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Défi n°225 proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Jill Bill nous dit :

" Je vous propose de vendre avec l'image ci-jointe, (clic droit + le lien !)

ce chouette tableau, en héritage, digne d'Halloween ! glasses

 

"Soit à votre richissime patron collectionneur,

Soit sur un vide-grenier,

Soit à une galerie d'art,

Soit dans une célèbre émission télévisée sur A2..." intello

 

A inclure dans votre écrit le verbe emberlucoter ! "

 

Mona Liza/Zombie mashup://Beauty en 2019 Oyez, oyez les Croqueurs de Môts...

Quoi !... Seulement cinq euros ? s'insurge Victor, je vous trouve bien pingre, monsieur l'expert... Et, en plus, vous exigez que le tableau de mon grand père soit d'abord présenté aux enchérisseurs CÔTÉ VERSO ! Vous craignez - je vous cite - que les quatre potentiels acheteurs, antiquaires en œuvres d'art, ne périssent apoplexiés. Vous ajoutez que ce gâchis ferait mauvais genre dans le monde des décorateurs tout en sabotant l'audience de l'émission, et moi, Victor, je subodore que vous avez la trouille de vous retrouver au chômage. Cinq euros... non mais eh !

Victor bougonne. Victor est en rogne - pardonne-leur pépé, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Vaillamment il entre dans l'arène et stoppe à six pas d'un long bureau sur estrade. Là, quatre potentiels acheteurs, Armand, Arthur, Marie-Aglaé et Rosette, en rang d'oignons et en bon ordre alphabétique, ne cachent pas leur hâte gourmande de se bagarrer en surenchères.

Après le questionnement rituel : qui êtes-vous ? d'où venez-vous? on en arrive à " que nous proposez-vous "?

- Un tableau peint par mon grand-père au siècle dernier, se redresse fièrement Victor.

Les quatre oignons roucoulent des "ah" de sympathie.

L'un d'eux exprime son impatience en alexandrin - Vite ! voir le côté recto de votre tableau !

On s'exécute.

Oscillations dans le rang des oignons.

- Ouhlà ! tressaille Armand qui plante méchamment ses lunettes en biais sur son crâne chauve.

- Coa ?... coasse Arthur qui se met à sourciller dans tous les sens (un tic de terreur oublié depuis la sixième; la faute à cette peau de vache de prof de sciences qui pinçait les cuisses des grenouilles vivantes.)

- Han...glagla... Les yeux de Marie- Aglaé sont exorbités, ses mains plaquées sur des dents qui entrechoquent leur re-blanchiment récent.

- ... ...

Chez Rosette ? Rien... Mutisme complet. Elle s'est affalée sur le bureau, les bras en vrac, les orteils ratatinés de frayeur. En douce, un peigne de son chignon en profite pour se suicider, il saute dans le vide.

Victor s'étonne de l'effet produit.

Armand descend ses lorgnons et de l'estrade. Armé d'un viril courage il se plante devant l'œuvre.

- Pourq...?  Pourquoi votre grand-père a-t-il...? a-t-il fait ça... ? hésite-t-il la bouche sèche.

- Mon grand-père n'était ni un emberlucoteur, ni un vide-gousset, il était simplement un des premiers orthodontistes et se voulait pédagogue, explique calmement Victor.

Semi-rassuré, l'auditoire reprend vie, les quenottes s'apaisent, les torses se redressent, les grenouilles regrenouillent et le peigne se remet en chignon.

Victor poursuit.

- Vous savez que les enfants adorent se faire peur. Curieusement, le tableau amusait et apaisait la jeune patientèle de grand-père. Il leur démontrait que le sourire de la Joconde aurait été moins pincé si elle avait connu l'orthodontie; les petits riaient de bon cœur et leur légitime appréhension s'estompait !

- Mais... le nez... le front... troués ? s'inquiète Armand.

- Mes cousins et moi nous sommes beaucoup exercés aux fléchettes sur cette pauvre Mona Lisa !

- Et... les orbites ? ose Marie-Aglaé.

