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Bourdaloue

Publié le par François & Marie

CROQUEURS DE MOTS. Défi n° 39

                                                 - Sujet -       
"Vous êtes pris d' une incoercible envie de faire pipi à un moment fort inopportun : racontez mais sans faire usage de mots contenant la lettre i."

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BOURDALOUE-


Sous le règne du monarque Phébus, cette cathédrale déborde de fervents. 
Bourdaloue tonne. Les yeux clos, les bras en valse de chasse- mouches. 
Ses prêches durent des heures. La longueur de ses sermons torture, chez ses dévôtes écouteuses, l'organe que l'on ne prend pas pour des lanternes.
Tous les deux ans, pour Carême et Avent, ce précepteur du Grand Cétacé, prône. 
Madame "De" se pâme en l'écoutant, quatre heures qu' elle est là sur son banc. Et Bourdaloue prône, prône reprône et elle ne rêve que de trône...Elle est prête à lâcher de l'eau, elle souffre ! Un trône, presto ! Ou elle va exploser ! Par bonheur son attachée servante, mandée d'urgence, accourt déposer sous sa robe un grand pot de chambre .
Madame "De" est sauvée !  Elle expulse, expulse et expulse encore. Ahhhh, quel soulagement !
Tout de même, elle prend garde de ne pas glouglouter pour ne pas perturber le trop bavard évêque ...
Dès lors le nombre de croyants va augmentant; en effet, à la messe où se pressent les dames, les servantes sont accompagnées de leurs... jules.
La mode en est lancée. " Bourdaloues " dorénavant ces pots sauveurs seront nommés.

En apparté :
Stupeur amusée, quand, autour d'une table d'hôtes le jus du poulet nous fut présenté dans un superbe bourdaloue en Sèvres, trouvé aux puces par la dame de la demeure !
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Le nâ è pi-e l'ruge

Publié le par François & Marie


Dindon1

Ill è contrèriée la bottrote.
Ill a bin vu : totes lè poulailles sant bi-inches. 
Y'a ranqu' Dineu- dindan qu'è nâ qu' m' en du cherban.



dindon22.jpg

J' vas te r' vouair' çan vit' fè, qu'ill sa dit.


dindon3.jpg
Vouai-an vouèr' c'tè poudrées pou la bue.
Qu'è ce qu'è diant bin ? Bouge point l' dindan.
Y va fér' gros d' mousse, ape y va t' récoeurer man Dineu.



dindon-41.jpg

Bin,bin, bin...Y'è point Byzance, c't' affér'...
Y'è bin auquouais, t'seu ruge ape nâ, ape j' crè bin qu' t'y restr'âs...
T'èrô ti cougnu l' gars Stendhal dè coups ?

texte en français


Publié dans Histoire en Patois

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Les histoires de la p'tiote

Publié le par François & Marie

dindon

Tout le monde l'aime bien cette p'tiote…Voici sa première image racontée par Marie et illustrée par François.

Le noir et le rouge-

Dindon1

La p' tiote est contrariée. Elle a bien observé :
Ici tous les gallinacés sont blancs, immaculés.
Hormis Dinou-dindon, très très noir- charbon.


 

 

 

 

dindon22Elle s'en va de ce pas réparer l'injustice.
Elle sera de Dinou-dindon la bienfaitrice !


 

 

 

 

 

 


dindon3Voyons, voyons, étudions les proportions et les indications...
  Que nous adapterons à un dodu-dindon...
" Des montagnes de mousse ", c'est écrit sur Omo, là, en tout gros..."
 "Ajoute l' éclat à la blancheur ", ce Sunil nous sera bien utile."
 " Poudre à nettoyer ", ce Nab a tout deviné !
  Ce paquet de Bonux, il faut le terminer pour vite retrouver dans le prochain un nouveau porte-clés !
  Tout ça méli-mélo- mélangé va bien te récurer, résultat assuré !




dindon 41Bon...Bin...Dinou, on réussit pas à tous les coups...
N'en fais pas un scandale...Et puis le rouge et noir ça te va pas si mal, même que...
Même que tu aurais eu grand succès au siècle de Stendhal... même que...

