Paroles de Lapin
- Où en étions-nous, dit la lapine, ah oui ! mon clapier est vaste, bien orienté, un double grillage le protège. Ma litière est confortable.La fermière m'a gâtée de pissenlits croquants, elle a deviné... : mes lapereaux sont nés cette nuit! Elle sait qu'elle ne doit pas y toucher. (je peux renoncer à mes petits nus et aveugles s'ils sentent l'humain.) Elle m'a parlé doucement (sûrement avec des mots gentils de fermière). Lorsqu'elle a vu palpiter le nid de fourrure légère comme de la buée où ils sont enfouis bien au chaud, je crois qu'elle avait l'air content. Je n'ai pas bien suivi, je grignotais avec délice!
Ils grandiront vite.

Il y aura des moments de jeux avec les enfants de la maison. Je serai stricte et taperai très fort "de la patte" si ces garnements ne respectent pas les règles :ne pas toucher à mes lapinous avant qu'ils soient des ados de trois semaines! Ne pas les tenir par les oreilles mais par la nuque, ce ne sont pas des peluches, non mais! Il y aura des jours de canicule où je les tirerai de leur sieste pour les guider jusqu'à l'abreuvoir. Le manque d'eau peut être fatal à un lapin...
Il y aura des moments de frayeur quand une fouine nous menacera à travers le double grillage. Je protégerai ma marmaille en la poussant tout au fond du clapier. Je couinerai, glapirai, ferai tant de ramdam et de tam -tam que la prédatrice s'enfuira bredouille. (ouf!)
Il y aura des mardis où la fermière fera dix kilomètres à vélo pour aller vendre sous un marché couvert des oeufs, des poules et... des lapins.
Il y aura un vilain bonhomme qui criera "Peaux de lapins, pôôôô..."en agitant des clochettes et en tirant une vieille charrette. La fermière dépendra des peaux raidies autour de leurs manchons de paille (souvenez-vous des civets du dimanche...) elle en récoltera quelques piécettes qui réjouiront les enfants (ceux- là même qui joueront avec mes lapereaux) et alourdiront leurs tirelires.
On appelle ça "une vie de lapin fermier"... Mais où en étions nous ?ah oui : les pissenlits... délicieux,

L'avou sque j'en èto?



Y est ben vré,aga:
M
PREMIERE VERIFICATION : Il est né. Il est là dans la grande crèche devant l'autel. L'Enfant Jésus. On L'admire en silence, dressés sur la pointe des galoches. On est impressionné, content. Avant de partir, on glisse une petite pièce dans l'urne tenue par un grand ange souriant qui remercie en hochant la tête. (Cet ange me fascinait, j'aurais vidé ma tirelire pour ses angéliques acquiescements !)
TROISIEME VERIFICATION au réveil : Il n'a pas oublié, Il est venu ! Le Petit Jésus a déposé dans mes sabots un lit de poupée bleu ciel et l'armoire assortie et dans ceux de mon frère une belle charette rouge et son cheval de bois. (Un papa ça sait tout faire,même s'il doit prolonger tard sa journée de travail dans la "chambre à four "penché sur son établi.)