- Mon grand père prétendait que les yeux de la Joconde manquaient d'éclat. Il laissa vacantes leurs orbites; par jeu, le premier petit patient de la journée avait le privilège de se précipiter pour y déposer deux belles billes multicolores. Le temps passa, le tableau disparut du cabinet - nous l'avions un peu trop bigorné ! Il restait à pépé une réserve de billes, petit à petit il les distribua aux enfants qui supportaient bravement les entraves métalliques qu'il leur imposait.

- Cinq cents euros ! s'écrie Rosette avec fougue. Elle déboule de l'estrade et, dévotement, honore la Lisa d'une agate bleue et d'une agate verte. Victor ! Je vénérais votre grand- père, j'ai conservé toutes ses agates avec reconnaissance. Louée soit l'orthodontie, s'exclama-t-elle dans un sourire parfaitement parfait !

 

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Défi n° 224 proposé par Martine Quai des Rimes pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Martine (Quai des Rimes) nous dit :

Je vous propose, dans le tableau ci-dessous, trois thèmes au choix et pour chacun des thèmes, deux titres pour vos écrits.

 

THÈMES TITRE 1  TITRE 2
Passé Hier à Hyères ou ailleurs Poussière d’hier
Présent Sauf-conduit pour aujourd’hui  Aujourd’hui inédit
Futur Demain à deux mains Demain en sous-main

 

A vous de choisir un thème et un des deux titres proposés et d’imaginer le texte adapté au titre retenu.

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                                                      PASSÉ -

                                    Hier à Hyères ou ailleurs.

- Ancilla ! commande une voix haut perchée, amortie par une profusion de tentures et tapis vieillots.

- ...

- AN-CIL-LÂ ! s'impatiente la voix.

- VOUI, J'ARRIVEU piaille une autre voix depuis les abysses du petit office.

- Vous en mettez du temps à obtempérer, il faudra que ça change.

- Il faut dire, Mâme la vicomtesse, que, sauf vot' respect, mon p'tit nom de baptême est Eulalie et que, bin... Ancilla...

- ... Signifie "servante" et que toutes mes servantes ont été des Ancilla. Il faudra vous y faire ma fille.

La "fille" boude en tournicotant le coin de son tablier.

-  Et vous êtes fagotée comme une souillon, constate la douairière l'air pincé. Ach... soupire -t-elle en tricotant son sautoir - véritables perles de culture huîtrières en eau douce - qu'il est loin le temps où, hier, à Hyères, Valère, en livrée bleue à boutons d'argent, nous présentait de divins vins dans d'élégantes aiguières...

- Bin, aujourd'hui, on boit dans des gobelets en carton d' la piquette tirée tout droit du cubitainer, c'est moins précaire que vos aiguières et c'est drôlement bon !

- Taisez-vous ma fille vous divaguez, répond sèchement la noble maîtresse des lieux. Vous ignorez tout de ce qui se passait hier à Hyères.

- Certes, oui da, j'ignorais la vie d'hier à Hyères puisque je trimais à Foix.

- À Foix ! Et que fissiez-vous à Foix ?

- J'y fissais que j'y vendais du foie. J'y étais célèbre. On disait de moi : " Il était une fois une marchande de foie qui vendait du foie dans la ville de Foix. Elle se dit ma foi c'est la première fois et la dernière fois que je vends du foie dans la ville de Foix."

- Et pourquoi, la dernière fois ? s'étonne la Vicomtesse.

- Bin dame ! parce que j'avais perdu la foi, je ne croyais plus au foie gras.

- Et alors ?

- Je me suis lancée dans le gloubi boulga.

- Et ce fut un commerce prospère ?

- Nan, nan... Aucun Prosper ne m'en acheta. Casimir était mon seul client...

- Casimir ?

- Voui, le gentil dinosaure de l'Ile aux enfants. Il en avala des tonnes, s'en délecta puis mijota lui-même son gloubi boulga...

- Et... vous fîtes faillite ?

- Je fîte, c'que vous dîtes...

