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defi croqueurs de mots

Défi n° 177 ("en chanson") proposé par Fanfan pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

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Fanfan propose  de choisir une chanson aimée ou détestée.

À partir de là écrire un texte, faire des commentaires " off ", en intégrant au minimum cinq mots de la chanson.

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Rina Ketty interprète " LE RÊVE BLEU " ♫ ♪

- Dis, c'est qui Ketty ?

- Quel curieux ! c'est le pseudo de Cesarina Picchetto, 1er mars 1911 Sarzana (Ligurie) - 23 décembre 1996 (Cannes), chanteuse "exotique et sentimentale" évincée par Gloria Lasso, elle-même éclipsée par Dalida . (Merci Wiki).

- Dis, à quelle ère remonte cet air ?

- Indiscret ! ère 1938.

- Dis ? avant ou après JC ?

- T'occupe ! C'est la berceuse que papa me chantait quand j'étais une ch'tite n'enfant !

- Euh, dis ?... tu as vraiment été une ch'ti...

- Motus damoiseau, écoute plutôt.

♪ ♫ ♪

Ma petite fille adorée -é- eu

Mon amour chéri mon espoir

Il est tard laisse ta poupée-é-eu

- Dis, ta poupée, c'était laquelle des Barbie ?

- Très drôle ! elle était toute ronde, bourrée de son, une bouille sympa avec des yeux boutons.

C'est l'heure de dire bonsoir

Maman va chanter

- Trop cool ! ta mother passait sur You Tube ?

- Ah le geek ! Maman fredonnait, c'était papa le chantre des berceuses.

En te fermant les yeux

- Oh là, dis ! " te fermant les yeux "ça fait pas un peu gore ?

- T'inquiète, c'était pour de faux !

La légende du rêve bleu

- Dis ? bleu, c'est pour la rime ?

- T'occupe, le bleu c'est la sérénité et puis ça peinturlure et camoufle les couleurs de la réalité...

                                                     ♪    REFRAIN  ♫

Le rêve bleu léger mysté-ri-eux

Comme  un oiseau vole autour des berceaux

- Dis c'est quoi un berceau ?

- C'est genre clic-clac pour minus loupiot; le mien c'était un "moïse" en osier, fabrication maison.

- Un  moïse ?

- T'occupe, c'est de la Bible du caté.

- Dis, c'est quoi l' caté ?

- Pfou, quel parpaillot ! c'est compliqué... Au caté, on raconte que dans la Bible il était une fois un pharaon mal luné qui décida de faire éliminer de son royaume tous les bébés-garçons. L'un d'eux fut caché pendant trois mois par sa maman qui supputait que l'autre furieux allait vite se calmer. C'était un teigneux, il ne désarma pas. Elle résolut de sauver son loupiot. Le cœur fendu, elle l'abandonna dans un panier qu'elle mit à flotter sur le Nil.

- Et le v'là skipper à trois mois ? eh, t'es trop mytho !

- Et toi, t'es trop arrogant ! Elle avait pris soin de le mettre à voguer tout près de la berge. La fille de Pharaon, qui prenait par là son bain de Nil, aperçut cette jolie corbeille (elle les collectionnait). Aussitôt elle pria l'une de ses suivantes d'aller quérir l'objet. Madame ! sursauta la servante, la panière n'est pas vide... dois-je malgré tout la quérir ? Pas vide, tant mieux ! répliqua pharaonnette, ce sera mon premier panier garni, va quérir, va ! C'est ainsi que le nourrisson fut sauvé et prénommé fort à propos Moïse, qui signifie "sauvé des eaux".

-  Chez Ikéa ça aurait donné Ywzbxötcy !

- Ja ! Il fallut attendre des ères avant qu'un jeune osiériculteur qui, le jour, tressait des couffins en fredonnant  ♪  j'ai lié ma botte avec un brin de paille,  ♫ j'ai lié ma botte avec un brin d'osier ♫ et le soir dévorait goulûment la Bible, se redresse comme un diable sur sa paillasse, bonnet de nuit de traviole et s'exclame EURÊKA ! Le matou fort marri qu'il avait envoyé valdinguer, lui fit remarquer avec dédain, tout en lissant ses moustaches, que, fi, cette exclamation Archi-connue n'était qu'un plagiat, un emprunt. Cause toujours mon minet, rétorqua l'osiériste, l'emprunt, c'est la banque qui va être ravie de me l'octroyer, je m'en vais breveter en " moïses " mes paniers où coucher les humains nouveaux-nés ! On douilletta la rusticité de l'osier de quelques volants roses et bleus froufroutés, on ajouta quatre roulettes en bois d'arbre AOC et zou, en couffin moïse était re-né !

- René Moïse, j'imprime. Dis donc, avec toi le caté c'est trop d' la balle !

Il fait son nid bien près des tout-petits

- J'hallucine ! y' avait un nid dans ton moïse ?

- Eh l'espion, ne le répète pas, j'ai même piqué ses plumes pour rembourrer mes oreillers !

Pour approcher leur cœur de son aile porte-bonheur

Le rêve bleu c'est l'ange bienheureux

- Dis ? c'est quoi un ange ?

- T'occupe ! c'est genre Superman avec des ailes et des frisettes.

Du beau pays appelé paradis

- Dis, c'est quoi le paradis ?

- T'occupe ! c'est genre se délecter gratis chez Mac Do d'un Royal cheese et double coca, les orteils en éventail dans des super sneackers, le pied quoi !

Et chaaaque soir avant de reveeenir nous voir

Le rêve bleu s'envole dans les cieuuuux

- Trop fort ! un rêve en schtroumpf volant ! 

