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Défi n° 205 (lipogramme en " G ") proposé par Jazzy pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" Adepte du lipogramme, cet ours polaire, arrivé dans nos contrées, se charge d'annuler toute lettre " G " de son vocabulaire. "

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- Allo allo allo ! SOS Maître ! je suis perdu... Alloooo... s'époumone ours blanc.

- Allo ? C'est toi Gédéon ? s'écrie le vieux grizzly, c'est toi l'ours blanc Gédéon, le  galopin fugueur ? C'est une galéjade ? Je me gausse, tu bigophones à ton magister âgé, au lieu de voyager jusqu'à lui ? As-tu songé qu'en utilisant cette énergie tu allais encourager l'aggravation de la désagrégation des glaces du Groenland ? Ah ! elles ont bigrement dégénéré les exigences que tu griffonnas en prologue de ton ouvrage " Soyons vigilants. Protégeons le globe. " 

- Maître, vous faites erreur, je.../

- Gnagnagna, gringalet gredin ! Je distingue mal ton langage, il émerge en gargouillis, en borborygmes, un vrai jargon, est-ce en argot que tu grognes gauchement ? Tu sembles très éloigné, comme si tu voyageais à l'étranger...

- Justement Maître... je voulais vous dire.../

- Mon gaillard, daigne te garder de guillotiner mon langage.

- Maiiis... Maîîître... si j'ose vous couper la parole, c'est que.../

- Il suffit, garnement ! abrège ton trépignement de gosse trop gâté, tu obligerais bigrement ton vieux maître si tu regagnais diligemment ta grotte. Moi-même et tes amis plantigrades présageons que tu diligenteras ton retour. Nous ne te tiendrons pas rigueur de ta fugue, espiègle gamin. Pour te signifier que nous n'éprouvons point d'aigreur à ton encontre, nous t'avons gratiné des godiveaux et grillé des gaufres de gobio-gobio, ce goujon que tu goûtes bougrement !

- Oh ! Maître... Vous savez combien j'éprouverais une vive satisfaction en savourant ces poissons, mais je me trouve en immense désarroi...

Petit ours blanc ne put rien ajouter, les contractions spasmodiques de la cloison musculaire et tendineuse - en forme de coupole - séparant les cavités thoracique et abdominale, lui provoquèrent de furieux hoquets : il se mit à chouiner.

- Sont-ce des sanglots que je distingue ? s'étonna le grizzly.

- Je vous en supplie Maître, écoutez-moi : je suis en double détresse. Primo, je suis très très loin loin, perdu perdu, secondo nous sommes tombés dans le traquenard d'une œuvre littéraire dans laquelle Jazzy nous impose de ne pas faire entrer la lettre de l'alphabet, incluse entre le " F " et le " H".

- Tu veux dire le " G " ?

- Arrrh... Chuuuuuuut ! malheureux, cette lettre est interdite, verboten, interdetta, prohibit.

- Tu veux dire que tu t'es engagé à mettre l'embargo sur le " G " ?

- Arrrh ... (accablement profond)

- Bon, j'ai bien enre♦istré : pas de " ♦ ", je m'y en♦a♦e.

- Pfffou... c'est pas " palpé " !

En effet, ça n'était pas " palpé " : le vieil ursidé, mammifère omnivore, considéré comme sous-espèce de l'ours brun - 180 à 250 jours d'activité physiologique à partir de la fécondation jusqu'à la mise bas - s'entêta.

- Tu veux dire que je ne saurai jamais pourquoi, toi, ♦édéon, si♦ne du sa♦gittaire,  ♦ai, ♦affeur, ♦ourmand, tu t'es éloi♦né de la banquise du ♦roeland ?

