Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

l'apiculteur

Publié le par François & Marie

Gouvernées par une reine, elles ont butiné en avril, en mai, en juin et encore en juillet, les travailleuses Apis mellifera.
Elles ont récolté le nectar, l'ont transformé en miel doré.
Il gorge les cadres alvéolés de la ruche.
Un frais matin de fin d' été, le cérémonial peut commencer.

L'apiculteur, maître de cérémonie, s'apprête à officier.
Il s'habille pour l'occasion. De la combinaison intégrale, jusqu'au chapeau à voilette, sans oublier les très longs gants, il est couleur beurre frais; de quoi laisser indifférente la communauté butineuse.
Il les connaît ses abeilles. Il sait qu'elles sont attirées par les zones sombres (cheveux, yeux, nez, bouche, oreilles. ) et cherchent à s'y introduire.
Silencieusement, sans brusquerie, il enveloppe la ruche dans un nuage de fumée.
S'il était thuriféraire, on dirait qu'il les encense ! Mais son encens n'est que chiffon brûlé et son encensoir, enfumoir à soufflet.
Cette fumée, est-ce une marque d'honneur ? Plutôt un leurre... 
Les abeilles vont croire la ruche incendiée, donc en péril.
En insectes disciplinés, elles auront le réflexe de  sauver le fruit du travail de la communauté, se gavant de miel en vue d' un essaimage. Trop occupées, elles seront alors inoffensives pour l'apiculteur qui récupérera, en toute confiance, les cadres mobiles aux alvéoles gorgés du précieux nectar.
Il les emportera, les désoperculera avec un grand couteau, large et plat puis en extraira, par centrifugation, le miel doré.

Parfois, au printemps, lorsque la ruche devient trop exiguë, des cellules à reines sont élaborées. Peu de temps avant leurs naissances , l'ancienne reine quitte la communauté avec la moitié des effectifs de toutes les catégories d'ouvrières. On voit ces essaims, en énormes grappes vrombissantes, tourbillonner dans les airs. Le bruit les arrête. J'ai le souvenir de mon grand père castagnetttant avec ses sabots pour faire  poser un essaim, dans un arbre le plus souvent . Il le récupérait, la nuit tombée, en le faisant délicatement descendre dans une ruche vide qui n'attendait que lui .

St Ambroise, Nicolas, Bernard et Valentin sont chargés de protéger les apiculteurs et leurs ruchers.
La légende veut que St Ambroise, nourrisson, accueillît dans sa bouche en dormant, un essaim et qu'il se réveillât souriant et en parfaite santé...

Publié dans Souvenirs

Partager cet article

Repost0

?

Publié le par François & Marie

 

Par un clair matin d'été,
Il se chapeaute et se gante de beurre frais.
De ce lieu qu'il convoite approche avec précautions,
Il fume abondamment, serait-ce l'émotion ?
Hésite un court instant puis il passe à l'action.
Viole le domicile, sans violence pourtant,
S'empare de l'or caché sans se précipiter.
Referme derrière lui et repart sans bruit.
Son contrat accompli, il va s'en retourner sans hâter son allure,
Dissimulant à peine le couteau, pendu à sa ceinture.
Protégé par Ambroise, Nicolas, Bernard et Valentin,
Il va, dans un lieu sûr, enfermer son butin.

Partager cet article

Repost0

vacances

Publié le par François & Marie

Vacances

Profitez-en pour feuilleter les pages du blog, peut être avez-vous manqué un article ou deux… 