Publié dans La p'tiote

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Pas-sable

Publié le par François & Marie

pied-marin.jpg

Avoir le pied marin.
                        El a l' pi mèrin, c' tu, vouais don  !

destin.jpg...Et le destin croisa leur chemin.
                        ...Y' è l' destin qu' lè a crouaisi, an y peut ren.

indecision.jpg...Indécision.
                        J' y va -t-y, j' y va-t-y pas ?

rupture.jpgRupture...
                        Y a caissi...

trio.jpgTrio.
                        M' nège à trouais.

Publié dans choses vues

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La prou bâlle

Publié le par François & Marie

( L'élégante patoisée)

Chapeau2.jpgIll a quouais ? Sè t-ans... Y'è èn' botrote que veut ju à la bâlle-madam' dè  "Echo de la mode", d'aveu dè on-y-es ruges; pou çan, ill décapiôte mém' lè gèraniums !
Ill a prou d'idées, t'sé !
Ill s' y crè daveu san co-ïer en pèrles, guèranties  plastique d' Oyonnax...
Ill a gaigni s' n' ombrèle in pèille d' riz à la kèrmesse du curaï.
Ill a voulé lè souillers du dimânch' d' sa mèr' pou défili din la pousserote d' la chintre è poulailles !
T'sé, ill s'y crèrôt praisqu'!
Ill a bin l' temps, ill a quèqu' z'ainiants d' vant li...Ill peut touj' s'en r' torner sautraler à la marelle in attindant vouair...

Version en français ici

Publié dans La p'tiote

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poupoule

Publié le par François & Marie

ptiote-poule.jpg

Publié dans Croquis

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L'élégante

Publié le par François & Marie

Ses ongles sont de rubis laqués,
Ses doigts de saphir bagués,
Son cou de deux rangs de perles orné.
Dans sa main fine, un sac immaculé,
En carrousel sur sa gracile épaule, une ombrelle légère.
Sur ses bottines lacées haut, elle déambule, altière...
Se tordant les chevilles...la petite fille.

bottines

Dans les années cinquante, ses sept ans elle étrenne.
De l' Elégance elle se prend pour la Reine... 
Dans la poussière du pré de la basse-cour, il n' y a pas foule,
Pour admirer sa dégaine... seulement quelques poules..
Son imagination va bon train. Elle ose esquisser des ébauches...
Scalpe un géranium, dix pétales pour ses bouts de doigts vermillonner.
Empomponne ses annulaires du lilas des succises des prés. 
Arbore des perles blanches et un sac plastifiés, tout droit sortis des presses à injecter. 
Tournicote sur son épaule la paille de riz du parapluie gagné à la kermesse.
Chaparde les bottines maternelles, les noires, celles réservées à la messe,
Y cale le bout de ses orteils avec un vieux journal,
Cinq pointures de trop, ouh ! c'est pas génial...bottines2
Superbement harnachée, elle descend l'échelle du poulailler et se baptise Meneuse de défilé.
Toisant les affairées gallinacées, sussurant- Mesdames, laissez passer...
Prévenant les canards de Barbarie- Votre soutane gominée vous sert trop le kiki, vous allez suffoquer, votre face écarlate le laisse redouter. 
Se pâmant devant le coq-  Diantre Lieutenant, ce képi rouge garance vous a des allures de Vieille France...
Courrouçant les dindons, qu'elle traite de laiderons.
Roucoulant avec les pigeons- Rououou, votre gris tourterelle ferait un chic plastron !
Interrogeant une pintade -Ma chère où trouver de votre robe de tulle, les pois?... Mais ne criaillez point, je ne vous les chiperai pas !
Rêvant devant la blanche poule de Bresse  -Demoiselle, vous porterez la robe de mariée du prochain défilé...
Hélant la meneuse de couvée - S'ils cessent de piailler, veuillez me réserver vos six petits pulls mohair jaune poussin pour cet hiver qui vient !
Se pavanant, virevoletant, elle va ainsi, 
Semant dans toute la basse- cour sa zizanie.
Se prenant un instant pour la Reine d' un jour...
S'affalant, harassée, à l'ombre du cerisier, contre le flanc du grand chien de berger. 
Constatant- Ben mon vieux Mousse, tu sais,
Etre une Elégante, ça fait très mal aux pieds...
A la marelle, je préfère jouer.
Mais avant, tu veux bien partager mon goûter?