- Gargamel, sors de ce corps !

Plus tard lorsque tu seras gran-ande

- Dis, c'est cool la vie, on est tout- petits, moyens-petits puis tranquillou, petit à petit, on grandit.

- T'inquiète ! plus tard on rétrécit...

Un autre bras te bercera

- Tiens ! pourquoi un seul bras ?

- T'occupe c'est pour ne pas vexer les manchots !

Tu n'entendras plus la légen-en- de

Le soir quand tu t'endormiras

Et les rêves qui viendront peupler tes nuits

Ne seront plus comme aujourd'hui

- Dis, pourquoi donc ça ne sera plus comme avant ?

- T'occupe ! par toi-même tu le découvriras...

 

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Défi n° 176 proposé par Commandant Domi pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

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Domi nous propose cette image :

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Bin me v'là bien !

Va falloir changer les paroles du Petit Papa Noël

♪ ♫

Oh Oh l'ex papa Noël

ne descendra plus du ciel

finis joujoux par milliers

des nèfles dans vos souliers.  ♫ ♪

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Hier encore je me trouvais dans le pétrin.
M'inscrire à pôle nord emploi semblait être de mise,

ma traditionnelle virée semblait bien compromise,
il faut que je vous dise :

pour tirer mon traîneau je n'avais même plus un bourrin...
J'étais rudement désappointé... Oyez :

Début janvier 2016, j'ai chaussé mes charentaises,
envoyé mes rennes en récré après les avoir informés,

- Les p'tits gars, rendez-vous pour quelques devoirs de vacances
le vingt sept novembre, premier dimanche de l'Avent.

D'ici là, à vous les réjouissances !
Joyeusement ils s'égaillèrent.

Les mois passèrent sans faille.

Vint le moment de les rassembler, passer en revue leurs sabots, accorder leurs sonnailles
avant d'affronter de l'hiver la grisaille.

Arrive le premier dimanche de l'Avent, tintin ! pas de rennes pour Saint Séverin.

Et le deuxième dimanche, me direz-vous, celui de Sainte Barbara ? Ils n'étaient toujours pas là...

Hier enfin, le facteur des PTT, tout essoufflé me remet le courrier, je vous lis ici ce que chacun écrit.

ÉCLAIR (celle qui apporte la lumière) depuis Berlin, m'éblouit d'un
- Hallo ! Zip-Zap-Zoup, fuserai le jour de l'hiver !

TONNERRE  (le plus fort) résonne :
- De Strasbourrrg, gouàterrrtag Maîtrrre vénérrré, baoumbadaboum, déboulerrrai  l'avant - derrrnier merrrcrrredi de décembrrre.

TORNADE (le plus rapide) émet depuis Lisbonne :
- Oi ! serai là en tourbillon dès les premiers flocons !

FURIE (le puissant qui se pavane), quelque part dans les ruines de Rome :
- Avé ! Condescendrai à fréquenter la harde selon MA volonté, avant janvier.

COMÈTE (celui qui apporte le bonheur aux enfants), depuis Paris encense :
- Bonjouuur ! Paix, sérénité, joie, félicité, bisous Père Noël adoré !

CUPIDON gazouille depuis l'Île Maurice :
- Bonzour ze serai là avec des brazées d'amour pour les z'enfants. Ze te promets, avant le Nouvel An !

FRINGANT(E) (la plus belle) est en Pays Universel :
- Buongiorno-oh-oh-oh ! Le temps de  me mistifriser, me pomponner, me farder, me bichonner et je siègerai en magnificence, gloire et beauté à tes côtés, oh ! Père Noël si séduisant.

DANSEUR  pirouette depuis Madrid :
- Buenos dias ! Je serai là bientôt, en allegretto tempo de fandango. Bécot !

RUDOLPH, en fidèle catadioptre, me clignote :
- Présent le soir du vingt quatre décembre pour illuminer ta hotte de brassées de rouges papillotes !

Et tous, TOUS, vous m'entendez, ont ajouté le même post - scriptum :

- Pas envie de rentrer avant d'avoir terminé bataille de boules de neige chez les Cabardouche.

Je trouve ça louche, vais filer les récupérer.

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Puisque j'ai retrouvé tous mes fidèles coursiers,
que j'ai un stock de jouets à écouler et plein de ch'tites n'enfants à gâter,

le soir de Noël, j'irai visiter toutes les cheminées.

Eh ! Oh-oh-oh, c'est moi l'Chef, faudrait voir à ne pas l'oublier !

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Défi n° 173 (statufié sur un banc) proposé par "La cachette à Josette" pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" On vous a servi une boisson qui vous a statufié sur un banc public ! Racontez ce que vous voyez, entendez et même ce qui se passe dans votre tête".

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- Ah monsieur ! Je crains que vous ne fassiez confusion...

- Ah mais voyons monsieur, quoi donc ? Je ne fais que reprendre possession de mon "tuyau de poêle", gorge de pigeon.

- Ah non monsieur, c'est mon "tube" que vous vous apprêtez à chausser. Votre huit reflets patiente, suspendu à ce perroquet.

- Ah monsieur, mais vous avez raison ! nos hauts-de-forme se ressemblent d'une indéniable façon, veuillez excuser ma méprise. Je me présente: Hilaire Germain Edgar De Gas, dit Edgar Degas.

- Enchanté, monsieur. On me nomme Hans Christian Andersen, sans surnom connu, hormis celui de "Pierrot" dont m'affuble un fâcheux, un certain romancier envieux...

