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La neige du coucou

Publié le par François & Marie

Ce matin le joli Jura de chez nous s'est réveillé sous la neige lumineuse du printemps, ce sera sans doute la dernière pour cette année. On l'appelle ici : la neige du coucou.

 

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Défi n° 248 proposé par Durgalola "Petites graines" pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Durgalola donne les consignes :

Chères  moussaillonnes et  chers moussaillons. Je vous souhaite bonne écriture.

extrait du journal IX  – GRATITUDE de Charles Juliet (2004/2008)

« On m’a demandé d’indiquer les dix mots que j’affectionne.

Les dix mots qui ont pour moi une signification particulière.

Quand j’ai voulu les rassembler, j’ai préféré ne pas trop réfléchir.

Il fallait qu’ils viennent spontanément.

Je les livre en désordre, car il ne peut y avoir entre eux de hiérarchie.

COMPASSION – MÈRE – TERRE – MUTATION – LUMIÈRE – CENTRE

SOURCE – VOIX – REGARD – ÉCOUTE

Vous écrirez un texte avec ces dix mots ou si vous le souhaitez, avec vos dix mots préférés.
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Ma mère partageait les difficultés du petit peuple de son jardin.
Elle éprouvait de la compassion envers le monde du tout petit-riquiqui.

Dès la fin de l'hiver - début de la grande mutation du vivant - chaque jour elle passait l'inspection.
Ce potager fleuri aux allées d'herbe à vaches était son centre d'intérêt.
Avant d'y pénétrer, le rituel variait peu. Par temps frileusement humide elle chaussait des bottes - des espadrilles par temps sec - emprisonnait sous un tablier de jardinier une veste qui avait perdu sa teinte mais  conservé les
côtes de son velours. Elle aplatissait son chignon sous un navrant capuchon de pluie en fin de carrière - un chapeau de paille effiloché le remplaçait les jours de belle lumière.
En toutes saisons, elle entassait dans la poche kangourou de son rustique tablier bleu un petit sécateur (utilisé essentiellement dans le but de rabattre le caquet d'une plante orgueilleuse tchac qui tenterait d'étouffer une de ses congénères plus timide), des ficelles de chanvre tuteur des faibles), un carnet rouge - sa bible du jardin - et un Bic quatre couleurs.
Très importantes les quatre couleurs. Vous l'allez constater.
Lorsque son front alignait deux plis soucieux, on pouvait parier que la couleur noire allait être dégainée :
"28 mars : trois turricules à l'est de la rhubarbe, versus sept le 15 mars."

Elle était sans doute la seule dans le village à comptabiliser les tortillons de "crottes" fertilisantes  abandonnées par les vers de terre ; si les lombrics avaient fait leur valise, c'était le signe d'un sol en souffrance : peu vivant et qui respirait de plus en plus mal. Elle allait redoubler de vigilance.
Au début d'un printemps particulièrement sec, la source au fond du jardin était quasi tarie, j'ai croisé ma mère qui trimballait un lourd arrosoir plein à ras bord.  Elle consentit à ce que je lui vienne en aide tout en m'expliquant qu'elle avait croisé une hirondelle dépitée ??? - incident à consigner en noir sur le carnet rouge... Elle déversa petit à petit l'eau sur le bord de la source et se mit à piétiner avec énergie, au risque de piquer un gadin dans la gadoue qu'elle provoquait.
Histoire, pour elle, de reprendre son souffle et, pour moi, de me remettre de cette danse de la glèbe, nous nous assîmes un peu en retrait. Presque aussitôt, à la grande satisfaction de ma mère et à mon grand étonnement, ce n'est pas une hirondelle qui piqua comme une flèche dans la boue, mais cinq, les unes après les autres qui vinrent, sans cesser leur vol, se servir en matériau de construction ; pour sûr, leurs nids seraient les plus costauds du secteur !
J'étais éblouie par cette communication muette, par cette écoute des besoins de plus petit que soi, j'en perdais la voix.
Tant que dura leur manège affairé, ma mère ne les quitta pas du regard. Tout comme elle avait déjà consigné peu de temps au paravent " Toiles d'araignées de la cabane à outils = fils d'assemblage des mousses et lichens pour mésanges longue queue. Interdiction de dépoussiérer", elle ajouta, en vert souligné de rouge " Boue pour arondes " .
Et la couleur bleue me direz-vous ? Elle la réservait aux croquis, celui d'une coccinelle tombée sur le dos qui pédalait désesp
érément dans le vide, qu'elle aida à se remettre sur pattes, ou celui d'un jeune lézard sauvé de la noyade par le petit fagot de branchages qu'elle avait placé dans le bassin.
Un jour lointain, quelqu'un n'aurait-il pas dit "Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens..."?

