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Défi n°295 piloté par la capitaine Domi.

Publié le par François & Marie

" J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle... "

Pour corser la chose, vous introduirez dans votre texte les mots suivants ...

Manivelle, ablation, poivre, anniversaire, boutons, vert, avion, flacon, explosion, mariage

La manivelle

 

- Bien le bonjour, voisine ! Alors ? L'automne est là , ça nous donne bien de l'ouvrage …

- Moui … enfin, surtout pour celles qui savent tenir un balai, je te ferai dire.

- Ah Capucine, toujours le mot pour rire.

 

Marie-Ange et Capucine sont voisines, elle ne manquent jamais une occasion pour papoter ou cancaner sur les derniers potins du bourg.

 

- Et à part me déranger, qu'est ce que tu racontes ?

- Eh bien figure toi que j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle...

- Ah ah … Vas-y voir pour la mauvaise nouvelle ?

- Ben tu sais l'Henri, le cousin du Manu, qu'est marié avec c'te vourie de Jeanne.

- La belle-sœur de Toine ?

- Voui, celui qui sait pas tenir une place à cause de la bouteille. Et ben l'Henri, y s'est pris un coup de manivelle dans les particules et il paraîtrait qu'il risquerait une ablation .

- Ah ben dis donc, c'est de famille, parce que le Claude Niflet, son grand-père du côté de sa mère...

- Les Niflet du Val-Dessous ? Qu'avaient fêté leur anniversaire de mariage chez l'Jeannot, même qu'il avait dû fermer quinze jours pour tout nettoyer ?

- Oui, et ben le Claude avait perdu l'usage de ses tubercules après une violente explosion à l'usine . On avait dû l'ablater sur place et sans anesthésie hein, encore heureux que le père Grondin avait toujours son flacon de gnôle au poivre sur lui.

- Le père Grondin du Val Dessus ?

- Celui qui peignait des petits avions verts sur le mur de la mairie, oui, la gnôle devait pas mal l'inspirer faut dire. Eh ben avec sa liqueur à 72 °, le Claude n'a pas senti grand chose, c'est a peine s'il se souvenait de l'explosion. Mais tu disais que l'Henri ... ?

- Un bon coup de manivelle, il essayait de démarrer l'auto et paf !

- Ah ben ça... il faudrait bien qu'un jour on n'ait plus qu'à appuyer sur des boutons pour mettre en route ces fichus engins...Et alors, la bonne nouvelle ?

- Ben, maintenant il a attrapé une voix tout aiguë et ça tombe bien parce qu'on manquait de monde à la chorale du dimanche.

Publié dans Défis

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Défi n° 294 proposé par Jeanne Fadosi pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

"Illustrer à votre manière un monde où le temps serait aboli".

.....................................................................................................................................................................

C'est le début de l'éternité.
Le Maître du Monde propose un casting; il lui faut deux candidats pour  deux CDI éternels : "Maître du temps qu'il fait" et
"Maître du temps qui passe".
Des milliards de postulants se bousculent au portillon; quoi de plus alléchant que ce genre de sélection ?
Renversant ! En quelques secondes le choix est fait... N'oublions pas que le Maître du Monde est aux manettes.
Il demande aux heureux élus de se présenter brièvement. Le temps presse.
- Je suis Mais-Théo. Depuis tout petit, j'aspire à faire la pluie et le beau temps. Autour de moi on s'est toujours moqué : mais Théo, tu n'as pas les pieds sur terre... Mais -Théo, c'est impossible ! Mais -Théo tu as attrapé la grosse tête... Tous ces incrédules et leurs "mais -Théo" ont conforté ma certitude, je serai Maître de la météo !

