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Les 25 jours d'Avent -8-

Publié le par François & Marie

Pendant ce temps les deux minets, bien trop freluquets pour porter les gros sacs de courrier, sont comblés de crounch-crounchs et de gratouillis; Santa Mama le sait : c'est la meilleure manière d'obtenir une faveur de ces ronronnants mini-lions. Santa est satisfait de constater que les deux peluches sont dans de bonnes dispositions et qu'ils accepteront de  participer au tri des lettres-du-Père-Noël. Cette opération demande une grande concentration, des gestes précis, et un soin tout particulier.  

 

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Les 25 jours d'Avent -7-

Publié le par François & Marie

- Monsieur Noël ? j'ai trois tonnes de courrier pour vous : que des jolies lettres avec une belle écriture, vous n'en recevez pas souvent, mais quand c'est la période ... dites moi : c'est l'avalanche ! 
- Oui, bon, c'est comme ça, ça fait partie de mon travail vous savez.  
- D'ailleurs, heureusement que vous êtes mon seul client, les routes ne sont pas fameuses par ici. Enfin, j'ai de la chance, je fais le chauffeur dans un camion chauffé, hi hi... chauffeur... chauffé ... vous l'avez ? Hum , vous pouvez signer ici ? 

Santa, peu sensible à l'humour postal signa et entreprit, avec l'aide des caribous, de rentrer les sacs à l'atelier. Les minets, quant à eux étaient restés douillettement à l'intérieur pour entamer une sieste.

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Les 25 jours d'Avent -6-

Publié le par François & Marie

En vieux habitués des rituels bien rodés, ils formèrent un impeccable demi cercle face à leur vénéré Santa. Il commença par la présentation cérémonieuse des nouveaux venus - qui, eux ne demi cerclaient pas mais furetaient dans les pattes des grands caribous - Miss Bolduc et Mister Kraft, "greffiers qualifiés ès déballage". Il y eut chez les rennes un léger ondoiement - respect ? étonnement ? défiance ?  rivalité ? - et le Maître reprit :
« Mes chers assistants - collaborateurs, comme chaque année, tous les neuf, euh... onze, pardon "chers" (qui se limaient les griffes sur ses bottes), vous aurez l'honneur de trier les courriers des milliers de chérubins. Je compte sur vous pour faire un bon classement, merci ! »

 

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Les 25 jours d'Avent -5-

Publié le par François & Marie

- Santa Mama nous roucoula du jargon - chat et nous donna une crêpe. Et depuis quatre ans, en décembre, nous rendons service à ces Humains que nous avons adoptés et que nous tolérons dans notre maison !

Le premier décembre à l'aube - vers dix heures - Père Noël convoqua ses troupes et fit l'appel. Les neuf rennes étaient présents : Tornade, arrivé en coup de vent, Danseuse et ses entrechats. Furie, frénétique. Fringante, coquette et sémillante. Comète, beau comme un astre. Cupidon et ses tendres flèches. Tonnerre, en grondant. Éclair(e) la rutilante et Rudolph, le nez en lumignon.

 

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Les 25 jours d'Avent -4-

Publié le par François & Marie

      Tout à coup, la porte s'ouvrit. Un colosse apparut, un humain déguisé en Père Noël. Le travesti se pétrifia. Par saccades il se voûta vers l'avant, rétrécit d'une vingtaine de centimètres. Il redressa un peu la tête, sembla nous découvrir, nous les deux chats hors d'haleine avec un reste de sourire accroché à nos mines ébouriffées. Il sembla réaliser que l'un surfait sur des vagues de kraft et que l'autre singeait un rôti ficelé de bolduc. Brusquement, tel un ressort - qui aurait les poings sur les hanches - il se redressa et HURLA.

 Nos cerveaux félins n'ont pas tout compris de ses vociférations, pourtant nous avons eu l'intuition qu'il ne nous adressait pas des compliments et qu'il était légèrement contrarié.

À grands pas de bottes de sept lieues, il arriva vers nous. Nous ne faisions pas les malins. Il nous attrapa par la peau du cou et nous remorqua jusqu'à la cuisine où Santa Mama faisait des crêpes. « Oh les beaux minous !» s'exclama cette femme bonne.

- Ces deux zigomars faisaient un peu de rangement dans mon atelier. Ils m'ont promis de m'apporter leur aide chaque année du premier au vingt quatre décembre. Pour la peine, donne-leur donc une gamelle d'eau et un couffin confortable.
- Tu connais leurs noms ?
-
 Je te présente Bolduc et Kraft, pros de la papeterie. 

