Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Défi n° 255 proposé par Martine - Quai des Rimes

Publié le par François & Marie

 

Décrivez un de vos défauts ou atouts physiques ou de personnalité en utilisant

le plus possible d’adjectifs en gras dans l’extrait de la tirade du nez

de Cyrano de Bergerac ci-dessous.

Vous pouvez aussi utiliser d’autres adjectifs.

Amusez-vous, Amusez-nous !

 

Extrait de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac :

Agressif: Moi, Monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse !
Amical: Mais il doit tremper dans votre tasse !
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap!
Descriptif:  C’est un roc ! . .. c’est un pic ! . . . c’est un cap !
Que dis-je, c’est un cap ?. .. C’est une péninsule !
Curieux:  De quoi sert cette oblongue capsule ?
D’écritoire, Monsieur, ou de boite à ciseaux ?
Gracieux:  Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ?
Truculent:  Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ?
Prévenant:  Gardez-vous, votre tête entrainée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol !
Tendre:  Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane !
Pédant: L’animal seul, Monsieur, qu’Aristophane

Appelle Hippocampelephantocamelos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os !
Cavalier:  Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode!
Emphatique: Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral !
Dramatique :  C’est la Mer Rouge quand il saigne !
Admiratif:  Pour un parfumeur, quelle enseigne !
Lyrique:  Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?
Naïf:  Ce monument, quand le visite-t-on ?
Respectueux: Souffrez, Monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue!
Campagnard:  He, ardé ! C’est-y un nez ? Nanain !
C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain !
Militaire:  Pointez contre cavalerie !
Pratique:  Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot !

Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »

Cher locuteur.
D'entrée, sachez que mes propos ne se veulent nullement agressifs.
Pourtant, n'est-ce point vous montrer un tantinet curieux, juste un brin cavalier, voire, quasiment à la limite de l'indiscrétion, lors que vous sollicitez autrui d'une auto-description ?


Dans cette affaire, vous semblez vous être réservé le beau rôle.
En une courte phrase vous proposez " Décrivez un de vos défauts, ou atout physique ". Point final. Alors que le destinataire, lui, doit développer et se dévoiler...

Pourtant la réalité n'est pas aussi simple qu'il y paraît, "... nous l'allons montrer tout à l'heure", comme dirait Jean de La Fontaine.
Au début, vous êtes le loup, ils sont les agneaux.

Cher locuteur, quand faut y aller, faut y aller ! Êtes vous prêt ?

Vous posez vos lunettes sévères sur votre nez et la question dans la foulée.
Vous voilà satisfait de vous-même – vous n'avez pas bégayé - prêt à écouter, vous vous abandonnez au dossier de votre fauteuil mimosa (salissant, certes. Soldé 50 % chez Ingvar, le Suédois.)

Imaginez que l'autre vous réponde sur le champ en larges envolées, moulinant du vent et vous noyant sous moult(s) descriptifs.
Vous qui pensiez planer en indolente torpeur, vous êtes électrisé par cette girouette éolienne.
Pas simple de discerner le vrai du faux chez cet allocutaire.
Au mieux, le classeriez-vous en emphatique spontané ? Au pire, le ramèneriez-vous au niveau des pédants ? (en imaginant que vous soyez un peu jaloux de sa culture du "Connais-toi Toi-même.)

Expectatif, vous repoussez vivement mimosa, jetez vos binocles et courez prendre l'air, exempt de vent.
Pas si facile que ça de devoir trancher.

Le lendemain vous trouve requinqué et confiant.
Vous allez vite déchanter.
Face à vous un personnage qui, d'entrée, semble mener le jeu.
Il exige de rester debout, aussi raide et inexpressif que la momie de Ramsès II.
Menton pointé, il fixe un point au-delà de mimosa (rhume des foins chronique ?)
Impassible, il attend que vous parliez.
D'une voix de fausset vous énoncez l'exposé.
D'un déclic Ramsès enclenche son lobe occipital.
Ses réponses vous mitraillent, brèves, sèches, ton monocorde scandé de “Monsieur” hachés et tranchants, faute d'être respectueux.
De profil, on perçoit le recroquevillement de votre lobe temporal qui a juste eu le temps de vous remémorer: les militaires sont tenus au devoir de réserve.
Bombardé par tous ces mots incisifs vous manquez d'air.
Vous tressaillez. Vous tressautez. Vous tressaillez encore. Vous tressautez toujours.
Entre deux spasmes vous bredouillez " À l'aide... je convulse..."
Pff, vous avez simplement le hoquet. Pauvre poule mouillée !

Cher locuteur, suite à cet épisode, vous êtes las du dramatique.
Vous vous rêvez en tendre bonbon anglais, vous fondez en un décor douillet de tapis épais...
Des fauteuils moelleux et dodus vous enfouissent. De précieuses tentures vous emmitouflent.
Vous humez les fragrances des roses-thé et du thé à la rose servi par une gracieuse et prévenante camériste.
L'hôtesse du lieu, élégante douairière, vous charme en mode Soprano lyrique et vous touche à l'âme.
Aucune parole n'a été échangée.Vous êtes subjugué, admiratif.


Requinqué par ce Nirvana, c'est avec le sourire que ce matin vous accueillez un campagnard aussi rougeaud que truculent.

Il parle fort, fait des remarques sur tout, " Mazette ! çan, y'en est' ti du bin brave n'escayïer... Du travaux d'avant guérre, çan, recta..."
Il vous a à la bonne, vous donne d'amicales claques dans le dos " Bin mon gars, i fâît piaisi de r'trouver un pays dans c'ta grand'ville !"
Ce naïf s'étonne de tout " Vôs clairez mém' le je ! i dait coûter bonbon, vieux, tout çan ..."
Son esprit pratique est sans cesse en éveil - il est toujours prêt à rendre service - "P'tiot gars ç'ta chés' êst bin bancalouse...T'vas cheudre à pe te déniaper l'coq six, recta... Bouge point ! j'm'en va t'la r'vissi. Nam d'in ptiot bonhoumme, j'a touj' man tren'visse dins ma pouch' ! N'y v'là, i'est fâît, recta !"