Pour clore avec courtoisie cette anecdotique étourderie, Hilaire Edgar, fort civil, m'invita à liquider en sa compagnie le reliquat de la bouteille de "fée verte" qu'il venait d'immortaliser, en un tableau nommé fort à propos "L'absinthe".

Que bus-je? absinthe ou sulfate de cuivre ? Je ne saurais dire...

Toujours est-il qu'après avoir absorbé ce breuvage, je me retrouvai bizarrement figé, statufié, pétrifié, sur un banc public.

Me voici à la merci de la populace, qui questionne.

- Qui c'est ce gonze qui bronze sous ce bronze ?

- Dis-moi beau prince, ce livre fermé et beaucoup, beaucoup trop... bien protégé... que cache-t-il ? du grivois ? du polisson ? Est- ce que sous ton beau galurin tu camouflerais un esprit libertin ?

... Et de me tortiller le nez en signe de complicité.

Je me sens livré aux désœuvrés dont le métier est de flâner. Ils rôdent à mon entour.

Certains tartufes ironisent, aspergent mon chapeau du restant de leur bouteille d'eau.

-  Oh mais il a l'air fiévreux ce coco, engoncé dans son frac sous les cocotiers...

Des persifleurs en tongs, bermudas et caméras, d'une main molle me tapotent l'épaule puis s'en vont trainailler à la recherche de nouveaux sujets à gloser.

- Waouh ! respect mon pote ! même pour siester sous les palmiers tu gardes ta tenue de grand argentier ! Cool vieux frère... cool !

Cet hiver, ils se réuniront pour une soirée écran géant-Kodak-vacances- bière et cacahuètes. Un seul d'entre eux me remarquera et questionnera en chuintant (l'effet cacawouètes).

- Hé Lulu, qui ch'est che jules incongru ?

- Bof, chais plus son nom. J'crois bien qu' c'est une huile du coin qu'a fait fortune dans la graisse de palme.

Ceux que je redoute le plus sont les troupeaux de badauds.

Le badaud d'élevage est un redoutable lourdaud, un nigaud, un ostentatoire tapageur qui bruit pour amuser la galerie, qui chatouille, pelote, tripote.

-  Eh, les mecs ! ce bourge m'a tout l'air de s'ennuyer. Si on allait lui faire un brin de causette !

Misère ! Une turbulente flopée de mains m'assiège de caresses, tandis que des popotins moelleux et des croupions ossus s'abattent en bruyante bousculade sur  mes horizontalités. Hélas, aucun de ces fessiers n'a la délicatesse de celui de ma princesse au petit pois...

- Eh dis, l'ancien ! tu pourrais nous regarder au lieu de tenir ton nez levé vers le ciel, tu crains qu'il te tombe sur la tête ?

Ils ne savent pas ces niais que je guette le qvivit qvivit d'une belle hirondelle. Elle transporte sur son dos Poucette, une jolie fillette pas plus haute qu'un pouce qui a pour lit une coquille de noix et un pétale de rose en guise d'édredon.

Un jour l'hirondelle viendra me confirmer que Poucette a enfin trouvé son Prince.

Le sort qui me fut jeté par la fée verte sera enfin conjuré.

Je m'en retournerai alors en terre de Danemark, y convierai Hilaire Germain Edgar... histoire de tester sur lui les pouvoirs de l'aquavit !

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Défi n° 172. Thème “ VOYAGE” proposé par Durgalola pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Une seule contrainte, commencer par

Partir, ça y était: instant magique.”

Partir, ça y était: instant magique.

Juillet 1952.

J'ai sept ans et demi.

Je suis habillée en dimanche et pourtant on est jeudi.

J'ai passé ma jolie robe bleue à volants et coiffé mon chapeau de paille, celui avec le bouquet de cerises.

C'est un jour très exceptionnel: je vais prendre le train pour la première fois !

Pour la première fois je vais voy-a-ger !

J'ai dépassé l'âge de raison, pourtant ma mémé a tenu à m'accompagner.

 

J'ai laissé faire parce que c'est elle qui a les tartines dans son grand cabas en toile cirée.

 

Et puis j'ai deviné qu'elle avait hâte d'étrenner sa robe de satinette noire. Elle devait aussi tester la résistance du fil élastique de son chapeau qu'elle a coincé sous son remarquable chignon blanc.

 

Je la trouve élégante ma mémé. Elle m'a promis de me donner sa capeline à pivoine le jour où je mettrai des souliers à échasses. (Psst ! faudra pas lui dire, mais des fois j'emplis d'eau mon dé à couture et je vais arroser, dans son armoire, la jolie fleur cousue sur son ruban).

C'est le matin du grand jour !

 

Avant de chausser mes belles sandalettes et mes socquettes blanches à revers, j'ai soulevé l'oreille toute douce de mon ami chien fidèle, m'en suis approchée de si près que ses poils m'ont fait des guillis, et lui ai chuchoté la grande nouvelle.

« Moumousse, j'vais te dire un secret, je pars à cent cinquante kilomètres... C'est très, très loin, presqu'autant que la lune, chez les cousins d'Oyonnax qui fabriquent des boutons en bakélite. Je te promets que si j'en trouve un en nonosse, je te le rapporte ! »

 

J'ai rabattu son oreille sur ma confidence. «  T'es content mon Mousse ? » Il l'est. Il a frétillé et m'a devancée en zig-zags fureteurs dans ma tournée d'au revoir à la ferme.