 En peu de mots, il venait de traduire son discours d'asticotage qui avait mis fin à nos amusettes. C'est parfois bizarre un Humain...

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Les 25 jours d'Avent -3-

Publié le par François & Marie

- Eh, Miss Bolduc, réveille-toi ! Les vacances sont finies !

- Mioummm ? Tu radotes vieux Kraft... mioummm... les vacances viennent à peine de débuter...

- Oui... si on veut ! Elles ont commencé depuis exactement 334 jours !

- Pas possible ! Rhooo... comme le temps passe vite.

- C'est vrai que la vie est légère quand on dort dans du douillet, que nos gamelles sont pleines, qu'on nous fait des crouchs-crouchs et qu'on passe notre temps à courser les sauterelles ! Pourtant, je crois bien que le temps est venu de se mettre au boulot, tout à l'heure Mama Santa a glissé dans l'oreille de son bon gros qu'il devait se faire aider.

-  Eh oui...nous devons respecter le contrat passé avec le Père Noël il y a... ?

- Quatre ans ! Quatre ans déjà que nous sommes passés du statut de chats vagabonds sans noms à celui de minets de maison, papattes en rond !

- Tu te souviens, on rôdait dans le coin, crottés, pas brossés, épais comme du papier à cigarettes ! Et tu as flairé une bonne odeur de saucisse qui refroidissait sur le rebord d'une fenêtre.

- D'un saut je l'ai chapardée et nous l'avons dévorée comme des gloutons !

- Après avoir rôdaillé dans le quartier, nous avons découvert une sorte d'entrepôt plein de cartons. Gavés, protégés par tous ces emballages, nous y avons dormi et encore dormi !

- C'est moi qui me suis réveillé le premier.

- Tu m'as appelée « Hep ! viens voir, j'ai dégoté un énorme rouleau de truc qui se déchire sous la griffe, qui se froisse pour se planquer et qui vroum glisse comme une luge ! » J'ai dit « Ce truc c'est du papier, du Kraft, ma maîtresse, la libraire - qui a été toute raplaplatie par la chute de sa bibliothèque - en enveloppait les livres de ses clients. Ah... J'en ai fait des parties de glissades sur ce papier marron clair !» Pendant que tu déroulais des mètres de Kraft pour les tester en glissoire, j'ai repéré deux  petits rubans, un rouge et un vert qui pendaient d'un carton entr'ouvert, méfiante, j'ai timidement tiré par petits à coups, vrup... vrup... les rubans se débobinaient vrrup, se dévidaient, encore, encore et encore, vrruppp vrrupp vrrupp, m'envahissaient, me submergeaient, m'embobinaient ! Je tournais comme une toupie, saucissonnée par ce bolduc que feue ma bouquiniste terminait en frisettes autour de ses opuscules et je riais, riiais, riiiais !

- Et moi, zippp zoupp  je patinais ♪  je patinais ♪  je patinais...♪ ais...♫ ais...♪ et des mètres et des mètres de Kraft se fripaient... aient ♪... aient...♪  et je riais...♪ ais...♫ ...ais !

 

 

- Le Bolduc à pe le Kraft pourraient bin t' bayi la main...

-

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Les 25 jours d'Avent -2-

Publié le par François & Marie

- Oh oh oh  ! Voilà ce que j'appelle une tartine ! La journée commence bien. 
- J'ai encore des baguettes croustillantes si tu en veux d'autres...
- Ah ! Je ne dis pas non ... miam...Merci. 
Bien, c'est pas tout ça mais il va falloir s'y mettre. D'abord lire le courrier pour connaître tous les beaux joujoux ce que nous allons distribuer.
- Hou là là oui, c'est bien long tout ça, surtout quand c'est écrit tout petit. Et il y en a tellement. Tu devrais te faire aider mon bon ami. 
- Tu crois ?

- Oh Oh Oh ! çan, y' est d' la reutchia !

- Si t' veux, y' en a encô !

- J 'veux bin ! I m' faut du r' jingo pou lire c' tas d' léttres de tous c'tès ptiots...

- Te devros bin t' fér aidi...

- Te crês ?