- Vous souvenez-vous des ingrédients de la recette ?

- Bin dame, c'est sûr, c'est ma litanie, soir et matin.

" Un bocal de confiture de griottes

Treize sardines du phare d'Eckmuhl ou de St Gilles Croix de Vie

Une noix ( avec ou sans coquille, suivant votre goût)

Une cuillère à café de confiture de fraises des bois.

Une tablette de chocolat noir râpé

Trois louches (moyennes) de moutarde de Dijon, très forte

Deux bananes et demi, trop mûres

Une saucisse de Morteau crue, mais tiède

Vous mixez et vous décorez de crème chantilly chaude ou tiède, selon votre goût. "

Toute émoustillée, la Vicomtesse décida qu'elle ferait servir ce mets de choix au vernissage de l'expo " HIER À HYÈRES " qui se tiendra dans son Vicomté (voir affichette).

Ancilla accepta de concocter cette fameuse recette à condition que ses gages soient doublés, triplés, multipliés par dix et que Madame l'appelle Eulalie, ce que Madame fit, désormais foldingue de gloubi boulga !

Longtemps elles profitèrent de ce lucratif commerce, en appliquant le principe de Bouddha :

" ACCEPTE CE QUI EST

LAISSE ALLER CE QUI ÉTAIT

ET AIE CONFIANCE EN CE QUI SERA. "   

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                            AFFICHETTE  DU BAR

                     (en sous ou en euros. On ne rend pas la monnaie)

Buvette avec piquette en cubis 20 sous = 20 €

Buvette avec piquette en aiguière 2 sous = 2 €

Portion de gloubi (avec chantilly) 5 sous = 5€

Portion de boulga (sans chantilly) 20 sous = 20 €

Portion de gloubi et boulga 15 sous (on brade) = 15€

                                ......................................................................................

 


 

 

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Défi n° 223 proposé par Jeanne FADOSI pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Jeanne nous dit :

" Je vous invite à écrire un petit texte en prose ou en vers à propos d'une partie visible de la tête (oreille, front, menton, bouche, joue, cheveux ou crâne, si chauve, ou sourcil pourquoi pas ...) ou d'une autre partie du corps humain (la main, le pied, le coude ou le genou, le nez ou l'épaule ...)"

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Loulou, réfugié sur un tas de cailloux,

tremble, tremble, de tous ses genoux :

un troupeau de voraces lapinous

veut s'en prendre à ses oreilles... en feuilles de chou !

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- Riri ! Arrête de te gratter !

- C'est ta faute...

- Ma faute ? Eh... l'aut' !

- Tu m'as dit, qu'hier matin, la camionnette du facteur avait stationné pendant plus d'une heure devant la maison de ma fiancée.

- Oui, et alors ?

- Ça m'a mis la puce à l'oreille et depuis... ça gratte... ça gratte...

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- Que vas-tu faire de ce tas de chiffons ?

- Le voisin s'est plaint : mon garnement lui a piétiné tous ses fraisiers.

- Et ?

- J'attends ce galopin. Quand il rentrera,  je vais te lui frictionner les oreilles, j'aime mieux te dire qu'il s'en souviendra !

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Monsieur :

- Ach... Mon amie? Qu'est-ce donc tous ces débris sur les tapis du salon ?

Madame : 

- Devine ! Toute la journée l'ado du troisième a tapé comme un sourd sur ses percussions et m'a vraiment cassé les oreilles...

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- Cinq, six, sept, huit... On le saura que tu es papetier... Pourquoi avoir superposé tous ces crayons derrière tes esgourdes ?

- Pour faire comprendre à mon patron que j'en ai par-dessus les oreilles de ses ordres et de ses contrordres...

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Le Sous-Chef :

- Le Chef va parler, écoute bien et fais-moi un résumé précis.

Le Sous-Sous Chef :

- Chef ou pas Chef, je ne lui prêterai pas l'oreille, cet étourdi oublie toujours de me la rendre...

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Aigue reine et Râ douci !

