On écrit un texte (pas trop long), prose ou poésie, utilisant au moins trois de ces mots (à votre choix). Vous vous projetez (si vous le pouvez), vous imaginez, vous divaguez ... Vous pouvez aussi rembobiner et nous raconter comment vous imaginiez l'avenir il y a dix, vingt, trente ou quarante ou cinquante ans. Utopie, dystopie, sérieux, loufoque ... A votre gré dans les limites que nous respectons toutes et tous ici !
On en parle :
au bar du coin
- Heee ben, tu sais pas quoi mon vieux Dédé, moi j'dis qu'on vit en pleine dystopie : le Monde est gouverné par une bande d'humanoïdes qui veulent nous programmer pour qu'on arrête de ... de ... heu ... de réfléchir ! Voilà moi c'que j'dis !
- Bah, tout ça, c'est la faute des politiques qui sont coincés dans un continuum toxique !
- Un quoi, tu dis ?
– Un phénomène progressif dont on ne peut considérer une partie que par abstraction si tu préfères.
- Ah, d'accord.
- Et du coup, on nous fait alunir sur des aberrations sidérales…
- C'est carrément ça : tu m'enlèves les beaux de la mouche. On en reprend un ?
- Allez !
Au vernissage
- Ma chère Anne Rosemonde, les œuvres dystopiques du jeune Katsushika Otabongo sont tout simplement programmatiques : elles transmutent la matière informelle en théorie anticipative.
- Vous m'enlevez les mots de la bouche, Marie Lucinde, l'installation de Katsushika nous plonge dans un continuum de perplexité hallucinatoire.
- Pardon ?
- Un continuum, un phénomène progressif dont on ne peut considérer une partie que par abstraction si vous préférez.
- Votre analyse sidérale me percute la pensée,
- Dans notre cas Marie Lucinde, ce serait plutôt le Kir royal qui nous percute, je suis complètement pompette !
QUAND J'ÉTAIS PETITE j'accompagnais ma grand mère au cimetière. On se partageait équitablement les tâches. C'est elle qui se coltinait les arrosoirs, elle qui récurait, elle qui avec gourmandise jouait de la binette matraqueuse de chardons, ET LÀ PAF ! elle lâchait un juron sonore - et en plus, ça pique cette cochonceté - aussitôt suivi d'un furtif signe de croix, vis à vis du Jésus qui git sur le marbre gris - ouhhh des herbettes effrontées sortent en choupettes de tes d'sous d' bras ! Attends une minute, j' m'en va t' les expédier ad patres vite fait... ALORS MOI je filais entre les tombes et j'exécutais mon devoir de justice et d'égalité. Je traquais les sépultures surchargées, je répartissais leur trop plein de plaques, fleurs et couronnes sur les tombes restées nues. TU PEUX LE PROUVER ?
Vois toi-même la plaque avec photo fêlée par le temps d'une jeune Madeleine sur la tombe d'un marin barbu péri en mer. À MON AVIS, ni l'un ni l'autre n'en pâtira, ils vont se raconter leurs vies ! ET LÀ PAF ! Mémé m'appelle. Elle demande où je suis et quelle bêtise j'ai encore inventée.
- J'arrivveu, mémé eu !
NI UNE NI DEUX, sur un mausolée prétentieux bouffi de sculptures, de pilastres et de huit couronnes de perles - trop c'est trop - je me dois de commettre un forfait. L'une de ses verroteries s'effiloche, j'en remplis mes poches. Mes poupées seront très fières de leurs colliers. Et hop, à la volée, je pique une des couronnes du vaniteux et ploc, j'en égaye un pauvre rectangle de terre nue et sa croix vermoulue. Je jurerais presque que la couronne m'a souri.
MORALITÉ : Aucune !
Ben quoi ?
J'ai mis de la folie dans le cimetière et je m'absous.
Lilousoleil nous propose de composer avec des consignes bien singulières. Plusieurs éléments à mettre en scène.
Commencez par placer des personnages qui devront faire face à des situations.
Le neveu de Lucienne
Un chômeur hyperactif
Un personnage qui décide que c’est la dernière fois
Cela se passe parmi des grands singes
Avec un problème : le poisson n’était pas frais
Utiliser des objets : une jupe très courte, un pinceau et un escabeau
texte comique et déjanté recommandé, mais vous pouvez en écrire une tragédie grecque.
