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Défi n°93 "Les âges de la vie" proposé par Jeanne Fadosi pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

année sage" Après de nombreuses années sans s'être rencontrées, deux personnes se retrouvent. La plus jeune a maintenant l'âge que la plus âgée avait à l'époque où elles se connaissaient."

Imaginez ce qu'elles se disent à haute voix et leurs réflexions (qu'elles n'expriment pas).

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Il plaça avec précaution ses pieds entre les deux cailloux blancs, agrippa son bâton de pèlerin comme il se serait affalé dans un fauteuil et fit face au lointain. Mission réussie, murmura le vieux Sage.

Comme s'il avait attendu cet instant avec impatience, un sautillant lutin guilleret, vif et léger, venu de nulle part, lui fit face.

- Salut l'An -cien! J'avais hâte que tu arrives. 

- Deux, zéro, treize! je t'attendais gamin.

- Tu as l'air las, deux, zéro, douze. Tu viens de loin?

- Du cycle trois cent soixante cinq.

- Euh! mais...c'est plus de ton âge de faire du vélo...

- (soupir) Je suis plus véloce que tu ne le penses. Trois cent soixante cinq, sont les jours que j'ai parcourus pour achever le cycle solaire. Je viens peut- être de loin, mais je suis parti d'ici aussi pétillant que tu l'es, sans être las ! 

- Wow ! eh ben dis donc, tout ça sans vélo, tu m'épates quand même. Bon moi, de toute façon le cycle scolaire ça m'intéresse pas trop, ce que je veux c'est parcourir le Monde !

- Oh mais tu vas le parcourir le Monde crois- moi ! C'est justement pour ça que je t'attendais. Gamin! je suis ton passeur de relais.

- Pff! Pas besoin de cette grande canne, vois comme je suis souple et costaud lance le jeunot qui bombe le torse et se transforme en petit pois sauteur.

Le vieux Sage le laisse patiemment perdre le souffle dans son numéro d'étourneau effréné. Il songe qu'il y a quelques huit mille sept cents heures, cette même impétuosité l'habitait.

- Oh là gamin! N'escompte pas rafler mon compagnon de route. Ce bâton est mon carnet de bord. C'est lui qui va m'aider à rendre des comptes à la Grande Confrérie des années qui passent.  

- Ne me dites pas que ce banal bout de bois écrira l'Histoire! raille le damoiseau.

- Ah, jeunesse! si tu l'avais mieux observé tu aurais vu qu'il est fait de strates de bois qui varient selon les événements rencontrés. Approche. Considère-le de plus près. Il débute en peuplier léger mais vire vite à la dureté du chêne; à peine est-il revenu à la flexibilité du hêtre, qu'il passe au pin noueux, pour terminer robuste séquoia et enfin sapin de fin d'année.

- ...Une vraie carte d'identité de l'année qui s'écoule...Et ces petits tronçons par ci par là?

Tiens, tiens, galopin! on interroge, on s'intéresse enfin, note in petto l'An-cien.    

- ...Des traces d'instants de grâce, en acajou raffiné, en cèdre parfumé, en bouleau -clin d'oeil à la régression du chômage, en merisier pour les moments intimes qui  empourprent les fossettes...

- ...Tout un résumé des douze mois écoulés...rêvasse vingt treize soudain pondéré. 

- Tu verras gamin le temps passe vite. Toi, tu ne feras que proposer et l'Humanité disposera...En janvier...

- La galette! La galette avec la fève! le coupe fébrilement l'espiègle.

- En février, les crêpes! et les oeufs en mars, sourit le vieillard, moi aussi j'étais un loupiot gourmand! 

- Ah! ça s'annonce bien! J'ai hâte, j'ai vraiment hâte de te relayer, piaffe le disciple qui ajoute vaguement inquiet, dans un peu plus de trois cents jours, est-ce que je vais te ressembler? Ta barbe et tes cheveux...ça craint un peu,  mais ton manteau, y déchire grave! il est trop d' la balle, euh...il est vraiment somptueux, veux-je dire! Est-ce qu'un jour j'aurai le même? 

- Et comment! s'amuse le Sage, c'est ma houppelande des saisons. Chacune d'elles y a laissé sa trace coloriée et ses parfums.

- Tchiao! File te reposer, heureux de t'avoir rencontré, je cours vers l'avenir!

Ah, l'avenir...un avenir est toujours incertain... temporise tout bas l'An-cien.