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Les 25 jours d'Avent -1-

Publié le par François & Marie

- Baiiiilllllllle 
- Eh bien, mon bon ami, on dirait que tu as bien du mal à te réveiller, c'est pourtant le moment d'être en forme, la Grande Tournée commence bientôt !
- Hummm moui, je serais bien resté sous la couette moi, heureusement que ça sent bon le café. Les semaines qui arrivent vont être chargées. 
- Je t'ai préparé une bonne soupe de légumes pleine de vitamines pour bien démarrer cette journée !
- Ah oui ... Il y a des tartines aussi ?  
- Mais oui gros gourmand, avec de la bonne confiture de griottes . 

( à suivre)

- Te bailles don' bin, m' n' ami ! T'as du mau à t' révouaiyi ? Y' est potchant l' moment d'avouair du corège, ta Gran' Viria c' mence binstôt !

- Bin voui... Les s' ménes que v'niant vont étre bin chargies... Fonne, ton café sent fin bon !

- J' t'ai fait atout èn' bonne soupe !

- À pe des reutchias !

- Aveu d' la bonne confiteur d'griottes.

 

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Défi n° 227 proposé par Lénaïg pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Lénaïg nous demande d'inventer un titre de livre puis d'en écrire la présentation :

qui en est l'auteur, de quoi parle-t-il, proposer un court extrait (deux, ici !).

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BIBI BLEU ET VOILETTE À POIS.

L'auteure, Marie Tournelle, nous entraine dans un mélimélo de souvenirs malicieusement panachés de mystères haletants et de nostalgie attendrissante. Un voyage où le temps coule doucement mais où le cœur bat vivement la chamade, en passant du rire à la surprise.
"Bibi bleu" est le livre de souvenirs mi fugue mi raison qui se lit avec gourmandise et qui nous lie à la béatitude.

F.

                                                      ****

"Une autrice est née." ( Elle Lui Eux Nous)
"Le bibi bleu"  la suite attendue de la Sissi Clette bleue. ( l'Équipe à vélo )
"Bibi bleu et voilette à pois", une ode à la culture en milieu périurbain ! ( Maison Jardins & Barbecues)
"Bibi" le prochain Fémina . ( La semaine de Sijours)
"Bibi bleu et voilette à pois" redéfinit la notion de littérature. (Télégramma)
"J'ai bien rigolé ". ( François de Cabardouche)

Le présent ouvrage a été traduit en trente quatre langues, y compris le Taa (claquements de langue du Botswana) et le Silbo (langue sifflée des Îles Canaries.)
Hollywood planche actuellement sur une adaptation dont le titre provisoire est "Voilette No Ziaire."

                                                                    * * * *

EXTRAITS :
... / « Jamais de la vie, ah non, pas d' ça Ninette...  jamais de la vie... » murmura Abigaëlle en bloquant avec nervosité son gant de filoselle entre les feuillets du missel - elle avait bataillé pour dénicher l'Introït de ce dimanche de Septuagésime, elle n'allait pas en égarer la page - même si elle devait quitter l'office au plus vite, suite à ce nouvel avatar. Elle remonta la travée aussi dignement que lui permettaient ses jambes en flanelle, sa jupe en soie moulante et son esprit cotonneux. Sans le voir, elle effleura Lucien qui poussa son voisin du coude « Eh vieux... vieux ! Les... les... pois d' sa voilette m'ont frisé l' nez et, devine, vieux : j'avais raison, vieux, j'avais raison ! » Un sourire mystérieux plissa longtemps ses yeux gris.../

... / Les deux gamins sautent de joie, ils vont partir pour quelques jours chez leurs grands oncle et tante où les attendent cannes à pêche et bocal à asticots. Ils vont s'en payer du bon temps au bord de la rivière, sous la houlette de l'Armand, le grand-tonton, brave comme du bon pain ! Et grand' tatan Suzanne les régalera de vrai chocolat, fondu dans du vrai lait et de biscottes beurrées. Ah ! les biscottes craquantes du vieux boulanger, le Tintin, et ce beurre-maison, quelles délectations ! Sauf que cette année, coup de théâtre: grand' tatan va caler entre leurs bols, à même la toile cirée, une pile rigide et austère de tartines sèches et noyer le beurre dans le brun rougeâtre du cacao brûlant... Quelle mouche a piqué grand' tatan ?... /

                                                       * * * *

 

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Défi n° 226 proposé par Josette "La Cachette à Josette" pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Josette nous dit :

“ Halloween c'est fini, un dragon est resté. Je vous demande de décrire un bestiaire fantastique, quelques lignes ayant pour sujet un être, un animal (sirène, ondin, dragon...) sorti de votre imagination.”

