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Les 25 jours d'Avent -9-

Publié le par François & Marie

Chacun s'installa face à un énorme sac de courrier.

Une heure plus tard, Santa vint faire une petite virée, les bras chargés de gourmandises : des carottes pour les cervidés-ongulés et des restes de saumon pour les "qualifiés ès". Il s'aperçut que ces derniers, très concentrés, avaient dressé trois hautes piles en fonction de la couleur du papier à lettres : une tour blanche, une rouge et une rose.

Intrigué, il s'en fut urgemment exposer l'affaire à  Santa Mama, ils ne seraient pas trop de deux pour résoudre cette énigme tricolore.

 

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Défi n° 227 proposé par Lénaïg pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Lénaïg nous demande d'inventer un titre de livre puis d'en écrire la présentation :

qui en est l'auteur, de quoi parle-t-il, proposer un court extrait (deux, ici !).

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BIBI BLEU ET VOILETTE À POIS.

L'auteure, Marie Tournelle, nous entraine dans un mélimélo de souvenirs malicieusement panachés de mystères haletants et de nostalgie attendrissante. Un voyage où le temps coule doucement mais où le cœur bat vivement la chamade, en passant du rire à la surprise.
"Bibi bleu" est le livre de souvenirs mi fugue mi raison qui se lit avec gourmandise et qui nous lie à la béatitude.

F.

                                                      ****

"Une autrice est née." ( Elle Lui Eux Nous)
"Le bibi bleu"  la suite attendue de la Sissi Clette bleue. ( l'Équipe à vélo )
"Bibi bleu et voilette à pois", une ode à la culture en milieu périurbain ! ( Maison Jardins & Barbecues)
"Bibi" le prochain Fémina . ( La semaine de Sijours)
"Bibi bleu et voilette à pois" redéfinit la notion de littérature. (Télégramma)
"J'ai bien rigolé ". ( François de Cabardouche)

Le présent ouvrage a été traduit en trente quatre langues, y compris le Taa (claquements de langue du Botswana) et le Silbo (langue sifflée des Îles Canaries.)
Hollywood planche actuellement sur une adaptation dont le titre provisoire est "Voilette No Ziaire."

                                                                    * * * *

EXTRAITS :
... / « Jamais de la vie, ah non, pas d' ça Ninette...  jamais de la vie... » murmura Abigaëlle en bloquant avec nervosité son gant de filoselle entre les feuillets du missel - elle avait bataillé pour dénicher l'Introït de ce dimanche de Septuagésime, elle n'allait pas en égarer la page - même si elle devait quitter l'office au plus vite, suite à ce nouvel avatar. Elle remonta la travée aussi dignement que lui permettaient ses jambes en flanelle, sa jupe en soie moulante et son esprit cotonneux. Sans le voir, elle effleura Lucien qui poussa son voisin du coude « Eh vieux... vieux ! Les... les... pois d' sa voilette m'ont frisé l' nez et, devine, vieux : j'avais raison, vieux, j'avais raison ! » Un sourire mystérieux plissa longtemps ses yeux gris.../

... / Les deux gamins sautent de joie, ils vont partir pour quelques jours chez leurs grands oncle et tante où les attendent cannes à pêche et bocal à asticots. Ils vont s'en payer du bon temps au bord de la rivière, sous la houlette de l'Armand, le grand-tonton, brave comme du bon pain ! Et grand' tatan Suzanne les régalera de vrai chocolat, fondu dans du vrai lait et de biscottes beurrées. Ah ! les biscottes craquantes du vieux boulanger, le Tintin, et ce beurre-maison, quelles délectations ! Sauf que cette année, coup de théâtre: grand' tatan va caler entre leurs bols, à même la toile cirée, une pile rigide et austère de tartines sèches et noyer le beurre dans le brun rougeâtre du cacao brûlant... Quelle mouche a piqué grand' tatan ?... /

                                                       * * * *

 

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Défi n° 226 proposé par Josette "La Cachette à Josette" pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Josette nous dit :

“ Halloween c'est fini, un dragon est resté. Je vous demande de décrire un bestiaire fantastique, quelques lignes ayant pour sujet un être, un animal (sirène, ondin, dragon...) sorti de votre imagination.”

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D'une démarche saccadée, Néron le pigeon à l'œil rond griffe le bitume de la vieille rue, SA vieille rue.

