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6 articles avec defis

Défi n° 232 Pas de "i" pas de "o", proposé par Les Cabardouche pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Au pays de Padi Pado, on a supprimé tous les "i" et tous les "o" .

Racontez une visite au zoo.

Vous décrirez un ou plusieurs animaux, sans jamais utiliser ni "i" ni "o".

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Quelle belle balade d'agrément !

Ce grand parc peuplé de bêtes, mêlées ça et là, est un pur Éden !

C'est très amusant, des aras bleus, verts, jaunes se perchent sur le crâne des éléphants ! Des autruches aux plumes de cabaret, éventent des gazelles !

C'est très calme également. Dans les branches d'un catalpa, des panthères pas blanches, des guépards et de très grands chats à rayures, en écrasent !

Le club des Z, zèbres et zébus, déjeunent des mêmes herbes de la pampa. Les zèbres aux pelages élégants, bavardent du style des rayures à succès cet été. Les zébus aux barbes mal démêlées, la ferment et pacagent l'herbage plantureux, ne pensant qu'à augmenter leur entrelardé.

Dans les bras de la Déesse Nyx (parente de l'Autre, exclu de ce challenge...) un paresseux n'eut aucun réflexe quand un grand macaque plaça un ananas près de son nez. Déçu, le macaca l'a tendu à une bête tachetée, à la tête très haut perchée - sur seulement sept vertèbres. La quatre pattes à nuque élancée, très bêcheuse, l'a regardé et a bêlé « Eh freluquet, cet ananas appelé “parfum des parfums”, je ne le déguste que flambé au rhum, présenté sur une dague.»

Macaca jeta cet embarrassant présent dans l'étang aux lézards géants - avant que leurs peaux ne se tannent en sac à paluches.

Un peu abattu Macaca s'en alla s'épancher auprès du chef du parc, un général sympa, avec casquette bancale et jambe manquante (chute dans la fange des futurs sacs à bretelles), amateur de flammekueches et  de vers blancs  de verres de blanc.

Je suggère aux gens d'aller s'aérer dans ce parc, sans dépenser un seul franc !

 

Publié dans Défis

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Défi n° 231 proposé par ABC " Le Jardin des Mots" pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

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ABC nous dit :

Changement d'horizon, j'emmène tous les matelots, en espérant qu'ils n'ont pas le vertige, faire un petit tour en montagne. Durant notre randonnée nous sommes attirés par un message envoyé du sommet du plateauVous devez, tout simplement, décrypter ce message et nous dire qui peut bien nous l'envoyer ?

ça fume !!!, défi 231  :

Tous les Croqueurs sont là.

Ils ont plus ou moins dévalisé les boutiques spécialisées en articles de sports montagnons-randonneurs.

Le nez en l'air, ils évaluent la hauteur de la falaise vertigineuse qui leur barre l'horizon - cinq cent vingt trois mètres pour les modestes, pas loin de deux mille mètres pour ceux qui se disent spécialistes.

Cheffe ABC, organisatrice attentive, a rassuré et encouragé ses troupes - non, ça n'est pas une compétition, non, personne ne sera distancé et lâchement abandonné, oui, les binômes choisis par chacun, s'entraideront.

Elle donne le signal du départ.

 - Et c'est partiii ! En avant !

 - Cheffe ABC !

 - Mouuuais...?

  - Euh... Le sommet... ?

  - C'est en haut.

   - Cheffe ABC 

   - (re-) Mouais ?

  - Euh... C'est ... loin ?          

  - Tais-toi et grimpe !

D'un pas de gazelle, chric...chrac... chric... chrac... Cheffe ABC arpente le sentier avec énergie

Pour donner la cadence, quelqu'un lança : ♪  DANS LA TROUPE ... ♫

Avec enthousiasme tous reprirent : ♫   Y' A PAS D' JAMBE DE BOIS... ♫

L'écho s'en mêla, les marmottes et les chamois en restèrent babas !  

Après avoir marié les nouilles et les jambes de bois, en boucle et re-boucle, les Croqueurs en étaient arrivés à vue de nez, à un "certain" dénivelé. Leur essoufflement modifia cadence et vocables de la canzonetta :

♫  DaNS la SOUpe J' veux PaS DE P'TiTS poiS...  ♪

Il y eut des marmonnages.