Publié le par François & Marie

L'été est une fort belle saison quand elle ne cherche pas à caniculer l'estivant en le faisant rissoler comme dans un faitout.

Evitons cette idée de cuisson et pensons aux belles eaux jurassiennes.
 Marie et François aiment la douce fraicheur qui adoucit les rayons de Râ
(comme y disent dans les mots fléchés).

Pour partager cette sensation de
" hummmm ça fait du bien "
Cabardouche vous offre  quelques  images d'aigue, comme le patois d'ici la nomme, pour apporter un peu de frais.

 

 

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Défi n° 222 proposé par Asfree pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Asfree nous dit :

" Quelqu'un est sur le pas de sa porte, à votre avis, que fait-il ?"

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Planquée au troisième étage derrière un rideau à trous-trous, Dame Fouinarde est à son affaire !

Quelle affaire ?

Elle SCRUTE.

Elle passe ses journées à observer TOUT ce qui se produit dans la rue, là, en bas.

Rien ne lui échappe, ni les voitures qui passent, ni celles qui s'arrêtent, encore moins celles qui repartent.

Elle connaît tous les chiens qui déambulent, aussi bien les vagabonds sans collier que les toutous éduqués à promener leurs maîtres en bout de laisse.

Elle ne manque aucun des passants, ceux qui viennent, ceux qui vont, sans oublier ceux qui reviennent ou qui revont.

Nul ne soupçonne sa présence - qui donc, hormis un casse-cou cascadeur marcherait les yeux levés jusqu'au troisième niveau  ?

Les façades en vis à vis n'ont aucun secret pour elle. Elle en sait chaque fenêtre, chaque porte et chacun des portails; il ne faudrait pas beaucoup la pousser pour qu'elle vous récite leurs digicodes.

Pour elle, fouiner est une besogne à temps plein.

Las, ce matin le trottoir d'en face est peu animé, juste un matou insignifiant, une poignée de feuilles mortes qui s'obstinent à poursuivre le vent et un pissenlit maquillé jaune soleil.

Dépitée, Dame Fouinarde traîne deux savates désenchantées jusqu'au Butagaz, clic, sa soupe peut cuire.

Mollement, elle regagne son poste d'observation.

Son œil de fouine fulgure. Là, en face... Une forme humaine anime l'une des façades.

- Eh ben ma vieille, tu as failli le rater celui-là, se morigène -t- elle.

 " Celui-là ", c'est Ernest, le jouvenceau dégingandé, locataire du 13 bis rez de chaussée droite.

Sa porte est grande ouverte. Sur le seuil il hésite, il atermoie.

- Va-t-il reculer ? Va-t-il avancer ? se questionne l'indiscrète, part-il ou rentre-t-il ?

Voilà Fouinarde toute ronchon, son potage poireaux- pommes de terre lui a fait rater le début du feuilleton.

- Que tu es sotte ma pauvre, regarde dans quel sens ses pieds sont pointés.

Déception ! Ce grand dadais - c'est tout lui, ça - a les pieds en canard, le droit tourné vers l'extérieur, le gauche vers l'intérieur... Comment s'y retrouver ?

- Et ses clés, de quel côté de la serrure sont ses clés ? insiste Fouinarde.

Pas de chance... Tel un enfant de chœur agitant des sonnettes, Ernest balance en bout de main le trousseau qui cliquette.

- Voyons voyons ma commère ! Réfléchis... trouve un autre indice. Observe son costard :  mou, un peu fripé par un trajet en bus bondé, Ernest rentre. Si les plis du pantalon sont tirés au cordeau et le bas du veston sans accordéon, Ernest sort.

Fouinarde va pour allonger son maigrichon cou de dindon lorsque... pchiiiiiiiiiiiitttt, ça urge ! Pchiiiiiiiiiiiiiiiiiit trépigne la cocotte-minute.

Agacée, Dame Fouinarde bondit, coupe le gaz - parfois ça explose ces engins-là - et vite, retourne aux nouvelles...

- Ben ça alors ! proteste la marmitonne, ben ça alors... clabaude en écho sa lippe déconfite.