- Et Robert tu sais ce qu'il devient ?
- Le fameux Robert ! le champion du chôm'du qui n'en rate pas une ! l'hyper actif de la Motte Picquet, le génie de Grenelle ? ah ben t'es pas au courant ? figure-toi qu'en se baladant vers le musée du Quay Branly ,
-Les trucs africains, là ?
- C'est ça, il est tombé sur la duchesse de St Germain avec son neveu
- Tu veux parler de Lucienne et Neuneu ? Lui, c'est pas le pingouin qui glisse le plus loin sur la banquise !
- Ah , ça ! Neuneu c'est le genre à remuer la tête devant un éventail pour faire de l'air... Enfin bon, la duchesse et lui voulait monter une équipe pour aller chercher des trésors en Afrique, et c'est là qu'ils sont tombés sur notre Robert, le génie de la Motte !
- Noooon ... et ils sont partis les beaux explorateurs ?
- Mais bien sûr ! et c'est là que ça devient exotique : Robert a eu envie de visiter l'ambassade de France à Nouakchott et pour faire son intéressant, il a piqué une sorte de pinceau dans une vitrine.
- Un pinceau ?
- Oui, il voulait faire le rigolo, tu connais Robert, et du haut d'un escabeau, il a commencé à faire des incantations genre vaudou.
- Houlà, je ne jouerais pas à ça en Afrique moi…
- C'est sûr ! son pinceau, c'était un bâton de sorcier et il a transformé tous les touristes présents en grands singes.
- Noooon ! et la duchesse ? Et Neuneu ?
- Apparemment, ils ont été épargnés, mais Robert ....
- Oui ?
- Il est devenu un totem sacré en bois d'ébène de Mauritanie, Duchesse et Neuneu l'ont ramené au Musée du Quay Branly et l'ont cédé pour une petite fortune !
- Eh ben… c'est la dernière fois que Robert fait une ânerie !
" Pour ce prochain défi, je vous propose d'écrire une histoire, un témoignage, une poésie sur un ou plusieurs animaux, petits, grands, sauvages, domestiques. Qu'il(s) soi(en)t le personnage principal, et au début de votre texte, mettez une citation relative aux animaux.
A choisir aussi d'inclure un des deux mots (nouveautés Robert 2026) suivants : pelleteux de nuages (personne qui perd son temps à échafauder des projets irréalisables) ou mon gâté (ou ma gâtée) (terme d'affection employé pour s'adresser à une personne que l'on aime d'amour ou d'amitié)."
Le 19 janvier estla journée internationale du Pop Corn( si , si ) .
Pour célébrer cet évènement majeur, racontez une anecdote croustillante ayant pour thème le maïs soufflé.
On pourra au choix :
– Révéler ses origines
– En décrire un usage surprenant.
- Raconter comment le pop-corn a bouleversé votre existence.
Ou tout autre sujet que le pop-corn pourra vous inspirer .
Marie & François
l'invention du pop-corn
- Tu sais qui a inventé le pop-corn toi ?
- Ahhhh non… c'est peut être Léonard de Vinci ou Marie Curie c'était des grands inventeurs qu'a dit le maître.
Marie et François sur le chemin de l'école aiment à parler sciences humaines et philosophie, en débattant des progrès du genre humain; ils ont beau être en CE2 les mystères du Monde ne laissent pas de les intriguer. Pourquoi les tartines tombent elles toujours sur le côté beurré ? La lune est elle vraiment constituée de fromage ? Comment fait-on les trous dans les macaronis ? Comment fabrique-t-on les crayons de couleur… Aujourd'hui, Marie a envie d'instruire le petit François en lui racontant les origines du Pop-Corn.
- Dans le temps les angelots et les diablotins étaient copains et passaient leur journée à jouer dans les nuages.
- Et leurs mamans étaient d'accord ?
- Ben pas trop … Mais ça allait s'ils ne faisaient pas trop de bêtises !
- Quoi comme bêtises ?
- Faire pipi depuis les nuages en faisant croire qu'il pleut par exemple.
- Hi hi...
- Rhaaa ... tout de suite... Ils étaient surtout assez gourmands et adoraient gouter à tout ce qui peut se manger.
- Tous les angelots ?