Publié dans La p'tiote

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Sept heures 'au clock'

Publié le par François & Marie

Sept heures "au clock " 

Donc, cinq heures au soleil.

D' un pas semi-élastique, je crapahute dans le chemin pierreux de la côte des vignes. Hou, là, ça grimpe !

Oui, c'est le destin d'une côte...Marche...

J'ai salué un amas de gros champignons blancs étalés à l'ombre du vieux frêne. Ah ? des Charolaises... Exit les Montbéliardes... ? Tu cogiteras plus tard sur le pourquoi de la mutation ; après tout les Charolaises sont des Montbéliardes qui veulent jouer aux rosés des prés. Marche...

portailjpg.jpgPas une once de rosée, signe de changement de temps. Le maïs aurait besoin d'eau, il commence à corder (1). Et moi, il faudrait m'encorder...Cette côte est redoutable.

Oui, mais c'est en mettant un pied devant l'autre qu'on avance. Marche... Au bout de la vigne là-haut, ça brille... Moi qui croyais être seule à battre la campagne à l'aube au clock, j'ai de la concurrence. Marche...

Une carapace et quatre roues. Oui, on appelle ça une auto. Marche... Des numéros à éternuer, sûrement des Hollandais. Regarde mieux, en bas à droite, ah oui, il faut des lunettes ! Ce tout petit 39, c'est un indigène du cru !

Le téméraire ! Il a osé risquer ses chromes et son chic gris métallisé dans ce "chemin montant, sablonneux, malaisé et de tous les côtés au soleil exposé" (merci Monsieur de La Fontaine !). J' aperçois le phaéton des six chevaux à injection directe (mazette, quelle Technologie !)

Expéditif, il arpente, sans vraiment leur prêter attention, les rangées de cette vigne qui fût celle de mon grand père. Agité, il téléphone d'une oreille en gesticulant des explications inutiles à son invisible interlocuteur.

Déguisé sobrement d'un tee-shirt rouge, enshorté de bleu-canard, casquetté de jaune citron (désastreuse retombée du passage récent du Tour vélocipédique ... ), embasketté de coussins d'air ; s'il n'effraie pas le mildiou, il peut jouer à merveille le répulsif à volatiles gourmands de grappes prometteuses.

Peu concerné, il ne frôle aucune feuille, ne goûte à aucun grain, n'a pas un regard pour les vieux ceps. Pressé, il court à sa limousine et file vers d'autres urgences qui peuvent sans doute attendre, dérangeant la poussière dans un asphyxiant sillage...

March...STOOOOP la petite voix ! Je fais une pause. Tu vois cette vieille croix de pierre, rongée par les ans, informe et vert-de-grisée de lichen, j'ai joué à la marchande à ses pieds. J'étais petite, j'accompagnais mon grand-père qui venait visiter son lopin de Seibel. Dans mes souvenirs... Paisiblement, la vieille mule dételée d'un char sans immatriculation, broute à l'ombre des grands chênes. Tranquillement, son maître, dos courbé, chapeauté de paille, ensaboté, prend des nouvelles de la future récolte en parlant aux vieux ceps. Il a roulé les manches de sa chemise jusques aux coudes. Il relève un sarment, arrache des chardons, soulève une grappe, en observe les grains. Hoche la tête. Il vérifie, en passant, la dureté des pêches de vigne riquiqui dont il ne profite jamais, elles plaisent aux maraudeurs... Il extirpe une ficelle de sa large ceinture de flanelle et emprisonne les buissons d'osiers exubérants qui limitent les rangées de vigne et lui servent de liens.