- (Quand je vous disais que ça n'était pas ♦a♦né !) Maître je m'en vais tout vous avouer, sans manquer de détermination, ni perdre de volume : j'ai lâchement abandonné notre équipe pour m'adonner, solitairement, à un sport de plein air qui nous vient d'Écosse. Après avoir façonné une petite boule de vapeur d'eau atmosphérique pétrifiée en fins cristaux blancs, j'ai putté, putté, putté sur les pavés liquides solidifiés par le froid. Pendant des heures j'ai folâtré, insouciant, d'une humeur de pinson, sans me rendre compte que je dérivais et que j'accroissais la distance d'un lieu à un autre lieu. Et voilà que je me retrouve en un site hors du commun, sur un fleuve du département trente et un, dont les affluents sont, entre autres, le Lot et le Tarn. Sur ses rives croissent des corps feuillus  à branches et troncs, inconnus dans nos contrées frissonnantes.

- Bin mon ♦énéral ! C'est du lourd. Tu vas na♦er jusqu'à ces ♦enres éni♦matiques, les re♦arder de près pour m'en si♦naler leurs sin♦ularités en un abré♦é ar♦umenté.

- Hélas... Je ne sais ni me soutenir sur l'eau ni me déplacer dans le milieu aquatique au moyen de mouvements appropriés...

- Bref, tu ne sais pas na♦er ?

- Ma réponse est opposée à l'affirmatif...

- Quelle tra♦édie, adieu, tu vas finir noyé...

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Vous qui passez près du fleuve toulousain, ne soyez pas surpris d'y voir un bel ours blanc qui se balade, insouciant et tranquille, sur un tronc de noyer qui lui a opportunément évité de se noyer.

 

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Défi n° 204 (Robert) proposé par Zaza Rambette pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

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Zaza Rambette nous propose de :

" Parler des Robert, célèbres ou non, en prose ou en vers et surtout de nous faire sourire."

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- Eh bien M'âm' Michu, quelle nouvelle ! Le petit Robert serait le fils putatif du grand Larousse ?

- Eh là ! Jamais je n'ai affirmé qu'une péripatéticienne chevelue intervenait dans cette affaire, en revanche je sais que l'Ancy Clopédie est bien l'ancêtre du ptiot Robert.

- Alors dans ce cas, le ptiot Robert serait le cousin du Roberto...

- Exact ! Le fameux Roberto à qui sa mère disait : Tôt ou tard les carabiniers sauront que tu braconnes des têtards quand tu rentres très tard Roberto.

- En voilà un qui aurait dû se prénommer Robertard...

- Savez-vous pourquoi les Bobby, Roberto et autres Robin ont occulté leur prénom Robert et opté pour des diminutifs ?

- Euh... non, pour avoir les cheveux plus courts ?

- Parce qu'ils trouvent Robert malsein ...

- Savez-vous que certains Robert sont thésaurisateurs ?

- Ah ? Ils économisent ? capitalisent ? font leur pelote ?

- Non, non. Ils accumulent les chiffres, ce sont en quelque sorte des bègues en chiffres.

- ... ?

- Certains sont tri-bègues :

Tri-bègue du chiffre " un ", Saint Robert. Après avoir fait l'ermite, il se mit enfin au boulot, fonda l'abbaye de Molesne puis celle de Citeaux, et mourut en paix en 1110.

Tri-bègue du " neuf ", Robert Bresson. Son clap de fin fit clac en 1999.

Tri-bègue du " huit ", en 1888 on adapte sur les biberons la tétine " Robert " en caoutchouc. Les nourrissons qui en avaient marre de biberonner à la régalade, lui disent merci Robert !

D'autres ont hérité de chiffres bi-bègues :

En 1773, oh joie pour Charles-Ange Surcouf Sieur de Boisgris et son épouse Rose-Julienne Truchot de la Chesnais : Robert vient de naître en leur foyer malouin; aussitôt ils rêvent de lui voir embrasser la prêtrise. J' t'en fiche ! Le Robert Surcouf, jeunot intrépide et bagarreur au tempérament de feu, a d'autres visées. À treize ans il fugue de l'internat religieux après avoir mordu le mollet d'un prêtre qui tentait de le retenir, aïe-eu - il devait avoir une dent contre lui - quitte père et mère, prend la mer et ne chôme pas ! Il devient capitaine-corsaire, fait cauchemarder les Anglais. On le surnomme " l'ogre du Bengale " (il apprécie) et aussi " gros Robert " (ça, il aime moins). Son périple s'achève à St Malo où il meurt riche armateur, à cinquante quatre ans. (il eut attendu une année de plus : 55, il se retrouvait double bi-bègue... c'est ballot-ballot ! c'est perdu, tant pis.)