- Belle et bonne route fiston et bon vent deux mille treize!

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Note de la traductrice:

Les décors sont de Roger Harth  François.

Les costumes sont de Donald Cardwell  François.

Sur une idée de François!

superbement mis en scène par Marie ( note du décorateur.)

 

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Défi n° 92 "la cuillerée de lait" proposé par Lilou Fredotte, pour Les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Rendez-vous au musée pour l'exposition Marc Chagall.

Un tableau vous impressionne "La cuillerée de lait".

Vous racontez et vous placez les mots: 

- binocle

- bonsaï

- bénévole

- bistrot

- barrir

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marc-chagall-a-table-1- Qu'est c'est c'grribouillage qui t'serrt de d'sous d'plat Elina?

- Oh c'est rien Panfil, c'est l'Marco, l'p'tiot Chagall, comme d'habitude il avait plus un kopeck pour nous payer son loyer, alors y m'a dit tout fièrot qu'en compensation y nous avait tiré l'portrait.

- C'est nous ça? Ben dis donc, on peut pas dirre qu'on a bonne mine...On se crroirait sorrtis d'la Kolyma où l'hiver dure douze mois... Et pis toi ma pauvrre Elina, y t'a pas rratée, avec ton fichu et ton tablier! Oh dis donc t'as vu, y m'fait t'nirr un livre...

- Ouais, ça c'est sûr, ça t'arrive jamais!

- Nan pourr sûrr, mais c'est pas ça: comment c'est-y que j'vais lirre, y m'a pas fait d' binocles!

- Oh pis t'as vu, y t'a ôté ton chapska, y t'a casquetté à visière! Oh la tronche, tu ressembles à un videur bénévole du bistrot du vieux port!

- Eh, qu'est- ce tu fais?

- Moi? rien!

- Nigaude, surr l'tableau! Tu me donnes un trruc dans une cuillèrre, c'est-y du poison?

- Bêta, c'est du miroton tout pâlichon, c'est p't'être bin du lait...

- C'est bien c'que j'disais...tu veux m'empoisonner!...du lait... ça fait plus de septante cinq ans que j'en ai pas vu d'prrès.

- Il a d'ces idées c'Marco...Il est pas méchant mais y sait pas t'nir un pinceau c' gamin, r'garde l'mur tout gribouillé, on croirait qu'il a pas eu assez d' force pour ripoliner une deuxième couche...

- On voudrrait pas l'vexer, c'est quand même l'fils de mon meilleurr pote, mais qu'est ce qu'on va en fairre de c'te crroûte, Elina? On va quand même pas l'accrrocher au piton d'l'entrrée?

- Ah ben nan Panfil, ça f'rait fuir le monde. J'ai une idée. Comme y fait un peu frisquet, dans les moins quinze, j'm'en va bien bourrer c'truc à la place du carreau dans la vieille remise, pour camoufler les courants d'air qui font grelotter mon bonzaï.

- Bonne idée Elina, faudrra juste en couper un bout, y rrisque d'être un peu haut pour la f'nêtrre... on va scier le bas, là où le p'tiot a mis son nom...on sait bien qu'c'est lui, il avait pas b'soin d'signer. Allez, ma jolie petite cerrise rrouge, serrs -moi donc le bôôrrtch et pis, oublie pas la vodka!

Le lendemain Panfil ahuri déboule dans la cuisine, le sifflet presque coupé,

- Elina! halète le moujik, j'ai bien peurr que Chagall soit devenu brraque...J'l'ai vu de mes yeux vu, y longeait trranquillement le murr de la vieille rremise, tout parr un coup, y s'est figé, y s'est mis à rrugir, à glapirr, à barrir pis s'est enfui en courrant et en f'sant avec ses brras des grrands moulinets, on aurrait crru qu'il avait vu du diabolique! 

- Ach mon pauvr' vieux sucre d'orge, va donc comprendre les ados...et pis le Marco c'est pas Picasso, j'ai bien peur qu'y fasse pas grand chose de bien dans la vie, l'gamin...conclut Elina opinant du foulard. 

 

 

 

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Défi n° 91 "Mon chez moi, ma maison" proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

MON CHEZ MOI, MA MAISON. 

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"Un chat ne vit pas chez son maître, c'est le maître qui vit chez son chat."  

Quelle pertinente formule, parole de chat!

En conséquence, c'est moi le chat qui vais vous présenter la maison dont je suis le maître.