Depuis des années il s'en est approprié l'horizontalité; il connaît chaque fissure de l'asphalte et y déniche parfois quelques gourmandises à pigeons; il sait qu'il doit vitement contourner la troisième crevasse, elle empeste le pipi de chat, il snobe le recoin à chardons où s'entassent les mégots âcres, recours des jours de disette. Néron évite aussi le coin herbu aux effluves de crottes de chiens et se hâte jusqu'au pied du tilleul où une petite vieille dame dépose, pour les matous errants, du gras de jambon et du pain trempé dans du lait.

Dans cette rue, la vie de Néron le pigeon tourne rond.

Pourtant, aujourd'hui, il est anxieux, plein de tics, mal à l'aise, nerveux. À y regarder de plus près, Néron le pigeon ne tourne pas vraiment rond.

Il subodore que dans SA rue quelque chose a changé : un intrus vertical y projette une ombre horizontale, une ombre étrangère, une ombre étrange. Il a beau dévisser sa petite tête ronde vers le ciel, Néron ne distingue pas l'élément importun.

Dommage qu'il n'ait pas ses lunettes, il les a prêtées à son ami hibou - qui tente une reconversion en rapace diurne - après les avoir teintées à la betterave rouge, ce qui est censé adoucir la transition et donner à son copain une sensation de vie en rose.

Mais, me direz-vous, un pigeon n'est-il pas un oiseau, un être ailé ? Ne peut-il voler jusqu'au gêneur ? 

Je vous répondrai : certes et certes.

Ce que Néron n'ose avouer, c'est que dans l'instant, il est incapable de décoller. Il a péché par gourmandise en engloutissant toute la détrempe et le jambon rance de la mère aux chats. Beurp... il est urgent d'attendre que son gésier s'allège.

Penaud, beurp, il file à petits pas d'automate se réfugier sous un banc et il sieste.

Vingt minutes plus tard, revigoré, il frémit des rémiges, s'envole jusqu'à la suspecte ombre noire. Prudemment il la contourne et la recontourne. Il décrète haut et fort que, pfou, ce truc cornu est vraiment bizarre, vraiment moche, vraiment mal fichu et, fi ! indigne de projeter son ombre hideuse dans SA rue.

Avec précaution, Néron apponte sur la vaste plate-forme des pattes griffues du monstre - qu'il juge hideuses, de très mauvais goût et mal manucurées. En guise de salutations, il largue pouit pouit pouit quelques fientes mollettes.

Venue d'en haut, s'élève une protestation assourdie qui se termine comme dans un sanglot.

Brrr ! La créature serait-elle vivante ? Tétanisé, Néron se fait tout petit riquiqui et en pouit pouit  de trouille.

- Grrr, sale nabot, cesse immédiatement de bouser sur mes pieds ! Bouhhh... je ne sais même pas si cette bestiole m'entend... Mes vociférations de Graoully le terrible dragon ne sont plus que murmures. Quelle déchéance... Hier, je tonitruais et tous s'aplatissaient. D'un souffle de ma gueule terrifiante je transformais les pigeons en rôtis, d'un coup de ma queue hérissée de pointes j'aurais fait de toi de la marmelade de pigeonneau.

- Pouit pouit...

- Las... il y avait trop de concurrence dans la sphère animal fantastique. Pour gagner ma croûte j'ai dû me recycler. Te rends-tu compte de la décadence, je me retrouve en enseigne, en belliqueuse pancarte pour... mercerie... Quelle honte ! Ma carapace d'écailles rugueuses est une doudoune pour berceaux. Quel affront !  Mes épines sont de croquignolets croquets pour robes de fillettes. Quelle indignité ! On m'a même attifé, moi le dragon terrifiant, de ridicules chaussettes vert pomme et tout le monde me trouve vilain, moche, ridicule, mal bâti sniff...

Néron le pigeon, rassuré - cet inoffensif dragon d'opérette ne le détrônera pas, il pourra rester le ROI de SA rue - s'esbigna discrètement. Il fila chez hibou et lui déroba ses lunettes roses ( le bougre dormait, son recyclage avait fait long feu !). Charitablement Néron les déposa sur la corne (en feutrine 11 euros 50 le mètre) de Graoully, effrayant dragon, désormais symbole de dentelles, rubans et boutons de culotte.