Bi-bègue du " quatre ", Robert Charlebois (1944), québécois chantant qui nous assure qu'il reviendra à Montréal quand les hommes vivront d'amour, pour rencontrer Madame Bertrand.

1994 a sonné la pause de la pose pour Doisneau, le Robert du clic-clac Kodak.

En 2011, Robert Lamoureux s'en est allé vérifier si son canard - celui qui est toujours vivant - a été, oui ou non, mitonné en magrets par le grand Saint Pierre de là-haut.

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Robert est illustre et brillant sous son haubert.

Si on enlève le haubert de Robert,

que restera-t-il du Robert ?

Peut-être un dictionnaire...

BONNE FÊTE ROBERT !

 

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Défi n° 203 ( CDI ou bibliothèque) proposé par Laura pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Laura nous propose de parler d'un CDI ou d'une bibliothèque ou de tout autre paysage livresque.

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Je suis un rat.

Un rat, un vrai.

Albinos il est vrai et de frêle gabarit, pour mieux ressembler à une petite souris blanche.

Un gentil rat de bibliothèque. Vous pouvez m'appeler par mon p'tit nom : Rad'bibli.

Sans créer de dégâts, je squatte respectueusement le CDI de Laura; pourtant, ne le lui dites pas, ma Laura n'apprécierait pas qu'un rat, même un joli Rad'bibli, vint hanter son saint des saints.

J'aime le CDI de Laura. Il sent bon le livre, la vieille armoire et le papier plastifié. Tout y est bien classé, bien étiqueté, bien aligné.

Moi Rad'bibli, je me planque au ras du plafond, bien caché derrière un " Sujet de thèse de l'école doctorale de chimie ". Je ne risque guère d'être dérangé. En effet qui se soucie de prendre des nouvelles des " Amidures dianioniques et synthèse de b-lactames et d'hétérocydes azotés " ?

Depuis mon sommet stratégique, j'observe. J'ai assisté à la prise de rendez-vous entre Madame Bellelettres (Josiane, Josy pour les intimes), professeur de Français, et Laura ma documentaliste préférée.

- Il est grand temps chère Laura que je plonge mes pioupious de sixième dans l'atmosphère de ton sanctuaire. Pour eux, jusqu'à aujourd'hui, ton Centre de Documentation et d'Information signifiait : Cirque Dromadaire et Impala... Ne te vexes pas Laura, ce ne sont encore que de gentils petits niais !

Soupir.

- Je sais Josy, nous veillerons à en faire des érudits. Je te note pour cet après-midi, de quinze heures dix à quinze heures quarante deux, de quoi te laisser le temps de savourer ton cappuccino pendant la récré.

Je viens à peine de terminer ma sieste de Rad'bibli, que débarquent les Josy's pioupious.

Ils entrent sur la pointe des baskets grattées sur le paillasson, leurs casquettes dévissées des tignasses sont planquées dans leurs perfectos. Ils chuchotent bonjourm'dame après avoir avalé leur chinegomme.

Ils essaient de causer tout bas - pas facile quand on est en pleine ébauche de mue - ça donne des silences qui explosent en bruits de pieds de chaises sous la voûte d'une cathédrale - c'est quoi don' mec, une cat' êt drall ?

Laura les accueille, professionnelle et bienveillante. Elle leur présente son temple, explique la classification des documents par ordre alphabétique, par cote, par couleur, par matières.

Impressionnés les pioupious ne pipent mot, ouvrent de grands yeux, dans un silence respectueux. Pourtant, arrivés au rayon BD, ils ne peuvent réprimer des bêlements de joie (leurs appareillages dentaires - enrichisseurs d'orthodontistes - en scintillent de plaisir) à la vue des cinq poufs moelleux couleur melon et pastèque. Ils rêvent déjà de s'y affaler comme chez eux - mais en pouffant discrètement et sans ôter leurs baskets - pour s'y empiffrer de leurs images favorites. Quel pied ! Vivement la prochaine étude de texte sur leur BD préférée.