- Celui-ci, cher locuteur, ne vous a pas donné beaucoup de mal, il était transparent comme eau de roche !
- Et vous ?
- Quoi, moi ?
- Vous deviez vous décrire...
- Je l'ai fait, cher locuteur ! Vous qui ne manquez pas de psychologie, vous retrouverez facilement un peu de moi en chacun des personnages évoqués... Cherchez un peu. Pour une fois c'est à vous de faire fonctionner votre matière grise !



 

 

Partager cet article
Repost0

Défi n° 254 proposé par Jeanne FaDoSi pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Jeanne nous dit :
"Essayons de faire abstraction du vécu de ces deux dernières années pour écrire un texte de quelques lignes en prose ou en vers (libres ou pas) dans lequel nous nous projetons dans cet avenir proche. Rêvons un peu, beaucoup, passionnément !"

...................................................................................................................................

Armand est un vieux monsieur qui a franchi avec enthousiasme le seuil de la nonantaine.
Lorsqu'il décida de vivre sa retraite dans la maison familiale, les gens du bourg murmurèrent, mi-figue, mi raisin,
- "L'original" est revenu.
"L'original" est une formule neutre et prudente utilisée par ses congénères, qui l'ont souvent considéré en décalage vis-à-vis d'eux.
Si d'aventure l'un d'eux croisait Monsieur Armand dans ses périodes "fantaisistes"- chaussures dépareillées, rubans colorés noués à son grand feutre noir, soliloquant avec sauterelles et pâquerettes – il aurait été tenté de majorer “original” en toc toc brindezingue et personne ne l'en aurait blâmé !
Pourtant, aucun n'a jamais franchi cette limite ;
in extremis on se souvenait que ce personnage "travaillait aux impôts". C'est suffisamment flou pour troubler et assez clair pour en imposer (sic !)
Monsieur Armand possède une autre particularité. Contrairement à ses semblables vieillissants qui s'agrippent à leur mémoire ancienne, lui, gomme sciemment le passé. Il le considère comme un vécu périmé encombrant ; il le vire sans aucun scrupule.
Puisqu'on lui a souvent assuré que la nature a horreur du vide, Monsieur Armand pressent que les petits tiroirs de son cerveau n'attendent qu'une chose : être à nouveau remplis.
Mais, par quoi ?
Depuis peu l'esprit de Monsieur Armand est en brouillamini. Il subodore qu'il s'y trame des étrangetés, comme qui dirait, des bizarreries...
Nullement inquiet, plutôt excité, il pressent que les petites cases vides sont en train de se combler à nouveau.
Peu à peu, il perçoit des informations qui le surprennent. Des détails concernant le futur.
Puis, Monsieur Armand n'a plus de doutes, il sait qu'il sait de quoi demain sera fait.
Le voilà face à un dilemme : s'il dévoile abruptement cette nouvelle singularité, on va le juger ramollo du ciboulot et, s'il se tait, il va faillir au devoir de donner un coup de pouce à ceux qui en auraient besoin.
Il décide d'informer son entourage, par petites touches, sans les effaroucher ni les alarmer.
Monsieur Armand est comme un volcan qui voudrait exploser et qui ne peut se permettre qu'un discret pet de coucou.
Tourneboulé, il réfléchit longuement, assis à l'entrée du jardin public où il attend son arrière petite fille.
Il dévisse le pommeau de sa canne et en extrait précautionneusement une petite flûte.
Il se met à en jouer doucement les yeux clos. Manière efficace de renouer avec la sérénité.
Les oiseaux et les grillons font silence. Un long temps.
Peu à peu cesse la musique de Monsieur Armand qui conserve les yeux clos.
Face à lui, tout doucement, une voix joyeuse fait écho à la vibration de ses flûtis.
- Salut pépé !
- Oh ! Tu es là ma Criquette ! Bonjour ma sauterelle préférée !
- Tu es prêt pour le tour du parc à pas de géant ? Tu te souviens, on a commencé ce rituel alors que j'avais un peu plus de deux ans ! On riait comme des bossus, moi qui trottinais et toi qui chaussais des bottes de sept lieues !
- Les temps changent, c'est toi maintenant qui feras les plus grands pas. Profitons-en, dans quelques semaines les allées seront fermées.
- Ah ! Ils vont les goudronner, ce sera sympa ! Remarque Criquette sans y penser vraiment.Tu sais quoi pépé ?
- Ben non, je ne suis pas devin...
- Le mois prochain, pour mon anniv', j'ai... Oh... tu ne devineras jamais !
- Eh non, je ne suis pas prophète !
- Écoute bien : j'ai la permission d'aller danser en boîte de nuit et de mettre une jolie robe de demoiselle, j'suis trop contente !
- Oh, tu sais les boîtes et les boutiques, ça s'ouvre, ça ferme, ça ouvre à nouveau, les rideaux de fer sont faits pour ça... Ça n'est pas mal non plus de danser chez soi, en chemise de nuit...
- Pépé! Tu charries trop là ! s'exclame l'adolescente en faisant mine de dénouer les rubans du feutre. Et puis j'ai enfin droit au maquillage ! Tu verras, je vais dégoter un beau gloss à faire pâlir les roses !
- Jolie comme tu es, ça ne m'étonne pas ma Criquette ! Er même si on ne voit que tes yeux, tu vas faire des ravages !
- … Tais-toi, pépé, on croirait que tu veux me bâillonner !
- Non, non, pas du tout, moi je ne veux rien de tel... Au fait, à quel moment fais-tu tes courses alimentaires ?
- Ben... Comme tout le monde, en rentrant, en fin de journée, pourquoi ?
- Je me disais que tu pourrais les faire pendant ta pause de midi... Tu sais avant dix neuf heures, en automne, il fait sombre dans les rues...
Criquette vient se planter devant Monsieur Armand et le regarde intensément, mi surprise, mi rieuse .
- Eh ! Pépé !... Tu ne vas tout de même pas aller jusqu'à me parler de restrictions et de couvre-feu ! Oh là ! On est en 2018 et non en 1941, la guerre est ter-mi-née, pépé !
- Tss tss... On ne sait jamais à quel genre de guerre on peut avoir à faire... Profite bien de la vie ma Criquette ! Allez viens, on va le dénicher ensemble le beau gosse qui fera pâlir les roses !
Criquette s'étrangle de rire
- Pépé ! C'est un "beau gloss" que je dois trouver, pas un "beau gosse" !
- On ne sait jamais, l'un n'empêche pas l'autre ma Criquette ! Ai confiance en la vie et... en ton pépé !

