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Caisse dong, dis-dong.

Publié le par François & Marie

 

 Comtoise2-pola.jpgRustique, me voilà désignée ! 

 C'est faire bien vite fi du port droit de ma tête couronnée.(on dit que les pendules comtoises sont rustiques lorsqu'elles sont droites en haut, quand elles ne font pas le chapeau de gendarme)

 Obèse ne suis point, seulement généreuse de hanches.

Ne me parlez pas de régime ! Que l'on me prive de poids et me voilà sans force.(ses poids sont sa force motrice

La rondeur de ma face aurait-on prise pour cible, y forant deux pertuis? (deux trous pour la remonter)

Un couple (les aiguilles) s'y démène, s'y croise ça et là, s'évite, se rejoint, s'y stoppe net, paralysé.

Pour un temps, leur vie ne tient qu'à un vil... vilebrequin.(manivelle pour remonter) 

D'un litham(voile) tristement muselée, il m'arrive d'annoncer qu'une vie est brisée.(on voilait les miroirs et les horloges que l’on arrêtait quand quelqu'un mourait dans la maison)

Et de loin je préfère en cadence osciller et chanter !

 

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La nai potche aivis

Publié le par François & Marie

( La nuit porte conseil en patois.)

nuit bleue coups, t'âs bin dè pouènes, dè sôcis, dè mâleux, dè maux. Vouè don qui fè maux tout çan...
Tè tirvauchi à hue ape à dia. Te sais pi-e su qué pi dinssi. 
Te ragonnes, te taingnes, te piaunes, te rababouines, te miaunes mém' dè coups quand y'a nion que t'vouè.
Te crè que t'vas point t'en sotchi, tè empatroïlli, emberdouilli, t'en jottes, t'en âs l' lodjiot.
Te voudrôs j'ter lez tè sôcis, t'asster ape pi-e bouji. T'seus prêt à t'èvarer.
T'sens qu'te patrouïlles, qu'te barquoïlles, qu'te gadrouïlles dan in gouillat, te t'enrousses.
T'cheup'! Mè y'a nion qu't'acoute, te te r'trouves qu' m'en si t'ètôs cul su bredouille din dè sédjons...Te r'sem-bi-e à in'épatau.
T' vouè point d' bârche, t'âs point d' brinches pou t' raicrechi,  t'vas meuri din l' tareau...
T'sais pâs c'que t'vâs fér, y t'faut bouèr' èn' boun'goutte, t'mètre in carron bin chaudot dins tan lié, in bounot d'nai, ape dremi, dremi, dremi!
T' vouèrâs, l' je d'aprés, quin tin poulôt chintrâ, y'erâ bin mi-e tout çan. T' sèras qu'ment fér pou èrriver au bout l'bout.
 T'sais la nai potche touj aivis, crè-me! 

Publié dans Histoire en Patois

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Défi n°47 "La nuit porte t-elle conseil?" proposé par Lénaïg pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

 

Défi n°47 proposé par Lénaïg pour les Croqueurs de mots 
bleu-nuit.jpg
Parce qu'hier tes soucis et tes peines étaient un hirsute embrouillamini de flèches acérées, tu as prié la nuit de s'activer en habile cardeuse.
Puisque tu lui as fait confiance, au matin l'écheveau ébouriffé était ébauche de peloton. Certes imparfait, bancal, aplati, irrégulier mais enfin accessible.
A toi de le dévider. Ce n'est pas simple. Le brin par places s'effiloche, au bord de la rupture. Il te faut le consolider, le rafistoler, en démêler les nœuds, en éliminer les bouloches, en raviver la couleur.

Parce qu'hier des événements fâcheux et pesants en sombres astronefs t'engluaient et te glaçaient d'effroi, tu as supplié la nuit de t'en affranchir.
Puisque tu as cru en son souffle libérateur, au petit jour les silhouettes de tes ennuis planaient à l'horizon, amenuisées et colorisées par l'aube. Retombée la pression, temporisée la colère, apprivoisés les tracas, ravalées les déconvenues.