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Remarque : Ce texte léger est une manière de rendre hommage à l'humanité de Monsieur Charles Juliet, sans dévoyer la profondeur de son œuvre.

 

Publié dans Défis

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Jeudi poésie ( défi n°247)

Publié le par François & Marie

Vous composez un poème après avoir dressé une liste de métagrammes.
Les  métagrammes sont des mots qui ne diffèrent que par une lettre

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La  poule y dort

Une poule sur un mur

picotait picotait

Une moule sur du pain dur

Qu'un asticot accommodait

Un berger au creux d'une meule dormait au loin

Il craignait en rêve qu'une meute de pingouins 

Ne mette en pagaille tout son foin

Ils auraient été auteurs d'une dette

Qu'un notaire n'eut pas trouvée nette

Sur sa natte fort heureusement

Le chien leva la patte nonchalamment

Sa pâtée il voulait vite avaler

Avant qu'elle ne fut trop datée

Que ne fut-il une poule qui sans dent dotée

picote une moule à la saveur bien dosée

 

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Défi n°247 proposé par Les Cabardouche pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Voici un portrait à partir duquel vous raconterez une anecdote, vous devez impérativement utiliser les verbes suivants.

  • barguigner
  • renauder
  • vermiller
  • écuisser
  • musser
  •  

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- Le velours c'est doux.
Celui du gilet du pépé est doux, tiède et confortable.
Ma joue de bébé s'y blottit et... bubulle.. bubulle... bubulle... J'y laisse des grappilles de bulles de bébé.
Tout comme un marcassin est habile à vermiller*, moi le bébé, je suis doué pour buller. Chacun son truc.
Pour le moment, c'est le pépé qui en bave. Il expérimente la chaussette bayadère.
Au début, une chaussette, ça semble bêtement simple; sans barguigner* pépé monte les mailles. S'il fredonne Riquita, c'est que tout va bien.
Ensuite, allègrement, au rythme de "Quand Madelon" il tricote la tige - vous voyez, là où ça va tenir le mollet au chaud.
Au fait... est-ce qu'un bébé a des mollets ?...
Les bouches en cœur qui plongent par vagues au-dessus de moi pourraient peut-être me renseigner.
Elles viennent m'étudier. Je dois être une variété spéciale.
Leurs voix- souvent niaiseuses - m'informent : je suis ta tata Zaza ou ta mémé Rose - humm, elle sent bon, celle-ci- ou ta cousine Madeleine - pourquoi elle pleure, celle-là ? - ou bien, c'est moi l' oncle Marius, un ogre à brosse sous le nez, enfin un qui a l'air normal, il me plaît bien ce gros là, ou encore j'suis Brijou ta voisine de palier ! Bizarre, la Brijou, un vrai sapin de Noël farci de bijoux, des cheveux pour quatre, elle sautille et agite ses mains, ça fait du vent qui hurle dans sa tignasse et dans ses pendeloques qui cliquètent.
Ça c'est une phrase difficile à traduire en bébé... bulle... et puis c'est soûlant toutes ces silhouettes... bubulle... bubulle...bub...
À mon réveil d'autres spécimens égrènent mon inventaire, ripatons, nez mignon, ailerons, yeux marrons, ch'veux du tonton...
Leurs voix grimpent dans les aigus au fur et à mesure de leurs découvertes.
Et je ne sais toujours pas si j'ai des mollets ! bulledebulle...
Comment le pépé peut-il supporter ce défilé sans perdre de maille ?
La maille perdue, c'est la hantise du pépé.
Quand ça lui arrive, il renaude*, ça fait dans son gilet comme un petit grommellement de tambour, c'est rigolo ! Le pépé lui, ne rigole pas; dans ma tête de bébé je me dis que cette fameuse maille était sans doute la plus précieuse de toutes, la maille chauffante, la seule capable de donner de la chaleur au mollet et ... bubulle... .....bubulle... bu...
Savez-vous qu'il arrive que la laine se casse.
Il faut dire qu'elle en est pratiquement toujours à sa troisième vie de laine, elle débute gilet puis se convertit en barboteuse pour se retrouver chaussette, il y a vraiment de quoi craquer bullebul...
Un jour le pépé a discrètement mussé *dans son sabot gauche - ni vu ni connu, ça évite une agacerie avec la mémé - la moitié d'une pelote tellement fatiguée, si éraillée en effiloches qu'elle était intricotable.
En bébé bien élevé, je n'ai pas vendu la mèche du brin de laine, un bébé ne se met pas à table, c'est bien connu bul...
Le jour de cette petite dissimulation dans son sabot, le pépé a boité plus bas que de coutume, personne ne s'en est étonné, puisqu'ici tout le monde l'appelle affectueusement "le bancalou" et lui d'ajouter " le bancalou qui traîne sa patte raide !" ( ancienne séquelle d'un éclat d'obus qui l'a à demi écuissé.) Je ne comprends pas un mot de ce que je vous dis, je ne fais que répéter ce que j'ai entendu bull...
Tout ça, c'est du charabia de grands' gens. Ça me fatigue...bubulle... etc...