- Pas tous mais surtout Poppy et Cornus deux gamins ange et démon inséparables.
Poppy l'angelot allait piquer dans les cuisines célestes toutes sortes de nourritures rigolotes et Cornus, le diablotin, les faisait cuire en un tournemain car il avait toujours avec lui un peu de feu de l'enfer pour lui tenir chaud.
- C'est pratique en hiver, faut dire.
- Ah ça oui ça marchait du feu de Dieu. Un jour Poppy a piqué des panouilles de trequi pour jouer avec son copain.
- Des quoi ?
- Des panouilles de trequi ... des épis de maïs, quoi ! et ils ont voulu les faire cuire pour voir…
- C'est long à mijoter ça …
- Pas avec le feu de l'enfer ! Cornus a touché les panouilles et ça s'est mis à péter dans tous les sens : tac tac tac et tac ! d'un coup il y avait partout des gros grêlons tout chauds qui sentaient bon le pain grillé.
- Et ça c'était une bêtise .
- Oui mais quand leurs mamans sont venues pour leur tirer les oreilles, elles ont bien vu que les grêlons tout chauds étaient tout bons croquants. Alors elles les ont juste un peu disputés parce qu'on ne doit pas piquer des choses dans la cuisine céleste, mais elles ont dit que ce n'était pas grave parce que l'angelot et le diablotin avaient inventé une friandise qui amuserait tous les petits enfants du Monde !
- Ah ben dis donc je savais pas tout ça. Et pourquoi on appelle ça pop-corn ?
- Ben , à cause de leurs inventeurs : Poppy & Cornus .
Le 19 janvier estla journée internationale du Pop Corn ( si , si ) .
Pour célébrer cet évènement majeur, nous vous proposons le défi suivant : Racontez une anecdote croustillante ayant pour thème le maïs soufflé.
On pourra au choix :
– Révéler ses origines
– En décrire un usage surprenant.
- Raconter comment le pop-corn a bouleversé votre existence.
Ou tout autre sujet que le pop-corn pourra vous inspirer .
rédigez une recette par exemple, une recette de vie, un philtre, une potion magique,. Ce peut être aussi une recette de cuisine ou de pâtisserie mais elle devra nous étonner, nous faire rire.
Prenez un jour, mi mars,
disons... le dix neuf.
Laissez-le blondir, juste soleilleux.
Faites une farce au buisson d'aubépine :
dans sa branchure effilez une chaussette esseulée.
Ne marinez pas sur place;
laissez le champ libre aux oiseaux,
c'est leur mariage aujourd'hui !
Pour eux le temps de repos est court,
dès demain des trilles réjouies surgiront des bosquets
annonçant une belle maraude : tes vestiges de chaussette tapisseront leur nid.
Et... Julienne ?
Ah... Julienne...
Dérobez-la à la réalité du moment, enrobez-la d'effluves réconfortants et de fumets apaisants.
Aidez- la à oublier que sans cesse sa vie se délite en très fins filaments
souvent boudés par les enfants.
Elle pense valoir moins qu'une alouette sans tête
et prétend que de tous temps, les Julien ont préféré les Julienne rondelettes.
Aujourd’hui, vous devez récupérer un colis postal. Vous avez reçu, par SMS, le code du casier où votre précieux paquet a été déposé. Mais voilà, votre bonheur est vite douché puisque le casier est vide. Alors, vous avez six jours pour mener votre enquête et retrouver votre bien ou pas. Et vous devez utiliser les mots au moins cinq des mots suivants :
C'est la période des fêtes et une joyeuse excitation électrise les esprits : quel cadeau offrir ? Marie Lucinde tient absolument à épater son amie de toujours, Anne Rosemonde, en lui réservant pour la nouvelle année, un objet inédit en gage de leur amitié haut de gamme. Marie Lucinde a passé quelques soirées, un verre de bulles à la main, à consulter les magazines les plus smarts du monde de la mode pour nourrir ses idées. C'est ainsi qu'elle a feuilleté "So Chic In Tokyo" , " Bali Ouh là là ", "Princess of Mode", et le catalogue des promotions des chocolats Diddle. Après moult coupettes lui procurant un doux roulis, elle s'est enfin décidée pour un cadeau tout à fait inédit et merveilleusement décadent pour l'appartement d'Anne Rosemonde, sis dans le Marais.