- ... D' puis des heures, à vue de nez, on n' fait que grimper ... C'est galère !

- ... Nos mollets sont flapis...

- ... Notre dos en compote...

- ... Nos cheveux? Ils frisotent et c'est moche... (quelques chauves, vengés, ricanèrent.)

- ... Notre nez tout pelé...

Il y eut des rognonnages.

- ... Mon oreille gauche est bouchée... Et la droite aussi.

- ... Et nos yeux... ils picotent...

- À la télé, y' z' avaient bien recommandé la deuxième paire de lunettes à un euro...

- J'ai pas un euro à perdre, moi, môsieu'...

- ... Nos orteils sont tout rabougris

- ... Et même pas un p'tit coin, pipi...

- Eh l'aut' ! N'y a pas d' coins, ni grand ni p' tit, y' a que d' la caillasse...

- ... D' la caillasse qui monte et qui poussière, attention, y va y avoir de l'éternuation, j'ai pas pris mes gouttes.

- Ah ! y' m' semblait bien qu'il tombait des gouttes !

- C'est pas des gouttes, c'est du pipi d'oiseau.

- C'est des gouttes quand même.

- Ces gouttes de volatiles des montagnes sont peut-être caustiques... (avança quelqu'un)

-  Faut toujours se protéger d'un bob... De plus, un bob, c'est TELLEMENT BEAU... et je porte TRÈS BIEN le bob, m'a-t-on dit... (minauda quelqu'une.)

- ... Surtout çui tout roumoumou, avec la réclame du tour de France. Paraîtrait que son jaune canari attire les renards (ajouta un plaisantin qui avait conservé un minima d'énergie.)

Les derniers de la file, en dénivelé inévaluable à vue de nez, émettaient encore quelques ♪ ♫ fausses et poussives.

- ... Fait chaud... J'aurais pas dû mettre un Thermohabille..

- Moi, j'aurais bien dû en mettre un, Thermohabille... Fait plutôt fraîchôt à l'ombre.

- À l'ombre de quoi ? Y' a qu' des cailloux !

- Bin à l'ombre... d'un... d'un... d'un gros caillou, na !

Et bla et gna et bla gna gna, jérémiait la troupe des Croqueurs.

- Chrac... Chric faisaient les brodequins de Cheffe ABC.

- Cheffe ABC ! SOS !

- SOS Cheffe, "ça" ruisselle...

- Chric... Chrac... de son pas de Sherpa, Cheffe ABC progressait (en riant sous cape visière de casquette.)

- SOS, Cheffe, "ça" dégouline...

- SOS, Cheffe, j' dirais même que "ça" bavuche...

Cheffe ! Che-ffe ! Che--ffe ! Che---ffe !

- Chrich... Chrach... Imperturbable, Cheffe ABC crapahutait.

- Et dire qu'à cause de "ÇA", on doit prendre les deux bâtons dans la même main...

- ... L'autre main réquisitionnée pour transporter " ÇA"...

- ... ÇA , c'est à dire "LE PÉAGE"...

- ... Le péage, exigé par les signaux de fumée...

- ... Les signaux visibles en haut de la montagne...

- ... Les signaux décryptés par notre Cheffe ABC.

- ... Les signaux qui disaient :

PAGEE OBLAIGIROTE PUOR YTEI :  CETNORS GCALSE DUOBELS VLILANE FRSIAE, COTRIN CLOCOHAT.

Traduction 

- Alors nous, les benêts bien disciplinés, avons pris, d'une main nos deux bâtons et de l'autre un CORNET DE GLACE, DOUBLE. Le mien est vanille-fraise...

- Et le mien citron-chocolat, comme l'exigeait MÔSIEU' LE YÉTI.

- OUH OUH ! Qui vous a parlé de Môsieu' Yéti ? riait Cheffe ABC perchée sur un rocher.

- Ben... le message...

- Regardez-le "votre" Yéti, là, à cent pas sur votre droite, que voyez-vous ?

- REFUGE "LE YÉTI".

- Mais alors, le péage, en cornets ?