- Tu t'agites, ptiot gars, remarque doucement le pépé, on va faire une pause.
- Ptiot gars ? Quand je suis sortie du tunnel, quelqu'un a annoncé "c'est une fille". Même qu'une voix grave qui en était à son douzième café sur la toile cirée de la cuisine a répondu "Bah... tant pis". "Tant pis", ça signifie  "qu'est ce que je suis content !".
Et puis, sûrement que "fille" et "ptiot gars" c'est du pareil au même... bullcompliquéelavie...

- J' donnerais bien cent sous pour savoir à quoi tu rêves ma ptiote bambine...
- Ptiote bambine ? Ça voudrait dire ptiot gars ?... bubulleunchouïainterrogative...

- Dans ton joli ptiot bourrichon ça doit être du léger, du lolo, de l'azur, du doux, du dodo, du duvet, du rose, du sans souci. Profites-en bien, bébé. Ensuite, souvent, ça se complique...
- Bubulleconfiante... bubulletranquille... bubullecarpediem...
bub...

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VERMILLER : fouiller la terre, tel le sanglier, pour y débusquer des vers.
BARGUIGNER : hésiter, ne pas se décider vite.
RENAUDER : renâcler, rouspéter, râler.
MUSSER : cacher, dissimuler.
ÉCUISSER : faire éclater le tronc d'un arbre ou estropier une cuisse.

 

 

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Jeudi poésie : le logogriphe

Publié le par François & Marie

Pour le défi de la quinzaine, les Cabardouche se sont partagé les plaisirs : Marie s'occupe de commenter le tableau et François joue avec les poésies.
 

(les solutions des logogriphes sont à la fin)

-1-

On pourrait me déclamer en alexandrin

Car sur mes douze pieds toute enflée je me tiens

Ronde et gracieuse je suis

Légère et solaire comme le Roi Louis

Je plane avec grâce au-dessus de ma tête

Et mon cœur écossais qui mit le club en fête

Ma queue n'est ni humble ni modeste

Telle un paon elle pavoise en  un arc céleste

-2-

Je suis l'amie de Jeanne avec toute ma tête

Mais je ne sais plus choisir si je perds la tête

Je flotte en mare ou je vole en ciel  avec ma tête

J'ai pourtant des mémoires quand je n'ai plus de tête

Un fin et chaud duvet pousse avec ma tête 

Mais on se vêt de ma peau si je n'ai plus de tête

De Guinée ou de Barbarie je plane avec ma tête

Mais on me vit en bonnet infamant sans ma tête

-3-

Mes quatre pieds posent problème

Ils font tanguer on devient blême

Sans ma tête je ne suis que mépris

Sans ma queue je roule sur le tapis

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Solutions

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1 = Montgolfière  mont - golf- fière

2= Cane    cane /âne

3 = défi    dé- fi

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Les Cabardouche à la barre du défi n°247

Publié le par François & Marie

Les Cabardouche prennent la barre de la coquille pour cette quinzaine et vous proposent les sujets suivants : 

Pour le lundi 8 mars.

Voici un portrait à partir duquel vous raconterez une anecdote, vous devez impérativement utiliser les verbes suivants.