Parce qu'hier ton esprit était une maison mal tenue, désordonnée, âcre de relents amers, gémissante de douleur, tu as conjuré la nuit de s'affairer.
Puisque dans le lâcher prise de ton sommeil, tu lui as donné permission d'aérer, dépoussiérer, récurer, panser, faire place nette, un rêve s'y est glissé porteur d'une ébauche de solution. Il suffit de lui accorder du crédit pour qu'il t'aide à découvrir les remèdes qui sont déjà en toi.

Parce qu'hier en orgueilleux, tu as cru tout pouvoir résoudre seul, tout maîtriser, tout démêler, ta nuit blanche t'a laissé dans le noir.
Puisque tu y côtoie vampires et loup-garous, en cabochard borné, tu ressasses, remâches et rumines. Vindicateur, tu prémédites des vengeances raffinées. Fuir la sagesse de la nuit te nuit.

Parce qu'il y a des chouettes chevêches, des travailleurs de la nuit, des hulottes, des noctambules impénitents, des grands-moyens-petits ducs, des insomniaques et des chauve-souris, le rôle de la nuit est remis en question.
Puisque nous ne pouvons survivre qu'en étant d'incorrigibles optimistes ou des pessimistes gais, croyons donc que nous sommes inspirés par nos rêves. Bonne nouvelle, on peut aussi rêver en plein jour !

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Caisse dong ?

Publié le par François & Marie

Comtoise2Rustique, me voilà désignée! 
C'est faire bien vite fi du port droit de ma tête couronnée.
Obèse ne suis point, seulement généreuse de hanches.
Ne me parlez pas de régime! Que l'on me prive de poids et me voilà sans force. 
La rondeur de ma face aurait-on prise pour cible, y forant deux pertuis? 
Un couple s'y démène, s'y croise ça et là, s'évite, se rejoint, s'y stoppe net, paralysé.
Pour un temps, leur vie ne tient qu'à un vil... vilebrequin. 
D'un litham tristement muselée, il m'arrive d'annoncer qu'une vie est brisée.
Et de loin je préfère en cadence osciller et chanter!

À suivre…

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St Vincent

Publié le par François & Marie

SaintVincent.jpgSt Vincent, patron des vignerons -22 janvier-

" A la St Vincent, le vin monte au sarment."
" Pou St Vencent, y'a du r'jingot din l' bôs d' veugne."

" A la St Vincent, l'hiver perd ses dents ou les retrouve pour longtemps."
" Pou St Vencent, l'hivâ décanille ou bin se r'tend!"

Publié dans Dictons

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La goutte -2-

Publié le par François & Marie

alambic-2-.jpg- Ah! miss cornue commence sa croisade, bougonne la vieille chaudière boucanée.

- Cette miss est un mister et...  pour moi un... mystère, rectifie en soupirant le petit égrenoir qui en pince pour l'alambic.

- Je sais, persifle sa grâcieuseté la macro-casserole , mais un mister qui bling-bling de tous ses cuivres me laisse plus que perplexe...
Chaque année, elle accueille fraîchement la rutilance de cet itinérant. Elle envie le statut respecté de distillatrice de cette grande bringue dorée, alors qu'elle, ne fait cuire que des patates, pour les cochons...
- Arrête de ronchonner bâille le four à pain de ménage, ça va nous faire de la compagnie et puis ça nous changera de tes odeurs parmentières!