ardoise2Barrière50 37 Radio CM 74Arotes15wgu2a

balles de foinBlé lilasaspiratorcepcomté

cabanech-vau.jpgFrog2lapin2maison binettejpeg-pola

Mouette-copie-1rainy daySans titre-copie-1Tissu3 juinbalai

Woof-copie-1.jpgfone-copie-1gaminela-poume.jpg7-copie-1

eggCuré2Gauleuse-copie-1.jpgJamm-m--assise.jpgSans-titre.jpg

Partager cet article

Repost0

Informétion

Publié le par François & Marie

eauVôs viè que j' vôs diè, an a eu bin d' la chince...an èrôt pû y rester, paissi l'arme à gauche mém'... 
Gnon nô in avôt jèmé causé... an savôt point nôs... y'è point d' nôt fôt', y'è c'ta d' Sottens ( que cause d' la Suisse...) qu'avô ren dit, an èrot pû en meuri...An s' rôt' y dè resquèpés ?...
Dîtes me vouèr', y' è bin in ETE qu' an allôt souailli d'aveu nôt dâ, fouainer, sèquier l' treuqui, fér' lè j' valles de bié ou bin r' tarrer lè poumètares...J' me trompe point ? 
GNON nô a jémé prév'niu ...

A c' t' heur' è sant bin chinceux, c'té qu' pertant in vécainces din yeuté berlines d'aveu la clim, ( qu'm' en è djiant ), lè MEDIAS ( incor' qu' m' en è djiant ) , y'e rababouinant, di coups par je :  SONJI BIN A N' AVOUAIR'  EN' TOPETTE D' AIGUE !   


Nôs... an avôt renqu' Sottens...que nôs diot ran  d' tout çan...
Pt'ét bin qu'è nôs preniôt point pou dè benêts...
Information-

eauQuelle chance ils ont eue...ils aurait pu y laisser leur vie, voire trépasser !
Personne ne les avait prévenus...ils ne savaient pas, ce n'était  pas leur faute, Radio Sottens n'en avait soufflé mot...ils seraient donc des sortes de rescapés ?
Otez-moi d'un doute, c'était bien en ETE,  que nos Anciens partaient couper les foins, à pied, faux à l'épaule ? Qu'ils sarclaient les interminables champs de maïs, qu'ils liaient à la main les gerbes de blé, qu'ils courbaient l'échine pendant des heures en butant les pommes de terre sous un soleil de plomb ?
Personne n'avait pris soin d' avertir ces travailleurs d'un grand DANGER : en été, la plupart du temps, il fait CHAUD...
Ce matin, les médias alertaient les pauvres hères-vacanciers qui s'apprêtaient à déposer, de leur plein gré, leurs fragiles postérieurs dans des berlines climatisées. Ils  allaient avoir CHAUD ( quelle nouvelle inouïe, de la chaleur en juillet !), ils devaient se munir d'une BOUTEILLE D'EAU...Gloups!... Ma tartine en a volplané dans mon bol de café au lait !
Les anciens travailleurs de la terre en auraient, tout comme moi, avalé de travers si Radio Sottens leur avait parlé de la sorte...L' humain, être dit sensé, tend de plus en plus vers le benêt assisté ...