- Moi, c'est Tic Tac. J'ai toujours été hypnotisé par le rythme régulier des horloges. Le temps qui passe me fascine.
Il n'en fallait pas plus pour que le Maître du Monde les adoube l'un l'autre et rejette aux oubliettes les  milliards d'individus non élus.
Depuis, sans répit, inlassablement,
ces deux là sont aux manettes de l'univers pour l'éternité.
Rien ni personne n'a jamais réussi à les désamorcer. Ils n'ont ni le temps de se parler, ni de se regarder.
Ils sont assis sur des liasses de billets qu'ils n'ont nullement le loisir de dépenser, alors que les candidats malchanceux,  plus pauvres qu'eux, savent ce que signifie cueillir le vent dans les chênes et écouter pousser les champignons (ils ont même le loisir d'inverser les actions !)
Pourtant, un jour pas comme les autres Tic Tac pousse un long soupir.
Aussitôt le temps hoquète. Une maille du tricot éternel vient de se perdre; impossible de la rattraper.
Mais -Théo s'inquiète.
- Oh l
à Tic Tac ! Tu es aussi pâle qu'un cadran d'horloge comtoise, aurais-tu un souci ? 
- J'asphyxie... Je suffoque... J'en ai plein les rouages de mon commerce du temps à perpétuité. J'arrête tout. J'envoie balader la chronologie du matin, midi et soir, je me moque de chambouler les rythmes circadiens de nos horloges biologiques. Je ne vérifie plus du tout que les heures ont toujours soixante minutes; désolé pour notre Simone SNCF qui va en être traumatisée, elle qui se coltine déjà les multiples erreurs de quais. Dorénavant, je ne vérifierai plus jamais que les anniversaires des messieurs défilent régulièrement et qu'en revanche, par galanterie, l'âge des dames rétrécisse de quatre ans tous les ans  (ce qui m'obligeait à de diaboliques calculs). Vive la liberté du temps perdu !
- Formidable idée, s'écrie Mais-Théo, tout comme toi je vais me simplifier la vie : au lieu de saupoudrer par ci par là un peu de soleil, de pluie, de gel et de vent, je vais tout unifier par ordre chronologique. Lundi, gel sur toute la planète; le mardi neige pour tout le monde, le mercredi pluie sur tous les continents. Le jeudi, soleil partout. Des vents froids ou tièdes ou brûlants le vendredi. Nuageux avec des précipitations de grêle glacée les samedis et dimanches (histoire d'enquiquiner les nantis, organisateurs de raouts sur leurs yachts ou de garden party dans leurs garden aux pâquerettes alignées au cordeau). Ces mêmes jours, soleil et belles éclaircies sur les non-nantis qui pourront piqueniquer dans les fourmis avant d'aller à la kermesse pêcher des poissons rouges déteints et s'empoisser de barbe à papa.
Pendant que les deux esclaves désentravés vivent leur liberté retrouvée, le Maître du Monde s'arrache les cheveux. Les grenouilles coassent de rage, les limaces muettes d'indignation allongent leurs cornes et frôlent l'exorbitation. Les marchands de bottes, de tongs, de fourrures synthétiques, de cagoules, de voitures décapotables agitent des calicots vengeurs sur toute la planète, accusant ceux qui les gouvernent d'être responsables de cette chienlit. Seuls les moustiques restent imperturbables et piquent à tout va, maudites bestioles.

Le Maître du Monde désormais chauve, se jure bien de ne plus jamais mettre deux oeufs dans le même panier.

- Heu... Théo ça va durer longtemps ce temps ? j'ai une course à faire moi  !

- Laisse le temps au temps Tic Tac, tu seras forcément dans les temps .

 

Publié dans Défis

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Les muses à musées

Publié le par François & Marie

Défi n°293

proposé par Jill Bill pour les Croqueurs de Mots.

Inspiration d'après tableau détourné

«Jeune fille à la perle version 2024 »

 

 

Dans le quartier de Montparnasse, il n'est pas rare de croiser des artistes qui rêvent de célébrité, des galeristes de fortunes, des mécènes défraîchis et des amateurs d'art qui n'y connaissent que couic. On y croise également de jeunes modèles qui louent leur plastique à d'honorables peintres ou de besogneux sculpteurs.

