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defi croqueurs de mots

Défi n°56 "Roman policier" proposé par Fanfan pour la communauté "Les croqueurs de mots".

Publié le par François & Marie

                                      - Roman policier-

L'histoire commence ainsi:

"Un soir d'orage où le bruit du tonnerre se mêlait à un plastiquage, près de la maison de Dumè..."

A vous de continuer.

Voici les questions:

1- Pourquoi la porte du frigo est-elle ouverte?

2- Pourquoi y a-t-il une chaussure à l'intérieur?

3- Pourquoi le grand -père est-il couché dans l'entrée?

4- Que fait le parapluie dans le lit conjugal?

5- Où est passée la grand-mère?

6- Pourquoi la bouteille est-elle vide?

7- Où sont passées les casseroles?

8- Qui a dit que c'était impossible?

9- Pourquoi lundi?

10- Que fait le chat chez les voisins?

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Un soir d'orage où le bruit du tonnerre se mêlait à un plastiquage, près de la maison de Dumè, il se mit à grêler dru.

Le commissaire Calistu-Calistu ("Très Beau-Très Beau", traduction métropolitaine gratuite) et son sous-fifre Lisandru ("Alexandre" pour nous autres continentaux), étaient chargés d'élucider une affaire de la plus haute importance. Ils s'étaient vu intimer l'ordre de mettre fin, dans les plus brefs délais, aux agissements du vaurien qui plastiquait, systématiquement les lundis de pleine lune, les vieux cageots et cagettes de Dumè, jetés à la diable dans le terrain vague près de sa maison.

La déflagration faiblarde retentit alors que les deux enquêteurs planquaient accroupis derrière leur Vespa 125 à side-car incorporé.

Vespa BDLe mas ancestral de grand-père Missia, grand-mère Mina et du matou "Chat-vieux" était dans leur collimateur.

Cette maison aux volets ouverts et aux fenêtres éclairées était suspecte. Traditionnellement dans ce village, on vit dans la pénombre des persiennes closes pour éviter mouches et moustiques et pour mieux épier les voisins. 

- Maintenant! intima Calistu -bis qui en avait ras le chapeau mou de se faire matraquer par les grêlons teigneux.

Lisandru bondit jusqu'à la bicoque. Se souvenant à temps qu'il n'était que stagiaire, il courut au ralenti-arrière et se mit sur pause devant les vieilles pierres ébréchées des escaliers.

Il convenait de laisser à son supérieur l'immense honneur de s'ecchymoser l'épaule droite en forçant la porte en bon bois d'arbre (dont la grosse clé pendait à la serrure).

- Police! clama le chef en braquant le faisceau de sa lampe-torche dans l'entrée (pourtant généreusement éclairée), personne ne bouge!

Personne ne bougea! D'ailleurs il n'y avait pas foule, seul grand-père Missia ronflait comme un sonneur au milieu du passage. Point de Chat-vieux ni de grand-mère Mina.

- Ah ça c'est du roupillon, siffla Très -Beau admiratif. Bizarre, il lui manque une godasse, remarqua-t-il fine-mouche, en éclairant une chaussette, tricotée-maison, en coton -pieds- sensibles -100 % fil d'Ecosse prune moucheté cerise burlat.

Réalisant que deux flaques d'eau les cernaient peu à peu, il ajouta pensif - Il est pas comme nous, il est bien sec le veinard, il pionçait déjà avant l'orage. " Icelui, fût-il orant avant que d'être gisant? "... poétisa-t-il dans un souffle.

Les sourcils du stagiaire s'arquèrent d'admiration. Une ride horizontalisa son front soudain soucieux: parviendrait-il un jour au niveau de culture de son chef ou était-il plus sage de démissionner illico?

Calistu ignorant dans quelle immense confusion d'esprit il venait de plonger son subalterne, mit le cap sur la cuisine qui jouxtait l'entrée. Il tomba en arrêt devant le Frigidaire ventru resté grand ouvert.

- Eh ben bravo l'économie d'énergie, bougonna ce sauveur de la planète. Quelle gabegie! Du cuir d'avant-guerre, s'indigna-t-il en découvrant la chaussure vagabonde de Missia qui squattait un reste de salade de pâtes au concombre et figatellu, sur la clayette 4° Celsius réservée aux plats préparés.

Accouru, Lisandru n'avait cure du cuir mais bavait d'envie devant ce plat succulent gâché par ce soulier incongru...Pour ne pas être tenté, il fureta dans le cellier tout proche. - Tiens, ça sent l'orange par ici, remarqua-t-il.