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Défi n°253 proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Le lundi 20 septembre 2021

 Je propose le thème suivant :

« Refaire le monde sur le zinc

 A l'aide de ces 15 expressions en verlan,

 Qu'importe l'ordre ! »

Texte en français bien sûr, incluant ces 15 expressions....!!!

Auch = chaud

Beubard = barbe

 Cheum = moche

 Gueudin = dingue

 Joibour = bourgeois

 Keum = mec

 Laisse béton = laisse tomber

 Meuf = femme

 Nawak = n'importe quoi

 Péta = taper

 Résoi = soirée

 Teillebout = bouteille

 Veugra = grave

 Yeuve = vieux

Zeyo = oseille

..........................................................................................................................................

- Fait auch sur ton bitume l' Jojo...
- Faut t'y faire l' Marco, la loi c'est la loi : les soiffards accoudés au zinc sont interdits, en revanche masque et terrasse sont obligatoires.
- Ach... en terrasse, avec ce vent, on n'peut même pas péta le carton... Chienne de vie...
- Tss tss, malgré tout ce tintouin la vie continue ! Te laisse pas abattre mon Marco. Je te ressers la même chose ?
- Tu peux carrément avancer la teillebout, il me semble apercevoir une forme blanche qui domine la foule. Il se pourrait bien que le Pierre-Antoine-Philippe se dirige par ici.
- Le Pierre-Antoine-Philippe... Tu veux dire le "PAP " ?  Ça fait un bail qu'il a pas traîné ses pompes dans le coin...
- Il se fait yeuve not' PAP, après une chute veugra ce printemps, il godille comme il peut...
- Bon courage, gars, il va te disséquer cet épisode menu-menu, t'en as pour la résoi.
- Bah, ça fait toujours de la compagnie, et puis, comme il a de la zeyo et qu'il casque facilement, ça aide; je peux me forcer à l'écouter patiemment... Attends... attends... mon Jojo... Je fais erreur, ce n'est pas notre PAP, il lui manque quelque chose...
- Je te fais confiance, le soleil m'éblouit, je ne le distingue pas bien... Laisse venir... S'cuse, on m'appelle au fond.
Le Marco suit des yeux le dégingandé à la pèlerine laiteuse. Sa canne de dandy le dirige droit sur lui.
- Salut keum ! Content de trouver enfin une chaise, grommelle l'homme à l'étole en s'installant pile, face au Marco.
- ... Monsieur, je...
- MONSIEUR ? Elle est bien bonne celle là ! C'est carrément nawak ! Eh ! ... le Marco, tu m'appelles "monsieur" maintenant ? Tu ne me reconnais pas ?
- Euh... c'est toi... Pierre-Antoine-Philippe ?
- Qui veux-tu que ce soit ? C'est geudin mec, d'abord, tu m'offusques avec du "monsieur", puis tu me traites de "Pierre-Antoine-Philippe", comme si j'étais un  joibour... Tu as oublié mon surnom ?
- Te fâche pas, gars ! Tu es toujours notre PAP, pourtant, j'ai eu un doute, où est passée ta somptueuse beubard ?
- Laisse béton le Marco... c'est ma meuf... Elle a décrété que les élastiques des masques laissaient des faux-plis, très cheum, dans mon opulente pilosité. Elle a tant insisté, jour après jour, que, pour avoir la paix, j'ai rageusement tout rasé. Si tu voyais ma tronche, un vrai cul de poulot déplumé. Par vengeance, je garde mon masque à la maison, même la nuit !
- T'es vraiment un peu fada l' PAP ! Et... tu respires...?
- T'inquiète mon Marco, j'suis un finaud ! Dans mon masque d'intérieur j'ai découpé une ouverture assez ample pour me
sustenter, me délecter d'un bon cigare et ronfler comme une toupie ! Ma légitime en trépigne d'exaspération et moi je reste im-per-tur-bable !
- J'imagine l'ambiance !
- Je ne céderai pas ! J'ai appris la patience et la persévérance il y a six mois après une mauvaise chute (y en a-t-il de bonne, d'ailleurs). Tu n'étais pas au courant ? Il faut que je te raconte ça mon Marco. C'est une longue histoire... Figure-toi que c'était juste la veille de mo...
- Vite Jojo ! Fais péter les munitions !

 

 

Partager cet article
Repost0

L'crô a pe le r'nâd

Publié le par François & Marie

Défi n°253 proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de Mots.
Jeudi poésie : Poème dans un patois.
…...........................................................................................

Poème emprunté au Jeannot d' la Fontaïne.
En patouès francoprovençal, arpitan (qui inclut la Franche-Comté)

.......................................................................................... .

 

L' CRÔ À PE LE R'NÂD

 

 

L' Métre Crô joussi su in maouss' foyârd

T'niot dins san bô in grous bout d'gruére.

L' Métre R'nâd, que fionot pou ique, ça trouvé bin aguichi,

È li dit qu'm'en çan :

« Hé ! Bin l' bonjeu, Mansieû' l' Crô,

Vos seutes tant bin fait, tant brave à r'gaidjïer !

Vrai de vrai, sins étr' mentou, si vôs chaintaï

Aussi bin qu' vos pieums sant balles,

Vôs seutes l' Pacha d' tous lès bous d' Vencent-Frèd'valle.»

À c' tès mouts, vieux ... v' là l' crô fin heureux;

È s'crait d'jà à l'Opèra d'Paris ♪ CROÂ ♪ CROÂ ♫

El euvr' in bô si lârge, qu'èl en èchappe san from'ton.

Le r'nâ' l'chope, l'emboque, à pe li dit : « Man ban Mansieû',

Craïyez don' jaimais lès bonimentous

Ès embobinnant touj' lès iodots qu' lès ècoutant :

J' compte que ç' t' anicreuche équivaut bin à in fremège.»