Publié dans Histoire en Patois

Partager cet article

Repost0

Vècançous

Publié le par François & Marie

( Conversion patoisée)
Tissu.jpeg D'aveu lè vècances, c' tè d' la ville, è vant v' ni fèr' un te chu nô, pou vouèr' nota cambrousse, qu'm'en è djiant.
  Yeut' guidou  l' ROUTMICHELINARD sô l' brè ! E l'ant pay  prou d' €, è vian l'amorti.
  L' guidou y-e  z' a dit : errêtes-vos ique, è s'errêtant. E z'émant point touj, yeut' bèton  y-e minque, ape yeut' Loto, ape yeut' mèrchand d' mègots...    
  E viant roler, roler ape roler. Y'e z'y faut du gaudron, l' harbe y'e z'y baille dè boutons...E savant point à quoi ill sert c'ta tarre, è z'èrint envie d'y mètre du béton.
  E vant r'gaidjer, l' guidou a dit qui faillot, don, è r'gaidjant... Qu'est-c' qu' è vont r' teni ? Qu'y è tro vèr, qu'y a dè fremis ape dè tavins qu' piquant, ape qu'y a point de drugstôr din c' bled, ape point d' bru, y'è mortel qu'è djiant, BREF, ON S' ENNUIE DANS CE BLED...J' crè bin qu'à c' t' heûre, y' è péché d' s' enneuilli, t' as pieu l' drêt, y' s' fè point, y'è point bin él' vé...
 L' guidou devrôt bin fér' èn' interro écrite èprés l' voyège pou voir c' qu'è z'ant r'teni...Mè,yè point s' n'affér' au ROUTMICHLINARD, li, el a lè €...le rèst...pôpôpô!
  T'sé point c'que j' fè, mouais?  J' va au-d' sus du ch'min dè vignes, j' m'aste pou tarre ape j' m'en mets pi-in la vue ! Point in bru, just' lè zuziaux que zuziotant... 
  J' fè la gnolu qu' rêvasse ... 
  J' vouais lè champs laborés in culotte de v'lours d'aveu dè grousses ranches... 
  Lè  vignes, y'è du tweed qu' m' en chu Sa bin Grècieuse Mèjesté...
  Le ptchiot trequi, j' le prins pou du sargi bin costaud... 
  Lè abres su la taupiniére, y'è qu'm' en in pompon su l' bounnot d'in ptiot mètelot...
  L' souaile m' fè sonji à c' tè grans coulèchons, in souai, qu'lè balles parisiennes s'enrôlant d' dans...
  Ape, c' tè je, y' è qu' m'en si l'été avo envié paître lè san vareuse, el avo trop chaudot, è ça embirlificoté, a èrrèchui sè botons qu'ont vèlsé din lè prés fouènés, en d' veniant dè grousses boules èn' ôr...
  Point b'zin qu' le  ROUTMICHELINARD te djiais c' qu' t' dè fér, y'è ton queûr qu' t' cause...

 

 Répondre
 
 Transférer
       

Publié dans Histoire en Patois

Partager cet article

Repost0

Conversion

Publié le par François & Marie

Observez quelques échantillons humains face à un paysage. 
D'aucuns  le regarderont : ouais bon, mais visiter cette verdure ça va  faire baisser ma moyenne... allez zou, en voiture! 
Certains l'apprécieront :  ah super !  tu vois ce que je vois, tiens prends les jumelles, loin, loin, au delà de la chlorophylle, d' un cher bureau de tabac la carotte se profile ! 
Quelques-uns le contempleront :  pas mal ces prairies et puis tous ces points d'eau...en terrains constructibles, ça grimperait à combien, en euros ?   
D'autres s'émerveilleront : Incroyâble Cher, on dirait une cârte postâle ! A relooker en noir et blanc, moins triviâl. Cher, n'est-il pas ?

N'avez-vous jamais eu l'idée, face à des étendues de prés et de champs, de les convertir en tissus :
-imaginer en velours côtelé un champ frais labouré,
-nommer bourrette de soie des semailles clairsemées,
-décréter veston à chevrons les belles rangées de vignes,
-retrouver le coutil des matelas dans les andains des foins,
-rebaptiser sergé,  les jeunes pousses de maïs alignées ,
-rêver en étoles de soie ondulantes les moissons mûrissantes,
-sourire au pompon dodu d'un bouquet d'arbres en haut d'une colline,
-caresser du regard le velours ras de l'herbe à moutons au flanc de la montagne,
et, en ces jours où les foins se terminent :
- vous exclamer, l'été étouffe de chaleur ! Il a jeté son épaisse vareuse  faisant exploser ses ronds boutons dorés dans tous les prés fanés.

balles de foin2-copie-1

balles-de-foin.jpg


Publié dans choses vues

Partager cet article

Repost0

Transfuge

Publié le par François & Marie

 

L'échine estafiladée par le ciseau, gratouillée par le rabot, la varlope et l'herminette, chatouillée par la grosse râpe nid d'abeillée...