 

« Salut les meuhs, je pars en voyââge !» L'œil vague, les opulentes montbéliardes ont continué leur rumination... Pour les sortir de leur somnolence j'ai piaillé « Je pars en voy-ââ-geu ! » Elles n'ont pas bronché. Ma parole ! elles se moquent comme d'une guigne de ma grande aventure... Vexée, l'enthousiasme en berne, j'ai tourné les sabots en faisant remarquer à ces insensibles que les fréquenter plus longuement risquait de laisser, sur une mademoiselle qui va pratiquer la grand'ville, des relents de fumier fort malvenus et indignes de sa condition de grande voyageuse. Et vlan !

 

En bottant les fesses de tous les cailloux croisés en chemin, j'ai filé jusqu'aux clapiers.

« Eh les lapinous, vous avez devant vous une jeune fille qui va circuler en train ! Vous imaginez ! Il va démarrer de deux cents mètres d'altitude à Dole, pour grimper jusqu'à à neuf cent quarante huit mètres ! Incroyable, non ? »

Pfou, ils n'ont pas même fait semblant d'être épatés... Y'en a même un, agacé par mon enthousisme, qui a tapé de la patte (signe de grande irritation) et tous ont gloutonnement accéléré leur aiguisage d'incisives sur les pissenlits.

 

… Neuf cent quarante huit mètres n'ont pas estomaqué ces estomacs à pattes, j'aurais p'têtre dû tricher un peu et arrondir à neuf cent cinquante mètres, le col de la Savine ne m'en aurait pas voulu...

N'insistons pas, malgré leurs grandes oreilles ces bestioles sont sourdingues.

 

Les cochons font un tel raffût en piapiatant dans leur auge que je ne prends pas la peine de leur confier que mon excursion va durer au moins trois heures... bien fait ! ça va ternir leur journée, tant pis pour eux.

« Eh les filles ! je vais prendre “ la ligne des hirondelles ” * et exporter jusque dans l'Ain deux douzaines de vos bons œufs; mémé les a douilletement enveloppés dans les feuilles du “ Jura Agricole” pour ne pas les dépayser ! »

 

Victoire ! j'ai produit mon petit effet. Les poules ont apprécié que je vante leur production. Pétries de gratitude, elles ont sorti leur bec de la pâtée de maïs et m'ont fixée d'un œil rond; j'ai profité de ce public de bonne volonté pour ajouter « Et je vais passer sous trente six tunnels et sur dix huit viaducs ! » Euh... là, en revanche... j'ai fait chou blanc... le minéral en ouvrages d'art n'interesse pas ces gallinacées, elles ne l'estiment qu'en graviers pour améliorer la consistance de leurs coquilles... et puis je les dérangeais, elles avaient hâte de revenir à leur pitance, que Mousse leur carottait sans vergogne.

 

«  Oh là là Lisette, comme tu brilles ! Pépé t'a étrillée... tu vas nous faire honneur quand tu entreras la calèche dans la gare de la sous-préfecture. Y aura p'têtre une fanfare qui jouera “ l'hymne à la belle jument comtoise ”. Tu mérites bien une bonne grosse poignée d'avoine en rab, tiens ma belle, à tout à l'heure ! »

Et nous y voilà.

Pas de fanfare ? Tant pis !

C'est donc ça une gare ?

Que c'est beau. Que c'est grand !

 

Les portes voûtées pleines de carreaux, hautes comme un porche d'église, la verrière aussi grande que la mare aux canards, le bataillon de lanternes bien alignées (y doit en falloir des piles Wonder...), les six cheminées qui montent la garde autour de l'horloge aussi grosse que le soleil...

Soudain tout s'agite, on se croirait à la foire.

 

L'homme tranquille, en bel uniforme, qui tout à l'heure délivrait placidement à mémé deux vilains petits tickets bistres de troisième classe, se transforme en impressionnant Monsieur Le Chef De Gare: gestes secs, drapeau brandi, joues cramoisies, stridulations aiguës de son sifflet à roulette en laiton chromé.

 

En écho, explose le sifflement à vapeur de la grosse loco noire qui fulmine en brume blanche et pue le cambouis chaud.

 

Bouh, ça fait un peu peur... à la petite demoiselle. Elle apprécie vraiment la proximité des cotillons de sa mémé et serre très fort sa main.

Hé ! on peut être aventurière et sensible à la fois, non ?

…...........

 

Bien des décennies après cet initiatique voyage ferroviaire, me reste le souvenir des sièges à lattes de bois, rigides et rudement inconfortables; la chaleur de juillet était si intense que leur vernis avait fondu et définitivement gâché ma plus jolie robe du dimanche...

…...........

 

* “ Ligne des hirondelles ”: elle existe toujours, débute à Dole-du jura (sans accent ciconflexe, malheureux !) et se termine à St Claude. Les ouvriers qui travaillaient à la construction des viaducs paraissaient aux gens d'en bas, si petits et si hauts perchés qu'ils semblaient tutoyer le vol des hirondelles, d'où sa poétique appellation.

 

       

       

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      Défi n° 170 ("Les mots" de Prévert) proposé par Martine 85 pour les Croqueurs de mots.

      Publié le par François & Marie

      En vous inspirant du texte "Pour faire le portrait d'un oiseau", écrire une recette à la Prévert: "Pour maigrir"... "Pour être heureux"... "Pour trouver le grand amour et le garder"... en prose ou en vers.