L'crô, bin capot, bin quinaud,

Jera, ouat... mâs bin trop taïd, que nion, onc, l'embobin'rot.

 

Partager cet article
Repost0

Défi n° 252 proposé par Zaza pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Zaza nous dit :
Pour le 31 mai 2021 et le défi N° 252,

Je souhaite, à partir de la liste de mots composés ci-dessous :

– Boîte à musique

– Brosse à dents

– Chambre à coucher

– Couteau à huîtres

– Cuillère à soupe

– Fer à repasser

– Lampe à huile

– Machine à laver

– Moulin à café

– Salle à manger

– Stylo à bille

– Vernis à ongles

 

Vous voir choisir deux noms communs pour obtenir un nouveau nom composé fantaisiste

et de m’en donner la définition, tout aussi fantaisiste.

Une, deux propositions, voire plus, seront appréciées

...................................................................................................................................................
BROSSE à SOUPE.

Qu'est ce qui n'est point soupe ?
Une soupe n'est ni un potage, ni un consommé, ni un velouté, encore moins un chaudeau. 
Du temps où une soupe était une tartine de pain détrempée dans un liquide chaud, du p'tit pinard le plus souvent, le soupatier en raffolait.
Si bien qu'il se retrouvait pompette dès potron-jaquet.
Sa Légitime, qui en avait assez de se coltiner tout le boulot tandis que son gros plein de soupe ronflait benoîtement, décida de remplacer le vin par de l'eau du puits.
Soupatier fit la grimace.
Soupatier maugréa. 
Soupatier gronda.
Légitime consentit à noyer quelques précieux légumes dans l'eau chaude.
Soupatier fit encore la trogne et chabrot dès que Légitime tournait les talons.
Le lendemain étant un mardi, Légitime s'en fut proposer sa récolte d'œufs au marché du bourg.
Son voisin d'éventaire se trouva être un camelot plein de verve. Son bagout attirait badaudes et badauds.
Une frénésie d'achats semblait animer ces femmes et ces hommes de la glèbe pour qui un sou est un sou.
Légitime loua l'attroupement compact de ces crédules, ils la garantissaient du vent mordant d'avant giboulée.
Elle remarqua qu'ils partaient tous de l'étal mitoyen le regard brillant et la mine réjouie, protégeant précautionneusement ce qui semblait être une poignée de crayons.
Cet état optimiste les amena à lorgner avec bienveillance sur les cocos des cocottes de Légitime. Leurs yeux reflétaient des mirages d'omelettes baveuses à la ciboulette et aux patates ; en un clin d'œil son étal se vida.
Libérée de son négoce, Légitime prêta l'oreille au discours du bonimenteur.
- Approchez bonnes gens ! Approchez ! Grâce à cette extraordinairement magique brosse à soupe, vous pourrez brosser dans le sens du poil la soupe de vos écuelles ! Pourquoi donc je brosserais ma soupe ? me direz-vous. Pour y retrouver... quelque chose !
- Quouais don' qu'on va y trouver, dis-nous y don', gros malin ? brama un rougeaud moustachu.
- Je m'en vais vous le dire !
- Dis-y don' alors !
- Vous y retrouver... des bouquets ...
-  Des pâquerettes dans ma soupe ! J' voudrais bin voir ça ! rigola un freluquet à la voix de roquet.
- Cette fantastique brosse à soupe vous révélera les bouquets de... de...?
- T'y dis ou bin t'y dis pas ! s'énerva un grand chauve.

- J'y viens bonnes gens, j'y viens ! Des bouquets... de Vin... oui, de Vin... Jaune, bonnes gens ! Et aussi de Syrah ! De Chablis ! De Riesling...
La foule se questionnait : c'est-y du lard ou du cochon ? On pouffait, on criait fariboles ! Sornettes ! Balivernes ! Au fond de sa cervelle on se disait : et si c'est p'têtre bin vrai, c'truc là ? Va don' savoir, depuis le Spoutnik, faut s'attendre à tout ...
- Hep mon gars ! D' la brosse à soupe au Banyuls, vous en auriez ti ? piaula un chaland en bombant le torse, tout fier d'avoir prononcé, sans buter, sur un nom aussi compliqué - il en épata plus d'un qui se demanda où perchait cette contrée inconnue, Bagnyoulsse... ? Sûrement aux Amériques - vous m'en mettrez une douzaine mon gars !
Il y eut des murmures d'admiration et d'envie, une douzaine de brosses, ça en fait d' la dépense...
-  Ah ! Bravo Môssieur ! Môssieur est un connaisseur ! Et voilà ! Treize à la douzaine, je vous offre en prime la brosse à soupe Grenache, vous m'en direz des nouvelles ! N'oubliez pas: vous vous concentrez, vous choisissez avec soin la brosse à soupe de votre cru préféré, vous effleurez subtilement, vous brossez délicatement votre soupe en cercles concentriques... et là, c'est l'extase !
Dans la file d'attente on se concerte.
- Eh l' Lonlon, c'est quoi que tu crois, ces concentrés de concentriques...?
- T'inquiète, c'est comme du lait en boîte...
- Ah ? Et... l'essstaze ?
- J' t'y esspliquerai mon gnolu.
Soudain, une averse fit se calter les adeptes des vignes du Seigneur.
Légitime fit une place au camelot sous son parapluie.
- Racontez voir c' que c'est que vot' brosse à soupe de bonimenteur-menteur ?
- Pas si menteur que ça ! Au moment de la taille des vignes, je ramasse chez mon voisin les branchettes évacuées. Je les regroupe soigneusement par six, en les baptisant de noms de cépages différents. J'en ai des réserves pour cinq ans au moins !
- Et la brosse ?
- Là non plus je ne mens pas, je fournie le manche de la brosse ! C'est le geste qui fait toute la magie et qui donne à la soupe, simplement frôlée, le bouquet du cépage choisi. Tenez ! Je vous offre le reste de mon stock en échange de votre abri parapluie.
Depuis ce jour de pluie, Soupatier se régale de soupe au Saint Emilion, hier, il avait préféré le brossage Beaujolais et demain sa brosse à soupe le réjouira de Romanée-Conti.
Tandis que Soupatier, homme heureux, sirote sa soupe, Légitime, elle, boit du petit lait...