Ah! cette maison...Je ne l'ai pas adoptée par hasard.

En chat calculateur avisé flairant les prémices des frimas, dans un canard (entre bêtes il faut bien s'entraider) j'ai informé "Greffier  frileux fringant,finaud consentirait à adopter maison  nourricière hospitalière, exempte de congénères rivaux et de  canin turbulent et tapageur calme et accueillante pour séjour peinard  harmonieux."

Hasard inouï, dans cette même feuille de chou un entrefilet implorait "Urgentissime: maison cherche petit animal domestique, genre chat, effrayeur de souris. Félin félon, chapardeur de rôti s'abstenir."

chat-maison.jpg

Héhé, tout à fait mon profil! ... Hormis peut-être "petit"... pourquoi pas "riquiqui"! ...et puis "animal"...ça fait un peu "bestiole", n'est-il pas?...et puis encore "domestique"...ne serait-ce pas l'équivalent de "serviteur"? Hum...(rage-rage!)...un fier félin serviteur d'humains, très peu pour moi.

Soyons raisonnable, l'hiver approche, ne jouons pas au sourcilleux, allons vérifier l'allure de ce logis potentiellement nourricier.   

Rendez-vous est pris.

Après une rapide toilette de chat, j'arrive l'air dégagé, voire distant, maîtrisant avec application les frémissements impatients de mes vibrisses.

"Maison" est d'un abord avenant. Posée au centre d'un petit village très ordinaire, entourée d'un pré à vaches bosselé de taupinières, elle ne semble pas bêcheuse et ça me plaît (lassé de la gym en salle, le plein air de la chasse aux taupes m'ira parfaitement).

Pour me recevoir cette vieille dame placide ne s'est pas mise en frais; elle a gardé sa robe de vieilles pierres inégales, s'est à peine maquillée de glycines et d'une treille centenaire, s'est juste pomponnée de rosiers tout fous-fous, blancs et puceronnés.

Son air permissif joue en sa faveur. Pas de clôtures cadenassées, pas de grilles tarabiscotées, elle n'admet que des buissons de troènes tricotés de hêtres et de charmilles. Je frémis de plaisir lorsqu'elle me dévoile qu'elle a en horreur les stridentes sonnettes (hérisseuses d'échine) et qu'il suffit de s'annoncer en toquant à son huis. 

"Maison" n'est pas une maniérée adepte de raides fleurs pimbêches prisonnières de rigides parterres, elle voisine avec des iris mêlés aux framboisiers et aux boules d'hortensias. Elle me fait malicieusement remarquer que je pourrai cousiner en odeur de pipi de chat avec les buis joufflus qui font le gros dos par ci par là! 

Elle m'avoue être gourmande. Gourmande de verdure. J'ai en effet constaté qu'elle garde à sa portée des bataillons de noisetiers véreux, une kyrielle de très vieux arbres escogriffes, qui parfois se souviennent qu'ils ont été fruitiers. Aucun rideau ne voile ses issues; la nature s'invite en tableaux vivants à travers portes et fenêtres. Je note que tout en demeurant dans la tiédeur du logis, par les carreaux je pourrai terroriser les mésanges à casquette et les boules de billard déguisées en rouges-gorges. J'en bouillonne déjà! 

Mise en confiance, "Maison" me prie d'entrer. 

A peine le seuil franchi je bloque des tous mes coussinets, respiration coupée. Une imposante horloge comtoise me toise. Impassible et altière, sans perdre une minute, cette aïeule, digne fille de Chronos dit l'heure, dis-leur, dis-leur... dis-leur que le temps passe, semble-t-elle dire et redire. J'en suis tout mollasson! Son tic-tac hypnotique me met en transe et son air condescendant me fait régresser en chaton titubant... Ouf, l'argentine clarine qui tinte une demie, me fait retrouver mon souffle et mes esprits. 

- Euh... je ne m'attarde pas! balbutie-je en me faisant des croche- pattes, Madame je dépose mes hommages à vos pieds...(ouh la bourde!...cette horloge de parquet n'a pas de pieds, mais un socle, une sorte de piédestal de statue...ignare animalcule.) (Note de la traductrice.)

Sauvé! l'instinct de conservation (de ma dignité) m'a propulsé dans la pièce unique et  décloisonnée. Mumm, ça fleure bon les pommes à la cannelle. (...même un carnassier cruel peut avoir ses faiblesses...)