- Et ça continue! On range une bouteille vide dans le frigo! S'emporta le gradé, fervent défenseur du tri sélectif. Cette armoire réfrigérée est aussi mystérieuse que le placard de Barbe bleue, qu'en penses-tu fifrelin?

Lisandru révisa vite fait le vocabulaire-maison et s'exclama - Ben, c'est bien sûr chef, y'a du bizarre-bizarre dans cette cantine! Zieutez donc les ronds de traviole sur le mur.

- Traces de casseroles...Cinq. Diamètre douze à vingt. La batterie complète, évaporée...Récita le patron.

Lisandru admiratif, se sentit une fois de plus bien petit; seul un boss est capable, d'un seul coup d'oeil d'estimer un calibre de gamelles, par ailleurs... inexistantes. Le moral bas, il soupira.

- C'est le bouquet! Ricana le fin limier qui venait de pénétrer dans la chambre conjugale, v'là t'y pas qu'un parapluie noir sieste grand ouvert sur le lit, on aura tout vu!

 Yeux ronds et bouche bée, le subordonné s'appuya au chambranle, eut un reniflement interrogateur et constata tout haut - La aussi, ça sent l'orange!

Calistu-bis flaira l'air - Non gamin, ça sent la clémentine. Et pas n'importe laquelle, la clémentine CORSE.

- "Constitutiones clementinae", doit son nom à Frère Clément, longues feuilles effilées très parfumées, brillance, petit cul vert, chair sans pépins, juteuse et acidulée", récita rêveur Alexandre redevenu continental. Il connaît bien ces délicieux agrumes, sa maman en raffole. Pour elle, quand il était petit, il chapardait chez le primeur leurs belles feuilles vernissées et les lui offrait en odorant bouquet...

- Mazette, applaudit Calistu-bis éberlué, une vraie encyclopédie, bravo le mouflet!

Mouflet rougit et se sentit presque sous- chef ! Son moral remonta.

- Oui et alors! Chat-vieux et moi on mangerait des clémentines sur la tête d'un pouilleux, c'est-y un crime? grinça la voix fluette de la grand-mère Mina, sorte de petite fourmi noire les bras empêtrés de casseroles, qui venait d'entrer sans bruit par la porte du cellier. 

- Qui vous êtes, vous? Qu'est ce que vous fichez chez moi? D'où qu'vous v'nez? Vous voulez quoi? furibarda-t-elle en questions -rafales tout en plaquant ses marmites dans les bras du chef. Icelui se retrouva en situation hiérarchiquement embarrassante.

- Police! Eh! Les questions c'est moi qui les pose, se cabra l'agent en transmettant avec brusquerie son fardeau bassement ménager à un Lisandru... qui, hiérarchiquement, s'y attendait.

- Police, disais-je! Enquêtons sur plastiquage cagettes z'et cageots. Investiguons, rapido:

   très beau1- Casseroles disparues, motif ?

Grand-mère Mina: - Orage, voisins fuites plafond, téléphone SOS                     récipients...Illicite? 

   2- Porte frigo ouverte, motif ? 

   3- Bouteille vide frigo, motif ?

Chat-vieux: - Famine! Santa Mina m'offrir clémentine...Extase...Mais famine encore! Youpi fond bouteille lait, frigo. Adorémus-Mina, dans écuelle lait verser. Drrring- téléphone. Bella-Mina lâcher- réflexe  bouteille vide frigo. Madonna-Mina laisser "General Motors" porte ouverte. Mina-beatum bondir "ALLO"! ...Illicite?

   4- Parapluie dans lit, motif ?

Grand-mère Mina: - Dare-dare!  Parapluie à la volée. Si douairière corse sort sans châle noir= deshonneur. Presto!  chercher fichu armoire chambre = oublié parapluie sur lit...Illicite?

   5- Chaussure dans frigo, motif ?

Grand-père Missia:  - Chat très braillard. Mina pas là. Ôter soulier. Viser chat. Raté! = Aterrissage croquenot dans frigo... Illicite ?

   6- Grand-père roupille entrée, motif ?

Grand-père Missia: - Bel après-midi "Café des Amis" + petit muscat corse mummm...velours! + belote + re-velours + re-re-velours =  besoin dodo... = chambre. Ouh là ! Stooop! Lit + parapluie = diablerie... Donc, roupiller entrée...Illicite ?