 

Publié dans Défis

Partager cet article
Repost0

Défi n° 251 proposé par Durgalola pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

........................................................................................................................................

Ohé Mâtelôts !!!

Pour la 250 et une, Durgalola avait proposé que nous remettions le défi n°1, à l’honneur.

Pour la petite histoire, la communauté fut fondée par  Brunô en Août 2009,

jeux d’écritures, Haïkus, défis, poésie, amour des mots …

chaque semaine Brunô proposait son Défi   » Les môts de Tête « 

Bien des thèmes et façons d’écrire furent abordés, dans une ambiance bon enfant

Pour des raisons personnelles, la communauté fut transmise à  Tricôtine en Avril 2010,

 nommée « La Coquille de noix«  par les croqueurs en hommage à son ancien capitaine.

Et c’est en quatorze de l’an deux mille

que la commandante Dômi

recevait à son tour le célèbre chapô .

C’est grâce à Eglantine, 1er Vétéran,  décorée Miss Coquille par le fondateur Brunô,

que j’ai pu remonter au tout premier défi  de Brunô.
...........................

Pour le défi du lundi 17 mai

« Ecrivez un texte avec 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10 insérés dans cet ordre dans votre récit."
..........................................................................................
 

- Snifff...
- Qui pleurniche par ici ?
- C'est moi... sniff... le zéro... sniff... Maître Déchifre...
Maître Déchifre est chef des chiffres, il n'y peut rien, c'est sa destinée.
- Qu'est ce qui te fait larmoyer, super zéro ?
- Les autres ...
- Quels autres ?
- Tous ! Tous les autres chiffres...
- Que disent-ils ?
- Que je suis nul et que ma boule à zéro me fait une bouille de tête à Toto.
- Convoquons-les. Ils se présenteront. Tu pourras dire ce que tu penses de chacun d'eux... après avoir tourné sept fois ta langue dans ta bouche !
Sitôt dit, sitôt fait.

Tandis que Maître Déchifre s'installe confortablement sur la table de Pythagore, zéro choisit celle de ping - pong.
Le défilé peut commencer.


- Chiffre 1 veuillez débuter le défilé.
- JE suis UN, fier et élancé. J
E suis le TOUT. JE suis chef d'une lignée infinie. JE suis toujours sur la marche la plus élevée du podium.
Zéro - L'estrade ne résistera pas au poids de tes chevilles enflées... Oseras-tu aller jusqu'au titre d'ennemi public n°1 ?


- Chiffre 2, votre silhouette de cygne consent-elle à flotter jusqu'à nous.
- Mon double aime à dire que les
deux font la paire et qu'ensemble nous allons couper la poire en deux.
Z - Ni une ni deux, je te décerne le prix du bon cœur, le deux !

- Chiffre 3, voulez - vous bien vous montrer, je ne vous aperçois pas...
- C'est que je suis haut comme trois pommes et pourtant symbole des Mousquetaires, excusez moi du peu !
Z - Sans oublier les trois petits cochons !


- Chiffre 4, même debout vous semblez assis sur un siège pliant, qu'est ce qui vous fatigue autant ?
- Rendez-vous compte, Air, Feu, Terre, Eau, c'est moi. Est, Nord, Sud, c'est moi aussi. Mathieu, Marc, Luc et Jean, c'est moi encore, sans oublier les quatre coins du monde...
Z - Pourtant tu trouves encore le temps de couper les cheveux en quatre !


- Chiffre 5, me recevez-vous ?
- Je suis bien placé pour vous recevoir cinq sur cinq puisque je contrôle les cinq sens et également, les cinq continents ! D'ailleurs j'y croise parfois mon pote le quatre.
Z - Il paraît qu'à vous deux vous êtes comme les cinq doigts de la main...


- Chiffre 6, avancez donc votre bedaine avantageuse !
- Je ne suis point pansu. Seulement un peu pelotonné pour mieux accompagner les roulés-boulés du dé, ce petit cube lancé par le joueur qui m'espère, qui me souhaite "allez allez ! le six le six..."
On dit aussi que six jours furent nécessaires pour créer la Terre; j'en suis très fier !
Z - Ce n'est pas un travail bâclé à la six quatre deux.


- Chiffre 7, c'est à vous.
- Drapé dans les sept couleurs de l'arc en ciel, sept jours par semaine je me félicite d'être le cycle parfait.
Je suis Saturne en plomb, Jupiter en étain, Mars en fer, Vénus en cuivre.
Je suis Mercure, je suis Lune argentée  et Soleil doré.
Je chausse mes bottes de sept lieues et je deviens Maître du Monde.
Z - Souviens- toi que l'orgueil fait partie des sept péchés capitaux...


- Chiffre 8.
- Voué à l'octo, je ne suis pas un rigolo.
Octogone : "polygone à huit sommets, l'aire d'un octogone est.. " Quelle complication... on laisse tomber.

Je suis aussi pieuvre octopode, temple grec octostyle.
Je ne fais que dans le sibyllin, dans l'hermétique. Je contrarie, je choque, j'irrite, je rebute, bref, je ne plais à personne...
Z - Détrompe-toi l'ami ! Je t'aime parce que tu es aussi "octobre", mon mois à moi ! Et souviens-toi de nos fous rire et de nos trouillomètres à zéro sur le Grand 8 !


- Chiffre 9, confirmez moi que vous n'êtes point le chiffre 6, en pirouette ?
- Que nenni, je suis bien neuf comme un sou neuf !
Z - Sans doute pourrais-tu nous en donner la preuve par neuf...


- Mon cher zéro, tu as pu te rendre compte que chacun des chiffres a des atouts mais aussi des failles.
- Merci cher Maître, ce défilé terminé, je...
- Qu'entends-je ! DÉFILÉ TERMINÉ, non mais je rêve, et moi alors ?
- Vous êtes ?

