Des clics
DES CLICS !
Triomphal, à la pluie il exhorte les nuages,
Normal puisqu'il a, en son nom, un poisson en ancrage.

Que croyez-vous qu'il arrivât ? Il plut,
Les commères ne s'en sont point aperçu...
Histoires réjouissantes contées par Marie et illustrées par François.
Résumé : Les amis du Vigneron l'ont si bien caché que nul ne sait où il est parti.
Matou ! C'est moi qui prends le relais pour l'épilogue de mon histoire :
Le secret de ma cachette a été bien gardé.
Mes "ravisseurs" ont attendu le retour des prisonniers et des déportés avant de dévoiler le lieu de ma détention.
Mon exil a duré jusqu'au 15 juillet 1945.
Ce 15 juillet ! Jour de liesse pour la population de la ville qui a assisté à ma sortie de cave !
Quelle fête !
On m'a honoré dans de beaux discours.
On m'a paré d'un collier de raisins (très seyant !)
On a déposé une gerbe sur mon tablier. (plus agréable que les graviers qui grattent !).
On m'a triomphalement promené dans les rues, les gens applaudissaient ! J'avais fière allure sur le char tiré par deux placides boeufs tout blancs.
On m'a doucement réinstallé sur mon socle et là, face à moi, la foule immense s'est mise à chanter un hymne écrit spécialement pour moi et pour la LIBERTE retrouvée...
Quelle émotion ! Croyez moi, mon coeur de vigneron de bronze n'est pas resté de marbre...
Fin
lire l'épisode 1 : Le Vigneron
lire l'épisode 2 : Le vigneron 2
lire l'épisode 3 : Le vigneron 3
lire l'épisode 4 : Le Vigneron 4
Résumé: La statue du Vigneron a été enfouie par ses amis afin de la soustraire aux fondeurs et pour ne pas finir en sinistre canon.
La suite m'a été racontée par un matou, l'un des plus vieux habitués du cimetière qui jouxte le square :
-Après t'avoir "encavé ", les ombres, harassées, se sont évaporées dans la nuit.
Le 18 mars au matin, les récupérateurs de métaux se sont retrouvés, incrédules, devant un socle vide. Inouï !Toi,le Vigneron, tu t'étais volatilisé pendant la nuit ! A ta place, un écriteau un rien provocateur, indiquait :
(1)
Il y eut des questionnements. On commença par interroger le cantonnier qui empierrait le fond du square (il avait choisi ce matin là de travailler le plus loin possible de la buvette et de sa cave...!) et qui, bien sûr, affirma n'être au courant de rien ( Il tremblait dans son for intérieur que le monticule de gravillons qu'il avait édifié dans la nuit, n'attire le regard des interrogeants...)
Il y eut des sondages de sol.
Il y eut des fouilles dans le cimetière.
Il y eut des enquêtes.
Tu étais toujours introuvable...
remarque : On pardonnera facilement la petite erreur orthographique présente dans le message, car il en fallu du courage pour oser placer cet écriteau.
1- (paisseaux petits piquets utilisés pour maintenir les ceps de vigne. )
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lire l'épisode 3 Le vigneron 3
lire l'épisode 5 ( fin) Gloire au Vigneron
L' M'NENGEOU-2-
J'crayô ben qu'y èto tout. Va t'faire lanlire!
Y'èto gran nè, an y voyô nichenotte. J'crè-yo que dè cats m'virin au-te. Mais y èto point dè cats, y'èto dè houmes d'la nè, que fi-int point d'bru.
V'là t'y pas qu'y r'qu'mence, dè codjes m' tirvauchant d'binelle... An voudro encor' m'fére cabardouchi ! C'tu coup, j'a pas eu pô, j'sentô qu' lè houmes d'la nè m'vouillin point d'mô...
J'me seu lèssi cheudre bâllement. Lè houmes d'la nè m'ont r'lichi din ène cave, y' a faillu un pchô creuilli pou qu'j'rentre, j'su in bal houme ! J'tins qu'm'en j'peux, y a renque in ptchiot bout d' mon d'vantier qu'dèpasse; lè houmes d'la nè l'an caichi daveu dè grèvillons .
