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Les 25 jours d'Avent -3-

Publié le par François & Marie

- Eh, Miss Bolduc, réveille-toi ! Les vacances sont finies !

- Mioummm ? Tu radotes vieux Kraft... mioummm... les vacances viennent à peine de débuter...

- Oui... si on veut ! Elles ont commencé depuis exactement 334 jours !

- Pas possible ! Rhooo... comme le temps passe vite.

- C'est vrai que la vie est légère quand on dort dans du douillet, que nos gamelles sont pleines, qu'on nous fait des crouchs-crouchs et qu'on passe notre temps à courser les sauterelles ! Pourtant, je crois bien que le temps est venu de se mettre au boulot, tout à l'heure Mama Santa a glissé dans l'oreille de son bon gros qu'il devait se faire aider.

-  Eh oui...nous devons respecter le contrat passé avec le Père Noël il y a... ?

- Quatre ans ! Quatre ans déjà que nous sommes passés du statut de chats vagabonds sans noms à celui de minets de maison, papattes en rond !

- Tu te souviens, on rôdait dans le coin, crottés, pas brossés, épais comme du papier à cigarettes ! Et tu as flairé une bonne odeur de saucisse qui refroidissait sur le rebord d'une fenêtre.

- D'un saut je l'ai chapardée et nous l'avons dévorée comme des gloutons !

- Après avoir rôdaillé dans le quartier, nous avons découvert une sorte d'entrepôt plein de cartons. Gavés, protégés par tous ces emballages, nous y avons dormi et encore dormi !

- C'est moi qui me suis réveillé le premier.

- Tu m'as appelée « Hep ! viens voir, j'ai dégoté un énorme rouleau de truc qui se déchire sous la griffe, qui se froisse pour se planquer et qui vroum glisse comme une luge ! » J'ai dit « Ce truc c'est du papier, du Kraft, ma maîtresse, la libraire - qui a été toute raplaplatie par la chute de sa bibliothèque - en enveloppait les livres de ses clients. Ah... J'en ai fait des parties de glissades sur ce papier marron clair !» Pendant que tu déroulais des mètres de Kraft pour les tester en glissoire, j'ai repéré deux  petits rubans, un rouge et un vert qui pendaient d'un carton entr'ouvert, méfiante, j'ai timidement tiré par petits à coups, vrup... vrup... les rubans se débobinaient vrrup, se dévidaient, encore, encore et encore, vrruppp vrrupp vrrupp, m'envahissaient, me submergeaient, m'embobinaient ! Je tournais comme une toupie, saucissonnée par ce bolduc que feue ma bouquiniste terminait en frisettes autour de ses opuscules et je riais, riiais, riiiais !

- Et moi, zippp zoupp  je patinais ♪  je patinais ♪  je patinais...♪ ais...♫ ais...♪ et des mètres et des mètres de Kraft se fripaient... aient ♪... aient...♪  et je riais...♪ ais...♫ ...ais !

 

 

- Le Bolduc à pe le Kraft pourraient bin t' bayi la main...

-

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Les 25 jours d'Avent -2-

Publié le par François & Marie

- Oh oh oh  ! Voilà ce que j'appelle une tartine ! La journée commence bien. 
- J'ai encore des baguettes croustillantes si tu en veux d'autres...
- Ah ! Je ne dis pas non ... miam...Merci. 
Bien, c'est pas tout ça mais il va falloir s'y mettre. D'abord lire le courrier pour connaître tous les beaux joujoux ce que nous allons distribuer.
- Hou là là oui, c'est bien long tout ça, surtout quand c'est écrit tout petit. Et il y en a tellement. Tu devrais te faire aider mon bon ami. 
- Tu crois ?

- Oh Oh Oh ! çan, y' est d' la reutchia !

- Si t' veux, y' en a encô !

- J 'veux bin ! I m' faut du r' jingo pou lire c' tas d' léttres de tous c'tès ptiots...

- Te devros bin t' fér aidi...

- Te crês ?

