L'vouleu d'Due

Publié le par François & Marie

Note aux lecteurs : le texte est présenté de deux façons : une première fois en patois et une deuxième en français, il suffit de decendre un peu pour accèder à la version française.  

L'aut'diminch' l'Françouais s'proumounôt è puges. 

Y'avôt dê gens bin av'gniants qu'avint in bânc d'bricoles d'yeut' mér-grand.

Y y-e z'y fiot bin in ptchot dèpit d'laissi parti lê cheuses d'yeut' mémé-Louison, mê fayot vidi la majon...

E li racontint in ptchiot bout d'sa vie d'brave fone.

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 menage-effet.jpgY'êtôt d'çan in vinderdi, la Louison fiôt la pous'rôt' din l'é-yise.

Ill ring' atout lê affûtiaux b'nis du curaï. Ill chêt sû èn' biaude qu'ê point trop bi-inche ma fouais.

Boun'fonne, ill l'a n'empoutche chu li pou la buer. 

V'là t'y pâs qui s'met à pieûvr'qu'm'en vêch' que piss'. Total, la biaude veut point  sôchi! Vouat, y'attendra bin! qu'ça dit la Louison.

L'diminch', ill s'en y va à la mésse.

L'curaï qu'ê in prou bon houm', auj'd'heu a l'êr ê cent coups, ê t'bourriaude lê burattes, ê maîche lê êvangies in rounant in d'dains. Les ptchiots servious d' mess' se t'ni-int à carreau! El a prêsqu' côrru in patalant pou grimpaïe à la chér', l'êr in coulèr', la bêrette d' traviole.

Qu'est ce qu'y'a dan qu' l'étabute?

E t'fê in zig-zag in guise d'signe de crouais ape s'êgrippe ê conteux d'la chér' pou couâner,

cure-effet.jpg- T'voul'ras point! qu'ê dit l'coummand'ment hui. Vôs m'crairez si vôs viez, in vouleu est v'ni din la majon b'nite du Sêgneu ape m'a voulé m'n'aube! La pi-e balle. Y'ê pou çan qu'aujdu j'seus fagoté din èn' vi-lle, tout' déconfraichie, r'mendée, rapondue ape qu'me sarre ê intournures. C'tu qu'a fê çan, y'ê sûr d' sûr qu'ê va reûti in n'Enfiê'. Si quéquion l'cougnait, ê dê l' dénonci ou bin ê d'vindrâ san compêr'; ê z'êrant tous lê deux veu l'Diaîle! Y'ê grân p'ché d'vouler Dûe! Amen!

E te r'met san bêrette d'binelle ape s'en r'tern' in patarou.

 Lè r'no-illes d'bénitier an r'veniant point, ills ant l'bâc pinci ape l'u-ye dê poulailles-couisses!

La poûr Louison, li, ill voudrôt rintrer sô tarre, ill ê ruge qu'm'en in queulat, ap'ill piônne, ill piônne...

Ill a pô d'rôti an Enfiê...Ill s'épante d'n'aller tout aivouêr ê curaï...

Y ê à la grand' Victouèr qu'ill èrrive à dir' c'que l'étabute.

 La Victouèr qu'a pô d'ran, va la n'enmouner veû l'curaï qu' va êt' bin aise, mê in ptchot capot... E  baill' san b'ni à la gentit' Louison!

Pou s'raichter, l'diminch d'èprés, in chér', el a r'merchiê la boun' Louison (qu'ê d'venie tout'ruge) pou tout l'mau qu'ill s' bayôt pou li ape pou l'ai-yise.

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Fait-t'y point du bin d'öyi tout çan d'notê je?

 

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François aux puces ce dimanche découvrit

Sur un étal le contenu des armoires d'une grand mère. 

Ses petits-enfants lui confièrent

Qu'ils avaient dû vider sa maison,

Que de ses affaires, ils devaient se défaire...

Ils lui contèrent avec une pointe d'émotion que, toute sa vie

ménage-effetLouison avait entretenu l'église du village, sans répit. 

Un samedi elle se dit que l'aube du curé aurait bien besoin d'être blanchie.

Aussitôt chez elle pour la laver elle l'emporta

Pensant lui rapporter pour le dimanche, en bel état.