"Maison" m'a prévenu, chez elle il convient d'ondoyer (aucune difficulté, pour un chat, l'ondoiement est une démarche naturelle et gracieuse).

Ici, on ignore que le plus court chemin passe par la ligne droite, on slalome (quel rêve une maison pleine de cache-cache). De profil on ondule entre les fauteuils, on se déhanche pour ne point déranger posés au sol, miroirs anciens, livres empilés, lampes et tableaux (oies dodues, gouaches, aquarelles et un étrange, bovin pas mûr, une surprenante vache...verte! Talentueuses empreintes de François) 

"Maison" m'a averti,

- Mon cher si vous espériez  l'étalage d'un vaniteux écran ultra plat et le clinquant d'un bastringue haute technologie, vous risquez d'être déçu; la vieille télé et les engins de bruitage sont étouffés tout au fond d'un placard.

- Pourtant ...ces notes de piano...

- Ah, certains ont des privilèges...(chic, j'aime bien siester pianissimo!) 

- Juste une précision qui va combler votre instinct du confort, dans la "Maison", les chaises, ces  rigides mobiliers d'assise ne sont pas les bienvenues; de petits fauteuils coussinés devraient vous contenter.

(Mon rêve! ils m'appartiendront tous, je me réserve dès à présent celui au plaid mousseux près de la cheminée!)

- Un interdit à ne pas transgresser: vous devrez très formellement éviter de prendre pour échelle- à -cueillir- les -araignées- au plafond, les vénérables draps de trousseau monogrammés, en tentures de ci de là.

(...Quelle sévérité pour quelques lès de lin drapés en oripeaux ...pourtant, s'il y va de mon entrée dans la maison, j'y consens, de mauvaise grâce certes, mais j'accepte d' épargner les étendards, tout en continuant à titiller les araignées.)

Marché conclu, depuis ce jour la maison m'appartient!

- Et les souris? me direz-vous.

- Enfuies! Ce n'est que lorsque le chat n'est pas là que dansent les souris!   

L'heure des croquettes a sonné, la visite est terminée, revenez quand vous voudrez! 

 

 

 

 

 

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Défi n° 90 "Un mot pour un autre" proposé par Suzâme pour Les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

"Un mot pour un autre". 

Écrire un texte décalé, amusant mais non dénué de sens, en substituant et en répétant un mot (et un seul) qui n'a aucun rapport avec le mot correct (mais s'en rapproche par le son).

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Avant-propos: la consigne a ici été un peu détournée, deux mots ont été utilisés et le texte n'a pas le côté ludique exigé. L'auto-absolution a été accordée, qu'on se le dise!

Mon miroir? Il y a belle lurette que je l'ai miré.

Pour le mirer il me faut sa chef ...

Sa chef...où l'ai-je donc mise en sûreté?

L'aurais-je placée sous chef?

Ah, la voilà, embusquée dessous mon couvre-chef!

Allons-y la chef, orchestrons l'ouverture de cette devanture.

Ne met pas ta vigueur en bémol, 

d'un dièse accroîs ton rythme oscillatoire,

derechef fais-toi le chef d'orchestre de ce miroir à ta portée.

Voilà qui est fort bien exécuté, bien joué la chef! 

A nous deux le miroir... mais quoi!... tu résistes,

tu fais le grincheux, le geignard,

pour un miroir, tu n'es pas très poli.

MiroirCle

Oh miroir magique, toi qui ne manques point de réflexion,

tiendrais-tu à ce que ton boîtier en loupe de noyer

ait une réputation de coeur de glace, de vile dureté?

Réfléchis... 

Ah, enfin tu capitules en répons à mon capitule! 

...Juste ciel... quel émoi...

Miroir serais-tu un de ces miroirs truqués

tant tu reflètes mes images du passé contrefaites...

En miroir aux trésors trompeur, tu as feint

de conserver leur fraîcheur aux dentelles fanées.

Tu as abusé de la crédulité des crayons épointés en leur faisant accroire

qu'ils ne bedonnaient pas en vain de desseins de dessins.

Tu as flatté les gommes, leur assurant qu'elles viendraient à bout

des flétrissures pathétiques momifiées par les années.

En miroir aux alouettes tu as fait miroiter aux pétales des roses

qu'ils ne seraient jamais, au grand jamais, ni racornis, ni jaunis.