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Les 25 jours d'Avent -1-

Publié le par François & Marie

- Baiiiilllllllle 
- Eh bien, mon bon ami, on dirait que tu as bien du mal à te réveiller, c'est pourtant le moment d'être en forme, la Grande Tournée commence bientôt !
- Hummm moui, je serais bien resté sous la couette moi, heureusement que ça sent bon le café. Les semaines qui arrivent vont être chargées. 
- Je t'ai préparé une bonne soupe de légumes pleine de vitamines pour bien démarrer cette journée !
- Ah oui ... Il y a des tartines aussi ?  
- Mais oui gros gourmand, avec de la bonne confiture de griottes . 

( à suivre)

- Te bailles don' bin, m' n' ami ! T'as du mau à t' révouaiyi ? Y' est potchant l' moment d'avouair du corège, ta Gran' Viria c' mence binstôt !

- Bin voui... Les s' ménes que v'niant vont étre bin chargies... Fonne, ton café sent fin bon !

- J' t'ai fait atout èn' bonne soupe !

- À pe des reutchias !

- Aveu d' la bonne confiteur d'griottes.

 

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Défi n° 227 proposé par Lénaïg pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Lénaïg nous demande d'inventer un titre de livre puis d'en écrire la présentation :

qui en est l'auteur, de quoi parle-t-il, proposer un court extrait (deux, ici !).

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BIBI BLEU ET VOILETTE À POIS.

L'auteure, Marie Tournelle, nous entraine dans un mélimélo de souvenirs malicieusement panachés de mystères haletants et de nostalgie attendrissante. Un voyage où le temps coule doucement mais où le cœur bat vivement la chamade, en passant du rire à la surprise.
"Bibi bleu" est le livre de souvenirs mi fugue mi raison qui se lit avec gourmandise et qui nous lie à la béatitude.

F.

                                                      ****

"Une autrice est née." ( Elle Lui Eux Nous)
"Le bibi bleu"  la suite attendue de la Sissi Clette bleue. ( l'Équipe à vélo )
"Bibi bleu et voilette à pois", une ode à la culture en milieu périurbain ! ( Maison Jardins & Barbecues)
"Bibi" le prochain Fémina . ( La semaine de Sijours)
"Bibi bleu et voilette à pois" redéfinit la notion de littérature. (Télégramma)
"J'ai bien rigolé ". ( François de Cabardouche)

Le présent ouvrage a été traduit en trente quatre langues, y compris le Taa (claquements de langue du Botswana) et le Silbo (langue sifflée des Îles Canaries.)
Hollywood planche actuellement sur une adaptation dont le titre provisoire est "Voilette No Ziaire."

                                                                    * * * *

EXTRAITS :
... / « Jamais de la vie, ah non, pas d' ça Ninette...  jamais de la vie... » murmura Abigaëlle en bloquant avec nervosité son gant de filoselle entre les feuillets du missel - elle avait bataillé pour dénicher l'Introït de ce dimanche de Septuagésime, elle n'allait pas en égarer la page - même si elle devait quitter l'office au plus vite, suite à ce nouvel avatar. Elle remonta la travée aussi dignement que lui permettaient ses jambes en flanelle, sa jupe en soie moulante et son esprit cotonneux. Sans le voir, elle effleura Lucien qui poussa son voisin du coude « Eh vieux... vieux ! Les... les... pois d' sa voilette m'ont frisé l' nez et, devine, vieux : j'avais raison, vieux, j'avais raison ! » Un sourire mystérieux plissa longtemps ses yeux gris.../

... / Les deux gamins sautent de joie, ils vont partir pour quelques jours chez leurs grands oncle et tante où les attendent cannes à pêche et bocal à asticots. Ils vont s'en payer du bon temps au bord de la rivière, sous la houlette de l'Armand, le grand-tonton, brave comme du bon pain ! Et grand' tatan Suzanne les régalera de vrai chocolat, fondu dans du vrai lait et de biscottes beurrées. Ah ! les biscottes craquantes du vieux boulanger, le Tintin, et ce beurre-maison, quelles délectations ! Sauf que cette année, coup de théâtre: grand' tatan va caler entre leurs bols, à même la toile cirée, une pile rigide et austère de tartines sèches et noyer le beurre dans le brun rougeâtre du cacao brûlant... Quelle mouche a piqué grand' tatan ?... /

                                                       * * * *

 

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Défi n° 226 proposé par Josette "La Cachette à Josette" pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Josette nous dit :

“ Halloween c'est fini, un dragon est resté. Je vous demande de décrire un bestiaire fantastique, quelques lignes ayant pour sujet un être, un animal (sirène, ondin, dragon...) sorti de votre imagination.”