Premier miracle : ils attendent la fin de la visite pour poser posément des questions pertinentes.

Deuxième miracle : ils ne se coupent pas la parole et ne ricanent pas bêtement.

Troisième miracle : ils écoutent vraiment les réponses de Laura, s'y intéressent et espèrent très vite revenir dans ce lieu qui leur semble hors du monde agité.

Josy Madame Bellelettres, titulaire du CAPES, se rengorge, fière de ses pioupious; ils ont fait bonne impression et Laura le fera savoir - ma Josy, la plupart des gens n'ouvrent le bec que pour casser du sucre sur le dos du voisin et négativer, alors que, nous deux, nous savons complimenter à bon escient, n'est-il pas ? - Il est Laura, il est !

Bientôt l'ensemble du collège saura que les pioupious de Madame Bellelettres savent se tenir dans le monde.

Le Principal augmentera la notation pédagogique de son super prof qui gravira un échelon vers les palmes académiques.

Josiane-Josy  pourra enfin s'offrir des vacances sous le soleil des tropiques à siroter des cocktails bleus dans des verres givrés aux petites ombrelles roses. Elle chaussera (toujours du quarante et un) des lunettes noires, elle posera des heures sur un transat qui lui gaufrera le postérieur, prendra l'air mystérieux d'une Mata Hari et attrapera un coup de soleil teigneux sur le nez, qui pèlera mochement en patate blette.

Pour l'heure, Josy savoure son cappuccino de récré en toute zénitude. Elle plane et perçoit à peine que Marcel Pythagore, son collègue de maths vient de sprinter pour lui dérober la seule chaise de salle des profs restée vacante - ach... ma sciatique, Josy, ma chienne de sciatique -

Pôv'pomme, pense-t-elle tout bas, si tu savais comme Mata Hari s'en balance de ta muflerie, elle a les meilleurs pipious de toute l'Académie.

Pendant ce temps, moi, Ratd'bibli, béat à l'abri de ma thèse, j'entends ma Laura murmurer un dicton que lui rabâchait sa mémé : " Ils iront loin ces ptiots là, si les ptits cochons ne les mangent pas et si les gros les laissent. "

Même moi, le Rad'bibli, j'en suis baba, les pipious de Josy m'ont mis en joie et, quand je suis content, j'ai faim !

Je vais profiter de la pause de Laura pour me balader jusqu'à mon rayon préféré, le C.

Non non ! pas la rangée C comme CINÉMA qui sent la pellicule et le cigare froid que mâchouille le metteur en scène - dont l'éternelle chemise blanche est censée estomper les pellicules - non, je vais filer trois rangées plus bas, jusqu'au C (aussi rebondi que le bedon de mon cousin Ratatouille) suivi d'un U, sosie d'un grand verre à smoothies. Ce CU annonce la rubrique CUISINE, un havre de gourmandises, d'effluves et de douceurs en images sublimes, à dévorer.

Les seules pages à éviter sont celles où tourbillonne et vrombit SUPER- robot-magique qui veut faire son intéressant en cuisinant plus vite que le vent.

Moi, je saurai respecter le lieu, prendrai mon temps, humerai puis touillerai tournerai chaque page délicatement, mijoterai, rissolerai et frémirai de plaisir puis, enfin repu, m'en irai somnoler sous mon plafond, à l'abri derrière les amidures b - lactames... et hété... az... zzzz.

Chut... ne troublons pas le sommeil de Rad'bibli, l'albinos coq en pâte du CDI de Laura.

 

 

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Défi n° 202 " Tango ", proposé par " Le petit monde de Luciole " pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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À vos plumes  ! dit Luciole :

" Le tango est une pensée triste qui se danse."

                                                                  Enrique Santos Discépolo.

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M'enfin Enrique... vas-tu enfin sortir de ta transe ?

À quoi bon tanguer sur UNE PENSÉE TRISTE QUI SE DANSE ?