En miroir aussi trompeur qu'un miroir sans tain

tu as laissé pâlir le teint de l'encre délavée des mots doux griffonnés.

Miroir félon tu as terni les images du passé, 

ton reflet infidèle n'est que capharnaüm a donner le cafard... 

Vite la chef, vite refermons ce miroir fallacieux, déloyal

dont je ne veux plus être vassale.

Chef, au diable vauvert je vais te catapulter.

A toi la liberté de prendre la chef des champs. 

Quant à moi, je vais passer de l'autre côté du miroir,

c'est commode, il me suffira de contourner... la commode.

 

 

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6 novembre

Publié le par François & Marie

biscuits2.jpg

Certains pensent que le six novembre est une date à retenir car c'est aujourd'hui que les étatsuniens choisissent leur président. Sans dénier cette anecdote, il est important de rappeler que le six novembre est surtout la date anniversaire de la création de Cabardouche et cet événement, vous en conviendrez, est autrement plus joyeux.

Bienvenue sur Cabardouche et bonne visite sur nos pages où Marie ne cesse de faire danser les mots pour tricoter des histoires savoureuses et tendres, pendant que François gribouille des petits dessins colorés pour les mettre en page. 

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Défi n° 89 "Un petit lieu" proposé par Enriqueta pour les Croqueurs de mots-

Publié le par François & Marie

"UN PETIT LIEU".

C'est un petit lieu qui ne paie pas de mine, un endroit qui ne vaut pas le détour, sauf pour vous. Décrivez ce lieu et dites pourquoi il vous plaît ou vous déplaît autant...

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Si d'aucuns abhorrent les rhododendrons, pour sa part, elle n'aime pas les salles où l'on attend, celle des ophtalmologues particulièrement.

A priori rien de dérangeant. Des murs lâchement teintés "coquille d'oeuf", une vingtaine de sièges apodes en frise vermillon...pas de quoi lui donner des frissons, pourtant elle connaît bien le déroulement du scénario.

En y  pénétrant elle sait que sa voix aura le réflexe poli de souffler un bonjooouuur, étiré intentionnellement, il lui faut gagner du temps.

loupe

Elle refermera len-te-ment la porte derrière elle, tandis qu'à toute vitesse elle cogitera.

Six places libres, laquelle choisir?

Près de la porte? en un éclair elle imagine un vilain rhume de courants d'air.

Dans un angle? condamnée à être recroquevillée. 

Près du gamin qui se rase en somme et balance ses jambes en métronome? Pas question! il va donner le hoquet à toute la rangée de sièges-baquets.

Aux côtés de la madame frisottée? Sûrement pas, elle est du genre à caqueter.

Résignée, sur le siège le plus proche elle filera se garer.

Elle raflera au passage une revue plus périmée que des yaourts de trois mois.

Faute de mieux, elle feuillettera.

Lui viendra l'idée de rechercher la page 32, où on promet de lui dévoiler le secret d'inratables encornets farcis. Elle constatera, avec un soupir intérieur de non déception, puisqu'elle n'apprécie pas ces bestioles caoutchouteuses auxquelles elle n'a d'ailleurs jamais goûté, que la page 32 a été arrachée.

Pour tuer le temps, elle continuera de survoler ce magazine dépassé et sans intérêt,lorsque des gouttes piquantes lui seront imposées par une assistante qui lui inondera autoritairement l'oeil droit, puis le gauche, les tamponnera prestement, non affectueusement et tournera les talons.

A la vue de la blouse blanche, madame frisottée se souviendra du motif qui la retient en cette salle vouée à la patience des patients et commencera sa ronde des questionnements,

- Vous avez rendez-vous avec lequel? Moi ça fait deux heures que j'attends, vous avez rendez-vous à quelle heure?

Elle reniflera avec grâce alors qu'elle n'a pas de raison de pleurer puisque son horoscope (qui se floute dare-dare) lui prédit amour et argent  favorables. Pas de quoi rêver... il est vieux de six mois.

Pour éviter le sondage de l'enquêtrice, elle se cramponnera à ses feuilles de cellulose imprimée, bien qu'elles soient devenues illisibles, brouillardeuses, brumeuses et confuses.

Elle veillera à tenir la revue à l'endroit et se rétrécira un peu pour se dissimuler à la vue de l'inspectrice des horaires-ophtalmos. Il ferait beau voir qu'elle ose l'interpeller malgré ses efforts caméléonesques,

- Heu, vous... derrière le livre, votre rendez-vous est à quelle heure?

