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Défi n° 227 proposé par Lénaïg pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Lénaïg nous demande d'inventer un titre de livre puis d'en écrire la présentation :

qui en est l'auteur, de quoi parle-t-il, proposer un court extrait (deux, ici !).

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BIBI BLEU ET VOILETTE À POIS.

L'auteure, Marie Tournelle, nous entraine dans un mélimélo de souvenirs malicieusement panachés de mystères haletants et de nostalgie attendrissante. Un voyage où le temps coule doucement mais où le cœur bat vivement la chamade, en passant du rire à la surprise.
"Bibi bleu" est le livre de souvenirs mi fugue mi raison qui se lit avec gourmandise et qui nous lie à la béatitude.

F.

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"Une autrice est née." ( Elle Lui Eux Nous)
"Le bibi bleu"  la suite attendue de la Sissi Clette bleue. ( l'Équipe à vélo )
"Bibi bleu et voilette à pois", une ode à la culture en milieu périurbain ! ( Maison Jardins & Barbecues)
"Bibi" le prochain Fémina . ( La semaine de Sijours)
"Bibi bleu et voilette à pois" redéfinit la notion de littérature. (Télégramma)
"J'ai bien rigolé ". ( François de Cabardouche)

Le présent ouvrage a été traduit en trente quatre langues, y compris le Taa (claquements de langue du Botswana) et le Silbo (langue sifflée des Îles Canaries.)
Hollywood planche actuellement sur une adaptation dont le titre provisoire est "Voilette No Ziaire."

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EXTRAITS :
... / « Jamais de la vie, ah non, pas d' ça Ninette...  jamais de la vie... » murmura Abigaëlle en bloquant avec nervosité son gant de filoselle entre les feuillets du missel - elle avait bataillé pour dénicher l'Introït de ce dimanche de Septuagésime, elle n'allait pas en égarer la page - même si elle devait quitter l'office au plus vite, suite à ce nouvel avatar. Elle remonta la travée aussi dignement que lui permettaient ses jambes en flanelle, sa jupe en soie moulante et son esprit cotonneux. Sans le voir, elle effleura Lucien qui poussa son voisin du coude « Eh vieux... vieux ! Les... les... pois d' sa voilette m'ont frisé l' nez et, devine, vieux : j'avais raison, vieux, j'avais raison ! » Un sourire mystérieux plissa longtemps ses yeux gris.../

... / Les deux gamins sautent de joie, ils vont partir pour quelques jours chez leurs grands oncle et tante où les attendent cannes à pêche et bocal à asticots. Ils vont s'en payer du bon temps au bord de la rivière, sous la houlette de l'Armand, le grand-tonton, brave comme du bon pain ! Et grand' tatan Suzanne les régalera de vrai chocolat, fondu dans du vrai lait et de biscottes beurrées. Ah ! les biscottes craquantes du vieux boulanger, le Tintin, et ce beurre-maison, quelles délectations ! Sauf que cette année, coup de théâtre: grand' tatan va caler entre leurs bols, à même la toile cirée, une pile rigide et austère de tartines sèches et noyer le beurre dans le brun rougeâtre du cacao brûlant... Quelle mouche a piqué grand' tatan ?... /

                                                       * * * *

 

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Défi n° 226 proposé par Josette "La Cachette à Josette" pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Josette nous dit :

“ Halloween c'est fini, un dragon est resté. Je vous demande de décrire un bestiaire fantastique, quelques lignes ayant pour sujet un être, un animal (sirène, ondin, dragon...) sorti de votre imagination.”

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D'une démarche saccadée, Néron le pigeon à l'œil rond griffe le bitume de la vieille rue, SA vieille rue.

Depuis des années il s'en est approprié l'horizontalité; il connaît chaque fissure de l'asphalte et y déniche parfois quelques gourmandises à pigeons; il sait qu'il doit vitement contourner la troisième crevasse, elle empeste le pipi de chat, il snobe le recoin à chardons où s'entassent les mégots âcres, recours des jours de disette. Néron évite aussi le coin herbu aux effluves de crottes de chiens et se hâte jusqu'au pied du tilleul où une petite vieille dame dépose, pour les matous errants, du gras de jambon et du pain trempé dans du lait.