Le socle chaud de la croix est recouvert de cailloux et de fleurs des prés, censés représenter une table dressée, lorsqu'il me rejoint. Il me fait un clin d'oeil, et sort de la musette en grosse toile marron les tartines du goûter. Suprême honneur, je partage avec lui dans une timbale en aluminium rapportée des tranchées, le vin largement coupé d'eau qui glougloute du litre à étoiles emmailloté d'un journal humide. Aujourd'hui... Disparus le monologueur attentif et sa capricieuse Mulette (2)... Abattus les vieux chênes. Volatilisés les pêches rouge sang, les osiers taillés à l' Eustache et le char à ridelles... Reste la croix. Je vais comme autrefois déposer à ses pieds un bouquet de colchiques. Euh.?..Marche ?

Oui, march...Facile à dire, un, puis deux, puis trois quads pétaradants occupent d'autorité l'espace déambulable, avec la ferme intention d' éliminer tout élément gênant leur bruyante progression. Dans un sursaut d' Humanité, ils m'épargnent. Sans doute m'ont- ils prise pour une espèce protégée, celle de marcheuse dans les petits chemins qui montent, cailloutent et... font germer les souvenirs...

1* Corder : quand le maïs manque d'eau, ses longues feuilles s'enroulent sur elles-mêmes, telles des cordes tendues vers le ciel, implorant la pluie. 2* Voir "La Mulette."

Publié dans choses vues

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L'viou noah

Publié le par François & Marie

( La vieille treille patoisée-)

Noah Old Pic" Que coup' bâs, s'en r' pend pâs. "  E caus' bin c' diton...
J' vins d' tailli la ville veugne, j'é bin pô d'avouèr' trop jue du sècâteûr. Ill pieure, c' tu coup. J'ém' pas bin la vouèr' qu' m'en çan...
J' voudrôs point qu' te passes l'arme à gauche, min viou noah.
Y fè bin pi-e d' cent ènnias qu' te bailles dè balles feûilles ape du raîsin...que nion côt apré ! Mém' lè z' uziaux en viant point ! Mè an t' ém' bin trop, an voudrot point t' pèdre...
T'âs du r' jingo, tins l' coup viou noah !


Voir le texte en français ici

Publié dans Histoire en Patois

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L'battouèr'-

Publié le par François & Marie

Bin, y'en ètot t'y du chanfrin, c' je du battouèr'.
Y' avôt d' jà, la vouaille, l' Roger qu' èrrivôt d'aveu tout s' n' attirèille.
Y' ètôt auquouè, j' vôs y dit !

battage1
Y' en faillôt du timps pou bin câler la grousse loc'môtiv ape la bâtteuse.
L' je, y qu' menssôt au lusot, quan an r' veniôt d' la futrie. E z'ètint tou ique, lè aidiants, èn' quinzén'.
An boivôt in jus, an f' môt la darrér' Troupe, ape an n' y allôt.
Y derôt la jeunia, din l' bru ape la pousserôt'.
An avôt du mô, mais an ètôt corègeou. Y' èto du travouèlle de fôche, lè jârbes ètint bin lourdes, lè sa ètint lourds atou, mé an s' édjot, y' en avôt point qu' tirint è r' nards.
Y' avôt touj' in bon casse-creut', lè fones ètint boun' cus' niéres ape point faignantes.
An avôt la rigolette en l'ér' c' je là ! Y'en avôt touj' pou fér' dè fèrdaines qu' m'en lè rates din lè pouchs ! 
Lè ptchiniots ètint point en rèst', è dèbaroulint din lè balots ape è s' corratint din la pè -yelle, è z' ètint frais l'sè ! Mé, yeutè y-u brillint ape è z'avint lè rognons badjots! C' t' affér là, an l' ubi-e point ape , an s'en rappalle touj' de c'te je du battouèr'.

Publié dans Histoire en Patois

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