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D'une démarche saccadée, Néron le pigeon à l'œil rond griffe le bitume de la vieille rue, SA vieille rue.

Depuis des années il s'en est approprié l'horizontalité; il connaît chaque fissure de l'asphalte et y déniche parfois quelques gourmandises à pigeons; il sait qu'il doit vitement contourner la troisième crevasse, elle empeste le pipi de chat, il snobe le recoin à chardons où s'entassent les mégots âcres, recours des jours de disette. Néron évite aussi le coin herbu aux effluves de crottes de chiens et se hâte jusqu'au pied du tilleul où une petite vieille dame dépose, pour les matous errants, du gras de jambon et du pain trempé dans du lait.

Dans cette rue, la vie de Néron le pigeon tourne rond.

Pourtant, aujourd'hui, il est anxieux, plein de tics, mal à l'aise, nerveux. À y regarder de plus près, Néron le pigeon ne tourne pas vraiment rond.

Il subodore que dans SA rue quelque chose a changé : un intrus vertical y projette une ombre horizontale, une ombre étrangère, une ombre étrange. Il a beau dévisser sa petite tête ronde vers le ciel, Néron ne distingue pas l'élément importun.

Dommage qu'il n'ait pas ses lunettes, il les a prêtées à son ami hibou - qui tente une reconversion en rapace diurne - après les avoir teintées à la betterave rouge, ce qui est censé adoucir la transition et donner à son copain une sensation de vie en rose.

Mais, me direz-vous, un pigeon n'est-il pas un oiseau, un être ailé ? Ne peut-il voler jusqu'au gêneur ? 

Je vous répondrai : certes et certes.

Ce que Néron n'ose avouer, c'est que dans l'instant, il est incapable de décoller. Il a péché par gourmandise en engloutissant toute la détrempe et le jambon rance de la mère aux chats. Beurp... il est urgent d'attendre que son gésier s'allège.

Penaud, beurp, il file à petits pas d'automate se réfugier sous un banc et il sieste.

Vingt minutes plus tard, revigoré, il frémit des rémiges, s'envole jusqu'à la suspecte ombre noire. Prudemment il la contourne et la recontourne. Il décrète haut et fort que, pfou, ce truc cornu est vraiment bizarre, vraiment moche, vraiment mal fichu et, fi ! indigne de projeter son ombre hideuse dans SA rue.

Avec précaution, Néron apponte sur la vaste plate-forme des pattes griffues du monstre - qu'il juge hideuses, de très mauvais goût et mal manucurées. En guise de salutations, il largue pouit pouit pouit quelques fientes mollettes.

Venue d'en haut, s'élève une protestation assourdie qui se termine comme dans un sanglot.

Brrr ! La créature serait-elle vivante ? Tétanisé, Néron se fait tout petit riquiqui et en pouit pouit  de trouille.

- Grrr, sale nabot, cesse immédiatement de bouser sur mes pieds ! Bouhhh... je ne sais même pas si cette bestiole m'entend... Mes vociférations de Graoully le terrible dragon ne sont plus que murmures. Quelle déchéance... Hier, je tonitruais et tous s'aplatissaient. D'un souffle de ma gueule terrifiante je transformais les pigeons en rôtis, d'un coup de ma queue hérissée de pointes j'aurais fait de toi de la marmelade de pigeonneau.

- Pouit pouit...