- C'était une petite blagounette, pour vous intriguer ! J'avais bien sûr prévu de vous proposer une pause dégustation, mais vous marchiez d'un si bon pas, entraînés par votre ritournelle, que je n'ai pas voulu casser votre rythme ! Et, si j'avais vendu la mèche trop tôt, vous auriez été déçus !

Pendant le discours de Cheffe ABC, l'écho répercuta, jusque dans la vallée, les slurp (pourtant discrets et distingués) des Croqueurs, dégustant avec grand plaisir leur péage parfumé.

Les chamois regrettèrent d'être herbivores lorsque l'écho leur parla d'un goûter partagé par les Croqueurs, ravis, chez LE YÉTI.

 

Publié dans Défis

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DÉFI n° 212 " ART DE LA RUE " proposé par LÉNAÏG pour LES CROQUEURS DE MOTS.

Publié le par François & Marie

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Lenaïg nous présente deux photos de Street Art ou Art de la rue dont nous pourrons disposer à notre guise.

Écrire une petite histoire en incluant au moins une proposition suivante :

- un regard bizarre

- les murs ont de grandes oreilles

- la chance me sourit.

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Parce qu'il voyait de la mélancolie

dans les grands yeux de Tozoli le petit chat gris,

Graff le graffeur lui fit une faveur :

sur le mur d'en face - celui qui a de grandes oreilles - il peignit un ciel et le bleuit.

Les grands yeux retrouvèrent une lueur de gaieté, mais...mais... pas encore assez.

Alors, sur l'azur, le tagueur ajouta la flambée, au couchant, d'un soleil d'été :

aussitôt, des ris illuminèrent enfin les yeux gris.

- La chance me sourit se réjouit Tozoli.

Pourtant, plus le jour baissait, plus le regard du chaton virait au gris souris :

Tozoli avait peur du sombre de la nuit.

Pour le tranquilliser, Graff tagua une tête de gros chat, genre baroudeur à qui on ne la fait pas.

Las... la nuit tous les chats sont gris et, plus la soirée s'assombrissait, plus le matou rassurant s'estompait... 

Graff eut une idée de génie :  il greffa deux lampions phosphorescents au regard du mistigri bien bâti.

Depuis, le minet Tozoli sourit*, il n'a plus peur, ni le jour, ni la nuit.

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* Ach ! que la vie est compliquée : qu'un chat sourie, c'est admis, mais allez donc affirmer qu'une souris chat(e)... vous n'échapperez pas au regard bizarre que l'on vous jettera !

 

Publié dans Défis

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Défi n°211 proposé par La cachette à Josette pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

" Vous avez reçu une invitation à un vernissage avec un ami.

Ravie ou outrée, vous partagez vos impressions devant les premières œuvres exposées... et mieux si vous insérez deux expressions contenant le nom d'un animal !"

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- Oh la vaaa-chhhe !

- Tss Tss ! que diable Berthe - Apolline, nous ne sommes point en alpââges.

- Certes, Charles-Hubert... Il n'empêche que face à ce tableau, je suis OUTRÉE.

- Berthapo', vous parlez bien de l'œuvre de ce peintre, Mathurin, votre fils et unique héritier ?

- Évidemment, très cher. Ach ! Quel zèbre, cet oiseau - là, fulmine Bethe-Apolline.

- C'est de l'Art ma chère, je ne comprends pas ce qui vous offense.

- Les QUATRE CLÉMENTINES !  Charlub'.

- ???? (interrogation de style courant, du genre gent prolétaire)

- Ces quatre agrumes que je lui filai il y a trois semaines environ...

- ¿¿¿¿ (interrogation culbutée d'Aristo déchu, complètement déboussolé qui n'ose contredire sa belle amie Berthapo'. Note de la traductrice.)

- Ces quatre clémentines... sans feuilles... des "culs verts", d'une extrême rareté sur nos étals.

-  Mathurin les a sublimées en les faisant œuvres d'art ma chère, vous devriez en être fière.

- Mais... Charlub', cet enfant devait en faire son quatre heures, c'est bon pour sa croissance, c'est plein de vitamines ces trucs là...

- Voyons Berthe-Apolline, Mathurin galope vers ses quarante trois ans...