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                                          PAROLES de gallus gallus

                                          POUR DÉSAPPR' OUVER *

      Pour désappr'ouver *

      prendre quatre heureuses poulettes

      en condition d'ouver *

      Leur vie n'est que calme et volupté

      jusqu'au jour où elles vont

      s'étonner de voir fermés les volets de leurs propriétaires préférés

      Intriguées elles se mettront alors

      à observer la façade d'un œil rond

      à lorgner

      à tendre le cou en à coups saccadés

      pour le coup gloups

      à avaler de travers un gravier

      à se questionner

      mais où sont passés les deux charmants parents

      et leurs enfants tout marrants

      qui chaque jour nous gesticulent

      de joyeux et familiers coucou les poulettes

      depuis la fenêtre entrebaîllée

      Elles vont

      s'inquiéter

      conclure que dans la jolie maison d'en face

      quelque chose est arrivé

      quelque chose d'insolite

      quelque chose d'inaccoutumé

      quelque chose de troublant

      quelque chose de déroutant

      pour leur rassurant ronron  routinier de gallinacées

       

      Puis elles vont

      réfléchir

      vaquer dans l'espace qui leur est réservé

      dans l'herbe ou dans les cailloutis

      Feindre de penser que rien n'a changé en leur petit paradis

      caqueter glousser picorer

      comme si de rien n'était

      mais par réflexe au troisième asticot

      élancer un cou tendu tchac vers la façade muette

      vérifier qu'elle est toujours désertée

      Elle l'est...

       

      Cogiter sans angoisser

      Considérer la situation

      Convenir que la pâtée de maïs est bien servie à temps

      que les oeufs sont récupérés au bon moment

      que le flot d'eau claire est constant

      que des êtres sympathiques et réglos

      veillent au rituel de leurs journées

      Pourtant elles sont frustrées toutes chairdepoulées

      privées de leurs humains favoris 

       

      Elles vont se raisonner

      ne pas trop s'alarmer

      patienter

      se coucher se lever comme les poules

      attendre

      s'il le faut trois jours ou deux

      la patience paie toujours

       

      Si les persiennes de leur maisonnée préférée restent closes

      c'est mauvais signe

      signe que leurs maîtres ont déserté

      Elles vont alors

      jaboter conciliabuler

      prouver qu'elles ne sont pas des poules mouillées

      Voter agir faire grève de pondaison

       

      Épier les réactions de la nounou de remplacement

      Gloussoter de triomphe devant son air stupéfié

      caqueter en effrontées

      Si elle tente de dialoguer

      bin alors mes poulettes quatre jours sans cocos qu'est-ce- que quoi donc

      Rétorquer

      on n'est pas tes poulettes

      nos œufs sont notre patrimoine

      on les sauvegarde pour nos maîtres nos amis d'à côté

      qui s'en régalent à la coque avec leurs flocons d'avoine

      Mais... vos maîtres  sont partis vacancer congés bien mérités

      me priant en qualité de mamie et toute proche voisine

      de respectueusement vous materner

       

      On ne vous croira que lorsqu'on verra leur maison s'animer

      à leur retour seulement nous serons disposées à

      redevenir poules enjouées aptes à crételer *

      Pour l'heure Plumette Crevette Chaussette et Prétolette *

      décident d'entrer en rebellion

      de ne plus pondre non non non

      de s'attaquer au réservoir d'eau

      le cochonner de giclées de fientes pouët

      le crotter de jets terreux

      gratter chambarder saccager et vlan le renverser

       

      Si la mamie nourrisseuse écarquille des yeux effarés

      et une bouche en cul de poule

      c'est bon signe

      signe que vous avez gagné

      qu'elle va informer votre famille de vacanciers

      ils vont se hâter de venir vous retrouver

      Gaussez-vous

      déambulez mollement en tordant du croupion

      siestez culs tournés sous le noisetier

      cloquez à votre gré de hautaines onomatopées 

      pouëtez pouëtez repouëpouëtez

      et l'année prochaine partez donc avec eux vacancer

       

      ...................................................................................................................................................................................

       

      * ouver: pondre

      * crételer: chant de la poule qui vient de pondre

      * Prétolette à ne pas confondre avec Pétrolette (Noémie et Louis sont formels !)

       

       

       

      .

      Pour faire le portrait d'un oiseau

      Pour faire le portrait d’un oiseau Peindre d’abord une cage Avec une porte ouverte Peindre ensuite Quelque chose de joli Quelque chose de simple Quelque chose de beau Quelque chose d’utile Pour l’oiseau Placer ensuite la toile contre un arbre Dans un jardin Dans un bois Ou dans une forêt Se cacher derrière l’arbre Sans rien dire Sans bouger… Parfois l’oiseau arrive vite Mais il peut aussi bien mettre de longues années Avant de se décider Ne pas se décourager Attendre Attendre s’il le faut pendant des années La vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau N’ayant aucun rapport Avec la réussite du tableau Quand l’oiseau arrive S’il arrive Observer le plus profond silence Attendre que l’oiseau entre dans la cage Et quand il est entré Fermer doucement la porte avec le pinceau Puis Effacer un à un tous les barreaux En ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau Faire ensuite le portrait de l’arbre En choisissant la plus belle de ses branches Pour l’oiseau Peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent La poussière du soleil Et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été Et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter Si l’oiseau ne chante pas C’est mauvais signe Signe que le tableau est mauvais Mais s’il chante c’est bon signe Signe que vous pouvez signer Alors vous arrachez tout doucement Une des plumes de l’oiseau Et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

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      Défi n° 161 "quiproquo sur la date" proposé par Jeanne FADOSI pour Les Croqueurs de Mots.

      Publié le par François & Marie

      Défi n° 161 "quiproquo sur la date" proposé par Jeanne FADOSI pour Les Croqueurs de Mots.