  • barguigner
  • renauder
  • vermiller
  • écuisser
  • musser

"Papy tricote" peinture de François.

D'après un  tableau de Nikólaos Gýzis

Pour le jeudi poésie du 4 mars

Vous composez un logogriphe.

Un quoi ? Un logogriphe ... Mais qu'est-ce donc que cette bête ?  Le mieux est d'aller voir la définition ici.

Vous composez donc un petit poème pour faire deviner un mot que vous aurez choisi.
Ce n'est pas facile, mais vous allez y arriver.

Pour le jeudi poésie du 11 mars

Vous composez un poème après avoir dressé une liste de métagrammes.

Une liste de quoi ? Des métagrammes sont des mots qui ne diffèrent que par une lettre, exemple :

dame /came/pâme/pare/mare/mère/père ...

Après avoir dressé cette liste, vous incluez ces mots dans votre création.

Bonne quinzaine !

 

 

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Défi n°246 proposé par ABC pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

 

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ABC, du JARDIN DES MOTS lance un  S. O.S JARDINIER.

Cher Amiral, vos croqueurs sont des « motivores », en passant par mon jardin, ils ont dévoré tous mes mots. Sans mot, mon jardin de mots n’a plus de sens, il est anéanti. Demandez-leur, je vous en conjure, de m’envoyer chacun sa meilleure recette, pour que les mots de mon jardin puissent refleurir dès le début du printemps.

Consigne :
Écrire une recette simple et efficace pour réparer les dégâts provoqués par tous les « motivores ».
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                                                RECETTE.
         " REDONNER VIE AU JARDIN DES MOTS DE ABC."


La veille.
Façonner une large abaisse sablée, rappropriée et aplanie.
La quadriller.

Sans lésiner, y répartir des brassées de mots. Euh, non, des brassées de noms, nom de nom !
Sur les pourtours, regrouper
les discrets, les timides, les peureux. Bien les lier les uns aux autres.
Au centre, les exubérants, les biscornus, les fougueux et les baroques. Ils s'assaisonneront les uns les autres.

Plongez à pleines mains
dans les adjectifs.
Les trier soigneusement :
À gauche les positifs. Ploc, délicatement les badigeonner de jaune soleil.
À droite, les négatifs. Plic, les teinter d'un zeste de jaune citron.
Remarque : ils vont tous se retrouver jaune vif, alors pourquoi les avoir triés ?
Réponse : pour tester votre jugeote.
Entre les deux, réduire les neutres en les blanchissant quelques minutes.
Réservez le tout dans la réserve.

Amasser des verbes, en bottes généreuses.
Tels l'or et le vif argent, en athanor les amalgamer.
Remarque : si votre athanor a disjoncté, utiliser un four micro-ondes éteint, c'est kif kif.
Dès le début d'une effervescence - à faire frémir les mots de Noël en papillotes - répartir le tout, partout.
Être impératif avec les conditionnels.
Mêler passé et futur et tout sera plus que parfait.

Laissez reposer une nuit.

Le lendemain.
Délicatement faire revenir les fugueurs et les marginaux.
Les singer sans les imiter.
Réaliser un houblon roux blond. Pour les adoucir, y plonger les vocables de couleur corbeau.
Aromatiser d'un bouquet garni de pronoms.
Faire une chiffonnade de déterminants.
Inviter un petit ami Au petit tamis, passer les motos pompes les mots pompeux, histoire de les clarifier.
Saupoudrer d'interjections épicées.
Laisser infuser des milliers de signes de ponctuation, puis les jeter à la volée à travers une passoire.
Remarque : ne pas jeter la passoire, l'agiter de temps en temps pour passer le temps.
Mouiller le tout, sans détremper.
Laisser pousser au soleil.
Fier de ce qui vous a fait suer, admirer.
Dresser.
Inviter ABC.
Savourer !

- Bon, les copains, on va faire la chorale grammaticale, ceux qui ont les noms vous ne dites que des noms, les verbes que des verbes !

- Et c'est quoi un âge dectif ?

- Un ad-jec-tif ! Ben c'est ... heu ... C'est pour dire comment on est, quoi.

- Ah et toi tu fais quoi Marie ?

- Moi je suis la Sainte Axe, je commande la phrase !

