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Défi 241 suite

Publié le par François & Marie

Défi 241 suite

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Défi n° 241 proposé par Lénaïg pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Lénaïg a dit : « Nous choisirons chacun(e) un tableau célèbre, si possible l’un des 22 exposés dans l’article joint, ICI, et dans un petit texte en prose ou en vers nous devrons l’évoquer sans le nommer, donc le faire deviner. Pour corser le défi, nous devrons glisser dans notre présentation au moins l’un des mots suivants (ou tous) :
chaise-longue, oiseau,
arrosoir
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la solution apparaitra en image, mercredi.
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Il ne pleut pas.
Ici s'il pleuvait, pour sûr il tomberait des hallebardes.
Des lames si drues qu'elles feraient craindre pour la chilienne en toile de l'étrangère d'à côté.
De loin, j'observe cette oisive qui chaque jour fait chaise longue, harassée d'avoir promené un quart d'arrosoir au- dessus de ses rosiers.
Parlons-en de ses rosiers ! Des sauvageons exubérants qui parasitent une terre fertile et grasse...
Fichtre, quel gâchis.
Elles les laisse vivre sans contraintes, coiffés à la diable, comme "elle". Ne sait-elle qu'une dame qui se respecte rattroupe sa chevelure, la noue, la discipline, ne tolère que l'échappée maigrichonne discrète d'une unique mèche ? 
"Elle" le sait et pourtant ostensiblement s'en moque.
J' envie tellement sa liberté. Je la déteste.
Savez-vous qu'elle converse avec ses rosiers - n'a-t-elle rien à faire de plus utile ?
Planquée derrière les larmes roides de mon rideau, je la guette. Désinvolte, elle gâche son temps à virevolter dans son fouillis de verdure. Elle pépie comme un oiseau, elle fait des ronrons à ses roses pompons.
Foutaise !
Qui, par ici oserait se ridiculiser en parlant aux fleurs ? Elle.
Qui, par chez nous se risquerait à roucouler des compliments aux boutons de roses ? Elle.
Qui se permettrait de manquer de décence ? Elle encore. Pour preuve cet oripeau vaporeux bleu azur qui flotte sur ses épaules, est-ce de la bienséance pour cette veuve d'à peine cinq années ?
Je jalouse son inconvenance. J'exècre son mépris des contraintes.

Lui, le regard fixe, ne dit mot.
Il ne semble accorder aucun intérêt à cette voisine.
Pourtant, sa carcasse sévère, grave et immobile n'est que mensonge, son en - dedans sait tout de ses ces grasses terres mitoyennes.
Il les désire, s'imagine les ceinturer, les dompter - en planches de choux raves tirées au cordeau - les mater - en chicorées rectilignes et amères.
Un jour il les apprivoisera, il le sait. Elles lui appartiendront.
Personne d'autre que lui ne les approchera, il l'interdit.
Il est patient, calme, déterminé.
Les yeux grands ouverts, il veille.
Il ne craint rien, il est paré.

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Voir tous les tableaux ici.
 

Publié dans Défis

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