 

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Défi n°225 proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Jill Bill nous dit :

" Je vous propose de vendre avec l'image ci-jointe, (clic droit + le lien !)

ce chouette tableau, en héritage, digne d'Halloween ! glasses

 

"Soit à votre richissime patron collectionneur,

Soit sur un vide-grenier,

Soit à une galerie d'art,

Soit dans une célèbre émission télévisée sur A2..." intello

 

A inclure dans votre écrit le verbe emberlucoter ! "

 

Mona Liza/Zombie mashup://Beauty en 2019 Oyez, oyez les Croqueurs de Môts...

Quoi !... Seulement cinq euros ? s'insurge Victor, je vous trouve bien pingre, monsieur l'expert... Et, en plus, vous exigez que le tableau de mon grand père soit d'abord présenté aux enchérisseurs CÔTÉ VERSO ! Vous craignez - je vous cite - que les quatre potentiels acheteurs, antiquaires en œuvres d'art, ne périssent apoplexiés. Vous ajoutez que ce gâchis ferait mauvais genre dans le monde des décorateurs tout en sabotant l'audience de l'émission, et moi, Victor, je subodore que vous avez la trouille de vous retrouver au chômage. Cinq euros... non mais eh !

Victor bougonne. Victor est en rogne - pardonne-leur pépé, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Vaillamment il entre dans l'arène et stoppe à six pas d'un long bureau sur estrade. Là, quatre potentiels acheteurs, Armand, Arthur, Marie-Aglaé et Rosette, en rang d'oignons et en bon ordre alphabétique, ne cachent pas leur hâte gourmande de se bagarrer en surenchères.

Après le questionnement rituel : qui êtes-vous ? d'où venez-vous? on en arrive à " que nous proposez-vous "?

- Un tableau peint par mon grand-père au siècle dernier, se redresse fièrement Victor.

Les quatre oignons roucoulent des "ah" de sympathie.

L'un d'eux exprime son impatience en alexandrin - Vite ! voir le côté recto de votre tableau !

On s'exécute.

Oscillations dans le rang des oignons.

- Ouhlà ! tressaille Armand qui plante méchamment ses lunettes en biais sur son crâne chauve.

- Coa ?... coasse Arthur qui se met à sourciller dans tous les sens (un tic de terreur oublié depuis la sixième; la faute à cette peau de vache de prof de sciences qui pinçait les cuisses des grenouilles vivantes.)

- Han...glagla... Les yeux de Marie- Aglaé sont exorbités, ses mains plaquées sur des dents qui entrechoquent leur re-blanchiment récent.

- ... ...

Chez Rosette ? Rien... Mutisme complet. Elle s'est affalée sur le bureau, les bras en vrac, les orteils ratatinés de frayeur. En douce, un peigne de son chignon en profite pour se suicider, il saute dans le vide.

Victor s'étonne de l'effet produit.

Armand descend ses lorgnons et de l'estrade. Armé d'un viril courage il se plante devant l'œuvre.

- Pourq...?  Pourquoi votre grand-père a-t-il...? a-t-il fait ça... ? hésite-t-il la bouche sèche.

- Mon grand-père n'était ni un emberlucoteur, ni un vide-gousset, il était simplement un des premiers orthodontistes et se voulait pédagogue, explique calmement Victor.

Semi-rassuré, l'auditoire reprend vie, les quenottes s'apaisent, les torses se redressent, les grenouilles regrenouillent et le peigne se remet en chignon.

Victor poursuit.

- Vous savez que les enfants adorent se faire peur. Curieusement, le tableau amusait et apaisait la jeune patientèle de grand-père. Il leur démontrait que le sourire de la Joconde aurait été moins pincé si elle avait connu l'orthodontie; les petits riaient de bon cœur et leur légitime appréhension s'estompait !

- Mais... le nez... le front... troués ? s'inquiète Armand.

- Mes cousins et moi nous sommes beaucoup exercés aux fléchettes sur cette pauvre Mona Lisa !

- Et... les orbites ? ose Marie-Aglaé.

- Mon grand père prétendait que les yeux de la Joconde manquaient d'éclat. Il laissa vacantes leurs orbites; par jeu, le premier petit patient de la journée avait le privilège de se précipiter pour y déposer deux belles billes multicolores. Le temps passa, le tableau disparut du cabinet - nous l'avions un peu trop bigorné ! Il restait à pépé une réserve de billes, petit à petit il les distribua aux enfants qui supportaient bravement les entraves métalliques qu'il leur imposait.