   7-8-  Mina pas là et chat chez voisins, motif ?

Grand-mère Mina: - Faudrait suivre, hein! Mina + casseroles chez voisins. Chatière porte cellier, matou sortir, retrouver Mina = Mina + chat chez voisins...Illicite ?

   9-Plastiquage lundi, motif ?

 Mina, Missia, Chat-vieux:  - ...???

   10- Qui a dit  "impossible", motif ?

Mina, Missia, Chat-vieux:  - ...???

Le trio semblait avoir de solides alibis.

Calistu-Calistu en syndrome avancé de rhume de poitrine et en état d'hypoglycémie ramollissante, décida que vue l'heure tardive il était grand temps de rentrer prélasser ses pieds en charentaises- Jéva.

Lisandru ne se fit pas prier pour lever le camp. Il serait à l'heure chez Gaumont-Pathé où se donnait un super western noir et blanc, muet (quel régal d'arranger soi-même les dialogues!).

Agrippé au siège du side-car que son chef malmenait, l'apprenti-policier, pour oublier qu'il était mort de trouille, cogitait.

Il eut été chef, il eut pu se questionner:  d'où Chat-vieux tenait-il le fil bleu (fleurant la clémentine) avec lequel il jouait sous la table, durant la séance d'interrogation? Il lui semblait avoir entr'aperçu ce genre de câble azur dans les débris de cagettes explosées. Mais quand on n'est qu'apprenti, on n'est  pas chef! Et quand on n'est pas chef, on évite de se poser des questions.

 Il eut été chef, il eut pu se remémorer un brumeux épisode, rapporté par le neveu du cousin de la belle-soeur du frère d'un de ses amis, qui insinuait que Mina aurait transformé en coq au vin le gallinacé de Dumè, qui lui déterrait ses radis. En représailles Dumè lui aurait raflé, un lundi de pleine lune, toutes les feuilles de son clémentinier. La cuisinière de fricot frauduleux s'était retrouvée ainsi dans l'impossibilité de vendre sa récolte sous l'appellation " Clémentines corses AVEC FEUILLES ". Ses feues feuilles étaient pour elle un important manque à gagner.

 Mais Lisandru n'était pas chef...Et quand on n'est pas chef, on n'est pas habilité à soupçonner de plastiquage les lundis de pleine lune, qui que ce soit, pas même une petite fourmi en châle noir...

  Si l'on n'est pas chef, on ne peut subodorer que cette même petite fourmi, en parfumant la chatière à la clémentine, inciterait son vieux matou à la franchir, déclenchant ainsi la bombinette. Impossible de subodorer, vous dis-je, quand on n'est pas chef...









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Défi n°55- "Panne d'électricité"- proposé par Capitaine Tricôtine-

Publié le par François & Marie

Panne d'électricité-

 

Madame Pômée Sanzélektricité, issue de la génération presse-boutons,dort sur une montagne de picaillons.

Elle a eu le nez fin en ouvrant boutique de bougies, allumettes et lampes de poche à remontoir zinzinant, dès le début de la grande panne de courant. Depuis peu, on trouve sur ses  rayonnages un guide de " Nouvelles pratiques de déambulations dans le noir sans écorner la commode de tata Lucienne." Elle propose également un assortiment d'onguents-guérisseurs -d'ecchymoses pour les sots-radins qui s'obstineraient à snober son manuel GPS.

Nuit2

 Le fils de madame Sanzélek, un distrait de première, n'a plus à paraître navré d' exhiber une socquette bleue à dextre et une jaune à  sénestre, cette pénombre, quelle liberté! Personne pour lui reprocher son pull à l'envers porté ni ses joues mal rasées!

Monsieur Sanzélek jubile. Depuis que s'est installée cette nuit qui annule la notion de temps, il n'est plus tenu de payer ses dettes " avant l'août foi d'animal". Il en est fort aise!

Dans les ténèbres Madame Pômée qui n'a pas tout compris, s'extasie - Quelle belle capacité ce nouveau réfrigérateur!  et vide dans l'ascenseur ses radis, poireaux, yaourts et panais.

Puis elle s'impatiente, plantée devant une porte d'où sort du froid et qui fleure le Munster, elle attend depuis une heure qu'il bouge ce maudit ascenseur...