- Las... il y avait trop de concurrence dans la sphère animal fantastique. Pour gagner ma croûte j'ai dû me recycler. Te rends-tu compte de la décadence, je me retrouve en enseigne, en belliqueuse pancarte pour... mercerie... Quelle honte ! Ma carapace d'écailles rugueuses est une doudoune pour berceaux. Quel affront !  Mes épines sont de croquignolets croquets pour robes de fillettes. Quelle indignité ! On m'a même attifé, moi le dragon terrifiant, de ridicules chaussettes vert pomme et tout le monde me trouve vilain, moche, ridicule, mal bâti sniff...

Néron le pigeon, rassuré - cet inoffensif dragon d'opérette ne le détrônera pas, il pourra rester le ROI de SA rue - s'esbigna discrètement. Il fila chez hibou et lui déroba ses lunettes roses ( le bougre dormait, son recyclage avait fait long feu !). Charitablement Néron les déposa sur la corne (en feutrine 11 euros 50 le mètre) de Graoully, effrayant dragon, désormais symbole de dentelles, rubans et boutons de culotte.

 

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Défi n°225 proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

Jill Bill nous dit :

" Je vous propose de vendre avec l'image ci-jointe, (clic droit + le lien !)

ce chouette tableau, en héritage, digne d'Halloween ! glasses

 

"Soit à votre richissime patron collectionneur,

Soit sur un vide-grenier,

Soit à une galerie d'art,

Soit dans une célèbre émission télévisée sur A2..." intello

 

A inclure dans votre écrit le verbe emberlucoter ! "

 

Mona Liza/Zombie mashup://Beauty en 2019 Oyez, oyez les Croqueurs de Môts...

Quoi !... Seulement cinq euros ? s'insurge Victor, je vous trouve bien pingre, monsieur l'expert... Et, en plus, vous exigez que le tableau de mon grand père soit d'abord présenté aux enchérisseurs CÔTÉ VERSO ! Vous craignez - je vous cite - que les quatre potentiels acheteurs, antiquaires en œuvres d'art, ne périssent apoplexiés. Vous ajoutez que ce gâchis ferait mauvais genre dans le monde des décorateurs tout en sabotant l'audience de l'émission, et moi, Victor, je subodore que vous avez la trouille de vous retrouver au chômage. Cinq euros... non mais eh !

Victor bougonne. Victor est en rogne - pardonne-leur pépé, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Vaillamment il entre dans l'arène et stoppe à six pas d'un long bureau sur estrade. Là, quatre potentiels acheteurs, Armand, Arthur, Marie-Aglaé et Rosette, en rang d'oignons et en bon ordre alphabétique, ne cachent pas leur hâte gourmande de se bagarrer en surenchères.

Après le questionnement rituel : qui êtes-vous ? d'où venez-vous? on en arrive à " que nous proposez-vous "?

- Un tableau peint par mon grand-père au siècle dernier, se redresse fièrement Victor.

Les quatre oignons roucoulent des "ah" de sympathie.

L'un d'eux exprime son impatience en alexandrin - Vite ! voir le côté recto de votre tableau !

On s'exécute.

Oscillations dans le rang des oignons.

- Ouhlà ! tressaille Armand qui plante méchamment ses lunettes en biais sur son crâne chauve.

- Coa ?... coasse Arthur qui se met à sourciller dans tous les sens (un tic de terreur oublié depuis la sixième; la faute à cette peau de vache de prof de sciences qui pinçait les cuisses des grenouilles vivantes.)

- Han...glagla... Les yeux de Marie- Aglaé sont exorbités, ses mains plaquées sur des dents qui entrechoquent leur re-blanchiment récent.

- ... ...

Chez Rosette ? Rien... Mutisme complet. Elle s'est affalée sur le bureau, les bras en vrac, les orteils ratatinés de frayeur. En douce, un peigne de son chignon en profite pour se suicider, il saute dans le vide.

Victor s'étonne de l'effet produit.

Armand descend ses lorgnons et de l'estrade. Armé d'un viril courage il se plante devant l'œuvre.

- Pourq...?  Pourquoi votre grand-père a-t-il...? a-t-il fait ça... ? hésite-t-il la bouche sèche.

- Mon grand-père n'était ni un emberlucoteur, ni un vide-gousset, il était simplement un des premiers orthodontistes et se voulait pédagogue, explique calmement Victor.

