc elle dit oui à un monsieur gai comme un bonnet de nuit.

Lui, donna son assentiment à une femme en turban blanc; ils ont eu dix enfants.

Elle, à présent c'en est fait, de veuve a coiffé l'attifet.

Lui, lassé des couvre-chefs, d'une calvitie cabocharde doit supporter les effets...en hiver son crâne est glacé et en été, pelé...

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Ainsi passa la vie de ces deux "nés coiffés". Qu'en aurait-il été s'ils ne l'eussent été?... 

 


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