Dans le noir, elle affirme d'un ton sans appel - Madame, j'étais là avant vous! au ficus du salon; elle s'assied sur le chien, constate - Le dentiste a bien fait de changer les sièges de sa salle d'attente, un peu bas peut-être mais bien douillets ma foi!

Dans sa cuisine sombre, elle se régale de crème pâtissière bêtement étiquetée "mayonnaise de Dijon"...

Elle n'y voit goutte, pourtant elle âdooore les chocolats de son anniversaire garantis "cueillis main" dans une oliveraie provençale.

Dans sa salle de bains, elle trouve bien moelleuse la brosse à cheveux-balayette trouvée à tâtons. Puis s'étonne de la saveur du dentifrice qui s'honore d'être "anti-frizz, cheveux secs".

Allongée dans l'herbe, madame Pômée oublie le mutisme des radios et télés. Elle se délecte du chant des grenouilles et des grillons. Elle détecte Cassiopée, puis l'étoile du Nord (pour éviter peut-être de le perdre complètement...). Quelle quiétude! 

...Elle ne sait pas encore qu'elle est assise sur une fourmilière, laissons-la rêver...

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Vêtements dans le vent

Publié le par François & Marie

Défi n° 54 proposé par Jeanne FA DO SI pour la Communauté "Les croqueurs de mots. 
                              
                  " Vêtements dans le vent".
Utiliser au moins une fois "vent, temps (météo), temps (durée), vêtements.
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Linge.jpg

Vêtements dans le vent-

Baromètre fige son aiguille sur "beau temps".
Aubaine! Lavandière va laver ses vêtements.
Sur un fil dans le pré, les pince solidement.
Chemises et jupettes s'égouttent indolents.
Alizé est en sieste, paresseusement.
Un fâcheux cauchemar le commue harmattan.
Textiles alignés enflent en un rien de temps,
Ballonnés sosies d'horizontaux Botero,
Ondulés par le vent en courbette allegro.

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Médés

Publié le par François & Marie

 

Défi n° 53 proposé par M'Annette pour la communauté " Les croqueurs de mots."
-Voici une minuscule collection de dés rangés, tout petits et discrets sur le bord de mon vaisselier.
Après les fêtes, ménage, et là, plus de dés.
Grand mystère à Montussan! L'enquête est ouverte.


Mééédéééé...