Semi-rassuré, l'auditoire reprend vie, les quenottes s'apaisent, les torses se redressent, les grenouilles regrenouillent et le peigne se remet en chignon.

Victor poursuit.

- Vous savez que les enfants adorent se faire peur. Curieusement, le tableau amusait et apaisait la jeune patientèle de grand-père. Il leur démontrait que le sourire de la Joconde aurait été moins pincé si elle avait connu l'orthodontie; les petits riaient de bon cœur et leur légitime appréhension s'estompait !

- Mais... le nez... le front... troués ? s'inquiète Armand.

- Mes cousins et moi nous sommes beaucoup exercés aux fléchettes sur cette pauvre Mona Lisa !

- Et... les orbites ? ose Marie-Aglaé.

- Mon grand père prétendait que les yeux de la Joconde manquaient d'éclat. Il laissa vacantes leurs orbites; par jeu, le premier petit patient de la journée avait le privilège de se précipiter pour y déposer deux belles billes multicolores. Le temps passa, le tableau disparut du cabinet - nous l'avions un peu trop bigorné ! Il restait à pépé une réserve de billes, petit à petit il les distribua aux enfants qui supportaient bravement les entraves métalliques qu'il leur imposait.

- Cinq cents euros ! s'écrie Rosette avec fougue. Elle déboule de l'estrade et, dévotement, honore la Lisa d'une agate bleue et d'une agate verte. Victor ! Je vénérais votre grand- père, j'ai conservé toutes ses agates avec reconnaissance. Louée soit l'orthodontie, s'exclama-t-elle dans un sourire parfaitement parfait !

 

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Défi n° 224 proposé par Martine Quai des Rimes pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Martine (Quai des Rimes) nous dit :

Je vous propose, dans le tableau ci-dessous, trois thèmes au choix et pour chacun des thèmes, deux titres pour vos écrits.

 

THÈMES TITRE 1  TITRE 2
Passé Hier à Hyères ou ailleurs Poussière d’hier
Présent Sauf-conduit pour aujourd’hui  Aujourd’hui inédit
Futur Demain à deux mains Demain en sous-main

 

A vous de choisir un thème et un des deux titres proposés et d’imaginer le texte adapté au titre retenu.

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                                                      PASSÉ -

                                    Hier à Hyères ou ailleurs.

- Ancilla ! commande une voix haut perchée, amortie par une profusion de tentures et tapis vieillots.

- ...

- AN-CIL-LÂ ! s'impatiente la voix.

- VOUI, J'ARRIVEU piaille une autre voix depuis les abysses du petit office.

- Vous en mettez du temps à obtempérer, il faudra que ça change.

- Il faut dire, Mâme la vicomtesse, que, sauf vot' respect, mon p'tit nom de baptême est Eulalie et que, bin... Ancilla...

- ... Signifie "servante" et que toutes mes servantes ont été des Ancilla. Il faudra vous y faire ma fille.

La "fille" boude en tournicotant le coin de son tablier.

-  Et vous êtes fagotée comme une souillon, constate la douairière l'air pincé. Ach... soupire -t-elle en tricotant son sautoir - véritables perles de culture huîtrières en eau douce - qu'il est loin le temps où, hier, à Hyères, Valère, en livrée bleue à boutons d'argent, nous présentait de divins vins dans d'élégantes aiguières...

- Bin, aujourd'hui, on boit dans des gobelets en carton d' la piquette tirée tout droit du cubitainer, c'est moins précaire que vos aiguières et c'est drôlement bon !

- Taisez-vous ma fille vous divaguez, répond sèchement la noble maîtresse des lieux. Vous ignorez tout de ce qui se passait hier à Hyères.

- Certes, oui da, j'ignorais la vie d'hier à Hyères puisque je trimais à Foix.

- À Foix ! Et que fissiez-vous à Foix ?

- J'y fissais que j'y vendais du foie. J'y étais célèbre. On disait de moi : " Il était une fois une marchande de foie qui vendait du foie dans la ville de Foix. Elle se dit ma foi c'est la première fois et la dernière fois que je vends du foie dans la ville de Foix."