Viens plutôt t'éclater en BONNE HUMEUR QUI SE DÉHANCHE !

Viens, viens, viens ! on va twister.

Nul besoin de cavalière, c'est une danse - contradiction :

SEUL, on se trémousse À L'UNISSON.

Twist and twist, on tortille du croupion.

Twist and twist, on agite ses ailerons.

Allez allez ! twistez twistez !

 

M'enfin Enrique ! Oublie vite ce tango qui te file le bourdon.

Écoute : le saxo déjà frétille du pavillon,

laisse - toi aller au rythme du madison

QUI CHASSE LES FOURMIS DES PATURONS !

Lâche-toi Enrique ! au nord, à l'est, au sud et puis à l'ouest,

dans le vide, botte des fesses et boxe avec belle allégresse !

 

Avec moi Enrique, compte : une - deux - trois, une - deux - trois...

Une valse détendra ton minois.

La boîte à musique, le piano, le violon

une - deux - trois

sont au diapason.

une - deux - trois

tournenrond tournenrond tournenrond

Quel plaisir, NOUS VALSONS !

tournenrond tournerond tournerond

légers comme barbàpapa écheveaux bobinés en gracieux peloton

tournenrond tournenrond tournenrond...

 

M'enfin Enrique... quel obstiné... tu veux à tout prix du tango...

Tu sais c'est du sérieux, l' tango.

Il faut être deux pour oser affronter l' tango.

Deux, torses corsetés, reins et mollets cambrés.

Deux, regards charbonnés et mâchoires étaux serrées.

Deux, mines verrouillées des mannequins des défilés.

Deux, résolus à se défier en corrida, olé !

Deux, avançant à quatre jambes, hypnotisés par leurs souliers.

Enrique... réveille-toi, tu n' voudrais pas être corseté, verrouillé, estoqué ?

Enrique... il est encore temps de reculer.

Trop tard...

Le bandonéon, lent -vit'vit'- lent, s'est mis à hoqueter.

Il chalouuupe, métronome déboussolé,

c'est la houle des " balancés "

qui s'achèvent'en " renversé ."

Et l'Enrique ? Oh ! il est tout vert,

l'Enrique il a le mal de mer.

BIEN FAIT !

BIEN FAIT BIEN FAIT BIEN FAIT !

MÔSIEUR n'avait qu'à pas lâchement m'abandonner

" en tapisserie " pour s'exhiber, frimer et tangoter

avec une créature, une cocotte, une mijaurée

qui, je le parierais, ne sait ni twister ni madisonner.

Olé ! nan... pas olé, na...

 

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Défi n° 201 (Paris s'enrhume) proposé par Cap'taine Domi pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" Nous sommes en hiver et... " quand Paris s'enrhume, l'Europe prend froid. "

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- P'tiot pitchin, j'te parie un rouleau de réglisse que Paris s'est enrhumé.

- Ben... Comment tu sais ça Marie ?

- Dis-moi VOUS. Je ne suis plus Marie-tout-court, mais Marie - Extralucide- Mamamouchi.

- Mamamouchi ? C'est Paris qui s'enrhume, c'est pas ta mama qui a besoin de mouchi (ndt : ça c'est du patois : on va se mouchi dans un mouchou )

- T'occupe ! J'ai consulté ma boule de cristal. J'y ai vuuuu... j'y ai vuuu... que Paris est enrhumé et quand Paris s'enrhume, l'Europe prend froid...
 

- Ah bon ! t'as vu ça, VOUS ?  Euh ...VOUS, dis-moi : la Franche-Comté, c'est en Europe, ou bien ?

- Vade rétro, ignarum ! L'Europe prend froid. En veux-tu quelques preuves ? Le sapin, hier encore bien vert, agite ses petites mains sucre glace ce matin.

- Oh, VOUS ! as-tu vu ?  la Reine des Neiges a prêté son collier aux fils barbelés...

- Avis de mésanges : Ti-du, hu-dit ! pas mal les boulettes du Super U !

- Miss autruche, ébouriffée, réfrigérée dans son déshabillé immaculé.