Un cri, un seul. 
Une exclamation d'incompréhension, de stupéfaction, de colère chagrine...
Dans le salon, tout se fige.
Bleu de peur, le canapé se ratatine derrière ses coussins qui rougissent de le voir si pleutre.
poticheLes fleurs du vase se dressent au garde- à -vous, ce qui est incongru pour des grappes de glycine habituellement mollement cascadantes.
Le lampadaire stupéfait essaie de clignoter, mais comme il n'est pas allumé, c'est raté!
Les pieds du fauteuil Louis XVI apeurés, se tordent en Louis XV. (Bonne idée pour changer illico votre style de déco.)
- Mes dés ont disparu...balbutie M'Annette, statufiée, incrédule, fascinée par le vide laissé sur l'étagère.
Les éléments environnants comprennent enfin de quoi il s'agit et se détendent peu à peu (hormis Louis XV, coincé à jamais.) tout en mesurant l'ampleur du sinistre.
- Elle était si fière de son grade de digitabuphile-débutante soupire le porte-revues.
- Elle en avait neuf, quelle perte! Se risquent à murmurer les coussins.
- Elle avait aligné ses dés à coudre sur mon bois massif, grince l'étagère en chêne. Elle ne voyait plus qu'eux, les chouchoutait, leur roucoulait des mamours, les trouvait mignons, précieux. Jamais elle n'aurait eu l'idée de me faire ce genre de compliments alors que j'avais l'immense responsabilité de leur équilibre. Quelle ingratitude.
- Elle venait les visiter chaque jour, explique le vase aux glycines qui retiennent leur parfum. Elle les comptait, de gauche à droite puis de droite à gauche, rien que pour le plaisir. Fallait-il qu'elle les aime...
- Moi, leur voisin du dessus, bougonne le dodu pichet fleuri, je suis devenu transparent dès qu'elle les a alignés à mes pieds. Quand elle "faisait la poussière" je n'avais droit qu'à un distrait coup de plumeau, sans un vrai regard, tandis qu'elle prenait un à un les verres liliputiens, les essuyait dans du métis, les mirait, les admirait. Pfff... M'Annette préférait ces miniatures à mes formes rebondies...
- Ah mes gredins! Nous y voilà ! gronde le compotier vert olive du deuxième étage, par jalousie, vous avez fait disparaître les petites céramiques digitales, me trompe-je? Mummm?
L'étagère et son complice pot à eau n'en mènent pas large, les voilà découverts! Et si le compotier en colère allait les dénoncer à M'Annette, ils finiraient en décharge publique, quelle honte pour eux!
- Je perds patience, tonne le plat vert-courroux, avouez!
- Ben, c'est à dire que...articule péniblement la potiche replète, chaque soir M'Annette les saluait gentiment - Bonne nuit mes dés! ( seuls les médés étaient salués, jamais un - Bonsoir joli pichet! ...Jamais!). Puis dans le noir les médés chuchotaient, j'écoutais leurs papotages. Ils se plaignaient de leur alignement imposé qui ne correspondait pas à leurs affinités. Ainsi, médé-Paris regrettait d'être éloigné de médé Arc-de Triomphe, les deux médés-fleuris auraient aimé générer un joli bouquet. Le médé-berger reluquait le médé-edelweiss, tandis que médé-caille envisageait une liaison culinaire bénie par médé-plat-offert. Un jour, j'ai vendu la mèche de ces espoirs de concubinages à ma voisine la tablette de chêne.
- J'avoue opine planchette d'étagère. A partir de là, nous avons envisagé un stratagème pour réunir les médés et pour faire une farce à notre M'Annette qui...à notre goût, nous négligeait un peu. Ce que vous ignorez, c'est que j'ai été vingt ans planche- trampoline à la piscine municipale, puis on m'a admise à la retraite. D'aucuns me proposaient une reconversion en barreaux de chaises, j'ai opté pour une vie tranquille, en climat tempéré: étagère de salon chez M'Annette, et je ne le regrette pas! Il m'arrive de me donner un peu d'exercice pour ne pas m'empâter. Il m'a donc été facile, d'un simple hoquet, de faire sauter les petits dés dans le ventre de gros pichet, où ils sont heureux comme larrons en foire!
- Tu vas hoqueter dans le sens-retour, gloussa le conciliateur. Demain M'Annette retrouvera avec soulagement ses médés alignés...à leur convenance!
                             Aussitôt dit, aussitôt fait!

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Défi n° 52 "Terres de légendes et de mystères" proposé par Hauteclair pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

DEFI n° 52-  TERRES DE LEGENDES ET DE MYSTERES-

 

Proposé par Hauteclair, pour la Communauté "Les Croqueurs de mots".

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                    LA LEGENDE DE L'ALPHABET.

 

Depuis la nuit des temps, en Terre de Graphie, les lettres de l'alphabet cohabitaient alignées, avec sérénité.

                   a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

Pourtant, un matin d'orage, le "a" s'éveilla agacé, il avait fait un mauvais rêve où la ponctuation se rebellait. Or "a" l'ordre aimait.

 lettresbisDe plus, le  "c", bec béant avait ronflé toute la nuit comme un sonneur, le "f" allergique, avait éternué, le "m" marmonné et le "z" zézayé de l'incompréhensible. 

Etre tête de colonne devenait pesant à "a". Qui est le premier exposé aux courants d'air? Qui est sans cesse, et  inutilement, sollicité, donc usé ? Le "a"! En doutez-vous? Prêtez l'oreille. Un quidam est en interrogation encyclopédique. Il  recherche, au hasard... "recherche". Croyez-vous qu'il écourterait en  - mnopqr? Que nenni, il y va de: abcdefghijklmnopqr...alors que stuvwxyz continuent leur sieste, les veinards. 

"a"décida de vivre solo, se couronna Roi de l'Abécédaire et entreprit aussitôt de mettre de l'ordre dans le Royaume de Graphie.

- Toutes ces lettres si dissemblables à la queue leu-leu, c'est l'anarchie!  Voyez donc, deux rebondies, une ouverte, une dodue, une bossue, c'est la cohue! Régentons! Regroupons les bedons rebondis "dbqpog", puis les effilés "fjitl", ensuite les tourmentés "kywvrxz", chaperonnés par les ponteux "hmnu". Attachons-leur ces faux-jumeaux fâchés qui se tournent le dos "ec". Quant au "s" serpentin, laissons-lui la liberté, il sera mon espion. Récapitulons : dbqpogfjitlkywvrxzhmnuec's, voilà qui est plus seyant!