L'épaisseur forée et perforée par le vilbrequin, la drille et la chignole, seringuée par le compas.

Les mâchoires serrées par mon étau.

Le souffle coupé par l'étreinte de mon éponyme valet.

Le coeur alourdi par la peine du gros crayon rouge qui me fait grise mine, il a cassé sa pointe de graphite...

etabli.jpg

L'amour propre en berne, le niveau ce traître, a dénoncé ma bancalité et le prétentieux mètre pliant claironne qu'il me bat d'une longueur.

J'affiche mes cent cinquante ans de vieil établi et je me souviens...

J'en ai vu passer des planches, j'ai vu défiler tous les bois pour tous les usages. Pour les joujoux de Noël, les soues des cochons, les étagères de la cuisine, les ridelles des chars, les planchers des chambres, les lits des enfants, les barrières des vaches et du jardin, les ruches, les pondoirs des poules...Ne pas oublier les barreaux de chaises, les manches des outils, les tabourets de traite et les caisses à bois... Pendant des années on m'a oublié. 

DSC 3406.JPGUn matin, on m'a désaraignétisé, toiletté un brin, empaqueté telle la Joconde quand elle quitte son Louvre, enfermé dans un grand camion déménageur et déposé en douceur dans une salle à manger. Involontaire transfuge, de monsieur établi me voici dame desserte. Me voilà tout propret, bien à l'abri et au chaud, devenu le gardien des verres et des cuillères, des pots à eau, des vins et des liqueurs. De tentants amuse bouche, une corbeille de pain, un fromage, le comté, ses noix et confitures ( pour faire Américain ) patientent sur mon dos tout près de cornichons embocalés et des serviettes empilées...

 

Difficile à comprendre ces humains... Vous êtes transparent en tant qu'utilitaire et  occasionnellement perchoir à poules dans un coin d'étable. Posé dans un salon, vous prenez de l'importance, on vous fait compliments d'être aussi  amoché, taché, rouillé, on vous trouve authentique, original, beau, on vous prend même en photo !

 

Ban de m'neusié-

   J'en é-t-y dè coups d' cisiau, d' rèbot, dè teiches ape d' la reuille su man étau ape su min volot...Faudrot vô dir' que j'seu point in jeunot, j'ai bin au moins cent cinquant'ins, y qu'mence à fér' vô crètè point?
   J'é t-y vu pèsser dè pi-inches pou lè joujoux d' Noué, pou lè soues dè couchons, pou lè étagéres d' l' huteau, pou lè r'dalles dè châs, pou les pi-inchés dè chambres, pou les lits dè ptiots, pou lè barréres des vèches, pou lè ruches, pou lè barriaux du cotchi, pou lè barreaux d' chéres, pou lè joussous dè poules, pou lè minch' dè  forches, dè fossous, pou lè dints dè rètiaux, pou lè salles-trouais -pis pou tiri lè vèches, pou lè quésses à bou... J' pourro an r' trouver bin dè autres, mè j' va t' caissé lè esgourdes, j' me couge !
   Vô sètès point c' que j' sus dev'ni ? èn' DESSERTE qu' m'en è djant. D'mon timps, èn' desserte, yèto in ptiot ch'min d' tarre din in bou ou bin veu in champ. 
   Ique, y'è tout à l'arbot ! Un établi en desserte, ohhh, c'est super-originâleuuu!
   J'en r' vins point, chu bin propret, au chaudot. Y a pieu d' niveau, pieu d'herminette, pieu d' rèbot, pieu d' maillot, pieu d' varlope, ni d' vilbrequin, ni chignôle, pieu d' cisiau ape pieu d' drilles...E zan guèdjé mon volot ape man étau, qu'è djiant qu'è  sant "troppp beauuux " pasqu'è san reuillis...
   A la pièch' d' mon bataclan, y' a dè vérres que tintinabulant, dè piats d'aveu dè "amuse bouche tropp bonnns", dè forchettes ape dè cu-y-ies, dè serviettes pou s'torchi lè douais, dè cutiaux, dè roches de pain, dè pots d'aigue, in piètau à fremèges ( d'aveu du comté ape dè nouais et dè cofiteurs d' grusalles ), du St Emilion, du Macvin ape du Mont Corbier... Pôpôpô!
  etabliJ' fè pi-e ran, ape an m'fè dè compi-y-ements, que j'seu brave, ( j'é touj'été brave, mé an m'djot ren ) qu'è z'aimant qu' m' en j'seu bin décati ape bin reuilli (  qu' m' en que j' dè y prendre, j'en d' vins ruge qu' m'en in queulat ), que j' fè bin "Authentique, ma chère "...Vaï, vaï, vaï ...an m'en djiot point tint quin j' travouaillôs ape qu' lè poulailles m' pondint d'sus ! 
   Y è dè coups bin dur d' lè comprendre c'tè humains, è t'émant point touj' pou c'que t'è in vrai...  