- Cinq cents euros ! s'écrie Rosette avec fougue. Elle déboule de l'estrade et, dévotement, honore la Lisa d'une agate bleue et d'une agate verte. Victor ! Je vénérais votre grand- père, j'ai conservé toutes ses agates avec reconnaissance. Louée soit l'orthodontie, s'exclama-t-elle dans un sourire parfaitement parfait !

 

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Défi n° 224 proposé par Martine Quai des Rimes pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Martine (Quai des Rimes) nous dit :

Je vous propose, dans le tableau ci-dessous, trois thèmes au choix et pour chacun des thèmes, deux titres pour vos écrits.

 

THÈMES TITRE 1  TITRE 2
Passé Hier à Hyères ou ailleurs Poussière d’hier
Présent Sauf-conduit pour aujourd’hui  Aujourd’hui inédit
Futur Demain à deux mains Demain en sous-main

 

A vous de choisir un thème et un des deux titres proposés et d’imaginer le texte adapté au titre retenu.

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                                                      PASSÉ -

                                    Hier à Hyères ou ailleurs.

- Ancilla ! commande une voix haut perchée, amortie par une profusion de tentures et tapis vieillots.

- ...

- AN-CIL-LÂ ! s'impatiente la voix.

- VOUI, J'ARRIVEU piaille une autre voix depuis les abysses du petit office.

- Vous en mettez du temps à obtempérer, il faudra que ça change.

- Il faut dire, Mâme la vicomtesse, que, sauf vot' respect, mon p'tit nom de baptême est Eulalie et que, bin... Ancilla...

- ... Signifie "servante" et que toutes mes servantes ont été des Ancilla. Il faudra vous y faire ma fille.

La "fille" boude en tournicotant le coin de son tablier.

-  Et vous êtes fagotée comme une souillon, constate la douairière l'air pincé. Ach... soupire -t-elle en tricotant son sautoir - véritables perles de culture huîtrières en eau douce - qu'il est loin le temps où, hier, à Hyères, Valère, en livrée bleue à boutons d'argent, nous présentait de divins vins dans d'élégantes aiguières...

- Bin, aujourd'hui, on boit dans des gobelets en carton d' la piquette tirée tout droit du cubitainer, c'est moins précaire que vos aiguières et c'est drôlement bon !

- Taisez-vous ma fille vous divaguez, répond sèchement la noble maîtresse des lieux. Vous ignorez tout de ce qui se passait hier à Hyères.

- Certes, oui da, j'ignorais la vie d'hier à Hyères puisque je trimais à Foix.

- À Foix ! Et que fissiez-vous à Foix ?

- J'y fissais que j'y vendais du foie. J'y étais célèbre. On disait de moi : " Il était une fois une marchande de foie qui vendait du foie dans la ville de Foix. Elle se dit ma foi c'est la première fois et la dernière fois que je vends du foie dans la ville de Foix."

- Et pourquoi, la dernière fois ? s'étonne la Vicomtesse.

- Bin dame ! parce que j'avais perdu la foi, je ne croyais plus au foie gras.

- Et alors ?

- Je me suis lancée dans le gloubi boulga.

- Et ce fut un commerce prospère ?

- Nan, nan... Aucun Prosper ne m'en acheta. Casimir était mon seul client...

- Casimir ?

- Voui, le gentil dinosaure de l'Ile aux enfants. Il en avala des tonnes, s'en délecta puis mijota lui-même son gloubi boulga...

- Et... vous fîtes faillite ?

- Je fîte, c'que vous dîtes...

- Vous souvenez-vous des ingrédients de la recette ?

- Bin dame, c'est sûr, c'est ma litanie, soir et matin.

" Un bocal de confiture de griottes

Treize sardines du phare d'Eckmuhl ou de St Gilles Croix de Vie

Une noix ( avec ou sans coquille, suivant votre goût)

Une cuillère à café de confiture de fraises des bois.