Content, il s'endormit enfin seul, dans sa suite royale, mains sur bedon et en paix ronfla. 

Au matin, "d" réalisant qu'il était en tête se déclara roi à son tour, "f", "k", "h" et "e", en chefs de groupes en firent autant... 

"s" y perdait son Latin et ne savait plus auprès de qui cafter, il déprima. 

Ce fût une confusion chaotique, un pugilat bagarreur! C'est dire!

Une petite cédille, venue en tressautant de sa campagne (les cédilles tressautantes, les bleues, ne sortent qu'aux nuits claires de printemps. Comme les grenouilles, qui elles sont vertes) inquiète de ne pas avoir de nouvelles, ni par sms, ni par signaux de fumée de son ami "c", découvrit l'ampleur du désordre.

Elle s'affola d'abord (normal, on a beau être cédille, on en est pas moins fille), se calma ensuite et très vite, réagit (normal, voir plus haut). Elle rameuta ses amis les accents, les aigus, les graves, les circonflexes et aussi les trémas, les points et les guillemets et même les apostrophes. Elle les savait riches en réserves anesthésiantes piochées dans moult écrits soporifiques. Ils attaquèrent, encerclèrent et enroupillèrent les mutins entre deux rigides parenthèses.

Les syllabaires s'éveillèrent un peu ahuris d'avoir aussi bien dormi, surpris de côtoyer à nouveau leurs voisins phonèmes-familiers.

La petite cédille, devenue Majesté de Graphie, cérémonieusement leur ôta les parenthèses et les sermonna (normal, c'était un dimanche.)

Elle leur fit promettre de savoir se tenir en Encyclopédie, mais leur permit une récréation, ils pourraient  s'égayer sur les claviers en azertyuiopqsdfghjklmwxcvbn (tiens, cette ligne est toute facile à pianoter!).

Elle leur prouva qu'ils pouvaient cohabiter, tous, en un pangramme (qu'elle venait de recopier) "Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume".

 C'est ainsi que Terre de Graphie devint Terre de Légende, et fit sienne cette devise "Cédille abolit la bisbille"! (Les formules "Marie-rose la mort parfumée des poux" et "Omo lave plus blanc que blanc" étant déjà utilisées, il m'a bien fallu en trouver une autre.)

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Défi n° "Passer de père en fils" proposé par Tricotine pour Les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Exercice de transmutation: passer de père à fils en ne changeant qu'une seule lettre à la fois

Proposé par Tricôtine pour la Communauté "Les Croqueurs de mots." 

 

Bai -ambre-champagne était mon PERE.
Il m'a transmis ses beaux yeux PERS.
Aussi je rue des quatre FERS,
Quand on me prétend - Alezan mon cher!
Alors que Zain je suis,
Couleur pruneaux des FARS bien cuits.
Voyez l'entichement de mes FANS,
Lorsqu'ils admirent mes jarrets FINS.
A mes FILS je les léguerai. On dira d'eux - Jolis poulains!

Grosdada

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Défi n° 51 "Amour inter-cosmique" proposé par Catiechris pour Les croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Défi n° 51-  "Amour inter-cosmique." d'après une idée de John Gray.
                    Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus.
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Vous écrirez une lettre d'amour inter -cosmique.
Vous axerez votre texte en cinq étapes - mots de la colère.
                                                          - mots de la tristesse ou de la peine.
                                                          - mots d'inquiétude ou d'angoisse.
                                                          - mots du regret.
                                                          - mots d'amour.

 Proposé par CATIECHRIS pour la communauté "Les croqueurs de mots."
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Bipbipbip.jpg