Ingrid et Mona sont de celles-ci et aiment papoter à la Closerie des Lilas, une pause entre deux poses. (à noter qu'elles fréquentent plutôt le kebab local, chez Ozgür,  quand la Closerie est close. Précision importante, une assiette de kefta tomate-salade-oignon est bien moins dispendieuse qu'une tasse de Darjeeling à la Closerie) . C'est dans ce cadre que nous rencontrons nos deux muses à musées.

 

- Alors Mona, tu travailles toujours avec ton Léonardo ? Il devrait avoir fini depuis le temps .

- Ah la la, ne m'en parle pas, il coince sur mon sourire, qu'il dit … pas assez énigmatique, trop pincé à ce qu'il paraît,et nanani et nanana... moi je crois qu'il ne sait pas tenir un pinceau et pis c'est tout !

- Moi je crois surtout qu'il en pince pour toi et que c'est un prétexte pour te faire poser tous les jours. Il paye bien au moins ?

- Moui, il n'y a rien à dire, trois florins la séance, mais ça fait deux ans que ça dure quand même, c'est beaucoup pour un sourire. Et toi Ingrid ? Toujours avec Johannes ?

- Janosh ? Oui... Oh, celui là c'est un peu pareil, ça fait trois mois qu'il coince sur ma boucle d'oreille, il n'aime pas celle que j'ai en ce moment, trop classique.

- La perle là ? Elle est sympa pourtant.

- Monsieur voudrait autre chose , genre ananas en vermeille, ou plumes de pingouin. Déjà que je dois porter ce torchon sur la tête, parce que ça fait « femme du peuple », mais il n'en est pas question c'est la perle de ma mémé, et j'y tiens beaucoup.

- Tu lui as dit ?

- Tu parles, bien sûr, mais monsieur Johannes est un artiste ! Il en fait toute une élégie, pour se morfondre et me prier de céder à ses caprices .

- Une complainte élégiaque... comme c'est romantique, et tu n'as pas cédé ?

- Non, ce sera la perle ou rien ! Bon, cela dit il me paye aussi trois florins, c'est toujours ça de pris.

- Tu devrais lui faire ce regard implorant de chatte énamourée, ça les fait toujours craquer .

- Pas bête ça.. et toi Mona tu devrais lui tirer la langue à ton Léonardo, ça pourrait lui donner des idées.

- Pourquoi pas... d'autant plus qu'il cherche un logo pour un nouveau groupe de rock.

- Trop cool... On prend un selfie ?

-Allez !

 

 

Publié dans Défis

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La carbure à Jojo

Publié le par François & Marie

Défi n°292 proposé par la capitaine Domi pour les Croqueurs de Mots.

" Créer un texte en utilisant des mots d'argot."

Jojo le Merlu n'avait pas la conscience tranquille.

Lui d'ordinaire si serein face à certaines déconvenues, souffrait ce matin des affres de la perplexité.

Sans doute avait-il connu la veille, quelque déboires avec ses acolytes dans une sempiternelle mésaventure. Ses affidés lui cherchaient-ils querelles ? Avait-il un poids sur le cœur à soulager ?
Afin d'apaiser celui-ci, et parce que ses origines siciliennes lointaines le lui commandaient, il décida d'aller à confesse dans le premier lieu de culte venu. La modeste église de Sainte Kevina l'Illuminée était sise à quelques pas de là.

 

- Soyez le bienvenu dans la maison du Seigneur, mon fils, comment puis-je vous aider sur le chemin de la foi ?

- Ben, l'abbé, j'voudrais me... me récurer, me déboutonner, vider mon sac quoi !

- Ah, si je comprends bien, vous souhaitez vous confesser...

- Oui, c'est ça, me bonir au ratichon !