Une tablette de chocolat noir râpé

Trois louches (moyennes) de moutarde de Dijon, très forte

Deux bananes et demi, trop mûres

Une saucisse de Morteau crue, mais tiède

Vous mixez et vous décorez de crème chantilly chaude ou tiède, selon votre goût. "

Toute émoustillée, la Vicomtesse décida qu'elle ferait servir ce mets de choix au vernissage de l'expo " HIER À HYÈRES " qui se tiendra dans son Vicomté (voir affichette).

Ancilla accepta de concocter cette fameuse recette à condition que ses gages soient doublés, triplés, multipliés par dix et que Madame l'appelle Eulalie, ce que Madame fit, désormais foldingue de gloubi boulga !

Longtemps elles profitèrent de ce lucratif commerce, en appliquant le principe de Bouddha :

" ACCEPTE CE QUI EST

LAISSE ALLER CE QUI ÉTAIT

ET AIE CONFIANCE EN CE QUI SERA. "   

                  .......................................................

                            AFFICHETTE  DU BAR

                     (en sous ou en euros. On ne rend pas la monnaie)

Buvette avec piquette en cubis 20 sous = 20 €

Buvette avec piquette en aiguière 2 sous = 2 €

Portion de gloubi (avec chantilly) 5 sous = 5€

Portion de boulga (sans chantilly) 20 sous = 20 €

Portion de gloubi et boulga 15 sous (on brade) = 15€

                                ......................................................................................

 


 

 

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DÉFI n° 212 " ART DE LA RUE " proposé par LÉNAÏG pour LES CROQUEURS DE MOTS.

Publié le par François & Marie

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Lenaïg nous présente deux photos de Street Art ou Art de la rue dont nous pourrons disposer à notre guise.

Écrire une petite histoire en incluant au moins une proposition suivante :

- un regard bizarre

- les murs ont de grandes oreilles

- la chance me sourit.

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Parce qu'il voyait de la mélancolie

dans les grands yeux de Tozoli le petit chat gris,

Graff le graffeur lui fit une faveur :

sur le mur d'en face - celui qui a de grandes oreilles - il peignit un ciel et le bleuit.

Les grands yeux retrouvèrent une lueur de gaieté, mais...mais... pas encore assez.

Alors, sur l'azur, le tagueur ajouta la flambée, au couchant, d'un soleil d'été :

aussitôt, des ris illuminèrent enfin les yeux gris.

- La chance me sourit se réjouit Tozoli.

Pourtant, plus le jour baissait, plus le regard du chaton virait au gris souris :

Tozoli avait peur du sombre de la nuit.

Pour le tranquilliser, Graff tagua une tête de gros chat, genre baroudeur à qui on ne la fait pas.

Las... la nuit tous les chats sont gris et, plus la soirée s'assombrissait, plus le matou rassurant s'estompait... 

Graff eut une idée de génie :  il greffa deux lampions phosphorescents au regard du mistigri bien bâti.

Depuis, le minet Tozoli sourit*, il n'a plus peur, ni le jour, ni la nuit.

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* Ach ! que la vie est compliquée : qu'un chat sourie, c'est admis, mais allez donc affirmer qu'une souris chat(e)... vous n'échapperez pas au regard bizarre que l'on vous jettera !

 

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Défi n°211 proposé par La cachette à Josette pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

" Vous avez reçu une invitation à un vernissage avec un ami.

Ravie ou outrée, vous partagez vos impressions devant les premières œuvres exposées... et mieux si vous insérez deux expressions contenant le nom d'un animal !"

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- Oh la vaaa-chhhe !

- Tss Tss ! que diable Berthe - Apolline, nous ne sommes point en alpââges.

- Certes, Charles-Hubert... Il n'empêche que face à ce tableau, je suis OUTRÉE.

- Berthapo', vous parlez bien de l'œuvre de ce peintre, Mathurin, votre fils et unique héritier ?

- Évidemment, très cher. Ach ! Quel zèbre, cet oiseau - là, fulmine Bethe-Apolline.

- C'est de l'Art ma chère, je ne comprends pas ce qui vous offense.

- Les QUATRE CLÉMENTINES !  Charlub'.

- ???? (interrogation de style courant, du genre gent prolétaire)

- Ces quatre agrumes que je lui filai il y a trois semaines environ...

- ¿¿¿¿ (interrogation culbutée d'Aristo déchu, complètement déboussolé qui n'ose contredire sa belle amie Berthapo'. Note de la traductrice.)