- Le 10 !
- Le DIX n'est point un chiffre mais un nombre, tu n'as pas place en ce défilé, précisa le Maître.
- Pourtant, j'ai plus de valeur que tous ceux qui viennent de se pavaner.
- Et pourquoi donc ? insista Maître Déchifre.
- Ben... grâce au ZÉRO, c'est évident.
- Eh bien voilà ! Tu es enfin mis à l'honneur cher zéro ! Vas-tu finir par prendre conscience de ton importance.
- Lorsque nous terminons une partie de belote en "dix de der", je rêve de danser mambo-mambo, en pas de deux avec le grand UN... Dès aujourd'hui ça va matcher, foi de ZÉRO !

 

 

 

La troupe des dix :

De gauche à droite :

1 Claudette, qu'on appelle "Grenouille."
2 Rominou
3 Marie
4 Poupoule

5 François plus connu sous le surnom de "ptiot Pitchin"
6 Gaston, mais qui répond au nom de "Bilot "
7 Luigi, le petit italien
8 & 9 Gustave et Octave, "les Tatave"
10 "Saint Exupéry" le mouton 

Publié dans Défis

Partager cet article
Repost0

Défi n°250 proposé par Jazzy pour les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

............................................................................................................................................
Jazzy nous dit :

À la barre du bateau des croqueurs pour la quinzaine pour ce défi 250 :

Il s’agit de  retrouver les couleurs que cet infernal de croquecolori a mangées. Je croyais pourtant avoir fermé la porte du jardin des mots mais le rusé  a du se faufiler.

Il vous faudra donc écrire un texte autour d’une couleur pour la faire deviner  sans jamais la nommer, sinon Croquecolori pourrait de nouveau se manifester.

..............................................................................................................................................

- Tu es fier de toi, Croquecolori, mumm ?
- Mumm ...
- Tu t'es vu ? Tu ressembles à gros ballon multicolore.

- ... Joli...
- Joli, certes. Pourtant tu ne l'es... qu'après... ?
- Euh... Kaprès... Kaprès z' av... Kaprès avoir dégusté avec délectation chacune des couleurs des toutes les fleurs du jardin de Jazzy qui est le plus éclatant le plus chatoyant le plus tentant du secteur et aussi parce que j'avais faim. Voilà, na, t'es contente ?

- Je suis contente que tu aies reconnu ton... larcin. J'insiste sur larcin puisqu'il n'y a pas eu effraction. Comment as-tu fait pour entrer dans le jardin de Jazzy alors que le portillon était fermé à double tour ?

- Facile, si tu connais-tu bien de quelle façon je fonctionne.
- J'ai appris par cœur la définition du dictionnaire du bon jardinier.
- J'ai toujours su que tu devais être classée parmi les femmes savantes.

- " Croquecolori : animalcule...
- Peu flatteur. Je m'insurge !
- ... Qui hiberne du deux novembre...
- Miam, quel bonheur de boulotter les chrysanthèmes du premier novembre.
- ... Jusqu'au quatorze mai...
- Pas fou le Croquecolori, il laisse passer les Saints de glace.
- Prédateur des couleurs végétales...
- Logique ! Les fleurs statiques sont faciles à approcher, elles ne courent ni ne volent. Elles gigotent moins qu'une queue de renard dans le vent, moins que la crinière d'un cheval au galop, moins que la toge doctorale d'un Professeur enthousiaste et moins qu'une pie à ressorts qui picore sur le mur du pain dur. Euh... je m'égare, continue.

- En période de pénurie, le croquecolori peut exceptionnellement se nourrir d'arcs en ciel."
-
À ma décharge, aucune pluie, aucun orage depuis des mois...
- Je te le concède. En cas d'ultime recours, te souviens-tu de quoi tu peux te sustenter ?
- Bouh... Tu sais bien que je déteste les nuanciers des magasins de couleurs, ils sont d'un fade, sentent le vieux chiffon, sont rêches comme pâte à papier et puent LE produit chimique. Les fleurs de Jazzy, elles, sont naturellement goûtues... miumm, parfumées... miumm et elles embaument...miumm... que du bonheur...

- Tu l'as peinée en lui laissant un jardin pâlot et anémié. Et en plus, tu t'es fait piéger, les mailles du grillage ont refusé de libérer le gros gourmand que tu es...
- Mêê...Gné...

- Tu es un sot ! Moins sot que le triple sot qui s'est servi, chez le célèbre Jean- Baptiste - en un jeu de mots douteux qui termine son discours poétique - de la couleur que je viens de te subtiliser.
- Gné ?
- Pas question que je te dévoile de quelle teinte il s'agit. Si tu lis attentivement ce récit, tu y trouveras quelques indices. (Demain je viendrai les souligner en rouge)
Que cette mésaventure te serve de leçon.
Tu iras présenter tes excuses à Jazzy et tu réfléchiras à ces deux morales :

" Il ne faut pas avoir les yeux plus grands que le ventre".
" Ne pas espérer rouler carrosse quand on ne possède qu'une mule qui recule" *
- Gnéeuhhh...

                                         ................................................................

* Inutile de rechercher cette maxime où que ce soit, elle n'est que pure invention. Elle a été très utile pour placer le dernier indice et, avouez qu'elle ne manque pas de bon sens !

À LA DEMANDE DE FRANÇOIS (À QUI J'AVAIS CACHÉ LA COULEUR CHOISIE), JE VOUS RÉVÈLE QU'IL S'AGIT DE "AMARANTE" : ROUGE VELOUTÉ, CHAUD, PUISSANT, COSSU.
Au jardin, l'amarante devient "queue de renard".
La toge doctorale est de couleur amarante.
Dans "LES FEMMES SAVANTES", TRISSOTIN nomme cette couleur en une réplique célèbre (que je n'ai pas oubliée depuis les années collège...)

Et voilà pour notre "triple sot" :

- TRISSOTIN (ACTE 3, scène 1)
  Et quand tu vois ce beau carrosse,
Où tant d’or se relève en bosse,
Qu’il étonne tout le pays,
Et fait pompeusement triompher ma Laïs,
  Ne dis plus qu’il est amarante :
Dis plutôt qu’il est de ma rente.
.......................................................................

Martine et Jazzy étaient sur la bonne piste !
Merci à toutes d'avoir essayé de deviner, ça n'était pas facile !
   ........................................................................