Plus de traces d'Ernest ! Sa porte est close, hermétiquement muette...

Où s'est évaporé Ernest ? Est-il rentré ? Est-il sorti ?

- Maudite soupe mal salée ! Tu viens de saboter l'épilogue d'une affaire cruciale.

Fouinarde rage, elle peste et enrage.

Des idées de vengeance la ballonnent.

Elle est jalouse.

Jalouse de celui qui dans la rue a tout vu.

De celui qui a suivi de bout en bout le scénario.

De celui qui connaît le fin mot de l'histoire.

Elle sait déjà qu'il ne lui révélera rien, qu'il ne parlera pas, qu'il la laissera croupir dans son incertitude.

Elle explose de rage.

Elle va lui faire payer cher le tourment qu'elle endure : d'une louche de brouet elle va l' É-BOUI-LLAN-TER !

Maquillé de soleil, le pissenlit serein, offre ses jolies dents de lion à la lumière du matin.

 

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Défi spécial proposé par Domi pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Notre Commandant Domi nous dit :

" Partout dans le monde, on parle d’élections, communales, parlementaires, fédérales, européennes,

de miss et mister beauté … et que sais-je encore.

Alors j’ai pioché des réflexions souvent cocasses sur les réseaux sociaux, je vous en donne trois

 à vous de les commenter à votre façon, de préférence avec humour et amour

plutôt qu’avec haine et violence, il faut savoir que la haine, appelle la haine et ça ne sert à rien.

 

Voici donc les trois petites réflexions

1)Tu peux pas fesser ton enfant.

   mais tu peux l’appeler Térébenthine.

 

  2) Quand tu te fais passer pour Robin des Bois pour te faire élire

    mais qu’en fait t’es juste Président de la République.

 

3) 2019 : les paquets de farine fuient encore et les spaghetti

    ne rentrent toujours pas dans la casserole. Un peu déçue par le futur.

 

Libre à vous de commenter une seule réflexion, ou deux voire les trois.

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Par ici n° 3 !

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Daisy aime bien recevoir du courrier.

Hélas, sa boîte à lettres, la plupart du temps est vide.

Pas totalement pourtant, une araignée translucide, aussi gracile que la toile qu'elle y a tissé, la squatte. À chacune de ses visites, Daisy lui chuchote « Salut Nénette ! » Nénette, totalement immobile, ne répond rien, elle est peut-être sourde, se dit Daisy en repartant sur la pointe des pieds, sans faire crisser les graviers.

Ce matin, dans l'antre de Nénette, gît une tache blanche. C'est une enveloppe. Une enveloppe à fenêtre.

D'instinct, Daisy déteste ce genre d'enveloppe où son nom apparait encagé dans du papier cristal. Ça sent l'administratif paresseux, le tatillon qui craint une erreur de retranscription, ça a des relents d'Harpagon qui en veut à ses picaillons.

Curieusement, Daisy n'éprouve pas d'antipathie envers cette enveloppe de format banal. Pas d'erreur, elle lui est personnellement adressée, à elle toute seule " Daisy Luzion", pas de doute, c'est bien elle.

Daisy l'ouvre avec gourmandise. Elle découvre un petit carton semi-souple, aussi lisse que du cuir fin. Sans chichi le carton décline son identité : "CARTE ÉLECTORALE". 

Ce qui plait aussitôt à Daisy c'est sa couleur discrète, elle pourra sans souci l'appareiller aussi bien à ses tenues d'hiver qu'à celles d'été.

Son gabarit modeste lui convient également, elle s'accommodera d'une poche intérieure ou bien d'une poche appliquée - pas obligatoirement passepoilée - ou encore, d'un fin réticule. Seul le transport en porte-monnaie riquiqui qui la cornerait et la déformerait, est à exclure, trop commun pour cette proprette dument renseignée, estampillée, numérotée, paraphée par un édile, prête à servir de laisser passer.

Ce petit carton en main, Daisy se sent valorisée, toute puissante !

Elle va enfin pouvoir s'exprimer ! Elle va VO-TER.