- Ces quatre clémentines... sans feuilles... des "culs verts", d'une extrême rareté sur nos étals.

-  Mathurin les a sublimées en les faisant œuvres d'art ma chère, vous devriez en être fière.

- Mais... Charlub', cet enfant devait en faire son quatre heures, c'est bon pour sa croissance, c'est plein de vitamines ces trucs là...

- Voyons Berthe-Apolline, Mathurin galope vers ses quarante trois ans...

- ... Et ces inventions du Père Clément sont très dispendieuses, surtout si elles sont enfeuillées !

- Très chère amie, il est blasphématoire d'associer la monnaie à ce tableau qui dégage un tel message métaphysique...

- "Message métaphysique" ! MON LUC !

-  Berthapo', analysons posément l'intention de l'Artiste : il a voulu s'abaisser un court instant au niveau du peuple, de ce commun des mortels, auquel on enjoint de consommer des fruits.

- Des fruits peut-être mais là, ce sont MES clémentines, celles de la MÈRE NOURRICIÈRE.

Sans se laisser déstabiliser par les jérémiades de la Mater dolorosa, le distingué Charlub' poursuivit son raisonnement.

- ... Le Maître, visionnaire, va au -delà de la notion du bassement alimentaire... Sans zizanie, amie chère lisez-y la soif d'un appel vers l'âme, vers l'esprit pur, à travers ces bras qu'il s'éloignent volontairement de la trivialité matérielle des corps. Captez le détachement séraphique qui floute la vulgarité du prosaïque, qui le rejette...

- Bouhh... : ce qu'il REJETTE c'est LA MÈRE... SA mère, MOI...

- ... Il y a du transcendantal dans ces vertigineux talons, de la métaphysique néoplatonicienne dans ces jambes interminables, si lonnngues... On frôle la sublimité métempirique, on quitte la glèbe, on se projette jusqu'à l'impalpable, jusqu'au bleuté de l'Ether...

- Bouh ouh il n'y avait nul éther dans MES quatre clémentines FEUILLES-CORSES- CULS VERTS, elles avaient la douceur du BIO (? ndlt) et aussi l'âpreté du hors de priiiix...

- Suffit Berthe-Apolline ! Pleurnicher une perte d'euros face à ce chef d'œuvre est tout bonnement kk. Brisons là, chère amie.

- Bouhhh, l'ingrat... en arrachant sacrilègement les précieuses feuilles de mes clémentines,  Mathurin a ARRACHÉ LE CŒUR DE SA PROPRE MÈRE... Bouh... le message est clair... À moi, ô tragédie grecque. À moi, ô RACINE Jean. À moi les clémentiniers culs verts...

- À moi d'amadouer cette cinglée amie si chère, soupire Charlub', le nœud pap' de traviole.

                                                         .............................................................

- Chère, appuyez-vous z' à mon bras. Oublions Racine, Euripide et Sophocle, chaussons nos binocles et, sur l'onde fluide de l'Art - qui lui seul sait idéaliser le réel - glissons avec respect jusqu'à l'allégorie à la chaise d'airain...

Silencieux, ils glissèrent.

- Oh PUNAISE ! Pfffoufoufou ! Ahahahahah ! sanglota de rire gente Berthe-Apolline.

- ¿¿¿¿¿¿  questionna trebuH - selrahC.

- Meuhhh ! Hannn, j'en peux plus Mouahah ! kssi ksssi ksssi ! hannnn! J'en - ai - mal - au - bide, hoqueta Bertap'.

- Mais ¿¿¿ ??????? ¿¿¿ ???? (pour les distraits : voir la traduction ci - haut. Je sais, c'est pénible à suivre mais votre persévérance sera récompensée : ndlt.)

-  Mouââh ! Ce NU !... Cette GRANDE SAUTERELLE DÉFEUILLÉE, croquée par MON Mathurin, c'est... ouahawaw ! C'EST SA COPIIINE ! Je la reconnais à la CHAISE efflanquée qu'elle trimballe partout... Elle voit en elle son caniche nain... Wouhahaha ... elle l'appelle Kiki fil de fer... ksssiksssiksssi !

- ?¿ (ponctuation sobre, efficace, qui traduit bien le désarroi du pauvre Charlub'. Ndlt.)