Mon Martiussou,
      Foudre de Vulcain, feu de Zeus! Prends garde aux éclairs rouges de mon  fulgurôpoing. Que mon courroux t'atomise! Fuis l'ire qui en moi se déchaîne! Une fois de trop, tu as lâchement abandonné la tubette de récure-quenottes, béante et spirulée et omis d'enclore le monocle à popot.
      Des torrents de gouttes salées, 311g Nacl/ litre, noient mon rimmel waterproof (tiens, il l'est vraiment! Pour une fois, cette pimbêche Séphorique ne m'a pas escroquée...). Je me peau- de- chagrine. Je vais planter des cyprès de cimetière dans les géraniums de mon balcon. Mon nerf facial VII est tétanisé. Mon teint étiolé est celui d'une endive en tunnel. Je suis tristounette de t'avoir chiffonné en ébréchant ton laser bionique sur l'os de la souris du dimanche. Vulcain n'a pas respecté les 15mn/livre réglementaires, résultat: trop cuit le gigot. Et ça n'est pas la faute du boucher... 
    J'amoncelle des cumulus depuis que tu as spiralé en trombe vers le cosmos bleu. Je suis dans les affres. La petite virée dans ton spationef rotoïde à lithium 500 pourrait virer au rouge. Je dois t'avouer une crapulerie. 
    Des remords me tourmentent. Je bats ma coulpe si impétueusement que j'ai légèrement (rassure-toi), écaillé le vernis de mon majeur droit à la fibule de ma ceinture, cadeau de Jupiter. Au fait, il m'a grugée, elle n'est pas en or massif à poinçon tête d'aigle, mais porte l'estampille tête de piaf, vexant!
    Me voilà contrite, repentante et marrie. Bref, je me sens scélérate. Ton véhicule cosmico-stellaire au lithium 500 rotoïde, n'a plus de pneumatique d'aplanètissage. Je l'ai subtilisé. Il m'en manquait juste un pour achever le somptueux faux puits en pneus de mon jardin zen.
    Avec ou sans pneumatique, tu restes mon bien-aimé.  
                          
Ton affectionnée Vénustianoune.              

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Défi n° 50 "Femmes en Haiku" proposé par L'île de Lilie pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

DEFI N° 50-                          "FEMMES EN HAIKU".
Proposé par "L' île de Lilie" pour la Communauté "Les croqueurs de mots."

                               Japonaise2.jpg
Voile mousseline
bergamote jasmin santal
plane esprit de femme

Maigres cheveux gris
mains noueuses visage las
pleurs de vieille femme

Froufrou de jupon
ethérée bouclée cambrée
sillage de femme

Femme aux yeux cernés
bouche crispée front soucieux 
mère au chevet prie

Fine la cheville 
rire de bouche cerise
danse jeune femme

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Défi n°49 "Un métier à vos mesures" proposé par ABC pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

Défi n° 49- 
"Un métier à vos mesures." proposé par ABC pour la communauté "Les croqueurs de mots."
Au royaume de l'imaginaire les nouveaux métiers sont multiples. Créez le vôtre. Donnez-lui un nom. Décrivez en quoi il consiste. Développez les qualités nécessaires pour l'exercer.
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Coq-Ovin.jpg
Pastourelle des mots escampés-

- Votre ouïe...
- Oui? Mon ouïe...
- Que dit-elle?
- Elle ne dit rien, elle perçoit.
- Et, jeune péronnelle, que perçoit-elle?
- Que moult internautes sont présentement à maudire, fulminer, tempêter, pester contre "la" Technologie qui a encore beugué, laissant fuir les mots pianotés au clavier.
Un parterre de messieurs tatillons à bedons et lorgnons, a voulu vérifier ce que mon ouïe est finement apte à capter.(Aptacapter, péronnelle vient de l'inventer!) 
L'enjeu est de taille. Au rang envié de "Pastourelle des mots escampés" je viens de postuler.
Ce qu'ignorent ces grisons, c'est que j'entends jusques (oui!) à leurs pensées, qui ruminent des amabilités telles que pièger, déstabiliser, pas de quartiers...  
- Comment préserver du néant les mots perdus qui s'envolent, que l'on ne revoit plus? Ont-ils interrogé, l'air roublard de vieux routiers qui ne s'en laisseront  pas conter.
-  Seules les fées le savent, les arcs en ciel sont leurs perchoirs préférés!
Il y eut de l'oeil rond et un peu de flottement dans le rang des barbons...
- Admettons!  En fatras méli-mélo vous les adoptez et leur offrez votre bienveillante hospitalité, mais comment les cibler, les cribler, en un mot les trier?
- En redistribuant à chacun la mission qui lui est destinée.
- Mais encore...Des exemples précis, je vous prie, s'exclame d'une même voix les membres du jury.
- C'est tout simple, il suffit de plouffer les mots d'esprit dans le champagne pour les faire pétiller! 
D'expédier d'une pichenette les traits d'humour inaugurer la pitrothèque. 
De murmurer, à l'édredon des mots doux, qu'on le verrait en héros si des phrases assassines il apaisait le courroux.
De calmer d'une camomille les "j'ai deux mots à te dire" retricotant, véloce, en mitaine de laine leurs querelleurs gants de boxe.
De débusquer les Abracadabras des mots de passe en tonnant "Qui va là ?"
D'accueillir les mots désuets, leur offrant pour leurs oreilles un cornet. 
D' offrir un mégaphone aux mots rebelles aussi bien qu'à ceux qui ne pipent mot.
D'engouffrer pour les polir dans un tambour émerisé les gros mots. 
De confisquer les ciseaux des demi- mots.
De savourer les clés des fins mots de l'histoire...
De féminiser les amours, les délices et les orgues,
De viriliser en revanche, amour, délice et orgue!
De bousculer sans états d'âme la colonne des mots d'ordre.
D'aligner, sur la plus haute étagère les mots communs tout étonnés,
De reléguer au niveau inférieur les majusculés courroucés. 
De temporiser d'un regard appuyé l'impétuosité du bon mot à placer.
D'organiser en orchestre les onomatopées!
De chausser de binocles azur les mots bleus, en rappelant ainsi qu'ils ne se disent qu'avec les yeux...
De réconcilier "l'espoir" avec le définitif "adieu". 
De sourire aux mots croisés, à cheval sur leurs hypothèses...
- Satisfaisant ce classement, nous en sommes bien aise! Entonnent les censeurs, gigotant sur leurs chaises.
- Du titre de Pastourelle, messieurs allez-vous me gratifier?
- Il se pourrait en effet...font miroiter ces vieux matous matois. La houlette en emblême allons vous décerner.
- Elle arrive à point nommé! 
Houlette.jpgEt la pastourelle voulant sa baguette étrenner, chambarde en riant tout ce drastique agencement! 
Ses moulinets libèrent de leurs entraves tous ces mots ligotés, heureux d'être à nouveau escampés. 
Voilà que l'on suffoque, trépigne, s'indigne dans le tribunal alarmé. 
Tandis que l'impertinente bergère, sa houlette en plumeau, redonne liberté à ses amis les mots.