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      Défi n° 161 "quiproquo sur la date" proposé par Jeanne FADOSI pour Les Croqueurs de Mots.

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      Défi n° 138 proposé par Lilousoleil pour les Croqueurs de mots.

      Publié le par François & Marie

      Défi n° 138 proposé par Lilousoleil pour les Croqueurs de mots.
      Défi n° 138 proposé par Lilousoleil pour les Croqueurs de mots.

      Vous voyez cette "brindille", oui celle qui tambourine d'un ongle carminé et préoccupé l'émail de ses jolies incisives fraîchement orthodontées, c'est Aglaé.

      Aglaé vient d'agencer en cabinet de curiosités les trésors, en soldes, qu'elle a quêtés. Elle passe en revue ses trophées.

      Dans un cliquetis de bracelets elle pointe soudainement d'un index accusateur le lumignon travesti en amanite tue-mouches qui occupe un casier de l'étagère.

      - Ce champignon, d'où vient-il, moi qui n'ai jamais pu les digérer...

      Aglaé peut être sujette à des amnésies consécutives à certains achats compulsifs.

      Et hop ! elle vire la lanterne au gros pied chapeautée de rouge et vlan la rétrograde au niveau du plancher.

      Aglaé se détend, cesse d'agacer sa denture, enchaîne un pas de côté, suivi d' un déhanché très étudié et lâche,

      - Pââr-fait !

      - Cââ-naille ! tremblote de rage la reniée qui se souvient qu'elle a dans ses gênes d'amanite des pouvoirs hallucinogènes, je vais en représailles semer une belle pagaille parmi tes précieuses trouvailles.

      Ses prédictions se confirmèrent.

      Défi n° 138 proposé par Lilousoleil pour les Croqueurs de mots.

      Lorsque Aglaé faisait mine de se saisir du sac noir chat bossu cuir verni aux yeux jaunes fielleux 305 €, il se mettait à feuler, à crachoter. Elle l'abandonna au portail de son redresseur fiscal.

      Alors qu'elle avait décidé d'aller minauder en compagnie de sa minaudière clopeuse à sequins et cristaux 1500 €, la brindille se voyait interdire l'accès à toutes les soirées branchées madame, ici, nous tolérons bien des turpitudes, mais, fumer est interdit !

      Un matin de vent glacial elle voulut se coiffer du modeste bonnet acrylique, 12 € 90 (une misère), celui-ci exigea que les yeux de la belle se placent très exactement au niveau de ses quinquets divergents. Devant cette impossibilité anatomique elle céda le couvre-chef au chef des vengeurs masqués, en mal de cagoule.

      Guillerette un matin Aglaé s'attaqua à gambader souplement en sneaker gauche 790 €, résille rose bonbon orné de broderie, au bout de cent mètres à cloche-pieds, elle s'écroula, épuisée. Elle en déduisit qu'elle aurait bien dû acheter le deuxième soulier...

      En toute logique, puisque l'automate tout raide, rose nacré et petit riquiqui, 23 €, tolérait l'appellation insolite de "boule de Noël", la brindille, l'accrocha au sapin. Le petit robot vexé comme un pou utilisa ses pouvoirs intergalactiques pour vriller en une bouillie ruineuse le Nordmann floqué, puis se mit en orbite pour retrouver son copain Nono le petit robot.

      Se sentant en phase avec un doux soleil printanier, Aglaé choisit d'exhiber son sac en cuir grainé. De loin on aurait cru qu'elle baladait une grosse tranche de jambon en laisse (une tranche à 1190 €, ça fait cher le kilo!), elle fut stupéfaite et effrayée de voir se rassembler à ses trousses une meute inquiétante de canins et félins. Elle courut chez elle se calfeutrer, décida que le jambon était périmé, le donna à sa bignole qui en orna sa cheminée aux côtés d'un matou empaillé.

      Son sac en veau rebrodé de 1200 € de sequins lui infligea lui aussi bien des déconvenues, il meuglait bruyamment dès qu'elle croisait un étal de boucher. Elle se vit accuser de détournement de chalands par le syndicat des tripiers. Depuis Aglaé ne mange plus que des calamars, sans frites et sans moutarde, c'est son droit d'après le Code Pénal.

      Elle crut bien ne plus jamais marcher droit lorsqu'elle se percha à droite sur une bottine daim 1395 € et à gauche sur son homonyme, et pourtant dissemblable en cuir 895 €. Est-ce l'écart de 5 cm ou celui de 500 € qui la transforma en Quasimodo claudiquant ? Elle jeta le bottillon droit du haut de la tour gauche de Notre Dame et le gauche depuis la tour droite, par pur esprit de contradiction.

      Un jour d'été alors qu'elle déambulait dans la campagne, Aglaé fut attaquée par une alouette qui lui vola sa coquette coque iPhone 55 € . Il semblerait que le volatile l'ait confondue avec un miroir aux alouettes. Dépitée l'alouette décida de changer de lunettes et de se faire plumer et le bec, et le bec (elle ne s'était jamais aperçu qu'elle en avait deux...)

      L'hiver venu, Aglaé décida de se ganter de renard, 453 €. Qu'avait-elle fait là ! Dès qu'elle croisait un corbeau qui revenait de la supérette en trimbalant un camembert ou une cigogne qui venait d'acquérir un nouveau vase à long col, la moufle en Goupil se mettait à glapir, à japper, à trompeter, provoquant l'ire des gens du quartier. Embarrassée, elle courut l'enfouir dans le terrier... d'un blaireau, pour tromper l'ennemi.

      Défi n° 138 proposé par Lilousoleil pour les Croqueurs de mots.