- Moi?... Je n'ai pas de rendez-vous, lui assurerait-elle, je passais par ici et je cherche à me débarrasser de mon oeil de perdrix...

 

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avisssss à la population ! défi

Publié le par François & Marie

AVIS AUX CROQUEURS DE MOTS qui passeraient par ici.

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( cliquez sur l'image pour accéder à la page d'Enriqueta) 

 

Sur sa page, ENRIQUETA propose  le DEFI N°89. La copie est à rendre pour LUNDI  5 NOVEMBRE.

 

Bonnes pensées pour Tricotine.


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Défi n° 88 "Au grenier" proposé par "Un soir bleu" pour Les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

 

"AU GRENIER".

Racontez votre grenier, celui de chez vous ou le grenier imaginaire dont vous rêvez.

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Explorer un grenier, quelle affaire! Vite, on y court, pris d'une fébrile curiosité.

Soudain une obscure vénération temporise notre allure. Halte là! on n'y entre pas comme dans un moulin. 

Visiter un grenier est une faveur qui se mérite. Prière de la pratiquer selon une chorégraphie dont il convient de respecter les figures.

D'abord, gravir en souple déhanché les échelons trop raides et bien trop espacés d'une échelle de bois.

S'y agripper comme à son partenaire de farandole et feindre de ne pas avoir senti que votre cavalier vous écrase les orteils l'écharde qui vous laboure le pouce.

Parvenir au dernier barreau, le souffle activé en rythme de salsa par l'effort et le trac.

S' arc-bouter en arabesque pour soulever la trappe de planches bistres qui résiste et qui geint.

greniercolor 0001Hésiter, juste un instant, avant de franchir d'un saut de chat souple et silencieux, l'entrée de ce lieu méconnu qui sent le vieux papier, les objets oubliés et les petits rats qui y trottent.

Cligner des yeux, pour ainsi mieux capter la gambille désordonnée de la poussière dérangée, dans la lumière falote d'une lucarne encrassée.

Enfin, poser un pied mesuré sur l'une des planches rugueuses. Aventurer le second sur la latte d'à côté, par sécurité toujours celle d'à côté, en vieillards taquins, les antiques planchers fragiles et boiteux, aiment nous voir cheminer en gavotte décalée.

Pirouetter en ondulante "marche lunaire" entre les guenilles gris poudré des toiles d'araignées. 

Redonner vie au cheval de bois cironné en folâtrant à ses côtés en cabrioles légères.

Saluer de quelques ronds de jambe une marquise au damassé fané.

Coiffer une sombre mantille et mimer un flamenco muet à l'éventail pourpre.

Faire se dandiner en java la nacre des boutons d'un vieil accordéon aux soufflets essoufflés. Bouche fermée, fredonner.

Swinger sous les baleines en marionnettes disloquées d'un riflard fatigué. Doucettement le refermer. Assez badiné, il doit se reposer. 

Prendre discrètement congé en une gracieuse pavane glissée, murmurer merci, je reviendrai! Avec précaution rabattre le trapon.

Se couler, agile somnambule éveillé, jusqu'en bas de l'échelle. Se jucher sur l'échelon le plus bas, l'étourdissant manège de la vie attendra.

En adage lent, s'accorder le temps de rêver aux objets du passé, le sourire béat, les coudes aux genoux, le menton au creux des paumes, dans les étoiles les yeux perdus... turlututu...

 

 

 

 

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Marie-tout-court chapitre IV

Publié le par François & Marie

Résumé: Les deux loupiots gambadent dans les prés et Marie-tout-court  s'adresse aux montbéliardes qui paissent nonchalamment dans les pâtures.

- C'est magique! tu causes vêch?

- Oui mon bon...c'est inné, assure Marie-modeste.

- Qu'esse tu leur as dit?

- Oh, tout simplement "salut lê vêchs, c'tu gaichon, y'ê m'n'êmi".

- O-i-oleu o-i-oleu o-i-oleu! s'essaie Charlie.

- Mouuuh! répond la vieille Rosette dérangée dans son broutage par cette petite voix pointue.

- Tcharlie! te causes vêch atou! Qu'esse tu lui as dit?

- Oh, tout simplement " J'suis bien content qu' Marie-tout-court soit mon amie" et elle a répondu "Mannnh, c'que t'en as d'la veine"!