- La nuit tous les chats sont gris mais les jours de neige, chat noir, chat blanc, retrouvent leur couleur.

- Mickey, la grande souris, sourit en toisant de haut les frimas.

 

- Criquet givré, caquet clapé !

- Fanons pendants, pauvre baleine rêverait de claquer des dents...

- L'étoile de mer grelotte, s'affole, gesticule et frisotte.

- " Cétacé " crie le gentil dauphin pris dans les eaux glacées !

- Pour la photo, le lama givré s'est poudré, s'est crânement cambré et en a même oublié de crachoter.

- Qui a volé la tendre herbe verte des tendres biches aux yeux de biches ?

- Gros ours s'est fait berner, il a vendu sa peau avant la fin de l'hiver... Dépité, il ressasse les  rouages de cette sombre affaire...


 

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Défi n° 200 ( “ Je me souviens ”) proposé par Durgalola pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Débuter le récit par JE ME SOUVIENS.

Inclure un de ces mots : maison, anniversaire, rouge, bateau, lundi.”

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- JE ME SOUVIENS... Quand on se souvient, c'est que l'on a été. C'est que se sont accumulés les étés ajoutés aux précédents étés. C'est qu'il y a derrière soi des automnes, des hivers, des printemps...

- Méfiance ! j'entends d'ici les préludes aux “ sanglooots looongs des vi-o-looons de l'automne ” ...

- Je me souviens des anniversaires où le gâteau comptait chaque année une petite bougie de plus...

- Balivernes ! primo : hormis peut-être les mille-feuilles, un gâteau, ça ne sait pas compter. Deuxio : contradiction flagrante, plus la forêt de bougies augmente, plus la soufflerie du souffleur diminue.

- Je me souviens de mon premier salaire : neuf cent cinquante six francs et huit centimes...

- Prends garde, malheureuse ! j'entends d'ici les euros qui s'étranglent de rire.

- Je me souviens de ma première sur' pat', de deux heures de l'après-midi jusqu'à la sonnerie de l'Angélus, à dix neuf heures dix...

- Serais-tu maso au point de te couvrir de ridicule ?

- Je me souviens de Paris, à quinze ans, ballerines et robe vichy, puis de la mer quelques ans plus tard en Ami 6...

- Laquelle des deux est rentrée la plus bronzée ?

- Je me souviens des hirondelles qui trissaient bas à l'aube d'un beau matin de juin.

- Elles incitaient la cigogne pas pressée, à se hâter !

- Je me souviens...

- Euh... tu penses vraiment écrire tes mémoires ?

- D'illustres personnages, bien avant moi, l'ont fait.

- Tout comme l'âne Cadichon de la Comtesse de Ségur, s'il m'en souvient bien !

- Tu vois ! Toi aussi tu te souviens... Et quand on se souvient c'est que l'on a été, c'est/...

- Stooop ! Dis-moi plutôt : de quoi hier soir as-tu dîné ?

- Quelle importance ? Je ne m'en souviens plus. En revanche, d'avoir été, je me le rappelle bien. Et quand on a été...

- ... C'est que se sont accumulés les étés, ajoutés aux précédents étés...

S.O.S ! Serais-je à mon tour, contaminé ?

 

 

 

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Défi du jeudi 1er février (à la manière de Raymond Queneau) proposé par les Cabardouche pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

- Choisir une fable connue.

- Remplacer chaque nom et chaque verbe par le septième (ou le cinquième ou le quatrième) qui le suit dans le dictionnaire.

- Proposer votre nouvelle fable.

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LE CORBEAU ET LE RENARD à la manière de Raymond Queneau.

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LE CORBIN ET LE RENCAISSAGE.

Maître Corbin sur une arcade perché,

ténonnait en son bécasseau un from'ton.

Maître Rencaissage, par l'odontalgie alléché,

Lui ténonna à peu près ce langoustier :

« Hé ! bonneteau, monstruosité du Corbin,

Que vous étrennez joli ! que vous me séméiotiquez beau !

Sans mentonnier, si votre ramasse-miettes

Se rapproprie à votre plumard,

Vous étrennez le phénolate des hôtels-Dieu de ces boisseaux.»