      Aglaé démoralisée par le vide de ses étagères, se saisit de la lampe champignon qu'elle plaça bien en évidence dans le plus beau, le plus vaste des casiers. Hé hé ! L'amanite était vengée.

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      Défi n° 136 (vêtement & Co) proposé par Enriqueta pour Les Croqueurs de Mots

      Publié le par François & Marie

      piscine

      piscine

      C'est un vêtement que vous aimez, que vous avez perdu et qui vous manque cruellement.

      ..........................................................................................................................

      Égaré petit pull bleu marine.

      En suis encore chagrine.

      Décolleté en V.

      Tout neuf, pas délavé.

      Cachemire  100 %,

      qu'il me manque bon sang !

      Vous qui l'avez chipé, chouravé, emprunté, 

      sachez, mijaurée, que pour le laver, le rincer

      vos mains seules devrez utiliser

      (feignasse, pas d'engin à laver motorisé),

      Défense de le fouler, l'écraser,

      (ça n'est pas une purée, timorée !)

      À l'envers en douceur le repasserez.

      Malheureuse ! Arrêtez ! ne jamais le chlorer,

      ni en tambour battant le sécher. 

      Et si vous le tachez (maladroite !),

      aérez, aérez

      puis le perchloréthyléner.

       

      Refrain : Égaré petit pull bleu marine... ♪ ♫

       

      Ah ! J' viens de l' retrouver

      tout au fond d' la piscine...

      ... tout pourri depuis cet été...

      Il a bien mauvaise mine

      mon p'tit pull bleu marine...

       

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      Défi n° 135 proposé par Lilousoleil pour les Croqueurs de mots.

      Publié le par François & Marie

      ..............................................................................................................................................

      "Un homme ou une femme reçoit un cadeau, un colis, une lettre... il peut lui plaire ou pas... il peut lui être destiné ou pas..."

      À vous de raconter, de broder, d'inventer, d'imaginer; à chacun son histoire même la plus abracabrantesque.

      ..............................................................................................................................................

       

      - M'dame B'jour ! Un p'tit paquet pour vous.

      - ... ? 

      - Une signature, s'vouplaît, contre paiement... 292 € 78 centimes.

      - Quoi ! mais je n'ai jamais rien commandé ! ...

      - Bin...C'est p't'être le Père Noël ma bonne dame...

      - ... Qui fait payer ses cadeaux? Belle mentalité ! Vous êtes sûr que ce colis est pour moi ?

      - Bin c'est vot' nom ? Vot' adresse, ou pas ?

      - Certes, ce sont. Mais... 292 € et des poussières, c'est pas une paille...

      - Moi j'suis que l' livreur ma p'tite dame... faut s'décider, signer et payer, j'suis pressé !

      - (grommelage interrogatif .............. ?)

      - Voiiilààà... merci m'dame, v'là l' double d' la commande. À la prochaine !

      - (bis: ............... ?)

      S'assit. Réfléchit.

      S'auto- interrogea.

      Se creusa le ciboulot comme si elle avait la trouille d'être passée à tabac.

      Oui...Oui ... M'sieur le Commissaire, je voisssjevoisssjevoissss...(se prenait pour Madame Irma). 

      Fin octobre, au milieu des promos de Clindœil pour les suaves Stollen de ♫ Stille Nacht  ♪

       Heil'ge Nacht ♫ (trois centimètres de sucre glace sur pain brioché au beurre "frais" fondu

      aux œufs "extra-frais" blanchis avec la cassonade fourré de pâte d'amandes -aux -amandes

      fruits secs à volonté et fruits confits macérés dans du schnaps à la cannelle th 180°

      Celsius 45mn pour la modique dose de 850 kcalories la mini-tranche et demie, pouf !).

      S'égarait. Continua. 

      M'sieur le Commissaire, au milieu des réclames paperassières de Clindœil sus-cité, de Sup et

       Ru qui vantait ses papillottes à pétards du Nouvel An et Quasi-now qui faisait miroiter son

       foie gras du réveillon (alors que nous n'étions qu'à la fin de l'automne, qui, lui, faisait son

       boulot dans les temps, en sommant les framboises remontantes de bien vouloir remonter afin

       d'offrir leurs rouges drupéoles aux baveux colimaçons), il serait peut -être possible que

       parmi ce fatras de cellulose transformée en feuillets imprimés,  j'aie lâchement catapulté

      UN catalogue dans ma poubelle bleue...

      Mais oui ! Ça lui revenait ! ... UN catalogue très laid de "La Maison du Corset". 

      Oui... M'sieur le Commissaire, peut-être y avait-il dans ce catalogue un bon de commande

      pré-imprimé...

      Oui... peut-être que mes nom, prénom, adresse y figuraient...

      Ça ne fait pas de moi pour autant une coupable. 

      Vous feriez mieux de rechercher

      QUI ? a eu l'audace de fouiner dans MA poubelle-tri sélectif ? (redevance PERSONNELLE

      fort onéreuse.)

      QUI ? à mon insu a signé l'illicite bon de commande ?

      QUI ? a mesquinement profité de l'enveloppe T (ni perte de temps en farfouillage me restait

      bien un timbre bon sang de bonsoir, ni léchouillage d'icelui) ?...

      ET SURTOUT ! SURTOUT, 

      corset.jpg

      QUI ? a OSÉ cocher X parmi les propositions de la Maison du Corset, les cases ci-après:

       

      X"Serre-taille pour personnes ayant un physique

                très particulier".

       

      X"Au -delà de taille 50, nombre de baleines doublé, surcoût 50€.

