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Défi n°234 proposé par Durgalola pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Consignes de Durgalola :

" Écrire une courte histoire sur une ville, une région ou tout simplement un endroit que vous connaissez ou que vous aimeriez connaître.

Une contrainte : Mentionner le nom d'un poète ou d'une poétesse."

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Le pépé, l'oreille ventousée au poste de TSF, attend le verdict : le temps qu'il va faire lui permettra-t-il de "mettre son foin en bas" ?

Quelle va être la sentence de Radio Sottens, sa voisine suisse ? Pour les paysans de la haute Franche- Comté, cette station est une bible météo.

« Bla et blablabla... Demain, les bancs de brume stationneront au-dessus des vallées. Attendez-vous à des pluies battantes sur la haute Engadine. »

"Engadine"... quel drôle de nom se dit la fillette assise en tailleur sur le carrelage de la cuisine. "Engadine" a fait mouche et devient litanie égrenée à mi-voix alors qu'elle visse les écrous ; elle et son frère -  tellement concentré que le monde alentour n'existe plus pour lui - construisent une grue géante, avec tour, à mouvement giratoire. Ça rigole pas. Dans les années cinquante le Meccano c'est du sérieux.

♪ Engadi-neux ♫ Engadi-neux ♪ chantonne la petite fille.

Engadine... c'est léger, joyeux, ça tinte comme clarine...

Engadine, c'est rose- grenadine, c'est de la nougatine !

« Qu'est -ce don' qu' t'arrive ptiote ? L'Engadine a l'air de bin t' plaire !»

La voix du  pépé fait éclater la bulle du rêve engadin. Tiens ! il est assis avec sa pipe et son journal, la prophétesse Sottens a dû lui déconseiller d'entreprendre les foins.

« Dis pépé, c'est où l' ENGADINE ? »

« Pas bin loin d'chu nos, dans les Alpes suisses, r' garde don' dans l' Larousse !»

« "Engadine : vallée de la Suisse (Grisons), arrosée par l'Inn; sites très pittoresques". C'est quoi pépé "Grisons" ?»

« Y' est un canton. Nos atou (aussi), an fait partie d' in canton : c' tu d' Chaumergy.»

« Oui, j' sais, mais lui, il est pas gris... Et pis l'Inn ?»

« Y' est èn' riviér' que va jusqu'au Danube, qu'est bieusse...(bleu) y paraît.»

Moi, je connais surtout notre Seille née dans le jura et qui n'est pas vraiment bleue.

« Et "pittoresque" ? C'est quoi ?»

« Y' est quéqu'cheuse de surpregnant, d' étringe... J' sais qu' l' climat est pas bin facile là-bas, neuf mois d' hiver et trois mois d' froid ! Y' est la Sibérie des Alpes, y' a des neiges éternelles...»

« Alors, personne n'y habite ?»

« Oh que si, y' a des chamois, des marmottes - bien au chaudot dans leurs terriers - des moutons noirs et pis des gens ! Au mois de mai, les armaillis (les vachers) font l'alpée, ils montent avec les troupeaux de vaches dans la montagne et, fin septembre, ils reviennent passer l'hiver dans la vallée, c'est la désalpe. C'est un moment bin émotionnant, surtout quand les pâtres chantent "Le Ranz des vaches."

                     ♪ Les armaillis des Colombettes de-e bon matin se sont levâs,

                                                      Lyoba, lyoba  ♫

« "Lyoba" c'est l'appel au troupeau. Nous ici, on dit Oyï - Oyï.»

Y' est tout ? T'en sais prou ? J' vas- ti pouvouèr lire mon journeau ? »

Merci pépé ! La marelle m'attend, oubliés la terre, le ciel, le paradis, l'enfer, chaque cloche-pied chante EN- GA- DI- NE- EN- GA- DI- NE.

Et dire que je ne suis jamais allée jusqu'à l' Engadine.

Jamais je n'ai humé la résine de ses mélèzes et de ses arolles, je me suis contentée de celles de mes épicéas.

Je n'ai jamais découvert ses grands lacs bleu majorelle, je craignais peut-être de trouver ensuite ceux d'ici, ombrés par les sapins, bien sombres et sans éclat.

J'ai goûté à son eau de Vals, mais jamais à ses bains thermaux, si bien vantés par Théophraste Paracelse (1496 - 1541), médecin philosophe théologien laïc (et sans doute poète !)

Peut-être ne voulais-je point effacer la magie de ce souvenir d'enfance, allez savoir...