Elle court l'annoncer à Nénette qui ne bouge pas d'un cil. Déçue Daisy lui claque la porte au nez, la traite de bestiole insensible et tourne les talons en s'appliquant à faire bruyamment craquer chaque gravier.

Le jour "J", brandissant son sésame cartonné, celui par lequel elle va CHANGER LE MONDE, Daisy court à la votation.

Elle ressort l'esprit léger, avec le sentiment du devoir accompli.

Si elle ne se retenait, Daisy se laisserait aller à quelques entrechats ! Elle se réfrène juste à temps - elle est honorablement connue par ici . Elle se contente d'afficher une mine du ravi de la crèche.

Intérieurement elle jubile  « J'ai VOTATIONNÉ ! J'AI VOTATIONNÉ, J'AI VOTATIONNÉ ! LE MONDE ENTIER VA CHANGER (ter aussi, soyons fous !) »

Toute guillerette, elle rejoint son véhicule automobile, s'y enferme, vitres bien closes, comme dans son chez elle et là, elle piaille à tue tête « J'AI VOTÉ LE MONDE ENTIER EST CHANGÉ ! ». Pour faire bonne mesure, elle l'accroit de ter à quater !

Après s'être bien égosillée, elle rugit un grand soupir d'aise et met le contact.

Et là, c'est L'UPPERCUT. 

Daisy est sonnée.

Ses pupilles se dessillent...

Elle coupe le contact.

Daisy Luzion, celle qui vient d'aller voter pour que CHANGE LE MONDE, s'aperçoit, désillusionnée, que RIEN N'A CHANGÉ...

Pour preuve : sa torpédo a TOUJOURS trois pédales et elle, seulement deux pieds,TOUJOURS trois rétroviseurs et elle, juste deux yeux.

La pendulette de son tableau de bord indique TOUJOURS qu'une minute égrène soixante secondes.

Arrivée chez elle, elle a une furieuse envie de pommes de terre, elle en attrape une, mord dedans, la recrache, dégoûtée. Pour être mangeables,  les patates doivent TOUJOURS être cuites, sa votation n'a rien changé.

Écœurée, elle file se coucher en espérant que le lendemain, grâce à son bulletin, TOUT SE  SERA AMÉLIORÉ. Que nenni ! le lait félon débordera ENCORE de la casserole dès qu'elle tournera les talons et plaf sa tartine tombera ENCORE côté confiture, scotché au carrelage.

Quelle déconvenue...

Quel désenchantement.

Malgré son vote en faveur du changement, Daisy constate que le dimanche est TOUJOURS suivi d'un lundi et, le lundi, on se remet au travail.

Comme elle a besoin de digérer sa désillusion, elle prend une voix sépulcrale et prévient son employeur de sa défection, pour cause de vilain méchant viru-crobe.

Il a neigé, ce qui ajoute à sa détresse. Impossible à Daisy d'aller saluer Nénette sans que ses pas laissent de traces; la voisine-virago la dénoncerait illico. Là non plus SA VOTATION N'A RIEN CHANGÉ...

Ce temps glacé lui donne des envies de soupe à l'oignon, pourtant, Daisy n'aime pas retrouver les oignons dans sa soupe. Qu'à cela ne tienne elle va les "passer", sauf qu'elle pose directement la passoire dans l'évier et ne récupère QUE les oignons...

MAIS À QUOI A SERVI SA VOTATION ? CELLE QUI DEVAIT CHANGER LE MONDE EN 2019 ?

Daisy Luzion est déçue.

Puisque son petit carton magique, doux comme cuir fin, n'a point amélioré LE MAINTENANT, qu'en sera-t-il du FUTUR ?

Elle chausse ses charentaises à l'envers, ce qui brouillera les pistes - l'espionneuse en sera pour ses frais - prend son faux viru-crobe sous le bras et court délibérer de ce MONDE À CHANGER, avec Nénette !