       

      Des goujats ! 

      Des pignoufs !

      Des paltoquets ! 

      Des envieux fouineurs de déchets bleus ! 

      Des jaloux de ma belle apparence, car,  Monsieur le Commissaire peut le constater, je suis

      une dame harmonieusement... légèrement enrobée...

       

      ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

       

      Pour illustrer le texte savoureux de Marie, le jeune Andiamo, fidèle lecteur de Cabardouche, nous recommande l'écoute de cette charmante chanson interprétée par Yvette GIraud.  


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      Défi n°134 (Chat alors !) proposé par Jill Bill pour les Croqueurs de mots.

      Publié le par François & Marie

       

      papatte.jpgMörgsögdböigs* naquit en kit. 

      Ses planches et ses boulons tout bien empaquetés, allée WXYZ .

      Un bricoleur du dimanche, un samedi à la maison l'amena.

      À la hâte le dépaqueta. Sans pudeur sous le lustre de l'entrée l'étala.

      Le malmena, l'embrouilla la tête en bas, la droite à gauche et vice versa.

      Le vissa de guingois, le maudit et, sans ménagements le dévissa.  

      D'un tournevis irrité le revissa,  puis ouf, dans l'angle du salon l'installa.

      Morceaudebois* suédois, de kit, en bureau s'émancipa !

      Il rutilait, se trouvait beau ! Beau comme un roi.

      Un roi statique à l'ambition de tire au flanc, rêvant d'un état stationnaire.

      Mieux vaut, me direz-vous, un état stationnaire qu'un état qui s'altère.

      Certes. Certes mon cher Albert.

      Dans cette même demeure Raminagrobis, prince des chats, tolérait ses maîtres.

      Dès tout petit, ce chaton avait prédit, de la maison qui m'abritera je serai le roi.

      Roi libre de fureter, de fouiner, d'explorer, de partout m'étaler, me répandre, me vautrer. 

      Depuis des années il se délectait de cette totale liberté.

      Aussi fut-il très agacé du remue-ménage provoqué

      par la mise en place de cet étrange bois boulonné

      qui ne lui avait même pas été présenté.

      L' O'Cédar à moustaches s'empressa de tester le nouvel arrivant,

      l'approcha en rampant pré-cau-tio-n-neu-se-ment.

      Vibrisses alertées, il renifla l'intrus,

      en conclut, il pue !

      Vitement s'en éloigna. En observateur se hissa

      au faîte de la corniche de l'armoire de tante Miche.

      Ce qu'il vit le ravit.

      Le plateau de Mörgsögdböigs offrait une piste dégagée,

      sans vent arrière ni remous traversier.

      Trop tentant ! Son échine féline en frémit. 

      Audacieux il s'élança bziii sur la plate-forme cirée.

      Plaf ! il atterrit sur le tapis, le coccyx endolori. Mortifié.

      Il s'entêta. Itéra et réitéra.

      Bingbingbing! Il prit trois gadins d'affilée.

      En voilà notre fier félin fort vexé.

      Morceaudebois en sourdine éclatait de joie,

      ahahah ! Vieux greffier, de nous deux qui est le roi ?   

      Patte pelue ne s'avoua pas vaincu(e).

      Il jura que tout élément qui serait déposé sur ce bureau,

      par lui en serait SYS-TE-MA-TI-QUE-MENT délogé illico.

      Il tint parole aussitôt. 

      Au prix d'une preuse é-lon-ga-tion,

      (gniiii... ce freluquet meubliau a une surprenante hauteur au garrot...)

      patapon procèda à une méticuleuse liquidation.

      Aucun millimètre ne lui échappa.

      Quelle virtuosité !

                              ↨↑↓    Slach-schlic-schloc !  

                              →←  Flac-calF !

                              ↨∟↨   Zip-zap-zoup !  

       

      Quelle maîtrise ! Quelle dextérité !

      Tout dégringola.  

      La pointe Bic eut beau helper-helper, la feuille de papier se quadriller,

      Gripeminaud, en zig-zags organisés, d'un revers vengeur envoya tout valdinguer.

      Jour après jour tout y passa,

      du bouquet de roses Thé, aux factures entassées,

      tout valsa.

      Le coupe papier et la lampe articulée furent manu militari, virés.

      Quel chantier ! 

      La maisonnée alarmée est loin de soupçonner

      ce minet si charmant qui dort en ronronnant.

      Pas lui ! Pas ce petit chéri, gouzi gouzi...

      On s'interroge, on suppute, on se querelle,

      on dégaine de gros mots... paranormal, exorscisme, diableries ...

      Mörgbûchedebois reste de bois.chat

      C'est à ce moment là que très dis-tinc-te-ment le greffier rauqua

      rhôâ-troll-troll-troool-troooll-rhôâ.

      L'assemblée se figea, une oreille lui prêta, mordit à l'hameçon... Et si ce chat avait raison...

      Si un être malveillant, laid sans doute, de surcroît, hantait ce mobilier... 

      Si ce Mörçödeböis était ensorcelé ...

      S'il était contagieux ?

      S'il était dangereux ?

      Léthifère ? Délétère ?

      Misère ! 

      Mörçödeböis, sans autre forme de procès, fut bouté hors de la maison,

      jeté dans un brasier ardent. Il s'y contorsionna... s'y consuma, s'y cendrifia.

      Soulagée la famille applaudit.

      RWÂÂÔÔ ! rugit en son for intérieur  Mistigris. 

      Miaouuu... roucoula le minet si joli

      contre le sein de sa maîtresse blotti, gouzigouzi ! 

       

       

       

       

       

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