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Défi n°47 "La nuit porte t-elle conseil?" proposé par Lénaïg pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

 

Défi n°47 proposé par Lénaïg pour les Croqueurs de mots 
bleu-nuit.jpg
Parce qu'hier tes soucis et tes peines étaient un hirsute embrouillamini de flèches acérées, tu as prié la nuit de s'activer en habile cardeuse.
Puisque tu lui as fait confiance, au matin l'écheveau ébouriffé était ébauche de peloton. Certes imparfait, bancal, aplati, irrégulier mais enfin accessible.
A toi de le dévider. Ce n'est pas simple. Le brin par places s'effiloche, au bord de la rupture. Il te faut le consolider, le rafistoler, en démêler les nœuds, en éliminer les bouloches, en raviver la couleur.

Parce qu'hier des événements fâcheux et pesants en sombres astronefs t'engluaient et te glaçaient d'effroi, tu as supplié la nuit de t'en affranchir.
Puisque tu as cru en son souffle libérateur, au petit jour les silhouettes de tes ennuis planaient à l'horizon, amenuisées et colorisées par l'aube. Retombée la pression, temporisée la colère, apprivoisés les tracas, ravalées les déconvenues.

Parce qu'hier ton esprit était une maison mal tenue, désordonnée, âcre de relents amers, gémissante de douleur, tu as conjuré la nuit de s'affairer.
Puisque dans le lâcher prise de ton sommeil, tu lui as donné permission d'aérer, dépoussiérer, récurer, panser, faire place nette, un rêve s'y est glissé porteur d'une ébauche de solution. Il suffit de lui accorder du crédit pour qu'il t'aide à découvrir les remèdes qui sont déjà en toi.

Parce qu'hier en orgueilleux, tu as cru tout pouvoir résoudre seul, tout maîtriser, tout démêler, ta nuit blanche t'a laissé dans le noir.
Puisque tu y côtoie vampires et loup-garous, en cabochard borné, tu ressasses, remâches et rumines. Vindicateur, tu prémédites des vengeances raffinées. Fuir la sagesse de la nuit te nuit.

Parce qu'il y a des chouettes chevêches, des travailleurs de la nuit, des hulottes, des noctambules impénitents, des grands-moyens-petits ducs, des insomniaques et des chauve-souris, le rôle de la nuit est remis en question.
Puisque nous ne pouvons survivre qu'en étant d'incorrigibles optimistes ou des pessimistes gais, croyons donc que nous sommes inspirés par nos rêves. Bonne nouvelle, on peut aussi rêver en plein jour !

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