- Et pourquoi, la dernière fois ? s'étonne la Vicomtesse.

- Bin dame ! parce que j'avais perdu la foi, je ne croyais plus au foie gras.

- Et alors ?

- Je me suis lancée dans le gloubi boulga.

- Et ce fut un commerce prospère ?

- Nan, nan... Aucun Prosper ne m'en acheta. Casimir était mon seul client...

- Casimir ?

- Voui, le gentil dinosaure de l'Ile aux enfants. Il en avala des tonnes, s'en délecta puis mijota lui-même son gloubi boulga...

- Et... vous fîtes faillite ?

- Je fîte, c'que vous dîtes...

- Vous souvenez-vous des ingrédients de la recette ?

- Bin dame, c'est sûr, c'est ma litanie, soir et matin.

" Un bocal de confiture de griottes

Treize sardines du phare d'Eckmuhl ou de St Gilles Croix de Vie

Une noix ( avec ou sans coquille, suivant votre goût)

Une cuillère à café de confiture de fraises des bois.

Une tablette de chocolat noir râpé

Trois louches (moyennes) de moutarde de Dijon, très forte

Deux bananes et demi, trop mûres

Une saucisse de Morteau crue, mais tiède

Vous mixez et vous décorez de crème chantilly chaude ou tiède, selon votre goût. "

Toute émoustillée, la Vicomtesse décida qu'elle ferait servir ce mets de choix au vernissage de l'expo " HIER À HYÈRES " qui se tiendra dans son Vicomté (voir affichette).

Ancilla accepta de concocter cette fameuse recette à condition que ses gages soient doublés, triplés, multipliés par dix et que Madame l'appelle Eulalie, ce que Madame fit, désormais foldingue de gloubi boulga !

Longtemps elles profitèrent de ce lucratif commerce, en appliquant le principe de Bouddha :

" ACCEPTE CE QUI EST

LAISSE ALLER CE QUI ÉTAIT

ET AIE CONFIANCE EN CE QUI SERA. "   

                  .......................................................

                            AFFICHETTE  DU BAR

                     (en sous ou en euros. On ne rend pas la monnaie)

Buvette avec piquette en cubis 20 sous = 20 €

Buvette avec piquette en aiguière 2 sous = 2 €

Portion de gloubi (avec chantilly) 5 sous = 5€

Portion de boulga (sans chantilly) 20 sous = 20 €

Portion de gloubi et boulga 15 sous (on brade) = 15€

                                ......................................................................................

 


 

 

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Défi n° 223 proposé par Jeanne FADOSI pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Jeanne nous dit :

" Je vous invite à écrire un petit texte en prose ou en vers à propos d'une partie visible de la tête (oreille, front, menton, bouche, joue, cheveux ou crâne, si chauve, ou sourcil pourquoi pas ...) ou d'une autre partie du corps humain (la main, le pied, le coude ou le genou, le nez ou l'épaule ...)"

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Loulou, réfugié sur un tas de cailloux,

tremble, tremble, de tous ses genoux :

un troupeau de voraces lapinous

veut s'en prendre à ses oreilles... en feuilles de chou !

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- Riri ! Arrête de te gratter !

- C'est ta faute...

- Ma faute ? Eh... l'aut' !

- Tu m'as dit, qu'hier matin, la camionnette du facteur avait stationné pendant plus d'une heure devant la maison de ma fiancée.

- Oui, et alors ?

- Ça m'a mis la puce à l'oreille et depuis... ça gratte... ça gratte...

................................................................................................................................................................

- Que vas-tu faire de ce tas de chiffons ?

- Le voisin s'est plaint : mon garnement lui a piétiné tous ses fraisiers.

- Et ?

- J'attends ce galopin. Quand il rentrera,  je vais te lui frictionner les oreilles, j'aime mieux te dire qu'il s'en souviendra !

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Monsieur :

- Ach... Mon amie? Qu'est-ce donc tous ces débris sur les tapis du salon ?