A c'qui paraitrô, lè faragas d'hia l'sè san r'venis, è rècarquillin dè us en m'trouvant point ique ! E m'ont charchi dans lè borons, è z'ont révoluch'né l' cemetère, è z'ont vouillu fére barjaquer lè gens, nion m'avo vu ! J' m'èto envoulé !
IL-
Il v'zoum- bjouuu, à faire sauter au plafond le matou,
Il embrasse à qui mieux mieux, pieds de chaises, coins de meubles, soudainement affectueux,
Il boulotte les petites araignées,
Il gobe les rideaux, les pompons des chaussons, les nappes enjuponnées,
Il donne des lumbagos, des tennis-elbow, des lunettes en biais,
Il tourne carré au lieu de filer rond, il fait ce qui lui plaît,
Il scotche vos chevilles si loin vous le voulez, mais boude derrière la porte si près vous le pensiez,
Il s'étouffe d'une brindille et fait le délicat, alors qu'il a failli engloutir votre chat,
Il est champion du tri sélectif : quoi! ça ? pas pour moi ! pour suceur ou brosseur, s'indigne-t-il, incisif,
Il a le fil entortilleur et les tuyaux farceurs,
Il slurpe les ultimes feuilles du ficus,
Il voit rouge quand son bedon est repu,
Il se vexe, stoppe net, débranché, quand sur son fil on a osé trop tirer,
Et là, bonheur... il se tait !
Woooh ! que cet aspirateur me déplaît...
Fort heureusement, son anti-ode a son antidote : un balai !
LI-
El en fè du bru, è fay po è matous !
è dogue lè meu-bi-e ape lè pis d' chéres,
è boulotte lè pôv' pchiotes areugnes,
è gôbe lè ridiaux, è t'évale tè pieu balles Charintaises ape lè cotillons dè ta-bieu,
è t' baille toutes sôtches d'maux, du bas du dio ape dè brais, è t fè valssi lè binocles,
è file pas drêt, è fay c'qu'li piè,
è t'entroupe lè pis ou ben è geugne d'aré lè potches,
el ècarmouche, è beusse , è fay tout in train pou in pôv' ptchio râgot, potchan, el èrô ben vouillu èvâler tin mâtou,
è slurpe lè pchètes piantes d' la patronne,
è s'embeurdouille ape s'empatreuille daveu sè fis,
è fè la caire si tout par in coup, t'le débrinche,
mais au moins là, è s'couge ! è fait pieu l'tracmalou, è t'baille pieu l' leudiô !
vouai- te, j'le laisserô minji è loups, c't'argonier !
t'sais point quouai? eh ben c'ta qu' j'éme le mieu, y è ...ma r'maisse !
Le sureau-
En avril le sureau doit fleurir, sinon le paysan va souffrir...
In èvri l' seurô dè fieuri, ou ben c'tè d'la tarre vant ètes ben môdrus...
Pieuge d'èvri-
Pieuge d'èvri rempi-i la câve ape l'touniau.
Pluie d'avril remplit la cave et le baril.
St Fulbert-
Quand arrive la St Fulbert, dans la campagne tout est vert
Dé St Fulbert èrrive, pôvr'ami, d'pouaitchou y'é tout vér !
Résumé:
De sinistres individus ont vainement tenté de faire choir la statue du Vigneron au moyen de vilains cordages. Ils ont pour l'instant abandonné leur projet…
Perdu dans mes pensées moroses, je n'ai pas vu tomber la nuit.
Le petit square est sombre, vide, hormis quelques chats qui le traversent. Ce sont des habitués, chaque soir ils vont tenir conseil dans le cimetière voisin.
Mais depuis quand les chats chuchotent-ils ? Depuis quand les chats transportent-ils des barres de fer, des engins de levage artisanaux, des cordes ? Des cordes...! Encore des cordes ! Est ce que ça va recommencer ?
Effectivement, ça a recommencé...
Mais cette fois -ci elles m'entourent, certes vivement, mais sans brutalité. Pas d'ordres péremptoires, la dizaine d'ombres qui s'affaire parle bas, semble bien connaître les gestes à accomplir, se divise en équipes efficaces. Bizarrement, mon angoisse, celle d'être fondu, a disparu. On me veut du bien, je le pressens, alors je laisse faire...