cocotte- Tout le monde ne peut être grand maître boulanger fleurant bon la levure, regrette la grosse cocotte en gigotant du couvercle.
- Ah, tu l'as fâchée ferraille le concasseur d'avoine, elle va bouder et nous éclabousser de mécontents glops-blups-glops!
L'égrenoir à maïs reste coi, le rouge de sa peinture vire au vermillon, il est sous le charme...
- Contente d'être arrivée à bon port, susurre la belle rousse. Tu n'as pas un peu forci, chaudronnette?
- Occupe-toi de tes cucurbites! s'étouffe la boudeuse offensée.
- On va s'en occuper demain, confirme la belle en clignotant en direction de l'égrenoir qui bée! Dès le lever du soleil, vers huit heures quarante, le Léon sera autorisé a débuter la première "cuite" d'où sortira le blanc-argenté de la « blanquette ». Vers midi, il fera une deuxième charge en y mêlant le moût . Episode délicat, il lui faudra surveiller de près l'intensité du feu et le degré de l'alcool que je lui distille méticuleusement. Il est champion dans le maniement de l'alcoomètre. C'est même un prestidigitateur lorsqu'il bassine d'une lampée de goutte les épaules de mes cucurbites. Il les embrase en battant le briquet et apprécie la puissance de l'alcool au bleuté de la flamme.
- Champion...Prestidigitateur...s'empourpre l'égrenoir. 

- Tu as une grande responsabilité admire le gros four.
- Celle d'offrir au Léon une eau de vie de marc du Jura, tout bonnement!
- Ahhh... s'extasie égrenoir, cerisé !
- Il a l'œil le Léon, il repère quand sa "goutte" est à point , ajoute la brillante retorte. J'attends avec émotion le moment où il récupère un peu du précieux liquide sous la "guillerette". Si ses yeux brillent à la vue du collier de petites bulles d'air autour de son verre et s'il murmure - Ill è bin, ill fè l'chapelet!, je jubile et soupire d'aise, fière d'avoir accompli ma mission!

Il n'a pas que l'oeil, mon Léon, il a de l'oreille!

- Ouais, il a TOUT, le mon-Léon, se rembrunit égrenoir cramoisi.

- Il capte les vibrations de la vapeur et sait en doser les ardeurs, s'amuse la lady .

A dix sept heures seize, au coucher du soleil, il me mettra au repos. Sinon, gare aux contrôles des "rats de cave" qui surveillent les horaires légaux. 

La fumée de la chaudière et les senteurs d'alcool dénoncent les fraudeurs qui risquent gros.
Tous sont d'accord, même la boudeuse marmite pour affirmer que le Léon n'est pas de ceux-là!
Le Léon fraudeur, ça jamais! Au grand jamais

Juré, attesté, assuré, certifié, signé et contresigné par les tartufes associés de la chambre à four du Léon!

 

alambic-2-Dans la chimbre d'fô, l'ailambic a r'trové l'fô à pain d'ménège, le m'lin à avouèn', l'vougrou à trequi. Tous c'tè l'aimant bin, surtout, le ptchiot vougrou! Y'a renqu' la chaudi-ière à poumètares ape bolognes dè cuchons qu'y a fait la caire , y'è èn' jailouse!
Fautdrôt dir' atou qu'ill bling-blingue gros d' sè cuivres c'ta bâlle rossote!
Ill s'met du sentibon au marc du jura, y'è pas ren! Poutchant, ill è point bégueule, ill fè c'qu'ill a à fèr', y'è tout.
Ill lè a ébarlutés en diant bin du bin du Léon qu' savot bin la mignoter pou qu'ill li beille d'la bonne goutte.
Ill a causé du l'ver ape du queuchi du soulè, d'la blanquette, d'la guillerette, d'l'alcoométre, du fu su sè cucurbites, du chaiplet d'bulles, dè rats d'caves... 
E z'en ètint tout trebillôts! Mém' la ville mermite toute gaudrônnée en a ubié d'ragonner, y'è pou dir!