Moumousse, un tantinet vexé d'avoir été évincé des dialogues, furète dans les traces de Mon-gris, le patte-pelue de mémé. Dans sa caboche, il y a comme une tracasserie...et si ce félin hypocrite avait changé de figure... Mousse n'a pas rêvé... hier soir, il a bien entendu le p'tit parigot qualifier le matou de "tigre courtaud ", d'un certain jardin de je n'sais quoi et de je n'sais où...

Le gardien de troupeau se sent la truffe enquêtrice. Il file éclaircir cette énigme, laissant derrière lui les deux zinzins qui se congratulent, mutuellement convaincus de leur dons en parler vache.bouse.jpg

- Eh Marie! dis, t'as vu, dans l'herbe y'a plein de bérets comme le mien...

- Hihi, voui! marche dedans du pied gauche et t'auras plein de bonheur!

- Ma-gique!

- Nan, cho-gne! (bouse!)

- Dis, Marie...les vaches... ta mémé elle en fait du civet ou du boudin?

- Hi hi, ses gamelles s'raient bien trop p'tites! Avec le bon lait des meuhs, ma mémé, elle fait d'la galette au cômeau, ("goumeau", tarte franc-comtoise au flan*) avec un quaton (une bonne dose!) d'beurre d'vaches, d'la crème d'vaches, et pis d'l'haut d'la fleur d'or en gé.

T'fê èn boun' pât' brisia. T'la laisse fèr' èn' ptchiote mèrienne. Pendant c'tu temps, t'fê tan c'mô: èn' Béchamel d'aveu in bon caton d'beûr', djeuais cullies d' fèrine qu'te laiches v'ni couleu neusille, t'vaich' la moitie d'èn' trappe d'laie, te turn, te turn ape te turn pou qu'ill sêt bin hoilouse, t'mets du bon mié ou bin du socre si t'es chire, ape trouais, quatre cullies d'eau de fleurs d'oranger. Te sô ta cais'roule du fu, ape t'caisses trouais bons us, ape djeux, trouais bons catons de c'ta boun'crém de tê vêchs, te turn, te turn, te turn.Te t'en n'y vas rêvouailli tan pâton, t'l'êtâles, t'le mets dins èn'tôle nouère, t'li faïs in grind trottouèr. Te vaich ton c'mô, t'rabats l'trottouèr, ape t'enforne. Quind y'ê-t-y queu? t'y vouais bin, la piô ê gonfia, neusille, ape y sent-y bon, t't'crairôt so lê nèrolis!

* Il faut une bonne pâte brisée-maison toute simplissime (100g de beurre (salé, c'est encore meilleur), 200g de farine), qui va reposer au frais pendant la préparation du goumeau: sorte de sauce Béchamel sucrée (40g de beurre, 40g de farine, 1/2l de lait 1/2 écrèmé (LDL oblige...) arômatisée à l'eau de fleurs d'oranger dans laquelle on ajoute, hors du feu deux ou trois oeufs (ouille! LDL...) et...une ou deux cuillères de crème crue épaisse (re-ouille! LDL...). Bien veiller à lui conserver son aspect rustique en rabattant un large "trottoir" de pâte sur le goumeau. Cuire th 200° C, vingt à trente minutes, jusqu'à ce que le dessus soit tout joufflu (au sortir du four il va s'affaisser en formant de belles vagues, couleur noisette) et que la maison embaume le bigaradier!

- Wouah...d'l'or en gé?  ça doit briiiller... bée le Charlie, c'est quoi?

Sourcils haussés, lippe dubitative, Marie-tout-court semble être prise de court...Levant jusqu'aux oreilles ses épaules caracotées de rouge, elle hésite.

- Pfou...J'sais pas, moi...C'que j'sais c'est qu'ça fait de l'essqui qui fait briller l'coeur et  l'bedon! C'est du bon miam, tu verras! 

Les deux investigateurs en recettes du terroir ne s'attardent pas en inutiles interrogations. Tandis que l'un s'aventure, genoux au vent dans les herbes folles d'un fossé, l'autre ré-arrime la barrette de sa décorative choupette à pois.

- Ouille, aïe, ouille, exprime sobrement le Charles-Edouard en s'extirpant du talus herbu. 

- Qu'est-c'qui t'arrive encore! interroge l'enchoupettée.

- Rien...c'est rien... Tiens Marie, voici pour toi "la plus belle chose", assure avec pompe l'explorateur des anti-boulingrins.