J'ai eu beau essayer de me faire léger, ça n'a pas été facile pour les ombres de me descendre du socle, de me tirer sur quelques mètres, jusqu'à la cave de la petite buvette du square. Elle était trop petite pour moi, les ombres ont eu beau creuser, le coin de mon tablier dépassait, elles ont dû le recouvrir d'un monticule de graviers...
...À suivre
lire l'épisode 1 : Le Vigneron
lire l'épisode 2 : Le vigneron 2
lire l'épisode 4 : Le Vigneron 4
Résumé:
Le Vigneron, auguste statue de bronze, observe la vie du haut de son socle dans un square tranquille quand un jour …
Exactement le 17 mars 1942.
Des voitures noires, un camion militaire. Des portières claquent.
Des hommes en uniformes s'agitent, me montrent du doigt. On me tourne autour, on grimpe même sur mon socle.
Des ordres fusent dans une langue que je ne comprends pas. Des cordes me cernent, m'étreignent, m'étranglent, tentent de me déstabiliser et de me faire choir. Mon bronze résiste de tout son poids, il ne cède pas.
Un buste qui me côtoyait, plus léger, a capitulé. Déboulonné, il a été jeté à terre et a vitement disparu sous les bâches du camion.
A mes pieds on trépigne, on s'interroge en m'examinant de plus près. Puis on a des gestes rageurs pour me libèrer des étouffantes cordes. Il me semble comprendre que l'on ne s'avoue pas vaincu, que l'on fera céder la statue. On la veut, on l'aura ! On la soupèse du regard, on subodore la quantité d'armes qu'elle produira une fois fondue.
...Il me semble que des portières ont claqué...Il me semble que les voitures noires et le camion bâché ont disparu...Il me semble que je vais être fondue...Il me semble...
...À suivre
- lire le début de l'histoire - Le Vigneron
-lire la suite : Le vigneron 3
L' M'NENGEOU -1-
Y' en è qu'dièrant " y'è ren qu'ène stâtue d' m' nengeou qu'é astée au mouètant d'in grin cotchi. E r'gaidje lè ptchignots d'un couté, ape lè quilloux d' l'ôtre couté, è fè ren d'autre, y é renqu'in bon laisi !"
Y s'peut qu'j'sè in bon laisi, potcchan, y mè ervé ène histouaire que sau d'l'ordinère...
Y èto le dix sè march dix neu cint quèrinte dua.
J'vouais ar'ver dè autos toutes nès ape in quèmion bèchi. Y fredalot ! Tout par in coup, dè houmes aveu des t'nues d'soudâts m'sautant d'sus, memberdouillant aveu dè côdjes in m'bouriodant! Y' è ben auquouè, è vian m'fére cheudre, m' borji pou tare ! Qu'men j'pèse ben man pouais, que j'veux point playi, ape qu'è san pas ben adrets, è z'y arravan point, j' vio point dégarouchi ! C'qui fè qu'è san in arrou, qu' è piat'nant, qu'è sacrant, qu'è ragonnant. Mouai, j'rèste ique !
V'là qu' la nai cheu, lè faragas s'esbignant.
Les rainettes-
Les cloches vont à Rome faire leurs Pâques,
Les crécelles des rainettes les remplacent.
Lè ptchiètes r'noïlles-
Pou Pèk', lè quieuches sin à Rom'
Rempièchies pou lè ptchiètes r'noïlles!
Les époux savourant ensemble un oeuf du Grand Vendredi seront heureux en ménage.
Si èn'fonne ape s'n'houme migeant, ensem-bi-e lè deux, ène u, l' Grin Vinderdi, è s'ront fin bin din yeute mèriège.
" Essay-i don vouèr ! "
amis, essayez ce partage.
Ce n'est jamais avril si le coucou ne l'a dit.
Tin qu'le kuku n'a point chinté, an n'è point vréman in èvri.
Il n'est point d'avril si beau, qu'il n'ait de neige à son chapeau.
Mèfie-te bin , y peut encore nogi in èvri !