- MOUÂHÂH !  JE LE SAVAIS ! Ksssi ksssi ksssi ! ... JE L'AVAIS DEVINÉ : ses seins... han ! j'en peux pluus !  Ses SEINS sont AFFLIGÉS d'un HORRIBLE STRABISME DIVERGENT, MOUÂHÂHÂH !

Si Charlub' avait été moins snob et moins stylé, il se serait permis de tomber dans les pommes. (Ça nous aurait changé des clémentines. Ndlt.)

                                       ...................................................................

PS : La traductrice adresse un petit clin d'œil plus - que- parfait en direction du talentueux Sieur Andiamo, fidèle visiteur.

 

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Défi n° 206 proposé par Astree "Fleur de flocons" pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

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" Pouvez-vous imaginer qu'un personnage fictif rencontré à travers un roman ou un film vous écrive ? À moins que ce soit vous qui ayez quelque chose à lui dire... Présentez-nous ce personnage, sa lettre ou la vôtre. "

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                            Cher Monsieur Larousse,

                                                                              Permettez moi d'abord de vous féliciter pour vos recueils riches de mots par milliers. Merci pour ces précieux alliés que j'apprécie à un point tel que, si je devais m' isoler sur une île déserte en emportant un seul livre, c'est votre dictionnaire que je choisirais. Au fait, pourquoi diable m'en irais-je sur une île déserte ?

                                                                Figurez-vous Monsieur, que vous m'avez causé grand tort et placée dans une situation fort délicate vis à vis de mes partenaires de Scrabble. Je m'en vais vous détailler la chose -  en calligraphiant les chiffres, NON PAS EN LETTRES, comme le conseille vivement le GUIDE DU BIEN ÉCRIRE, mais en CHIFFRES, afin que vous mesuriez l' ÉTENDUE DE MON DÉSARROI et l' ENVERGURE  de VOTRE RESPONSABILITÉ -   Après tirage, à l'aveugle, de sept petits pions carrés que je plaçai délicatement sur mon mini chevalet scrabbleux, imaginez ma joie lorsque je découvris que le sort m'avait attribué un mot ravissant " GYKJXWZ ", quelle aubaine ! J'allais empocher le pactole en cumulant la valeur de chacune de ces lettres RICHES, soit 60 points, et, en PLUS, je fis " SCRABBLE " (50 points supplémentaires in my pocket). Comme un bonheur n'arrive jamais seul, je me retrouvai sur une CASE ROUGE, qui TRIPLA mes GAINS. J'allais atteindre le Nirvana.

Récapitulons : 60 x 3 + 50 = 230 POINTS.

C'est alors que l'un des mes partenaires ADVERSAIRES s'écria :

« Tss Tsss Tssss, HALTE LÀ ! C'EST PAS DANS L' DICO ... »

Et QUI EST RESPONSABLE du fait que gykjxwz ne soit pas dans l' dico ? VOUS, Monsieur.

                                                   Dans votre Larousserie, j'aurais dû logiquement dénicher MON gykjxwz entre votre définition fort instructive de " gymnosophiste " et celle, plus indispensable encore de " gyromancie ". À la place de MON gykjxwz il y a un vide, une vacance, un désert. Qu'en déduire ? Est-ce de la mauvaise volonté de votre part ? Est-ce un fâcheux oubli ? Est-ce le rejet d'un mot aussi banal et simple que le nom  du volcan islandais Eyjafjallajökull ?

                                                    Votre omission, cher Monsieur Laroussétourdi, me fut fort préjudiciable, me fâcha avec mes amis, me condamna aux parties de Scrabble en solitaire. En vérité je me suis bien amusée ! Quelle revanche de pouvoir tarabiscoter des mots qui, tss tsss tssss, ne sont pas dans l' dico, quel plaisir de gagner chacune des parties.

                                                      Autre point de dissension entre vous et moi, cher Monsieur Laroussemeur : votre logo. Vous adulez les aigrettes d'un de mes ennemis intimes, le Taraxacum aux dents de lion que vous incitez à semer à tout vent. Je confirme ! Cet intrus a colonisé ma verdure champêtre. Ce sournois s'incline obséquieusement sous les lames de ma tondeuse, se redresse après mon passage, me nargue, superbe, arrogant, indemne et flavescent. Oui, oui, Monsieur Laroussi, grâce à vous mon gazon est flavescent.