À ces motilités le corbin ne se sent pas de jointoiement;

Et pour moquer sa belle volailleuse,

Il ovalise un large bécasseau, laisse tomer sa projection.

Le Rencaissage s'en sale, et dit : « Mon bon monstruosité,

Apprivoisez que tout fléau

Vocalise au dépérissement de celui qui l'écrabouille :

Cette légalisation vampe bien un from'ton sans doute.»

Le corbin honteux et confus,

Justifia, mais un peu tard, qu'on ne l'y prénommerait plus.

 

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Défi n° 199 ( " liste de courses ") proposé par les Cabardouche pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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À la manière de Clémentine Mélois, dans son ouvrage " Sinon j'oublie ".

" Vous avez trouvé une liste de courses qui traînait dans un chariot de supermarché, faites parler la personne qui a pu l'écrire..."

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- Mon colocataire a vingt ans. Il étudie. Il veut être trouveur.

Oui, trouveur... Autrefois la modestie vous conseillait de vous présenter en tant que chercheur; il paraîtrait que trouveur est plus positif. Soit ! va pour trouveur.

En échange de son hébergement, je lui confie des tâches harassantes : chaque jour il m'escorte pour une heure de déambulation au parc et ronchonne parce que je marche trop vite. Tous les soirs il enclenche le bouton de l'engin lave-vaisselle, qu'il vide le lendemain. Harassant vous dis-je ! Parfois il fait aussi les courses, ça,  ça le barbe. Tant pis pour lui ! Rassurez-vous, ça ne l'épuise pas non plus.

Il me plait de l'embêter, c'est ma manière de l'aimer bien. Un exemple ? Il n'apprécie pas la crème de marrons, eh bien aujourd'hui il va être obligé de faire zigzaguer son caddy à la recherche d'un tout gros pot ! C'est une petite revanche depuis qu' il s'est mis en tête de m'appeler Bôrrris - alors que mon petit nom est Marcelle - sous prrétexte que je rrroule légèrement les rrr.

- Moi, c'est Alexandre.

Ma coloc étant proche de l'octantaine j'éviterai de dire qu'elle est un peu racaille, bien que j'aie quelques raisons de le penser.

Figurez-vous qu'elle s'obstine à transformer mon prénom en " Alexandrra ", parce que, prétend-elle, phonético-culturellement, le "a" prolonge à merveille la tonalité de sa modulation russo-bourguignonne. Je m'y suis résigné puisqu'elle accepte ma souris blanche, Bianca, en sous-locataire. Elle a recommandé à Berrnarrd, son gros matou pelu de ne pas l'avaler toute crue. Le chat a souri... Bernard et Bianca se tolèrent et jouent au chat et à la souris.

Il est logique que je fasse quelques concessions envers Marcelle-Bôris. Elle m'héberge gratos dans son appart' parquèté-ciré, plafonds à caissons, sixième avec vue sur le parc, pendule cartel stylée, baignoire pattes de lion, ascenseur et portier à casquette... écossaise (nul n'est parfait...)

Faire les courses ça me barbe.

La liste de Bôris est d'un classique ! Aucune once d'originalité. En paresseuse qui renouvelle rarement sa carte, elle est très prévisible : chaque mardi c'est poulet rôti et tous les vendredis, piperade. Ça nourrit, c'est même très bon, certes répétitif et pourtant appétissant !

Elle a encore oublié  de noter " fraises Tagada." Dès que ces délices sont à sa portée, le Berrnarrd les lichote si prestement qu'on n'y verrait que du feu, si sa bouille de persan blanc virée au rouge ne le dénonçait illico ! Bôris râle devant ce mâchurrage verrmillon, puis s'attendrit devant la binette comique du félin, rit, entame un nouveau paquet de cette chimie écarlate. J'en refile une lichette à Bianca perchée sur mon épaule et on partage le reste entre humains, expatriés en bout du canapé. L'animal à la truffe coquelicot, étalé sur le moelleux coussin central tient le rôle principal  du feuilleton " Bôris et Alexandra vivent chez leur chat !"