- Je vois, suivez moi, nous allons ensemble prier pour le salut de votre âme.

- Oui enfin j'ai pas trop envie de faire le grand plongeon, juste me laver un coup quoi.

- Je comprends, répétez après moi : «  pardonnez moi mon père car j'ai péché »

- Oui , heu , faites excuse, daron, si vous pouviez écraser le coup, car j'ai un peu merdé .

- Hum... bien... heu, je vous écoute.

- Bon voilà, Le boudin à Fernand la Pince m'a joué un sale tour.

- Le boudin ?

- Ben oui, sa guenuche, sa carabosse, sa régulière quoi !

- Son épouse donc.

- Moui, sa momie, eh ben cette guenon s'est barrée avec toute mon artiche, ma fraîche, que j'avais honnêtement gagné aux brèmes.

- Aux … ?

- Au poker. On jouait tranquillement, y'avait que du beau linge : Fernand La Pince, Aziz le Tatoué, Gros Nin nin, et la danseuse du Fernand donc.
À un moment, j'avais une sacrée portée, des figures commac , avec un brelan pareil je pouvais pas passer au travers, Et croyez moi ou pas ! La danseuse du Fernand m'a monté dessus ! Avec un carré de religieuses qu'elle sortait de je sais pas d'où, la maquilleuse, la biseauteuse : j'étais complètement décavé. Alors j'ai demandé à Fernand de me refaire, qu'il me file un peu de caillasse que je lui rendrais au prochain coup, voyez ?

-  …

- Eh ben ce faisandier n'a rien voulu savoir, trop content que son boudin ait palpé toute ma carbure. Alors c'est là que j'ai commencé à en faire une terrine: j'ai sorti mon soufflant, un brûle parfums de 8 mm que j'ai dégoté aux puces de St Ouen et j'ai dézingué tout le monde, je leur ai fait passer le goût du pain ! Et croyez moi , y'avait des miettes partout.

- Tout le monde ?

- Ben non, justement ! Pas la morue à Fernand, qui s'est carapatée avec mon oseille ! Elle a profité de la panade générale, pour s'esbigner, se faire la malle, se tirer des flûtes quoi !

- Mais mon fils, c'est très grave ce que vous nous dites ...

-Ah bah grave oui, je veux mon neveu : d'autant plus que cette oseille vous était destinée pour la quête de dimanche, rapport au toit qu'est pas en état. .

- DE QUOI ? Elle est partie où cette morue ? Passez devant, je vous suis, une obole est une obole , et on ne va pas laisser une pécheresse s'enfuir avec !

- Bien dit, cureton, je prends mon brûle parfums au cas où.

Texte et dessin de François ! Signé Marie de Cabardouche.

Publié dans Défis

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Défi n° 291 proposé par les Cabardouche pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Chers écrivains, chères écrivaines pour le lundi 22 avril, les Cabardouche vous proposent le défi suivant :

"Réécrire une histoire en changeant de point de vue"

Prenez une histoire simple comme un conte pour enfant et racontez-le sous l’angle d’un autre personnage.

Prenez par exemple, l’histoire de Cendrillon, en le racontant du point de vue de Javotte et d'Anastasie ou le petit Chaperon Rouge du point de vue du loup....

Étonnez nous !