 

 

Publié dans Souvenirs

Partager cet article

Repost0

Le lait et ses… environs.

Publié le par François & Marie

 

    Le clocher répéte qu'il est midi. 

    Une volée de moineaux en blouses grises déferle de l'école pour débouler dans  la fruitière qui lui fait face.

    Comme tous les lundis, mardis, mercredis, vendredis, samedis de l'année, le fruitier les attend pour le cérémonial de " la rognure."  Il leur distribue, après le b'jour Lucien de rigueur, de longs rubans souples, blanc-ivoire, les bourrelets de fromage, échappés de la meule fraîchement pressée.

rognure

   Cette friandise peu goûteuse est sublime quand on a huit ans et que midi sonne ! On a une tête de déçu  si le gros lacet de ce fade délice est un peu moins fourni que celui des copains...Le fruitier qui a l'oeil, vous en redonne une lichette et...vous êtes heureux. Vous vous envolez  en galochant, salut Lucien, à d'main, et en tirant derrière vous la charrette et son tonneau de petit- lait ( lactosérum pour les intimes ), qui réjouira les cochons.

    Autre moment béni, celui où une vache " fait le veau " ( les initiés prétendent qu'elle vèle ). Pendant quelques jours, son lait épais et jaunâtre, réservé au petit veau, est interdit à la vente. Lorsque le bilot ( le jeune veau ) est repu, il en reste suffisamment pour régaler la maisonnée de délicieuses crêpes et gaufres, hummm, je sens encore leur parfum...qui n'a rien à voir avec celui des patisseries au lait UHT ( que vous êtes allés quérir, en  essayant vainement de dompter un chariot qui se coince et qui couine au Lecl-Int-Super-Cocci-Hyper-Casi- Market...) 

    Que ceux qui ont eu le privilège de remplir leur gobelet ( mon grand père m'avait fait cadeau du sien, en aluminium, qu'il utilisait dans les tranchées pendant la guerre de quatorze ) sous le pis de la vache, lèvent la main... Je les adoube Chevaliers de la Confrérie du Taste-lait-de-vache-chaud-mousseux-moustachant, qui fleure bon l'étable.

    Dommage pour ceux qui ne connaissent du lait que sa saveur d' apothicairerie et son convoyage en chariot-couineur...

comte.jpg

 