 

 


 

Partager cet article
Repost0

Défi n° 249 proposé par Laura Vanel Coytte pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Laura Vanel-Coytte  nous dit : "C’est un jour férié qui sera à l’honneur comme le lundi de PÂQUES ( jour où j’ai écrit ce défi) ou celui de PENTECÔTE (à venir). Je ne veux pas entendre parler de PÂQUES ou de PENTECÔTE, mais de ce qu’on fait de ces lundis fériés qui ne sont pas que des jours de fête religieuse ou de commémoration laïque, mais des jours où beaucoup de Français ne travaillent pas."

.............................................................................................................................................


Trois coups de klaxon.
Le hameau vibre.
Des chiens jappent, les vaches bloquent leur rumen, les basses-cours décanillent en vrac.
Surpris, le Guste a failli avaler son mégot, il s'appuie sur sa pioche, zieute et tend l'oreille pour essayer de deviner "Où c' qu' ille va don', c' t' auto ?"
Le Justin, des clous plein la bouche, lâche son marteau, repousse sa casquette, gratte son crâne ridé  "Qu'est ce qu' eine auto peut bin v' ni' faire pou ique, in lindi... ?"*
La moitié de ce petit village jurassien est perplexe.
Il faut dire que nous sommes le vingt sept mai 1950 et que seuls deux engins à moteur circulent dans le secteur, deux Renault 4CV - dites Quat' pattes - des jumelles couleur motte de beurre. La "beurre frais" c'est celle du médecin, la "beurre terreux", celle du véto.
Par ici, on n'a pas d'automobile, on marche - les sabots sont faits pour ça.
Certains ont un vélo qui crève une fois sur deux sur les cailloux du chemin. Résultat, ces pionniers redeviennent marcheurs; à quoi bon dépenser les sous que l'on n'a pas pour un vélo immobile ?
Pour répondre à l'invitation de la parentèle alentours les dimanches carillonnés, on peut heureusement compter sur un Fakir, un Bijou ou un Baron, placides chevaux comtois attelés au chariot de la ferme.
Pour l'heure, ce bruit de moteur inconnu, un lundi, en milieu de matinée, intrigue les habitants des parages.
" Vouais-te, prédit l'Abel à son Anaïs, j'crais bin qu'ille va veus l' quart dès bous...*
" Veus chu le R' né ?"
" Chu le R' né, t'âs râison... Qui c'qui s'rot don' ...?
" I s'rot -ti yeutés queusins d' l'Ain ?
" C' tès qu' fêbriquant dès pignes à pe dès boutons in bakélite ?
" À Yonnaix, don'..."
" Bin nom de nom ! Es ant don' èn' auto... ? I' est ti l' pactole c'ta bakélite ?...
 "Faut craire..."

Notre famille est seule à connaitre l'origine des coups d'avertisseur.
La semaine précédente, notre voisine, bonne fée de la cabine téléphonique publique, a couru jusqu'à la maison en criant haut et fort " Le R'né ! Les dames du téléphone vont t'passer ton queusin l' Jean d'Yonnaix, chais pas c'qui veut t' dire, i veut t' causer qu'il a dit !".
Le cousin Jean avait confirmé leur venue à la ferme en précisant "je f' rai du tintouin avec mon klaxon en passant devant chez l' Lulu, cette vieille carne qui m'a cassé mon harmonica il y a trente ans... cré bousin d' bousin... Ça me défoulera et, au bruit, tu sauras qu'on arrive !"
Mon frère et moi, trois et six ans, faisons le guet.
Dès que nous apercevons "l'Automobile" nous courons, tout fous-fous jusqu'à la maison, en claironnant " les v'là, les v'lààà !"
Le R'né, la Fernande et les grands parents sortent vivement de l'huteau * alors qu'une LA rutilante Renault Celtaquatre entre dans la cour de la ferme.
Cousins de la ville et cousins des champs se tricotent en joyeuses embrassades.
Les uns veulent tout savoir de la vie des autres, depuis un an ! Questions - réponses s'entrecroisent en méli - mélo enjoué !
C'est une tradition, le lundi de Pentecôte est réservé aux cousins de l'Ain, ils ferment leur usine de celluloïd et nos parents, ce jour là, bien que ce ne soit pas un dimanche, délaissent exceptionnellement les travaux des champs ! Ce matin ils ont pourtant assuré le soin aux animaux et la traite des vaches, ce soir ils recommenceront, c'est leur rôle trois cent soixante cinq jours par an.
Ce lundi particulier n'est qu'une petite récréation d'une demi-journée en l'honneur des cousins d'Oyonnax.
L'Jean, très fier, dévoile au R'né les entrailles sa Celta - sans doute pour vérifier qu'en deux heures de route il n'a pas égaré ses précieux quatre cylindres et ses huit soupapes latérales !
Le reste de la troupe caracole et s'extasie bruyamment des cochons aux poules, des poules aux lapins et des lapins aux vaches.
Aucune des bestioles ne semble impressionnée, ni par l'indéfrisable, les socquettes blanches et le collier de perles de la plus jeune des cousines, ni par le tailleur à pochette et la broche arc en ciel de l'aînée.
Seule Mirka, la petite chienne de la ferme, s'offusque lorsque l'une d'elles agite devant sa truffe un foulard de mousseline, elle le happe et le déchire à pleins crocs. La cousine, d'abord éberluée, part d'un grand éclat de rire. L'incident est clos dans la bonne humeur (qui met en valeur la bouche maquillée "Rouge baiser" de la jeune fille de la ville !)
Le Jean nous hèle.
On doit se regrouper autour du coffre de sa Renault qu'il ouvre lentement sur une multitude de cadeaux.
Il y en a pour toute la maisonnée : de poignées de boutons, des peignes estampillés au nom des cousins, un "baigneur" et une poupée en celluloïd... nous, les p'tits, on en reste babas !
Les cousines ont même pâtissé, de superbes choux à la crème. Au moment du dessert, l'un de ces délices, extraordinairement dodu, est proposé au R'né - sa réputation de gourmand a franchi les départements - un peu gêné d'être ainsi favorisé, il se fait légèrement prier pour finalement l'accepter. Très vite il s'aperçoit qu'il a été dupé: son chou moelleux n'est qu'une coquille vide, sans une once de crème ! Chacun s'en amuse, lui le premier !
Et puis ils ont chanté, c'est une façon agréable de clore les repas familiaux - notre père et les cousines, musiciens amateurs, ont de belles voix - tout le monde participe, sans jamais dégénérer en "faire du bruit" (ce terme actuel si détestable ), seulement pour être en harmonie.
Cet unisson fait chaud au cœur. À partir de petits plaisirs simples, il tisse de solides souvenirs encore vivaces septante années plus tard...
.......................................................................................................................................