- Ahhh?...

- Voui, un saphir, affirme gravement Charlie- le -preux en brandissant la dodelinante bille bleue d'une scabieuse des champs, un tantinet malmenée.

- Ahhh!...

- Mère porte cette pierre azur, copie de la bague du roi Edouard le Confesseur, à qui on doit Westminster Abbaye, les soirs de réception bleu nuit.

-  Ah?... elle met une veste de mystère abeille...? Bouh, c'est compliqué, dis donc...

- Donne ta main, gigote pas! Voilà, je mets à ton doigt "la plus belle chose", c'est le p'tit nom du saphir. A présent, tu as le même que celui de Mère.

- Han...çui-là est bien plusse beau passe'que c'est un saphir des prés. Merci Charlie, t'es gentil...Bin tiens, moi j'te donne un n'escargot!

- Bouh...Ouille, ouille, ouille...ça pique...

- Bin, qu'est-ce t'as à ginguer comme ça? Un n'escargot ça poisse, ça bave mais ça pique pas...

- J'te dis qu'ça piiique...pis ça graaatte!

- Wouaouh, mon pôvre! tes g'noux sont écrevisses, oh pis tes mollets aussi, et pis tu cloques!

- Bouhh... j'veux pas cloooquer, j'veux pas mouriiir, pleurniche le dénicheur de saphir.

- J'sais pourquoi! pédagogise Marie -tout-court, t'as sautralé (sauté en piétinant) dans les zorties!

- Des z'orties cloqueuses? Y'en a pas au Jard...

- Ah, r'commence pas avec ton Jardin des Plantes, hein! Amène-toi vite dans l'jardin d'mémé, j'vas t'guérir!

- Y'a l'feuu dans mes g'nouux, se lamente le fraîchement libéré des protectrices robes longues.

- Couine pas, donne-moi la main, on court!

Ils déboulent en trombe dans les allées potagères où Marie arrache prestement des poignées de feuilles d'oseille. Elle en masse vigoureusement genoux et mollets urticariens d'un Charlie piaffeur,

- Brrr, c'est froiiid!... pouah... j'suis tout verdasse!

- Hihi...on dirait une r'noïlle (grenouille), mais t'es pas mort!

- ...Bin, nan! Pis...ça pique plus! T'es ma sauveuse!

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Publié dans Histoire en Patois

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Défi n° 87 "Créez vos propres signes du zodiaque" proposé par Lilou-Frédotte (Rêve d'écriture) pour "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

"Créez vos propres signes du zodiaque".

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Mon premier est Alain Chapel (1937- 1990), grand chef cuisinier de Mionnay dans l'Ain.

Mon deuxième est un cocktail de seize signes du gastronomo-diaque. 

Mon tout est?...est?...est?

                      Ben... l'horoscope d'Alain Chapel-sixteen! (titre résultant de la cogitation de conserve (de petits pois) avec François...        

 mayo.jpgMayonnaise: évitez la valse, vous allez encore tourner...

peche-melba.jpgPêche Melba: restez pudique, gardez aussi le haut! 

marbre.jpgGâteau marbré: prudence! s'adonner aux régimes yo-yo peut provoquer des vergetures.

fromage-de-tete.jpgFromage de tête: relax! Vous avez tendance à trop intellectualiser.

tarte.jpgTarte aux pommes: vous êtes trop bonne, réagissez! ne vous laissez pas réduire en compote.

melon.jpgMelon: danger! vous prenez la grosse tête.

cafe-au-lait.jpgCafé au lait: que du bonheur! Le métissage vous va si bien...

risotto.jpgRisotto: belle semaine joviale et enjouée!

oignonOignon: vous faites pleurer votre entourage, et si vous mettiez un peu de rillettes et de risotto dans votre vie!

chichi.jpgChichi: vous en faites trop!

champagne.jpgChampagne: bullez en paix, personne ne vous le reprochera!

creme-copie-1.jpgCrème fleurette: ne vous en laissez pas conter.

boeuf-mode.jpgBoeuf mode: profitez... tant que vous êtes au goût du jour.

religieuse.jpgReligieuse: belle rencontre avec un St  Emilion.

pain-perdu.jpgPain perdu: ...et si vous commandiez un GPS au père Noël...

rhubarbe.jpgRhubarbe: on semble s'ennuyer fort dans votre quartier, réagissez!

 

 

 

 

 

 

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