............................................................................................................................
La fourmi n'ayant bossé
qu'une toute petite partie de l'été,
because la canicule,
constate, morose,
qu'elle n'a plus grand chose
à se mettre sous les mandibules.
Déjà la froidure de la bise annonce l'hiver.
Tant mieux, elle n'aura plus à redouter son ennemi le pivert.
À ce qu'on dit, ce volatile frileux,
pendant le méchant temps, roupillerait dans les résineux.
Un souci de moins.
Néanmoins...
Pour fourmi, ça sent le roussi.
Elle se retrouve face à son garde -manger
à se lamenter.
Ses cris de famine
alertent la cigale, sa voisine
qui feuillette sereinement un magazine
à la recherche d'une nouvelle gabardine.
Intriguée et curieuse altruiste comme pas deux,
elle se déplie et vole vers ce chagrin verbeux.
Elle trouve notre fourmi prostrée,
(loin des tracas du prêt à porter)
au creux d'une branche vermoulue.
- "Que t'arrive-t-il ma Lulu ?"
- Ô ma voisine, ma Janine...
c'est la guigne...
- Raconte, l'invite Lulu en se pressant
tout contre l'insecte tout mouillé et haletant.
Elle dépose ses cymbales
(l'heure n'est point au musical).
- Je suis désespérée... fatiguée... accablée...
- Mouillée comme une giboulée...
( j'aurais dû mettre mon imper
, même périmé
depuis l'été dernier)
Ma Lulu, laisse-toi aller.
- Alors que je siestais d'un sommeil vigilant,
face à mon garde-manger- mes maigres provisions surveillant-
soudain, une perfide araignée, menaçant
ma gorge de son aiguillon ricana " Je suis la cruelle Agrippine,
(alors qu'on l'appelle Dédée -la -mocheté ou encore Jacqueline)
si tu veux rester en vie, ouvre-moi ton gourbi. "
Te rends-tu compte, la charognarde osait insulter
le lieu où sont entreposées mes minces récoltes de l'été,
mon précieux garde-manger...
Snif.
L'infâme n'a rien laissé, elle a fait rasibus
et à disparu avec un affreux rictus.
Janine en a la larme à l’œil.
- T'inquiète ma Lulu, je vais te tirer de ce mauvais pas.
Les mauvaises langues colportent que ma vie
c'est me régaler de la sève des arbres, chanter et dormir...
Que nenni !
Par temps de froidure j'ai un job bien rémunéré
dans une salle de
concert bien chauffée, à Paris :
" La Cigale" ainsi nommée.
Mon cousin en est l'administrateur fabuleux.
J'y double le cymbaliste, un pote un peu paresseux !
Nous allons nous y rendre de conserve (de ravioli ?).
- Qu'y ferai-je, grand dieu ?
- Sous les bras tu chatouilleras furieusement la harpiste,
histoire d'électriser ses pizzicati ramollis.
Ce qui fut fait après avoir été dit.
Ainsi se rabibochèrent la cigale et la fourmi.

Moralité :
N
e prêtez jamais foi aux on-dit, les amis.

 

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Cabardouche à la barre, défi n°291 .

Publié le par François & Marie

Chers écrivains, chères écrivaines pour le lundi 22 avril, les Cabardouche vous proposent le défi suivant :

"Réécrire une histoire en changeant de point de vue"

Prenez une histoire simple comme un conte pour enfant et racontez-le sous l’angle d’un autre personnage.

Prenez par exemple, l’histoire de Cendrillon, en le racontant du point de vue de Javotte et d'Anastasie ou le petit Chaperon Rouge du point de vue du loup....

Étonnez nous !

 

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Défi n° 290 proposé par Colette pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Thème :
De l’autre côté de la rue.

Vous êtes à la fenêtre.
Il fait noir, très noir …

à la fenêtre

Photo Colettedc

Dans un court texte,
racontez-nous ce qui se passe.

................................................................................

Immeuble d'en face, deuxième étage, une fenêtre à barreaux intrigue.
- Cette fenêtre me fait peur.
- Peur ?
- Oui, peur. Cette pièce noire...
- ... Développe.
- Que veux-tu que je développe, je n'ai pas dit cette "chambre noire"!