- ... Et ces inventions du Père Clément sont très dispendieuses, surtout si elles sont enfeuillées !

- Très chère amie, il est blasphématoire d'associer la monnaie à ce tableau qui dégage un tel message métaphysique...

- "Message métaphysique" ! MON LUC !

-  Berthapo', analysons posément l'intention de l'Artiste : il a voulu s'abaisser un court instant au niveau du peuple, de ce commun des mortels, auquel on enjoint de consommer des fruits.

- Des fruits peut-être mais là, ce sont MES clémentines, celles de la MÈRE NOURRICIÈRE.

Sans se laisser déstabiliser par les jérémiades de la Mater dolorosa, le distingué Charlub' poursuivit son raisonnement.

- ... Le Maître, visionnaire, va au -delà de la notion du bassement alimentaire... Sans zizanie, amie chère lisez-y la soif d'un appel vers l'âme, vers l'esprit pur, à travers ces bras qu'il s'éloignent volontairement de la trivialité matérielle des corps. Captez le détachement séraphique qui floute la vulgarité du prosaïque, qui le rejette...

- Bouhh... : ce qu'il REJETTE c'est LA MÈRE... SA mère, MOI...

- ... Il y a du transcendantal dans ces vertigineux talons, de la métaphysique néoplatonicienne dans ces jambes interminables, si lonnngues... On frôle la sublimité métempirique, on quitte la glèbe, on se projette jusqu'à l'impalpable, jusqu'au bleuté de l'Ether...

- Bouh ouh il n'y avait nul éther dans MES quatre clémentines FEUILLES-CORSES- CULS VERTS, elles avaient la douceur du BIO (? ndlt) et aussi l'âpreté du hors de priiiix...

- Suffit Berthe-Apolline ! Pleurnicher une perte d'euros face à ce chef d'œuvre est tout bonnement kk. Brisons là, chère amie.

- Bouhhh, l'ingrat... en arrachant sacrilègement les précieuses feuilles de mes clémentines,  Mathurin a ARRACHÉ LE CŒUR DE SA PROPRE MÈRE... Bouh... le message est clair... À moi, ô tragédie grecque. À moi, ô RACINE Jean. À moi les clémentiniers culs verts...

- À moi d'amadouer cette cinglée amie si chère, soupire Charlub', le nœud pap' de traviole.

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- Chère, appuyez-vous z' à mon bras. Oublions Racine, Euripide et Sophocle, chaussons nos binocles et, sur l'onde fluide de l'Art - qui lui seul sait idéaliser le réel - glissons avec respect jusqu'à l'allégorie à la chaise d'airain...

Silencieux, ils glissèrent.

- Oh PUNAISE ! Pfffoufoufou ! Ahahahahah ! sanglota de rire gente Berthe-Apolline.

- ¿¿¿¿¿¿  questionna trebuH - selrahC.

- Meuhhh ! Hannn, j'en peux plus Mouahah ! kssi ksssi ksssi ! hannnn! J'en - ai - mal - au - bide, hoqueta Bertap'.

- Mais ¿¿¿ ??????? ¿¿¿ ???? (pour les distraits : voir la traduction ci - haut. Je sais, c'est pénible à suivre mais votre persévérance sera récompensée : ndlt.)

-  Mouââh ! Ce NU !... Cette GRANDE SAUTERELLE DÉFEUILLÉE, croquée par MON Mathurin, c'est... ouahawaw ! C'EST SA COPIIINE ! Je la reconnais à la CHAISE efflanquée qu'elle trimballe partout... Elle voit en elle son caniche nain... Wouhahaha ... elle l'appelle Kiki fil de fer... ksssiksssiksssi !

- ?¿ (ponctuation sobre, efficace, qui traduit bien le désarroi du pauvre Charlub'. Ndlt.)

- MOUÂHÂH !  JE LE SAVAIS ! Ksssi ksssi ksssi ! ... JE L'AVAIS DEVINÉ : ses seins... han ! j'en peux pluus !  Ses SEINS sont AFFLIGÉS d'un HORRIBLE STRABISME DIVERGENT, MOUÂHÂHÂH !