Publié dans Souvenirs

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La goutte -1-

Publié le par François & Marie

Alambic_bussard.jpg- On commence comment "la goutte" cette année, en ambulant ou en fixe? demande le Milon en rajustant les bretelles de sa bouille à lait.
- En ambulant, assurent deux ou trois bien renseignés.
Pour réchauffer ce petit matin de janvier, tous suçotent leurs mégots de Gitanes papier maïs. Ils reprennent leurs vieilles bécanes qui les ont amenés à la "coulée" matinale de la fruitière à comté.
- Y a plus que trois fixes précise l' Eunésime: le Louis qu'est hospitalisé, le Glaude qui passe l'hiver chez sa fille et le Marius qu'est pas pressé!
- Je commencerais bien annonce le Léon, pour être tranquille après. La Blanchette et la Lunette vont faire le veau vers la fin du mois, ça me ferait moins de tintouin à gérer en même temps.
- C'est bien facile, surtout que t'es le plus près pour récupérer l'alambic. On pourrait continuer en suivant si ça arrange tout le monde. A raison de deux jours en moyenne par bouilleur de cru, dans les deux mois, tout le monde aura fait sa goutte.
- Peut-être même avant. Est-ce que les Déchamps et les Essarts voudront distiller cette année? Les pères sont morts cet été, si les enfants prennent la relève, ils vont être taxés plein pot! 50% sur les dix premiers litres, 100% sur le reste, ça donne à réfléchir... C'était plus facile avant 1959, quand un bouilleur décédait, le droit de distiller se transmettait aux héritiers. C'est fini tout ça, tu dois payer pour terminer ton travail de vendangeur, quel monde!
Voilà comment une demi-douzaine de propriétaires-vignerons-récoltants,viennent de prestement planifier le cérémonial de la distillation de l'eau de vie, la "goutte" comme on dit par ici. 
Ils devront pourtant, auparavant en faire la déclaration officielle auprès des messieurs cravatés des "Indirects".
 Quelques jours plus tard, le Léon aidé de l'Abel vient récupérer l'alambic municipal qui somnole dans "la salle des pompes". Il y cohabite avec l'équipement des pompiers volontaires et l' hypomobile corbillard noir et argent. Seuls ceux qui manquent d'espace à domicile viendront distiller ici, "en fixe" à la fin de la saison.
Il faut hisser sur un plateau à deux roues la chaudière balourde, les cucurbites cuivrées, le refroidisseur et ses serpentins. La jument comtoise se charge d'amener le tout jusqu'à "la chambre à four" du Léon. Pendant deux jours, ce bataclan rutilant va impressionner les résidants habituels de la maisonnette, la vieille chaudière boucanée des patates à cochons, le placide four à pain de ménage, l'assourdissant broyeur de céréales et l'égrénoir à maïs. 
                                          (à suivre.)

 

An è in janvi, dans la quô d'la futrie. E sant cin ou si beyou d'cru à ch'vaux su yotè biclous. 
- Qu'm'en y'è ti qu'an la qu'mence c'ta goutte, c't'an nian? An fè t'y à la dralle ou bin ique?
- A la dralle! Y'a pi-e gran-monde qu'la fê ique din la sâlle dè pompes, à couté du côrbillâ!
- J'qu'm'enceros bin, qu'dis l' Léon. J'è dè vèch' qu'vont fér' le viau binstôt, y s'rôt fè.
- T'âs tout l'laisi, fè don qu'm'en c'qui! Ape apré, an èra au bout l'bout. J'vas m'oc'per dè paperasses dè rats de caves, y s'ra fè.
Y'è point des tra-aîniaux, hui je pi-e tard, le Léon ap'in volôt san v'ni charchi l'ailambic daveu l'ch'veau d'vant l'châ. E l'an amoné dans la chambre d' fô.

Publié dans Souvenirs

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Défi n°46 "Es-tu au clair de ta lune?" proposé par Brigitte pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Communauté des croqueurs de mots 

Défi n°46 proposé par Brigitte.

"Es-tu au clair de ta lune?"