- Regarde mieux, la lumière de ta fenêtre éclairée s'y reflète, la pièce n'est plus totalement noire.
Le noir n'existe que par son contraste avec la lumière, c'est bien connu.
- Et dire que des chats ont le courage d'y vivre...
- Observe-les, te semblent-ils frustrés ou en péril ?
- Pas vraiment.
- Les raminagrobis se dirigent facilement dans le noir. Ni le chat ni le chaton ne sont avachis ou en posture de détresse, cette obscurité leur convient, ils observent paisiblement l'effervescence de la rue.
- Ce noir... face à moi, brrr...
- Le noir c'est la stabilité et la confiance en soi, observe-le. Préférerais-tu cohabiter avec une enseigne clignotante rose fluo ?
- Le ciel m'en préserve !
- Alors, détends-toi et ne râle pas. Depuis des mois tu cherches un studio, tu l'as enfin trouvé; ça n'est tout de même pas une nuance qui va te faire renoncer. Et puis dis-toi que tu es bien plus privilégiée que l'arc en ciel.
- ?
- L'arc en ciel, lui,
est totalement privé de noir...

 

 

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Défi n° 289 proposé par Josette (de La Cachette à Josette) pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Défi n° 289 proposé par Josette (de La Cachette à Josette) pour Les Croqueurs de Mots.

- Salut Sem ! Quarante neuf degrés à l'ombre, la mer s'évapore à toute blinde, ça urge. L'Arche lèvera l'ancre dans quarante jours. Amène-toi, on va faire le point.
- Oh nooon, cheffe !  Pas la liste du "qui que quoi qu'est-ce qu'on emmène et qui que quoi qu'est-ce qu'on n'embarque pas"...
- N'oublie pas que je t'ai choisi parce que tu es un descendant de Noé, il doit bien rester dans tes gênes quelques bribes d'expériences maritimes. Et puis qui sème le vent sans attirer la tempête est le bienvenu. Fissa ! T'as ton stylo ?
- À sec, l'encre s'est volatilisée...
- Ta tablette ?
- Je l'ai mangée, me souvenais plus qu'elle n'était pas en chocolat...
- Et c'était ?
- Dégueu, pouahhhh.
- Trouve une ardoise et le crayon qui va avec...
- ...?
- Noé en avait sauvé un stock du temps où on savait encore tenir un crayon entre le pouce et l'index.

 

- Prêt ? Tu lis la dernière liste établie.
- Peux pas, elle est notée sur une nappe...
- Et la nappe est...?
- Sur ma tête, à cause du cagnard. C'est d'ailleurs un peu fatras.
- ' Pas l'savoir. Débrouille-toi. J'écoute. Et ne fait surtout pas crisser le crayon d'ardoise, ça me hérisse.
- On a oublié les hérissons. C'est parti, en vrac : "Eaux" ?
- Indispensables ! et sous toutes les formes : ô, oh, ohoh, haut, oh oh oh, os, aulx...
- Que d'eau, que d'eau ! C'est noté.
- Continue.
- "Gars laids aux corbeaux" ?
- Et brus à la peau lisse.
- Hein ?
- Rhââ, pas de"hein", on dit "plaît-il" à la cheffe. N'oublie pas que  chaque catégorie embarquée dans l'Arche  doit comporter un élément féminin et un élément masculin.
- Ah ?.. Pourquoi ?
- Pfiouuu, t'expliquerai pendant le voyage. Donc, je traduis: des gars laids et des belles-filles.
- Et puis les galets sont tout indiqués pour fabriquer une plage dans l'Arche.
- "Bas laids" ?
- Des beaux également si on veut.
- Les premiers sont plus utiles pour rapproprier.
- "Bas ronds" ?
- Trop hauts thyms.
- "Sous pierres" ?
- Pour la soupe au caillou !
- "Pins seaux"?
- En ornements  des galets de la plage.
- Et moi rhââ je me prends les pinceaux dans la nappe. Je continue "Dix manches"? Bien utiles pour familles nombreuses !
- Et le meilleur jour de la semaine quand il n'est pas suivi du lundi !
- "Coqs laids"?
- Et poules de Bresse.
- " Lits masses" ?
- Nourriront les coquelets !
- On a oublié les "poux sains".
- INTERDITS , malheureux ! Sous leur allure fragile de mignons pompons jaunes, ils auraient tôt fait de contaminer en totos l'Arche toute entière.
- Je vous admire, chef, vous pensez à tout. " Cerf paon" ?
- Ouais, les poules de Bresse en feront leur quatre heures.
- "Chat mot" ?
- D'accord. Tu ajoutes "sous riz" et "champ son" pour équilibrer.
- "Chat lait" ?
- Accordé, c'est mieux que "Chat teigne".
- "Aïe et oie gnon" ?
- On garde les oies, on expulse les ails et les gnons.
- " Mou thon" ?
- À  congeler, tout comme les "gens bons".
- Pourtant ils nous rendraient bien services face aux trublions.
- La peau lisse s'en chargera.
- "Arts pions"?
- Pour garder les pieds sur terre !
- "Sans thé "?
- On aurait dû le noter en premier... de l'an.
- " Pont pieds" ?
- Armés de leur boutefeu. Si on ajoutait "lit coeur" pour digérer tout ça !
- À vos ordres cheffe !
- Levons nos verres à Terra secundi casus !
- Bien vu cheffe, à La terre de la seconde chance !