* Qu'est ce qu'une auto peut bien faire là un lundi ?

* Vois-tu, je crois bien qu'elle va vers le quartier des bois.
   Vers chez l' René ?
   Chez l'René, tu as raison... Qui ce serait donc ?
   Est ce que ce serait leurs cousins de l'Ain ?
   Ceux qui fabriquent des peignes et des boutons en bakélite ?
   À Oyonnax, donc.
   Ben dis donc, ils ont une auto ? Est ce que ce serait le pactole cette bakélite ?
   Faut croire...

* Huteau : pièce principale, aussi bien cuisine, salle d'eau que lieu de vie.

 

Publié dans Défis

Partager cet article
Repost0

La neige du coucou

Publié le par François & Marie

Ce matin le joli Jura de chez nous s'est réveillé sous la neige lumineuse du printemps, ce sera sans doute la dernière pour cette année. On l'appelle ici : la neige du coucou.

 

Partager cet article
Repost0

Défi n° 248 proposé par Durgalola "Petites graines" pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

..

.......................................................................................................................................
Durgalola donne les consignes :

Chères  moussaillonnes et  chers moussaillons. Je vous souhaite bonne écriture.

extrait du journal IX  – GRATITUDE de Charles Juliet (2004/2008)

« On m’a demandé d’indiquer les dix mots que j’affectionne.

Les dix mots qui ont pour moi une signification particulière.

Quand j’ai voulu les rassembler, j’ai préféré ne pas trop réfléchir.

Il fallait qu’ils viennent spontanément.

Je les livre en désordre, car il ne peut y avoir entre eux de hiérarchie.

COMPASSION – MÈRE – TERRE – MUTATION – LUMIÈRE – CENTRE

SOURCE – VOIX – REGARD – ÉCOUTE

Vous écrirez un texte avec ces dix mots ou si vous le souhaitez, avec vos dix mots préférés.
.....................................................................................................................................
Ma mère partageait les difficultés du petit peuple de son jardin.
Elle éprouvait de la compassion envers le monde du tout petit-riquiqui.

Dès la fin de l'hiver - début de la grande mutation du vivant - chaque jour elle passait l'inspection.
Ce potager fleuri aux allées d'herbe à vaches était son centre d'intérêt.
Avant d'y pénétrer, le rituel variait peu. Par temps frileusement humide elle chaussait des bottes - des espadrilles par temps sec - emprisonnait sous un tablier de jardinier une veste qui avait perdu sa teinte mais  conservé les
côtes de son velours. Elle aplatissait son chignon sous un navrant capuchon de pluie en fin de carrière - un chapeau de paille effiloché le remplaçait les jours de belle lumière.
En toutes saisons, elle entassait dans la poche kangourou de son rustique tablier bleu un petit sécateur (utilisé essentiellement dans le but de rabattre le caquet d'une plante orgueilleuse tchac qui tenterait d'étouffer une de ses congénères plus timide), des ficelles de chanvre tuteur des faibles), un carnet rouge - sa bible du jardin - et un Bic quatre couleurs.
Très importantes les quatre couleurs. Vous l'allez constater.
Lorsque son front alignait deux plis soucieux, on pouvait parier que la couleur noire allait être dégainée :
"28 mars : trois turricules à l'est de la rhubarbe, versus sept le 15 mars."

Elle était sans doute la seule dans le village à comptabiliser les tortillons de "crottes" fertilisantes  abandonnées par les vers de terre ; si les lombrics avaient fait leur valise, c'était le signe d'un sol en souffrance : peu vivant et qui respirait de plus en plus mal. Elle allait redoubler de vigilance.
Au début d'un printemps particulièrement sec, la source au fond du jardin était quasi tarie, j'ai croisé ma mère qui trimballait un lourd arrosoir plein à ras bord.  Elle consentit à ce que je lui vienne en aide tout en m'expliquant qu'elle avait croisé une hirondelle dépitée ??? - incident à consigner en noir sur le carnet rouge... Elle déversa petit à petit l'eau sur le bord de la source et se mit à piétiner avec énergie, au risque de piquer un gadin dans la gadoue qu'elle provoquait.
Histoire, pour elle, de reprendre son souffle et, pour moi, de me remettre de cette danse de la glèbe, nous nous assîmes un peu en retrait. Presque aussitôt, à la grande satisfaction de ma mère et à mon grand étonnement, ce n'est pas une hirondelle qui piqua comme une flèche dans la boue, mais cinq, les unes après les autres qui vinrent, sans cesser leur vol, se servir en matériau de construction ; pour sûr, leurs nids seraient les plus costauds du secteur !
J'étais éblouie par cette communication muette, par cette écoute des besoins de plus petit que soi, j'en perdais la voix.
Tant que dura leur manège affairé, ma mère ne les quitta pas du regard. Tout comme elle avait déjà consigné peu de temps au paravent " Toiles d'araignées de la cabane à outils = fils d'assemblage des mousses et lichens pour mésanges longue queue. Interdiction de dépoussiérer", elle ajouta, en vert souligné de rouge " Boue pour arondes " .
Et la couleur bleue me direz-vous ? Elle la réservait aux croquis, celui d'une coccinelle tombée sur le dos qui pédalait désesp
érément dans le vide, qu'elle aida à se remettre sur pattes, ou celui d'un jeune lézard sauvé de la noyade par le petit fagot de branchages qu'elle avait placé dans le bassin.
Un jour lointain, quelqu'un n'aurait-il pas dit "Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens..."?

                                                                               ..................
Remarque : Ce texte léger est une manière de rendre hommage à l'humanité de Monsieur Charles Juliet, sans dévoyer la profondeur de son œuvre.

 

Publié dans Défis

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 > >>