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D'une démarche saccadée, Néron le pigeon à l'œil rond griffe le bitume de la vieille rue, SA vieille rue.

Depuis des années il s'en est approprié l'horizontalité; il connaît chaque fissure de l'asphalte et y déniche parfois quelques gourmandises à pigeons; il sait qu'il doit vitement contourner la troisième crevasse, elle empeste le pipi de chat, il snobe le recoin à chardons où s'entassent les mégots âcres, recours des jours de disette. Néron évite aussi le coin herbu aux effluves de crottes de chiens et se hâte jusqu'au pied du tilleul où une petite vieille dame dépose, pour les matous errants, du gras de jambon et du pain trempé dans du lait.

Dans cette rue, la vie de Néron le pigeon tourne rond.

Pourtant, aujourd'hui, il est anxieux, plein de tics, mal à l'aise, nerveux. À y regarder de plus près, Néron le pigeon ne tourne pas vraiment rond.

Il subodore que dans SA rue quelque chose a changé : un intrus vertical y projette une ombre horizontale, une ombre étrangère, une ombre étrange. Il a beau dévisser sa petite tête ronde vers le ciel, Néron ne distingue pas l'élément importun.

Dommage qu'il n'ait pas ses lunettes, il les a prêtées à son ami hibou - qui tente une reconversion en rapace diurne - après les avoir teintées à la betterave rouge, ce qui est censé adoucir la transition et donner à son copain une sensation de vie en rose.

Mais, me direz-vous, un pigeon n'est-il pas un oiseau, un être ailé ? Ne peut-il voler jusqu'au gêneur ? 

Je vous répondrai : certes et certes.

Ce que Néron n'ose avouer, c'est que dans l'instant, il est incapable de décoller. Il a péché par gourmandise en engloutissant toute la détrempe et le jambon rance de la mère aux chats. Beurp... il est urgent d'attendre que son gésier s'allège.

Penaud, beurp, il file à petits pas d'automate se réfugier sous un banc et il sieste.

Vingt minutes plus tard, revigoré, il frémit des rémiges, s'envole jusqu'à la suspecte ombre noire. Prudemment il la contourne et la recontourne. Il décrète haut et fort que, pfou, ce truc cornu est vraiment bizarre, vraiment moche, vraiment mal fichu et, fi ! indigne de projeter son ombre hideuse dans SA rue.

Avec précaution, Néron apponte sur la vaste plate-forme des pattes griffues du monstre - qu'il juge hideuses, de très mauvais goût et mal manucurées. En guise de salutations, il largue pouit pouit pouit quelques fientes mollettes.

Venue d'en haut, s'élève une protestation assourdie qui se termine comme dans un sanglot.

Brrr ! La créature serait-elle vivante ? Tétanisé, Néron se fait tout petit riquiqui et en pouit pouit  de trouille.

- Grrr, sale nabot, cesse immédiatement de bouser sur mes pieds ! Bouhhh... je ne sais même pas si cette bestiole m'entend... Mes vociférations de Graoully le terrible dragon ne sont plus que murmures. Quelle déchéance... Hier, je tonitruais et tous s'aplatissaient. D'un souffle de ma gueule terrifiante je transformais les pigeons en rôtis, d'un coup de ma queue hérissée de pointes j'aurais fait de toi de la marmelade de pigeonneau.

- Pouit pouit...

- Las... il y avait trop de concurrence dans la sphère animal fantastique. Pour gagner ma croûte j'ai dû me recycler. Te rends-tu compte de la décadence, je me retrouve en enseigne, en belliqueuse pancarte pour... mercerie... Quelle honte ! Ma carapace d'écailles rugueuses est une doudoune pour berceaux. Quel affront !  Mes épines sont de croquignolets croquets pour robes de fillettes. Quelle indignité ! On m'a même attifé, moi le dragon terrifiant, de ridicules chaussettes vert pomme et tout le monde me trouve vilain, moche, ridicule, mal bâti sniff...

Néron le pigeon, rassuré - cet inoffensif dragon d'opérette ne le détrônera pas, il pourra rester le ROI de SA rue - s'esbigna discrètement. Il fila chez hibou et lui déroba ses lunettes roses ( le bougre dormait, son recyclage avait fait long feu !). Charitablement Néron les déposa sur la corne (en feutrine 11 euros 50 le mètre) de Graoully, effrayant dragon, désormais symbole de dentelles, rubans et boutons de culotte.

 

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