 

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Défi n°288 proposé par Martine Martin pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Martine nous dit : "merci d' écrire le dialogue entre deux femmes si différentes : la Joconde de Léonard de Vinci et la Tempérance de Niki de Saint Phalle qui se rencontrent dans une salle de musée, le temps d'une exposition.

À vos claviers, amusez-vous, faites nous rire !"

 

- Rhôôôôô, je rigole ! c'est quand même pas banal de se faire asperger avec du potage ... te voilà célèbre !

- Je te rappelle que je l'étais déjà avant, j'ai pas attendu de sentir le poireau pour attirer des tombereaux de japonais, on se bouscule tous les jours pour m'admirer !

- Heu , Mona, tu sais bien que la plupart du temps, ils cherchent juste à faire des selfies pour fanfaronner sur les réseaux sociaux. C'est à peine s'ils connaissent ton auteur.

- Léo? moui celui-là il aurait pu s'appliquer un peu pour me terminer le sourire, on a l'impression que je suis bouffie au collagène.

- Monaaa ! Mais c'est ça qui fait ton charme et puis comme ça, on oublie ton nez .

- Quoi mon nez ?

- Ben... il est un peu long, non ?

- Non mais dis donc Tempé ? On en parle de tes fesses ? Comme disait Napoléon : "Vive l'ampleur "! J'aime mieux avoir un nez un petit peu long plutôt qu'avoir un ravalement de schtroumpf sur un corps de citrouille .

- Rhôôô ça va Mona, Niki était une rigolote, c'est pour ça. Regarde mes ailes, tu les aimes, mes petites ailes ?

- Moui, pas mal ... Sers-moi un Amaretto plutôt .

-Tu ne préfères pas un velouté à la patate douce ?

- Mais arrête avec ton histoire de soupe ! c'est pas de ma faute si les écolos veulent faire parler d'eux !

- Te fâche pas ! Pense que tu as de la chance Mona, un peu plus et c'était les éleveurs en colère qui te visaient. 

- Et ?

- Et bien alors, en général, ce n'est pas de la soupe qu'ils balancent !

- Berk ! oui tu as raison, sers moi un double Amaretto !

---------------------------

Le 28 janvier dernier, deux militants de Riposte Alimentaire ont aspergé de soupe La Joconde dans la salle du Louvre où elle trône. Il s’agit d’une seconde attaque visant le légendaire portrait de Léonard de Vinci.

Texte et dessin de François. Qu'il en soit chaleureusement remercié.
                                                                                                                 Marie.
(parce qu d'habitude , François ne fait que le dessin, mais Marie était trop occupée cette semaine...)