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Défi n° 245 proposé par FANFAN 2B pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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À partir d'une photo, d'un objet, d'une odeur, d'un lieu, Fanfan nous demande de raconter en quelques lignes un souvenir bon, gai ou triste ou une anecdote de notre enfance que cela a réveillé en nous.
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À la campagne dans les années cinquante, bêtes et gens cohabitaient de bonne grâce; les enfants de cette époque en conservent quelques souvenirs attendris.

En douce ils se régalaient de généreuses poignées de cacahuètes, piquées dans le sac de tourteaux d'arachides réservés aux vaches. Leur huit ans ignoraient l'existence de l'escherichia coli et autres sournoiseries bactériennes.

Même s'ils ratissaient à pleines mains les gamelles de pâtée des poules, jamais aucun gallinacé n'est allé cafeter. Braves bêtes !

En toute impunité - de la part des cochons - ils allégeaient de quelques patates la chaudière quotidienne de ces gros lards. La poignée du couvercle qui rôtit les mains, la vapeur qui aveugle et les Bintje qui brûlent lèvres et doigts, étaient le prix à payer pour un tel délice ! Les parents s'apercevaient à peine que l'appétit de leur progéniture était moins vif ; tant que leur dynamisme restait intact et que leurs joues étaient abonnées au rose pastel, ils n'allaient pas s'alarmer pour si peu.

Laisser le vieux chien de berger léchouiller leur tartine de saindoux, c'était pour eux avoir bon cœur.
Lorsqu'ils chapardaient un, puis deux, puis (souvent) trois morceaux de sucre qu'ils imbibaient d'alcool de menthe - digestive et vermifuge - le bon chien veillait sur leur longue sieste sous le tilleul. Chacun rend le service qu'il peut !

Ces innocentes frasques gourmandes ne mettaient pas le feu aux réseaux sociaux et n'exigeaient pas qu'une équipe sanitaire soit urgemment diligentée. Autre époque autres mœurs...


 

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Défi n° 244 proposé par Josette pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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                   Josette nous propose de jouer sur le double sens des mots.
Écrire une brève histoire commençant par :
                  "Depuis que je loue cette chambre à des hôtes charmants..."
Inclure dans le texte les mots suivants :
                  - adresse
                  - baie
                  - grève
                  - index
                  - jour

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- Depuis que je loue cette chambre à des hôtes charmants
... en mon for intérieur je tergiverse, la louer ou ne pas la louer ?
Mes hôtes me chambrent.
- Cette chambre si bien louée est-elle vacante ?
Je vaque et ne réponds pas.
De cette chambre, je m'en balance.
Tandis que je balance du pain sec aux écureuils je mets en balance des sentiments contraires, louer ? Ne pas louer ?
Je croise un miroir qui réfléchit. Moi aussi.
Je me tâte - ai-je grossi ?
Si je traduis ce que la psyché reflète, j'ai besoin d'exercice.
En opinant du chef, je me tâte derechef. Si je rafraîchis cette chambre, je me donnerai du mouvement.
Amincie, je retrouverai de l'énergie.
Je loue !

J'aurai un petit magot, m'inscrirai au cours de judo, aurai des mollets galbés, serai légère comme fée !
Je loue ! C'est décidé.

Je loue ! Je ferai de la zumba ! Tralala !
Je dépouillerai cette chambrette de quelques vieux tralalas; je ferai des milliers d'allers-retours de la chambre au grenier, j'emprunterai l'échelle, celle à treize barreaux, douze, treiz', ça en fait des petits échelons à escalader !
Je prendrai tant de plaisir à monter, descendre, à compter les barreaux, que ça me donnera l'envie de m'inscrire au Barreau !
Me voilà avocate, amincie et locatrice ! Un bail que j'en rêvais !
Je loue !
Je loue ! vous dis-je !
J'en deviens dingue. De joie j'envoie dinguer tous mes doutes !
Je loue !
Je tranche dans le vif - je loue - en tranchant l'ananas du dessert, aïe, j'ai failli y laisser un bout d'index.
Peu importe ! Je loue !
Je souris des yeux, des fossettes et des mains en moulinettes ! Je fais ma gigolette, me prends pour Mistinguett, je louuuue !
Derrière les rideaux à jours des grandes baies je jette un regard attendri à la baie, à sa grève de sable fin qui rosit dès la fin du jour.
Quelle vue superbe.
Tout à coup, je perds de ma superbe.
Catastrophe !... Ça n'est pas mon jour, la crème anglaise a tourné...
Disparu mon fameux tour de main ?... Envolée ma légendaire adresse ?...
Fini le temps où on se bousculait à ma dernière adresse pour me soutirer le secret de "l'ananas caramélisé à la fève tonka - parsemé de graines de grenade - et sa crème anglaise à la vanille Bourbon de Madagascar", qui faisait ma renommée.
Je bats ma coulpe. Les grumeaux dans la coupe affichent l'air benoît de ceux qui ont la conscience tranquille - c'est pas nouuus ! C'est ta faute à toiii...
Je les hais.
Mon cerveau anesthésié est en grève. Le sable de la grève devient gris. Le soleil s'est enfui.
Déçus, mes hôtes ne seront plus mes amis, eux qui me pensaient fantastique.
Je ne ferai jamais ni aquabike, ni aérobic.
- La chambre n'est pas à louer. J'ai menti en la louant devant vous, elle n'est pas louable et ne sera jamais à louer. Allez-vous-en.
- Sans dessert ! protestent les hôtes.
- Il me faut améliorer le dosage en sels de plasma dans "L'ananas au sang d'index".
- ...?...
?... ?... ?