                                                       Je ne vous salue point Monsieur, vous avez ruiné ma carrière scrabblesque et m'avez déçue en odifiant le cramaillot, notre Taraxacum franc-comtois, fort prisé en confiture mais honni au milieu de mon herbage.

PS : Adieu Monsieur, vous n'avez plus ma préférence. Prochainement je m'expatrierai vers une île déserte, en compagnie du grand et du petit Robert.

                                   

 

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Défi n° 137 proposé par Quai des rimes pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Défi n° 137 proposé par Quai des rimes pour les Croqueurs de mots.

"Racontez des retrouvailles soit avec une personne, un objet, un lieu, soit une perception visuelle, olfactive, auditive".

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Ému il retrouve ses cahiers d'écolier.

Devoirs avec précision datés, traits à la règle soigneusement tirés.

Pourtant ...

                                             Mardi 14 juin 1949.

                                     Exercice de mathématiques.

Sûr de lui il avait affirmé d'un crayon plein de toupet 25 x 4 = 80... Quel pépin !

L'encre rouge du maître s'est empourprée " Étourneau ! ZÉRO. Où est passée la retenue?" 

Plaidoirie Janvier 2015.

- Maître, de la retenue il en a fait preuve la plupart du temps, jamais en retenue, ni même dévergondé, ni même extravagant. Pour un seul manque de retenue ne peut-on l'excuser, est-ce donc si grave d'agir de temps à autre sans retenue?

- Objection rejetée, la retenue est exigée !

 

                                             Mercredi 18 janvier 1950.

                                                              Dictée.

En marge il déchiffre "Étourdi ! en faudrait-il une supplémentaire pour que tu consentes à accorder un pluriel aux mille et une nui?"

Plaidoirie Janvier 2015.

- Maître, envoûté par ces fascinantes nuits plurielles, son esprit d'enfant les a cristallisées en UNE, seule, unique... d'évidence au singulier.

- Il est singulièrement insolite, que l'on ose plaider pour un singulier tenu d'être pluriel. Objection rejetée, le pluriel est imposé.

 

                                               Mercredi 25 octobre 1950.

                                                  Perspective cavalière.
                      Dessiner un cube, calculer son volume sachant que V = B x H.

D'une médiocre qualité, le papier ligné porte encore les stigmates d'un gommage laborieux.

Le verdict est tombé.  " Calcul exact mais le tracé sans soin du cube est saboté." 

PlaidoirieJanvier 2015.

- Maître, l'expression "Excès de soin" eut été plus approprié. En effet, après s'être aperçu du non parallélisme de son tracé, l'accusé, vous tenant en haute estime, ne voulut pas vous infliger l'inexcusable rencontre des droites parallèles. RÉSULTAT, frénétiquement et non moins consciencieusement, il gomma. Maître, avez-vous au cours de votre vie tenté de gommer du papier sournoisement pelucheux ? Il cotonne, il floconne, il duvette et SE TROUE... Face à cet irréversible échec, DILEMME ! Soit l'accusé arrache la page du Cahier du Jour, sacrilège suprême car quelque part il est écrit "DU CAHIER DU JOUR AUCUNE PAGE NE SUBTILISERAS", soit il prend l'initiative de tracer à nouveau ce grumbble de foutu cube, sur du papier troué (en priant Ste Encre Épaisse de bien vouloir combler le vide) et non glacé (en priant Ste Encre Liquide de cesser de baver). Conclusion, par respect pour vous maître en particulier et pour la Perspective cavalière en général, l'accusé a tout mis en œuvre pour minimiser les dégâts. Aussi je vous enjoins d'effacer la mention "manque de soin...gna, gna, gna"... au moyen d'une gomme, je vous prie.

- Pitié, NON ! pas la gomme... J'accepte: objection pertinente retenue. Que l'expression "Élève zélé, consciencieux, méticuleux et appliqué" boute le vocable niaiseux et inapproprié usité ci-dessus. J'ai dit ! La séance est levée.

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Quelle heureuse retrouvaille !

Enfin le vieil écolier vient de gommer régler une mécompréhension de plus de soixante années.

Il se sent tout guilleret, tout léger.

Dorénavant il va pouvoir passer de bonnes nuit (... l'incorrigible étourdi !)

 

premier essai de calcul de volume.

premier essai de calcul de volume.

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