Auteu du  lait, j'vas vô dir' -

    Paraîtrôt qu' y en a qu' vont, de r' vin de r'va d'aveu in caddy ( qu' m' en è djant...) que couine ape qu'a touj' èn' rioltet coincie, pou charchi, din in  " Lecl-Int-Super-Cocci-Hyper-
Casi-Market " du lait empouaiji din du querton. E s'appall' UHT, el è bi-eu qu' m' en d' l' aigue, el a pi-e d' crém', el a ni goût ni sagoût, ou pieutôt si, è sint l'apothicairerie...Paraîtrot qu'y veut dir' " Ultra Haute Température. " Si an trèduit, pou bin comprendre, y voudrôt dir' " Fanatique du Supérieur Réchauffement ". Y s' rôt -y san l' réchauff'ment d' la plènète? Du lait in querton , y m' étonnerot point...
    J' vas vôs causi d' la " rogneuuur."
    Ah ,la rogn-eurrr... C'tè qu'on point couni-u c' te na-nan, sin goût ni grâce, savant point c'qu'è bon!
L'midi sonne, an sô d' la quiâsse qu'm'en in voul d' mouainiôs. An corre in face, à la futrie, encor' li! L' frutier nô étend d'aveu lè mains pi-ènes d' râquiotons d' fremège què vint d'presser. Y'a point d'goût, mé te trouves çen ben bon quin t'as huit ins ape qu'y è l' midi.
Te te r' n' en va pont çin ren, te r' nen-moun', touj' su la cherrette, in grind tounniau de ptiot-lait pou lè couchons. Là, te frondalle, si t'en renvêche in ptiot peu in sagouillant, y fè point gran-cheuse, y'è point qu' m' en l' lait...*
    Ape " l' lait du bilot ", faudrôt qu' j' vôs in cause atou.
 Quin èn' vèch' a fait l'viau, pindant quéqu' je, le lait è jaunâsson ape épais qu' m'en èn' main. T'as point l'drêt d' le poutcher à la futrie, t' le gèdje pou le ptiot bilot. Qu' m'en y en rèste touj, lè grands ape lè ptiots s' récarquillant d'aveu dè crêpiaux, dè gaufres, hummm, j' lè sens touj...
Ape c'tu lait, t'è t' y ellé l' charchi sô la vêche, d'aveu ta ptiote timbale? Y'è chaudot, y'è moussôt, y sint ben bon  l'ècurie ape y' t' fè dè mouchtaiches bi-inches qu' m' en c' tè du grin-pér' !
    Ben, vôs y songeri à tout çen qu'in vos dépouaij'ré, d'aveu in j' ton, in quèddy que couin', pôur èller" tiri lè vèches " du Lecl-Int-Super-Cocci-Hyper-
Casi-Market...

*- Voir " La futrie."

Publié dans Souvenirs

Partager cet article

Repost0

La futerie

Publié le par François & Marie

 T' vâs à la futrie douè coups par je. Y è ique qu' te moune le lait d' tè vèches pou y fér' l' comté. Y'è l'rouè dè fremèges pou chu nôs ! Pou çen, tè vèches, y dè étre que dè Montbéliardes que  d'vant étre neurries d'aveu d' la boun' harbe, pôvr'ami, bailles z'y point d'ensilège, te t' frô r' viri.
   C' ta futrie, ill è su la pièce du villège, d' vant la classe, à couté d' l'ai-y-ise. Y 'è ique qu'en se r'trouve pou causer, point trop l' mètin, y' a d'  l' ouvrège qu'attend, mé l'sè, an prend l' temps. Lè gaichons y r'trouvant yeutè bonnes amies, lè vieux causant du temps, du prix dè couchons, dè darniéres frasques du Milon, è f ' mant ape è chiquant, yeutè fones sant point ique, è z'en profitant !
   In sé, j'allô à la futrie d'aveu mon frér. An tirô la ptièt' chèrette d'aveu duè balles bouilles bin pi-ènes; yètô prou lourd dans la montiâ veu chu l' Charlot. J' me diô : cheu sûre que l' ptiot frér è tir' point bramant ap' qui' è tout moi qu' je pôtche, j' va laichi la pou-ai-gnée d' la chèrette pou vouèr...V' là t'y point qu' el a la mém' idée qu'mouais, an lèch' lè dueux in même temps...Ben nô v'là bin! La chèrette fè cabardouche, ape l' lait tiri du sè, è renvêchi din l' tarô...An sé fè chanter Manon pou l' pér'...Vos peutes m'crair'.
   Faut dir' atou, qu'ièto renque d'aveu l' lait qui rentrô in ptiot d' sous tous lè mouais din lè majons, in c'temps là, y'èto  point l' moument d' le  j' ter lè...