François

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Défi n° 287 proposé par Jeanne Fadosi pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

 
Jeanne nous dit :
Voici quelques mots qui se ressemblent beaucoup mais qui ne veulent pas du tout dire la même chose. (Si vous voulez épater dans une conversation, c'est ce qu'on appelle des paronymes.)
- plage ; place ; glace ; grâce
- bateau ; gâteau ; râteau ; marteau
- durée ; purée ; curée ; jurée
- soie ; foie ; joie ; voie
 
1) Choisissez un seul mot dans chaque ligne
2) Utilisez-les dans un petit texte qui raconte une aventure insolite ou/et drôle ou/et émouvante 
MAIS ...
3) Vous ferez exprès de  mettre à la place de chaque mot choisi un autre mot de la même ligne 
A vos lecteurs lectrices  le soin de retrouver les mots adéquats.
 
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Scène étonnante ce matin sur la place.
Ils sont arrivés pour une vague purée.
Ils étaient quatre. Trois plus une.
Leur râteau a trouvé sans peine une glace ;
ce n'est pas la curée pour les gâteaux.

Eux, ils sont ici pour elle.
Elle, elle a besoin d' être chaperonnée.
Escamotée sous son grand chapeau
elle se cache. Elle ne veut pas qu'on la voie.
Sa charge de jurée de Cour d'assise
elle la porte comme une tache indélébile.
Elle a voté pour la sanction maximale requise.
Pour cette peine infligée, elle craint la condamnation divine.
Elle a des remords, a perdu sa joie de vivre.

Le temps passe.
Les jours rétrécissent. Elle, elle s'épaissit...
On lui dit : réagis !
Elle répond " j'ai grossi... je suis finie...
Cette marque de haute couture dont j'étais l'égérie, m'adulait.
Je promettais du rêve. Les vêtements que je portais se vendaient en précellence;
à présent, c'est la déchéance...
J'ai vraiment trop grossi
et pourtant je dois gagner ma vie."

- Fais-moi confiance, la rassure une amie, je vais te sortir de cette mauvaise passe.
Je connais une escouade de professionnels aguerris en tours de passe-passe.
Elle les rencontre, elle a l'heur de leur plaire.
Pour l'heure elle les suit jusqu'à "un ouvrage défensif en béton armé et blindé,"
entièrement recouvert de milliers d'éclats de miroirs qui scintillent au soleil couchant.
Ils installent leur matériel.
Elle, elle farfouille dans un grand cabas.
Elle a refusé les habilleuses et tout leurs tralalas.
Elle en extirpe des foies sublimes, des foies magnifiques, d'admirables foies.
Elle dénude ses jambes, ses cuisses, ses épaules et ses bras
puis les gave de foies - en veux-tu, en voilà !

Eux, ils ont foi en elle. Ils veulent l'aider, lui faire la courte échelle.
Ils oeuvrent en professionnels.
La dirigent de face, de profil, de dos.
Les flashes crépitent.
Bien que mélancolique et désenchantée
elle retrouve ses anciens réflexes "d'icône de la mode."
Elle prend des poses, fait tourbillonner ses voiles éthérés, court, danse et vole.
Elle est en transe, comme en état de grâce.
Elle oublie qu'elle est trop grasse.
 
Les photographes ont braqué leurs objectifs vers les miroirs éclatés.
Son image s'y reflète, dispersée, morcelée, fragmentée.
Bien malin celui qui devinera qu'elle s'est démesurément empâtée.
En fin de séance elle ne s'expurge pas de ses foies,
les conserve en talismans, signes d'espérance et de foi.
Revigorée, elle sourit sans le savoir, s'ébouriffe, jette à l'eau son grand chapeau
et, se rue vers son marteau...

Merci à Jeanne pour ses recherches et l'adresse du site qui raconte l'histoire de ce fameux blockhaus.

vous pouvez y accéder ici

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