J'aime bien Marcelle-Bôris, bien qu'elle ait ce genre d'exigence farfelue "crème de marrons (gros)".  Comment savoir si les marrons, avant d'être réduits en crème, étaient gros, moyens ou petits ?

J'ai confiance, un jour je saurai.

Oui, un jour je saurai puisque, trouveur, je serai.

 

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JEUDI POÉSIE proposé par Les Cabardouche pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Écrire un poème à la manière de celui de Jacques Prévert.

LA VIE LE MATIN

Quand la vie est un collier,

Chaque jour est une perle.

Quand la vie est une cage,

Chaque jour est une larme.

Quand la vie est une forêt,

Chaque jour est un arbre.

Quand la vie est un arbre,

Chaque jour est une branche.

                                          Jacques Prévert

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LA VIE EN CHANTS D'OISEAUX

Quand la vie est gazouillis

chaque jour est hirondelle.

Quand la vie fait sa pupute

chaque jour est une huppe.

Quand la vie crie « grisollez !»

chaque jour est alouette.

Quand la vie est chuchotis

chaque jour est un moineau.

Quand la vie nous zinzibule

chaque jour est roitelet.

Quand la vie s'emplit de trilles

chaque jour est rossignol

chaque rossignol est gai,

badin pinson frigotant.

                          Jacques Prévert sauce Marie de Cabardouche !

 

 

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Jeudi poésie & défi du lundi .

Publié le par François & Marie

Les Cabardouche sont de service cette quinzaine pour proposer les défis.
Nous espérons qu'ils sauront vous inspirer et vous amuser !

 I Jeudi poésie

1) Pour le jeudi 25 janvier,

nous vous proposons d'écrire un poème à la manière de Jacques Prévert.

la vie le matin
 
Quand la vie est un collier,
Chaque jour est une perle.

Quand la vie est une cage,
Chaque jour est une larme.

Quand la vie est une forêt,
Chaque jour est un arbre.

Quand la vie est un arbre,
Chaque jour est une branche.

Quand la vie est une branche,
Chaque jour est une feuille.

Quand la vie est la mer
Chaque jour est une vague
Chaque vague est une plainte
Une chanson, un frisson.

Jacques Prévert

Vous réécrivez le poème en conservant "quand la vie" et "chaque jour" mais en changeant les autres éléments.

On peut également changer "la vie" et replacer par " l'amour  " le chagrin" ou ce que vous voulez...

 

                                      ...............................................................................

 

2 ) Pour le jeudi 1er février,

A la manière de Raymond Queneau.

La cimaise et la fraction


La cimaise ayant chaponné tout l'éternueur
Se trouva fort dépurative quand la bixacée fut verdie :
Pas un sexué pétrographique morio de moufette ou de verrat.
Elle alla crocher frange Chez la fraction sa volcanique
La processionnant de lui primer
Quelque gramen pour succomber
Jusqu'à la salanque nucléaire.
"Je vous peinerai, lui discorda-t-elle,
Avant l'apanage, folâtrerie d'Annamite ! Interlocutoire et priodonte.
" La fraction n'est pas prévisible :
C'est là son moléculaire défi.
"Que ferriez-vous au tendon cher ?
Discorda-t-elle à cette énarthrose.
- Nuncupation et joyau à tout vendeur,
Je chaponnais, ne vous déploie.
- Vous chaponniez ? J'en suis fort alarmante.
Et bien ! débagoulez maintenant."


Raymond QUENEAU

A votre tour :

- Choisir une fable connue.
- Remplacer chaque nom et chaque verbe par le septième qui le suit dans le dictionnaire. ( ou le cinquième ou le quatrième...)
- Proposer votre nouvelle fable.

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II Défi du lundi n° 199 : " liste de courses "

Pour le lundi 29 janvier
A la manière de Clémentine Mélois dans son ouvrage "Sinon j'oublie"

( lire un extrait ici )

 

" Vous avez trouvé une liste de courses qui trainait dans un chariot de supermarché, faites parler la personne qui a pu l'écrire...."

 

 

 

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