Si Charlub' avait été moins snob et moins stylé, il se serait permis de tomber dans les pommes. (Ça nous aurait changé des clémentines. Ndlt.)

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PS : La traductrice adresse un petit clin d'œil plus - que- parfait en direction du talentueux Sieur Andiamo, fidèle visiteur.

 

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Défi n° 206 proposé par Astree "Fleur de flocons" pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

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" Pouvez-vous imaginer qu'un personnage fictif rencontré à travers un roman ou un film vous écrive ? À moins que ce soit vous qui ayez quelque chose à lui dire... Présentez-nous ce personnage, sa lettre ou la vôtre. "

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                            Cher Monsieur Larousse,

                                                                              Permettez moi d'abord de vous féliciter pour vos recueils riches de mots par milliers. Merci pour ces précieux alliés que j'apprécie à un point tel que, si je devais m' isoler sur une île déserte en emportant un seul livre, c'est votre dictionnaire que je choisirais. Au fait, pourquoi diable m'en irais-je sur une île déserte ?

                                                                Figurez-vous Monsieur, que vous m'avez causé grand tort et placée dans une situation fort délicate vis à vis de mes partenaires de Scrabble. Je m'en vais vous détailler la chose -  en calligraphiant les chiffres, NON PAS EN LETTRES, comme le conseille vivement le GUIDE DU BIEN ÉCRIRE, mais en CHIFFRES, afin que vous mesuriez l' ÉTENDUE DE MON DÉSARROI et l' ENVERGURE  de VOTRE RESPONSABILITÉ -   Après tirage, à l'aveugle, de sept petits pions carrés que je plaçai délicatement sur mon mini chevalet scrabbleux, imaginez ma joie lorsque je découvris que le sort m'avait attribué un mot ravissant " GYKJXWZ ", quelle aubaine ! J'allais empocher le pactole en cumulant la valeur de chacune de ces lettres RICHES, soit 60 points, et, en PLUS, je fis " SCRABBLE " (50 points supplémentaires in my pocket). Comme un bonheur n'arrive jamais seul, je me retrouvai sur une CASE ROUGE, qui TRIPLA mes GAINS. J'allais atteindre le Nirvana.

Récapitulons : 60 x 3 + 50 = 230 POINTS.

C'est alors que l'un des mes partenaires ADVERSAIRES s'écria :

« Tss Tsss Tssss, HALTE LÀ ! C'EST PAS DANS L' DICO ... »

Et QUI EST RESPONSABLE du fait que gykjxwz ne soit pas dans l' dico ? VOUS, Monsieur.

                                                   Dans votre Larousserie, j'aurais dû logiquement dénicher MON gykjxwz entre votre définition fort instructive de " gymnosophiste " et celle, plus indispensable encore de " gyromancie ". À la place de MON gykjxwz il y a un vide, une vacance, un désert. Qu'en déduire ? Est-ce de la mauvaise volonté de votre part ? Est-ce un fâcheux oubli ? Est-ce le rejet d'un mot aussi banal et simple que le nom  du volcan islandais Eyjafjallajökull ?

                                                    Votre omission, cher Monsieur Laroussétourdi, me fut fort préjudiciable, me fâcha avec mes amis, me condamna aux parties de Scrabble en solitaire. En vérité je me suis bien amusée ! Quelle revanche de pouvoir tarabiscoter des mots qui, tss tsss tssss, ne sont pas dans l' dico, quel plaisir de gagner chacune des parties.

                                                      Autre point de dissension entre vous et moi, cher Monsieur Laroussemeur : votre logo. Vous adulez les aigrettes d'un de mes ennemis intimes, le Taraxacum aux dents de lion que vous incitez à semer à tout vent. Je confirme ! Cet intrus a colonisé ma verdure champêtre. Ce sournois s'incline obséquieusement sous les lames de ma tondeuse, se redresse après mon passage, me nargue, superbe, arrogant, indemne et flavescent. Oui, oui, Monsieur Laroussi, grâce à vous mon gazon est flavescent.

                                                       Je ne vous salue point Monsieur, vous avez ruiné ma carrière scrabblesque et m'avez déçue en odifiant le cramaillot, notre Taraxacum franc-comtois, fort prisé en confiture mais honni au milieu de mon herbage.