Ma Lune

La lune de chacun en entend de belles!
Un vaniteux se targue- Mouâ mon chèèr, je me connaîs par-fai-te-ment, n'es-z-pââs? 
- Faribole! s'exclame sa nouvelle lune, tu es comme moi qui suis invisible de nuit. Je suis la part étrangère qui est en toi, la zone d'ombre que ne révéle pas ta psychée. N'es-z-pââs?
Un prétentieux revendique son individualité- Moi, je me suis fait tout seul, ma vie est conforme à mes idées, je n'en changerai pas et resterai droit dans mes bottes!
-Sornette! sifflote le frêle premier croissant, tout comme moi, tu ne te dévoiles qu'en partie, tu es pluriel et multiple. Tu n'es qu'un orgueilleux. Tu crois que c'est ta main qui a tout fait, alors que ta main n'est rien sans ses doigts...Et tes bottes ne tiendraient pas debouts sans tes pieds...
Un satisfait de lui-même avoue dans un soupir de satisfaction- Ahhh quel bonheur d'être en harmonie perpétuelle avec soi-même!
- Billevesée marmonne le premier quartier. Regarde-moi, je fluctue, j'évolue, tu en fais autant et tu n'en as même pas conscience. Pfffou, tu me fatigues.
Un benoît souffle, pâmé- Je me sens au jardin d'Eden, en sérénité totale avec mon mouâ. 
- Vaste calembredaine! s'essouffle la lune gibbeuse. On nous voit rebondis toi et moi, on nous croit en paix alors qu'en nous gronde une guerre continuelle seulement ponctuée de courts armistices. Sérénité totale...pauvre jocrisse.
Un immodeste fanfaronne qu'il n'est pas influençable.
 - Foutaise! gronde la pleine lune. Pour parvenir à mon apogée j'ai lutté contre les attractions antagonistes, me suis bataillée dur avec la pesanteur, ai supplié mon acceptation auprès de la gravitation. Ne te fais pas d'illusions, tu seras sans cesse en interaction avec tes vécus positifs ou non. A toi de les transformer afin de te les approprier, développe ce que tu es et ose le devenir. Et sans jouer au faraud, s'iiiiil te plaît, grommelle l'astre des rêves et de la sagesse ancestrale qui en devient presque rousse d'agacement. 

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Y r'lich' !

Publié le par François & Marie

boules-de-neiges.jpg(Glissades.) Patoisé-



Y'a du bi-an pouètchou.
Su la reut' endremie, su lè z'âbres, su l'hârb', sû lè fis dè arondes, y'è tout bi-an.
Y'en a qu' on lè rognons badjiots! Lè ptchiots que r'lichant su l'creuillôt jalé!
E z'ont point frè! E sant intortillis din dè coulaichons ape dè bounnots-câs. E s'arguignant en fiant dè cabardouches su la y'èsse, è s'jalant lè fesses, mè y fè ren!
E z'y restrerint bin jusqu'à la nè! Mè v'l'a t'y point qu' la Josette vint cri sè botrots. Ill lè appale in chèplet - l'Jècki, l'Dèdé,  l'Nanou, l' Jean-Piéééér! Bin sûr, toute la treup' la dégène! 
Qu' m'en èn' voulée d'piafs, è s'esbignant tou ape corrant veu yeute majon qu' sent la boun' soup au lâ !

Publié dans Histoire en Patois

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Glissades

Publié le par François & Marie

chatnours.jpg


Un soleil pâlot s'invite dans un monde de silence blanc.
Du blanc sur la route endormie. 
Du blanc sur les arbres amidonnés de givre.
Du blanc sur l'herbe cristallisée.
Du blanc sur les fils où les hirondelles s'alignaient cet été en gazouillantes pinces à linge.
De tout ce blanc émergent les joues coquelicot d'une troupe de jeunes patineurs. Leurs sabots ferrés griffent en sinueuses glissades la mare désertée par les barbaris palmés. 
Les galopins volent les bonnets-chat des donzelles. En représailles, les mignonnes harponnent les vieux pulls retricotés en cache-nez de leurs tourmenteurs et les envoient dinguer!
On piaille, rit, on s'affale en vols planés, on couine en se relevant les cuisses brûlées par la glace. Les haleines givrées inscrivent dans l'air d'éphémères avertissements -..Tention d'vant! que nul n'écoute.
Vers midi, l'aigu d'une voix maternelle égréne l'identité de ses rejetons- Jacky-Dédé-Nanou-Jean-Pierre! et met un terme aux glissades, dérapages et circonvolutions. La petite troupe se disloque bruyamment et  file, soudain affamée, vers la bonne soupe au lard familiale.

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