La commande ayant été effectuée et dûment réglée avec sa carte super gold privilège, Marie Lucinde est impatiente d'aller la chercher au bureau de poste local.
Or ce qu'elle ignore encore, c'est que les agents ont pour mission d'inspecter les colis suspects et ne pas les remettre aux usagers, tant qu'ils n'ont pas analysé leur contenu. Marie Lucinde est fort étonnée quand on l'informe que son colis en provenance de Haute Silésie, (capitale du Pissenlit à l'ailloli) n'apparait pas dans la case arrivée.
Ce qu'elle ignore, c'est que ce dernier émet une fragrance étrange, il a donc été retenu dans la réserve des produits dangereux et autres stupéfiants.
- Vérifiez encore, monsieur le postier, je suis certaine d'avoir coché toutes les options afin que mon colis arrive dans les meilleurs délais.
- Ben oui ma p'tite dame, j'veux bien vous croire, m'enfin les faits sont là et subséquemment, l'absence de votre commande laisse un vide criant dans le casier d'arrivée.
- L'incompétence de vos services est une jolie chienlit. La prochaine fois, je me ferai livrer à mon domicile directement par calèche. J'ai la bonté de vous préciser que le contenu de cette commande est extraordinairement fragile, périssable et qu'il ne peut souffrir d'aucune erreur de manipulation ni de retard farfelu !
- Ah bon et qu'est-ce qu'il contient votre fameux paquet ?
- Ça ne devrait pas regarder un simple agent des postes, mais c'est du Coulis de brocolis fermenté, foulé au pied dans la région de Blicwiskivieck et vieilli en fûts de cerisiers. Ça sent un peu, mais c'est indispensable pour réaliser un véritable bortsch !
- Ah.
Ah oui .
Ah c'est ça ...
Lucien ? tu peux vérifier encore et apporter le paquet à la petite dame ?
Suite à un phénomène imprévisible l'électricité vient à manquer pour une durée indéterminée !
Il vous reste une bougie et des allumettes...
Vous nous racontez cette expérience !
Avec 4 mots imposés :
Atourneuse
Embarbotter
Marsouinage
Tranche-montagne
Atourneuse : Femme qui dans le passé, gagnait sa vie en coiffant et en parant d'autres femmes, ou en louant des bijoux.
Embarbotter : C'est une façon de parler de manière confuse et désordonnée.
Marsouinage : Rebond répétitif de l'arrière d'une voiture, notamment de F1, à haute vitesse.
Tranche-montagne : Fanfaron qui se vante d'exploits fabuleux.
...................................................................................................................................................
Sa montre fait de l'espionnite aiguë ; un bip clignotant vient d'ordonner à Anne-Catherine "debout - marcher".
Pff, Anne Catherine juge que ça peut attendre. Elle vient juste de débuter une méticuleuse broderie sur un voile de soie diaphane.
L'autoritaire tocante connectée s'impatiente, elle vibre de façon pressante.
Anne Catherine soupire et délaisse son ouvrage délicat. Après tout, ce chronographe ne veut que son bien, sans lui elle prendrait racines sur sa chaise pivotante.
- Allons-y Georg Friedrich Haendel, débobinons ta sarabande ti.. ti .. titi ti, ti ti titi ti, titi titi titi ti titi.
Ton rythme me plaît, j'arrondis le dos je déploie bras et jambes en arabesques lentes et j'avance semi-accroupie tel un rat d'hôtel masqué. Ti ti titi ti, ti t............................. Silence.
Déconcertée - où es-tu passé Georg Friedrich ?
Médusée - pourquoi fait-il presque sombre ?
Sidérée - les plombs ont sauté...
Un message extérieur bien renseigné indique : panne de courant, durée illimitée.
Impossible.
Ça ne peut pas lui arriver. Pourquoi maintenant ?
D'ici deux heures son ouvrage doit être terminé. La représentation historique débute à vingt heures.
D'un élan rageur elle vérifie tous les interrupteurs - la génération presse-boutons ne conçoit pas que l'éclairage lui fasse faux bond : que la lumière soit et elle doit être. Illico-presto. C'est un ordre.
Elle passe à nouveau tous les commutateurs en revue, leur demande gentiment de faire leur devoir, la sombritude persiste et la nargue.