 

                Pin Pon Pin   Pin Pon Pin   Pin Pon Pin    Pin Pon Pin

- Ouuuh quel joli refrain ! PONPON PINPIN !   Et ces lumières bleues qui clignotent qui papillotent et qui tremblotent, voyez mes amis, on arrive enfin au phare, ramez mes amis, ramez sur la galère ! Bientôt nous en sortirons de cette galère ! ponpon pinpin pépère !
- Qui a besoin d'aide par ici ? questionnent des voix sorties des phares du fourgon blanc.
Dans un même axe d'index pointé, tous les hôtes désignent aux HOMMES EN BLANC, leur hôtesse... désaxée...

- Bon alors toi tu serais l'hôte, et moi par contre je serais l'hôte. Et tu devras rafraîchir la décoration dans des tons chauds pour qu'on ne soit pas en froid. Tu vois ?

- Ben...

                         

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Défi n° 243, proposé par Colette pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Lipogramme  A.
                             ( Écrire un texte sans "a")

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C'est l'hiver.
Du côté de ce rustique lieu-dit de bergers et d'éleveurs, tout est neige.
Neige sur les buissons givrés.
Neige sur les fils électriques où l'été les hirondelles pépient, ordonnées comme épingles pour linge.
Neige sur l'herbe
roidie de gel.
Neige sur une route endormie, vierge de tous sillons.
Hors hiver des flopées de voiturées de toutes sortes y circulent; des bœufs enjougués tirent mollement jusque vers une scierie les lourds troncs des chênes; les douces juments véhiculent les édifices sensibles des meules de foin et de fines pouliches font giguer de légers tilbury.
Sur ce chemin, deux engins se meuvent d'eux- mêmes: une Citroën -deux- équidés, celle du médecin et une torpédo poussive, complice rococo d'un vieux British exilé.

Un soleil décoloré noie ce silence nivéen.
Rien ne bouge.
Subitement des corneilles s'envolent et fulminent
: des échos juvéniles et joyeux venus de l'horizon ont perturbé leur réunion, une troupe de mouflets - libre d'école le jeudi - se précipite en joyeuses turbulences sur le réservoir gelé que les grenouilles ont déserté.
Schliiii- criiiisss... en circonvolutions compliquées, les fers de leurs croquenots de bois griffent cette couche figée.
Friii Friii Friiiiii...!  Les fortiches enchevêtrent leurs surnoms; les sciures givrées des DD, GG
, PP, giclent jusque sur deux peureux restés sur berge, les humectent copieusement. Ils couinent. On les hue. Ils hésitent. Se concertent. On les oublie. Ils se précipitent, l'œil fielleux, s'embrouillent les brodequins, trébuchent, se prennent une pelle. On rit. Ils se retiennent de pleurer. Ils geignent, ouille, leurs genoux nus sont brûlés de froid. On se moque de ces empotés.