Dans cette rue, la vie de Néron le pigeon tourne rond.

Pourtant, aujourd'hui, il est anxieux, plein de tics, mal à l'aise, nerveux. À y regarder de plus près, Néron le pigeon ne tourne pas vraiment rond.

Il subodore que dans SA rue quelque chose a changé : un intrus vertical y projette une ombre horizontale, une ombre étrangère, une ombre étrange. Il a beau dévisser sa petite tête ronde vers le ciel, Néron ne distingue pas l'élément importun.

Dommage qu'il n'ait pas ses lunettes, il les a prêtées à son ami hibou - qui tente une reconversion en rapace diurne - après les avoir teintées à la betterave rouge, ce qui est censé adoucir la transition et donner à son copain une sensation de vie en rose.

Mais, me direz-vous, un pigeon n'est-il pas un oiseau, un être ailé ? Ne peut-il voler jusqu'au gêneur ? 

Je vous répondrai : certes et certes.

Ce que Néron n'ose avouer, c'est que dans l'instant, il est incapable de décoller. Il a péché par gourmandise en engloutissant toute la détrempe et le jambon rance de la mère aux chats. Beurp... il est urgent d'attendre que son gésier s'allège.

Penaud, beurp, il file à petits pas d'automate se réfugier sous un banc et il sieste.

Vingt minutes plus tard, revigoré, il frémit des rémiges, s'envole jusqu'à la suspecte ombre noire. Prudemment il la contourne et la recontourne. Il décrète haut et fort que, pfou, ce truc cornu est vraiment bizarre, vraiment moche, vraiment mal fichu et, fi ! indigne de projeter son ombre hideuse dans SA rue.

Avec précaution, Néron apponte sur la vaste plate-forme des pattes griffues du monstre - qu'il juge hideuses, de très mauvais goût et mal manucurées. En guise de salutations, il largue pouit pouit pouit quelques fientes mollettes.

Venue d'en haut, s'élève une protestation assourdie qui se termine comme dans un sanglot.

Brrr ! La créature serait-elle vivante ? Tétanisé, Néron se fait tout petit riquiqui et en pouit pouit  de trouille.

- Grrr, sale nabot, cesse immédiatement de bouser sur mes pieds ! Bouhhh... je ne sais même pas si cette bestiole m'entend... Mes vociférations de Graoully le terrible dragon ne sont plus que murmures. Quelle déchéance... Hier, je tonitruais et tous s'aplatissaient. D'un souffle de ma gueule terrifiante je transformais les pigeons en rôtis, d'un coup de ma queue hérissée de pointes j'aurais fait de toi de la marmelade de pigeonneau.

- Pouit pouit...

- Las... il y avait trop de concurrence dans la sphère animal fantastique. Pour gagner ma croûte j'ai dû me recycler. Te rends-tu compte de la décadence, je me retrouve en enseigne, en belliqueuse pancarte pour... mercerie... Quelle honte ! Ma carapace d'écailles rugueuses est une doudoune pour berceaux. Quel affront !  Mes épines sont de croquignolets croquets pour robes de fillettes. Quelle indignité ! On m'a même attifé, moi le dragon terrifiant, de ridicules chaussettes vert pomme et tout le monde me trouve vilain, moche, ridicule, mal bâti sniff...

Néron le pigeon, rassuré - cet inoffensif dragon d'opérette ne le détrônera pas, il pourra rester le ROI de SA rue - s'esbigna discrètement. Il fila chez hibou et lui déroba ses lunettes roses ( le bougre dormait, son recyclage avait fait long feu !). Charitablement Néron les déposa sur la corne (en feutrine 11 euros 50 le mètre) de Graoully, effrayant dragon, désormais symbole de dentelles, rubans et boutons de culotte.

 

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