PS : Adieu Monsieur, vous n'avez plus ma préférence. Prochainement je m'expatrierai vers une île déserte, en compagnie du grand et du petit Robert.

                                   

 

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Défi n° 137 proposé par Quai des rimes pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Défi n° 137 proposé par Quai des rimes pour les Croqueurs de mots.

"Racontez des retrouvailles soit avec une personne, un objet, un lieu, soit une perception visuelle, olfactive, auditive".

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Ému il retrouve ses cahiers d'écolier.

Devoirs avec précision datés, traits à la règle soigneusement tirés.

Pourtant ...

                                             Mardi 14 juin 1949.

                                     Exercice de mathématiques.

Sûr de lui il avait affirmé d'un crayon plein de toupet 25 x 4 = 80... Quel pépin !

L'encre rouge du maître s'est empourprée " Étourneau ! ZÉRO. Où est passée la retenue?" 

Plaidoirie Janvier 2015.

- Maître, de la retenue il en a fait preuve la plupart du temps, jamais en retenue, ni même dévergondé, ni même extravagant. Pour un seul manque de retenue ne peut-on l'excuser, est-ce donc si grave d'agir de temps à autre sans retenue?

- Objection rejetée, la retenue est exigée !

 

                                             Mercredi 18 janvier 1950.

                                                              Dictée.

En marge il déchiffre "Étourdi ! en faudrait-il une supplémentaire pour que tu consentes à accorder un pluriel aux mille et une nui?"

Plaidoirie Janvier 2015.

- Maître, envoûté par ces fascinantes nuits plurielles, son esprit d'enfant les a cristallisées en UNE, seule, unique... d'évidence au singulier.

- Il est singulièrement insolite, que l'on ose plaider pour un singulier tenu d'être pluriel. Objection rejetée, le pluriel est imposé.

 

                                               Mercredi 25 octobre 1950.

                                                  Perspective cavalière.

                      Dessiner un cube, calculer son volume sachant que V = B x H.

D'une médiocre qualité, le papier ligné porte encore les stigmates d'un gommage laborieux.

Le verdict est tombé.  " Calcul exact mais le tracé sans soin du cube est saboté." 

PlaidoirieJanvier 2015.

- Maître, l'expression "Excès de soin" eut été plus approprié. En effet, après s'être aperçu du non parallélisme de son tracé, l'accusé, vous tenant en haute estime, ne voulut pas vous infliger l'inexcusable rencontre des droites parallèles. RÉSULTAT, frénétiquement et non moins consciencieusement, il gomma. Maître, avez-vous au cours de votre vie tenté de gommer du papier sournoisement pelucheux ? Il cotonne, il floconne, il duvette et SE TROUE... Face à cet irréversible échec, DILEMME ! Soit l'accusé arrache la page du Cahier du Jour, sacrilège suprême car quelque part il est écrit "DU CAHIER DU JOUR AUCUNE PAGE NE SUBTILISERAS", soit il prend l'initiative de tracer à nouveau ce grumbble de foutu cube, sur du papier troué (en priant Ste Encre Épaisse de bien vouloir combler le vide) et non glacé (en priant Ste Encre Liquide de cesser de baver). Conclusion, par respect pour vous maître en particulier et pour la Perspective cavalière en général, l'accusé a tout mis en œuvre pour minimiser les dégâts. Aussi je vous enjoins d'effacer la mention "manque de soin...gna, gna, gna"... au moyen d'une gomme, je vous prie.

- Pitié, NON ! pas la gomme... J'accepte: objection pertinente retenue. Que l'expression "Élève zélé, consciencieux, méticuleux et appliqué" boute le vocable niaiseux et inapproprié usité ci-dessus. J'ai dit ! La séance est levée.

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Quelle heureuse retrouvaille !

Enfin le vieil écolier vient de gommer régler une mécompréhension de plus de soixante années.

Il se sent tout guilleret, tout léger.

Dorénavant il va pouvoir passer de bonnes nuit (... l'incorrigible étourdi !)

 

premier essai de calcul de volume.

premier essai de calcul de volume.

Publié dans Défis

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