Vexés ils vont dissimuler leur moue lippue derrière une butte, pour fomenter une riposte. Bientôt ils pilonnent leurs ennemis de boules de neige cruellement bien serrées.
Les concurrents ripostent illico.
On lutte. On se retrouve le cou en rigole de froid-neigeux, le nez en compote et les lunettes boiteuses.
Puis, essoufflés et toussoteux, les oreilles coquelicot, les compétiteurs stoppent les hostilités, redeviennent compères et s'en retournent vers l'essentiel, le glissoire.
Les intrépides fusent en oblique "... 'tention ! Porthos ! Ses potes et leurs mousquets !" crie une buée de leur souffle. Vivement ils glissent vers les filles et, rudement, les dépouillent de leurs fichus.
Les donzelles trépignent de rogne, fondent sur leurs tourmenteurs et volent prestement leurs bérets - peu soucieuses de les délester d'une poignée de cheveux.
On se bouscule, on rit, on se houspille, on pleurniche - oh juste deux petits hoquets - et on replonge en mêlée.
Lorsqu'une robuste sonorité couvre le tohu-bohu - c'est le clocher qui répète "il est midi " - tout ce petit monde s'étonne et regrette que le temps file si vite.
Il est temps de rentrer chez soi.
Une ultime singerie, une dernière petite pique et on file vers son logis, trouver le réconfort d'une bonne soupe, possiblement précédée d'une mornifle - qui dégrise promptement - motif : lunettes bistournées.

« Rhooo, bin... quelle touche elles ont... Surtout que c'en est des qui sont presque toutes neuves ! Not' cousine Yèyette les eut portées seulement depuis un lustre; le verre droit est juste fêlé léger et griffuré des ronciers, oh trois fois rien. Et toi, tu les bousilles en un rien d' temps; t'es un drôle de gonze l' Dédé, moi j' dis. Et pis l' Lonlon qui bigle, y compte d' sus l' jour d' communion solennelle pour bien voir c' qu'on lui dit, qu' i' dit. Rhooo, bin mon fieu ! C'est ton problème, tu t' débrouilles, tu  r' joins les deux bouts en Stcoch... Scoch... en BIDULE qui coince, quoi ! ››


Dès le début de la semonce, l' Dédé se bricole un humble profil et devient tout étriqué.
« Rhooo, pis dis don'... R' dresse toi voir...  Rhooo, montre voir... c' que j' vois... Ton... ton...TON TRICOT... C'est' i çui qu'on conserve propre QUE pour une veille du lundi ? Viens voir montrer, que j' te dis. Rhooo, eh bin ! Bougrement voui, c'est lui ! Rhooo, et pis qu'il est tout embu, rhooo et pis tout vrillé, rhooo ! Pourquoi qu' tu l'eus mis un jeudi ? Hein ? Commère - moi voir pour voir...››
L'infortuné Dédé se trouve tout honteux, pris entre deux feux.
Nicole, première née, devine que c'est pour Simone - celle qui porte un si joli fichu bleu - que Dédé est coquet. Il veut qu'elle le repère, qu'elle s' intéresse à lui comme lui se préoccupe d'elle.
En cette moitié de vingtième siècle, cette mère ignore que son fils de neuf printemps puisse éprouver des sentiments, pour une jeune conscrite ...
D'ici presque deux siècles, des juniors riront bien de cette bluette, lorsqu'ils oublieront de prévenir qu'ils vont skier, ne rentreront que mercredi, ignorent où ils seront hébergés et s'en moquent, et retrouveront leur groupe de copines - rencontrées hier - sur des pistes de glisse fictives et régentées.
Elles seront en tenues de ski - ville, chic, dernier cri.
Elles confieront que, trop dégoûtées du soleil et du site neigeux, trop en flemme pour bouger, trop emmiellées de tout, elles se sont empiffrées de documents soporifiques sur leur iPod.
Un des dossier " l'hiver du temps des très vioques" les terrorise encore.
Elles n'ont rien pigé. C'est un monde obscur, ténébreux et irréel. Elles en tremblent.
« C'est quoi un fichu ?  une soupe ?  une mornifle ? et une mère qui embrouille son fils pour un... bidule ...un... tricot ? Inouï, non ?  pourquoi un clocher ( c'est quoi, dis ?) impose-t- il de rentrer déjeuner ? et pourquoi se retrouver "en complète tribu" ? Grotesque, non ?
« J' suis trop vénère, Myrtille.››
« C'est une prise de tête c' truc... J' llucine ! ››
« Go ? Zoé ! ››
« Go Myrtille. Tout schuss !››

 


 

Publié dans Défis

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