 

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Défi n° 221 proposé par Zaza - Rambette pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Zaza nous dit :

" Je prends la barre dans la catégorie des ZZZZ, après l'amie Jazzy. Je vous propose de concocter une petite histoire zazatesque, vous connaissez mon esprit déjanté !"

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Z comme Zaza !

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Salut Zéphyrin, mon vieux zig !

              Tu m'avais fait promettre de te donner des nouvelles dès mon installation à Zanzibar. Nous z'y voilà ! Non, non, ne zonzonne pas...Tu risques d'être un peu dézillusionné... J'explique.

                Le zazou qui m'a refilé mon billet d'avion venait de passer trois z' heures accoudé au zinc du bar Le Zénith où il avait descendu une demi douzaine de zapatas - " Le cocktail zapata, ça ne se rate pas " promet la réclame - ça n'avait pas loupé mon zozo ! Six mélanges téquila, Cointreau, bière, liqueur de café l'avaient complètement rétamé. Ce zouave s'est emmêlé les pinceaux; sur son clavier de réservation aérienne, il a tapé un nom de ville en "Z" complètement au hazard, si bien qu'après une voltige dans une espèce de zeppelin zigzagant, je me suis retrouvé, non pas à Zanzibar mais à... Zuydcoote !

                        Malgré cette erreur d'aiguillage, je t'annonce que tu as perdu ton pari. Souviens-toi tu m'avais dit : « Je te parie un kilo de zan en rouleaux que tu n' seras même pas cap' de m'envoyer une photo de toi - zoomée, pour que je te reconnaisse bien - sur le dos d'un zébu.» Si fait, si fait ! J'y ai même ajouté un zeste d'excès de zèle : non seulement tu me verras sur le dos d'un zébu, mais aussi sur celui d'un zèbre ! Il te faudra donc doubler la dose de zan ! Bah... Zut ! Je te l'accorde, j'ai un peu triché... Histoire de dérouiller tes zygomatiques, j'ai paradé sur les bêtes sauvages d'un manège de fête foraine planté au milieu de zinnias zinzolins. Crois-moi, mon postérieur s'en souvient, leur coque en plastoc' est beaucoup moins souple que la zibeline !

                     Pardonneras-tu ma supercherie si je te dis qu'on ne trouve aucun zoo à Zuydcoot ? J'en suis le premier déçu, moi qui voulais épater le zanzibarite avec mon diplôme de zoothérapeute fraîchement imprimé... Ici, pour le zuydcootois, il vaut moins que zéro. Si bien que je gagne ma vie, tant bien que mal - juste de quoi me payer quelques zakouskis rassis - en bradant des zips pour fermetures Éclair et des zappettes qui zappent, zou, aussi vite que l'éclair ! Bref, je vis en opulente indigence ( eh oui mon pote, je suis toujours le champion des z' oxymores !).

                        Ce matin, mon signe zodiacal recommandait " Restez zen en suçotant du zan " ! À bon entendeur, salut !

                         Ton vieux camarade,

                                                     Zébulon.

 

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Défi n° 220, "centons" proposé par Jazzy pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Jazzy nous propose  de jouer aux centons.

Attention, elle n’a pas dit santons,  pas question de manipuler

ces fragiles figurines en argile des crèches provençales…

Dans la Rome impériale on appelait “cento” les morceaux de tissu dépareillés

que cousaient les légionnaires afin de se fabriquer un sous – vêtement

qui puisse leur tenir chaud sous la cuirasse de métal .

Par analogie le centon est un jeu littéraire qui consiste à composer

un poème original à partir de vers empruntés à divers auteurs .