Désemparée, elle les menace des pires maux, leur ordonne de lui obéir, les frappe...
Elle ne se maitrise plus, ses pensées divaguent, elle crache des paroles qui ne comprennent plus ce qu'elles disent. Lamentablement, elle embarbotte.
Elle s'écroule, un mur bienveillant s'empresse de la caler.
Elle ne pense plus, ne parle plus; le regard fixe elle sanglote sans pleurs.
Des spasmes l'agitent ; son esprit confus la plonge à l'époque où elle fréquentait un tranche-montagne. Il l'avait embarquée à bord d'une époustouflante voiture de course écarlate. Elle s'est retrouvée saucissonnée dans une combinaison raide qui sentait le moisi, et imbriquée dans un casque-étau qui la momifiait.
- Tu verras, tout n'est que souplesse sur la piste, on va glisser sur l'air, un véritable rêve, avait assuré ce fier à bras.
Tétanisée, scotchée au siège, elle fermait les yeux et oubliait de respirer.
Quand le bolide s'est mis à faire du marsouinage, elle a cru mourir; persuadée qu'ils avaient perdu les quatre roues; enchâssée dans son casque elle y vomit ses tripes et en fit une jaunisse.
Est-ce ce souvenir qui la fait sursauter et sauter sur ses pieds ?
Elle ne va pas se laisser abattre ! Elle va se montrer digne de qui elle est : une atourneuse de talent, une modiste, une couturière hors pair ; ce n'est pas par hasard qu'elle porte les prénoms de ses patronnes.
Dans le noir, elle tâtonne et tire d'un tiroir une demi-bougie et quelques allumettes.
Cette panne d'électricité va finalement remettre les choses en place.
En début d'après-midi, "l'amie" du metteur en scène a surgi, sans frapper, dans l'atelier de Anne-Catherine et très sûre d'elle a commandé :
- Pour la représentation de ce soir, je veux un haut chapeau conique orné d'un voile en soie dorée. J'ai apporté le gabarit et le voile.
- Mais... ce cône mesure un mètre de haut, il sera importable... Ce n'est pas un hennin, c'est une Tour Eiffel...
- J'exige un grand chapeau qui en jette ! Je veux être la plus belle, la plus grande, la plus visible, donc la plus admirée de toutes les femmes de la cour.
- Le hennin ne se porte pas à la cour de François Le Premier, à cette époque, c'est un chaperon qui orne la tête des Dames.
- Je ne tolérerai pas d'être contrariée par une employée. Sachez que je déteste être chaperonnée même par un modeste cache-tête aussi raplaplat qu'un vulgaire béret. J'exige un... comment dites-vous...? un N.Un ?
- Un hennin.
- Oui, un N.Un, c'est ça.
- Par professionnalisme, je me dois de respecter les costumes d'époque...
- Je vous somme de me fabriquer un N .Un, c'est un ordre. Vous ne savez pas à qui vous avez affaire, ma p'tite, rugit la belle en claquant la porte.
... Oh si, je sais qui tu es, vaniteuse botoxée, hier encore tu vendais des légumes sur les marchés ; je crois deviner de quelle façon tu as embobiné ce vieux beau de metteur en scène.
... Tu prends tout le monde de haut, tu n'es qu'une prétentieuse; je vais te faire une confidence : tu ne mérites pas un hennin et, grâce à la panne d'électricité, tu ne le porteras pas ce soir.
... Oh, quelle maladroite ! Dans un moment de distraction je me suis assise sur une sorte de grand cône; il est tellement écrabouillé qu'il serait indigne d'orner le chef de la maîtresse du patron et ne saurait paraitre à la cour de François Le Premier. Oh quel dommage... Allez, le N.Un, poubelle !
... Oh zut, la flamme de la bougie a brulé la moitié du coupon de soie ... ( soie artificielle de qualité médiocre, le vendeur t'as bien été bernée Madame-vous-ne-savez-pas-qui-je-suis ! )
... En guise de chaperon, je vais enrubanner de ta fausse soie une vieille couronne de Noël en polystyrène - le toc appelle le toc - et tu deviendras une simple figurante, pas plus haute que trois pommes !
Parfois les pannes d'électricité ont du bon, qu'en penses-tu Georg Friedrich ?
Si on fêtait ça ! Ti ti titi ti ...