 

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Défi n°233 proposé par Marie Chevalier pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

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Marie Chevalier nous dit :

" Il nous est arrivé, à toutes et à tous, d'être plongés dans un doux rêve et de nous réveiller en sursaut. Comme nous aurions aimé poursuivre ce rêve inachevé !

Décrivez-nous ce que vous ressentez et surtout parlez-nous de ce rêve dans un petit texte court."

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Clac clac clac! La bulle de bien-être vole en éclats...

Le monde de quiétude s'écroule en  assourdissant patatras !

On a osé fracasser mon rêve...

Je refuse, je me débats... nooon ! rêve, ne t'en vas pas... 

Je le rappelle : eh rêve, reviens ! Eh, je t'en prie, ne pars pas ! Tu étais si rassurant, léger comme une aigrette, douillet comme un duvet, moelleux comme une becquée joufflue de chamallow.

Le traître s'effiloche... La douceur de son aura s'amenuise, pourtant elle me ouate encore l'esprit.

Tenter d'en retenir quelques bribes, ne pas bouger, garder les yeux bien clos, se concentrer...

C'est confus... Dans ce rêve il me semble que j'étais un élément... important... Genre : cheffe ? présidente ? consultante dans le trending market des offshore society ? papesse ?

C'est nébuleux... On prenait grand soin de moi... J'étais dorlotée... j'étais mignotée... Par qui ? par des dames... une quinzaine de dames... ça y est ! par des Dames d'honneur ! Mais alors, j'étais... rei...? Oui ! j'étais reine !

Une reine exclusivement nourrie de gelée royale... J'étais donc... mais oui, j'étais la reine des neiges abeilles !

Je me souviens de tout à présent : je voulais révolutionner les treize métiers indispensables à la vie de la ruche.

Équiper d'une mono-brosse, d'un plumeau et d'un carré Hermès pour cheveux délicats, les "concierges", responsables des travaux domestiques.

Fournir un nœud pap' et une civière à roulettes aux "abeilles-croque-morts".

Munir les "nourrices" de biberons à cent soixante et une tétines (la "une" supplémentaire, c'est pour elles et non pour les faux bourdons qui sont de gros fainéants, cossards et tire- au- flanc).

Procurer des ventilateurs-chauffants- rafraîchissants, des éventails et des cônes glacés thermomètres aux "ventileuses" chargées de garder constante la température de la ruche, à trente cinq degrés.

Outiller de truelles les abeilles "cirières".

Pourvoir les "intendantes", qui comptabilisent les réserves, de tout petits crayons (tenir compte du fait que les abeilles ont de toutes petites oreilles n'ont pas d'oreilles pour y ranger leurs crayons, donc leur procurer un sac à mains, elles n'ont pas de mains... flûte alors, qu'elles les mettent dans leur poche... quoi ! elles n'en ont pas ! alors qu'elles se débrouillent...) et de petits carnets lignés.

Accoutrer de bavettes les abeilles "chimistes" qui reçoivent, par bouche à bouche, le nectar rapporté par les butineuses.

Offrir des klaxons et des mochetés de costumes d' Halloween aux "gardiennes" chargées d'effrayer les prédateurs (ça va bien faire rigoler les gros nounours !)

Équiper d'un Global Positioning System et de tutus en tulle bleu marine (les abeilles ne sont pas sensibles aux couleurs claires) les "éclaireuses" qui partent en repérage de fleurs - jusqu'à cinq kilomètres de la ruche - et qui, à leur retour, expliquent à leurs collègues, par une chorégraphie complexe, qu'elles ont été retardées par les embouteillages où se trouve le nectar.

Fournir des bouteilles isothermes aux "butineuses" qui rapportent dans leur jabot, le nectar à la ruche.

Doter de très seyants sacs à dos-filles-barbie, les "butineuses" qui récoltent le pollen et le roulent en petites pelotes basques.

Et enfin, permettre à la reine de s'offrir une pause quotidienne RBPSR (Ras le Bol de Pondre Sans Répit).

Ceci n'est qu'un rêve, pourtant les indications concernant les abeilles (qui ont une durée de vie  d'une trentaine de jours en été et la passent à travailler, sans Réduction du Temps de Travail ni congés de printemps, d'été ou d'hiver) sont bien véridiques.

De quoi regarder d'un autre œil notre cuillerée de miel qui est en train de se noyer dans notre tisane du soir...

 

 

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