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La cigale ayant chanté tout l'été (Jean de La Fontaine (JLF). La Cigale et la Fourmi)

tenait en son bec un fromage. (JLF . Le Corbeau et le Renard)

Elle (en) retira l'os (JLF. Le Loup et la Cigogne)

- on l'avait réservé pour la table des dieux - (JLF. Le Corbeau voulant imiter l'Aigle)

et retint à dîner commère la cigogne. (JLF. Le Renard et la Cigogne)

Sur un tapis de Turquie le couvert se trouva mis, (JLF. Le Rat de ville et le Rat des champs)

voilà commencement de chère et de festin ! (JLF. Le petit Poisson et le Pêcheur)

(Tout à coup) À la porte de la salle (elles) entendirent du bruit, (JLF. Le Rat de ville et le Rat des Champs)

(plaf !) le vase où meurt cette verveine d'un coup d'éventail fut fêlé, (René François Sully Prudhomme)

(elles détalèrent)

et tombèrent de Charybde en Scylla... (JLF. La Vieille et les deux Servantes)

(Le temps passa)

Un jour sur ses longs pieds (JLF. Le Héron)

(la cigale) marchait d'un pas relevé et faisait sonner sa sonnette (JLF. Les deux Mulets)

- rien ne sert de courir il faut partir à point - (JLF. Le Lièvre et la Tortue)

dans un chemin montant, sablonneux, malaisé, (JLF. Le Coche et la Mouche)

près d'un certain canton de la basse Bretagne appelé Quimper -  Corentin. (JLF.  Le Chartier embourbé)

(Elle croisa)

un carpeau qui n'était que fretin, (JLF. Le petit Poisson et le Pêcheur)

(c'était) Perrin Dandin. Il arrive (JLF. L'Huître et les Plaideurs)

disant :  « Regardez bien, ma sœur,  (JLF. La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf)

je plie et ne romps pas. » (JLF. Le Chêne et le Roseau)

Il suivait son idée, c'était une idée fixe, (Jacques Prévert)

( répétant à l'envi :)

« Savez-vous ce que c'est que faner ? Faner est la plus jolie chose au monde, c'est retourner du foin en batifolant dans une prairie (/...) avec une fourche et un râteau ! (Marquise de Sévigné)

C'était merveilles de le voir, (JLF. Le Savetier et le Financier)

cotillon simple et souliers plats, (JLF. La Laitière et le pot au lait)

il fait le veau sur son âne ! (JLF. Le Meunier, son Fils et l'Âne)

« Ça te va tes souliers pointus

même s'ils sont fichus

ça flatte tes gambilles. » (le complimenta Léo Ferré)

« Les miroirs feraient bien de réfléchir avant de renvoyer les images.» (Jean Cocteau)

(répliqua, acide) une mouche (qui) survint. (JLF. Le Coche et la Mouche)

« Va-t'en chétif insecte excrément de la terre, ( JLF. Le Lion et le Moucheron)

bon pour les goujats... » (JLF. Le Renard et les Raisins) cria Dandin.

( La mouche répliqua :)

« Puisque tu manies aussi bien l'invective, tu pourrais au moins me bénir de t'avoir appris à parler...» (Aimé Césaire.)

(Souviens-t'en, dit la mouche :)

« On a souvent besoin d'un plus petit que soi. » ( JLF. Le Lion et le Rat)

 

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SIMILITUDES ET DISSEMBLANCES

Publié le par François & Marie

Marie aime les images. Elle débusque les détails qui font rêver et retrouve des parentés dans les illustrations disparates. Grace à sa patience et à sa délicatesse, elle arrive à marier celles qui s'étaient perdues de vue et leur donne un sens nouveau en les réunissant.

François 

Josette, fidèle lectrice, nous propose des légendes tout à fait appropriées, nous avons le plaisir de les ajouter aux images de Marie.

 La petite fille rit de la moue de grand papa.

Annonciation
Gabriel apporte la nouvelle
À Marie dans son jardin.

Le sculpteur déraille,
Quel animal à tête de pioche
Cherche à m'embrasser dans le cou ?

 Madame se souvient
Ah jeunesse frivole

Des bals des fleurs des bulles...

Bien, dit le moustachu
l'haltère a pris des ailes.

Sur le cheval de bois 
Tagada tagada
on embarque pour Valparaiso
dans notre bouteille, pas de sirop.

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Les images de Marie

Publié le par François & Marie

Lézard

Traces de lézard

La belle...

... N'est plus qu'un nid de guêpes.

Treille de jour

Treille de nuit

L'homme invisible

 

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