Las! il se mit à pleuvoir et aucun linge ne sècha.

Mamie Louison se rassura,

- Not'curé en a bien une autre, celle-ci ne lui manquera pas.

Le dimanche pour la messe, l'abbé avait en vain cherché

Son aube la plus neuve, tous tiroirs retournés...

Scandalisé, il déduisit qu'elle lui avait été volée.

Courroucé, il en vêtit une très usée et rapiécée

Qui le serrait aux entournures, hé, hé, il avait un peu forci.

Furieux, mal à l'aise, il en fit le sujet de son homélie,

Menaçant des foudres du Très Haut celle ou bien celui

Qui avait osé profaner sa sacristie.

curé-effetL'assemblée offusquée, compatissante et stupéfaite

Pour le coup délia plus que de coutume sa bourse pour la quête!

Grand -mère Louison en silence se mit à pleurer,en grande confusion.

Epouvantée par la perspective des Enfers où elle redoutait de finir,

Pour une aube qu'elle voulait... juste blanchir...

Intriguée, Victoire sa voisine de banc,

Après moult chuchotis interrogatifs pressants

Et quelques coups de coude insistants

Réussit à confesser Louison.

Elle l'accompagna auprès du curé qui donna sa bénédiction,

Soulagé, ému et quelque peu confus...

Le dimanche suivant en aube immaculée, publiquement,

Il rendit hommage à Louison qui rosit modestement.

Victoire lui fila un coup de coude complice - Alleluia!

Qui fit briller les yeux et sourire de contentement la mère-grand.

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A la suite de ce récit,

Ne riez pas si je vous dis

Qu'il passa autour du bric à brac du banc

Comme un instant de recueillement.

Qu'on y parla doucement 

Manipulant avec précaution

Les modestes trésors de grand-mère Louison,

Et que François adopta six verres, pour la maison... 

Verres effets

Publié dans Histoire en Patois

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Elo 19/09/2011 11:14



Un bien jolie histoire... J'aime beaucoup ! Bises



Philalèthe 16/09/2011 21:59


Joli histoire admirablement bien illustrée une fois encore. Nous lèveront un verre en l'honneur de Louison et... de Francois et Marie !


Titou 16/09/2011 20:12



Quand les objets racontent des histoires... Que nous narreront-ils dans 50 ans ? Vive les puces !!



François & Marie 16/09/2011 22:33



Merci pour votre visite Titou et Philalèthe


Eh bien, rendez-vous dans cinquante ans pour écouter ce qui se dira!


Tchin et bisous à tous les deux!



Andiamo 15/09/2011 19:57



Croqueur de mot dites vous ?... Croqueur de coms itou !


Où est passé l'icelui que je postais hier encore ?


Le croq'com' a encore frappé ];-D


Beau récit et jolies images, merci M'sieur Dame.



François & Marie 15/09/2011 20:37



Merci pour votre visite Andiamo, par contre je ne sais pas pourquoi les commentaires seraient croqués. un mystère informatique certainement. 



Marie de Cabardouche 14/09/2011 09:25



Ah! grand merci Mamine d'avoir laissé une trace de ton passage, ça fait bien plaisir!


Eh oui, tous ces objets ont un vécu et un(e) chineur(euse!) sensible le sait, le sent et ne ramène de sa virée dominicale non pas des céramiques, du bois, du métal ou du
papier mais des coups de coeur et des objets qui lui ont fait un clin d'oeil à l'âme...( ouh, j'écris beau dès le matin, ne trouves-tu pas Mamine! Heureusement que je ne me prends pas au
sérieux!)


Alors, pas déçue par le curé? Je t'avais prévenue qu'il valait son pesant de cacahouettes. François a bien restitué son courroux en brandisseur de cintre-épée au jupon de dentelle !


Bises et bonne journée Mamine!



Mamine 14/09/2011 07:56



Belle histoire d'une brocante émouvante............ qui nous arrive quelquefois et donne un tout autre sens à un achat effectué auprès de ces détenteurs d'objets " ayant une âme "...........


Superbes illustrations de JF : m'sieur le curé n'ètait pas content-content !!! Non, mais .......


Et le cintre en bois en dit long, lui aussi ... Merci à vous deux, une fois de plus !!!