comté

Publié dans Histoire en Patois

Partager cet article

Repost0

la fruitière

Publié le par François & Marie

Moow.jpg
 
    La fruitière ? Non, ce n'est pas une marchande de fruits, c'est une belle bâtisse en pierres où est déposé le fruit de la traite des vaches du village, deux fois par jour et trois cent soixante cinq jours par an. Le fruitier transforme ce lait en fromage aux arômes incomparables, le comté.

    Le comté ! C'est le fromage de par chez nous. Nous ne sommes pas chauvins, pourtant nous trouvons qu'il est le meilleur de tous! Pourquoi, me direz vous( j' aperçois quelques sceptiques ). Il est impérativement à base du lait ENTIER de nos robustes vaches MONTBELIARDES, vous savez, celles qui enjolivent nos vertes prairies et qui fleurent  le bon lait quand on croise un troupeau qui rentre plan-plan à l'heure de la traite 1*. Hors de question de les nourrir avec des produits d'ensilage, c'est INTERDIT. 
   Cette fruitière est souventes fois sise au centre du village, entre mairie-école et église. Secteur stratégique, lieu de rencontres, toutes générations confondues, où se colportent nouvelles et ragots, où se concluent des accords, où se défont des relations, où s'amorcent des romances...C'est là aussi que les hommes échangent leurs soucis agricoles, leurs projets, leurs cigarettes ou leur tabac à priser, loin du regard inquisiteur de leurs épouses !
    Tout comme on embauche les jeunes bras pour les foins 2*, on les réquisitionne également pour transporter les bouilles à la coulée. Inutile de préciser qu'au petit matin, la moyenne d'âge devant la fruitière est élevée. Elle décroît  très considérablement pour la coulée du soir. Curieuse variation qui n'a rien à voir avec la pression atmosphérique mais serait plutôt due au moëlleux des matelas...
    Un soir, mon frère et moi avions été désignés d'office pour tirer la petite charrette et ses deux bouilles de bon lait. A deux, nous cumulions une toute petite vingtaine d'années. Chacun de nous cramponnait une demi poignée et arpentait en dynamique-cadence la platitude de la petite route . De plate, elle devint petite montée,vous voyez là, juste vers la maison du Charlot. Le rythme ralentit, la charge pesa tout comme pesa le doute : chacun de nous fût persuadé que, lui seul, tirait la charrette alors que l'autre était là pour la parade. Pour en avoir le coeur net, il suffisait de lâcher la poignée, histoire de vérifier...Que pensez vous qu'il arrivât, lorsque nous vérifiâmes de concert nos probités respectives ? La même chose qu'à Perrette chez Monsieur de La Fontaine...Quelques deux cents litres de lait blanchirent le goudron incertain...Difficile d'aller expliquer aux parents ( qui venaient de traire une quinzaine de vaches, à la main, après la fatigue de leur journée dans les champs ) que l'on avait fait une BA en enrichissant en protéines et matières grasses la montée du Charlot...Punition assurée.
    La vente du lait était le seul revenu régulier dans les fermes et ce genre de perte était un regrettable manque à gagner. Certains jours verglacés, bien des porteurs de bouilles chutaient de leur vélo et renversaient malencontreusement le fruit de leur travail. La mésaventure était colportée, on s'inquiétait d'abord du nombre de litres de lait renversés, puis, très secondairement de l'état de santé du cabardoucheur*3...

*1- voir " La vacherie."
*2- voir " La fenaison."
*3- Qui tombe après une pirouette.

Publié dans Souvenirs

Partager cet article

Repost0