Madame : 

- Devine ! Toute la journée l'ado du troisième a tapé comme un sourd sur ses percussions et m'a vraiment cassé les oreilles...

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- Cinq, six, sept, huit... On le saura que tu es papetier... Pourquoi avoir superposé tous ces crayons derrière tes esgourdes ?

- Pour faire comprendre à mon patron que j'en ai par-dessus les oreilles de ses ordres et de ses contrordres...

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Le Sous-Chef :

- Le Chef va parler, écoute bien et fais-moi un résumé précis.

Le Sous-Sous Chef :

- Chef ou pas Chef, je ne lui prêterai pas l'oreille, cet étourdi oublie toujours de me la rendre...

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Aigue reine et Râ douci !

Publié le par François & Marie

L'été est une fort belle saison quand elle ne cherche pas à caniculer l'estivant en le faisant rissoler comme dans un faitout.

Evitons cette idée de cuisson et pensons aux belles eaux jurassiennes.
 Marie et François aiment la douce fraicheur qui adoucit les rayons de Râ
(comme y disent dans les mots fléchés).

Pour partager cette sensation de
" hummmm ça fait du bien "
Cabardouche vous offre  quelques  images d'aigue, comme le patois d'ici la nomme, pour apporter un peu de frais.

 

 

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Défi n° 222 proposé par Asfree pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Asfree nous dit :

" Quelqu'un est sur le pas de sa porte, à votre avis, que fait-il ?"

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Planquée au troisième étage derrière un rideau à trous-trous, Dame Fouinarde est à son affaire !

Quelle affaire ?

Elle SCRUTE.

Elle passe ses journées à observer TOUT ce qui se produit dans la rue, là, en bas.

Rien ne lui échappe, ni les voitures qui passent, ni celles qui s'arrêtent, encore moins celles qui repartent.

Elle connaît tous les chiens qui déambulent, aussi bien les vagabonds sans collier que les toutous éduqués à promener leurs maîtres en bout de laisse.

Elle ne manque aucun des passants, ceux qui viennent, ceux qui vont, sans oublier ceux qui reviennent ou qui revont.

Nul ne soupçonne sa présence - qui donc, hormis un casse-cou cascadeur marcherait les yeux levés jusqu'au troisième niveau  ?

Les façades en vis à vis n'ont aucun secret pour elle. Elle en sait chaque fenêtre, chaque porte et chacun des portails; il ne faudrait pas beaucoup la pousser pour qu'elle vous récite leurs digicodes.

Pour elle, fouiner est une besogne à temps plein.

Las, ce matin le trottoir d'en face est peu animé, juste un matou insignifiant, une poignée de feuilles mortes qui s'obstinent à poursuivre le vent et un pissenlit maquillé jaune soleil.

Dépitée, Dame Fouinarde traîne deux savates désenchantées jusqu'au Butagaz, clic, sa soupe peut cuire.

Mollement, elle regagne son poste d'observation.

Son œil de fouine fulgure. Là, en face... Une forme humaine anime l'une des façades.

- Eh ben ma vieille, tu as failli le rater celui-là, se morigène -t- elle.

 " Celui-là ", c'est Ernest, le jouvenceau dégingandé, locataire du 13 bis rez de chaussée droite.

Sa porte est grande ouverte. Sur le seuil il hésite, il atermoie.

- Va-t-il reculer ? Va-t-il avancer ? se questionne l'indiscrète, part-il ou rentre-t-il ?

Voilà Fouinarde toute ronchon, son potage poireaux- pommes de terre lui a fait rater le début du feuilleton.

- Que tu es sotte ma pauvre, regarde dans quel sens ses pieds sont pointés.

Déception ! Ce grand dadais - c'est tout lui, ça - a les pieds en canard, le droit tourné vers l'extérieur, le gauche vers l'intérieur... Comment s'y retrouver ?

- Et ses clés, de quel côté de la serrure sont ses clés ? insiste Fouinarde.

Pas de chance... Tel un enfant de chœur agitant des sonnettes, Ernest balance en bout de main le trousseau qui cliquette.

- Voyons voyons ma commère ! Réfléchis... trouve un autre indice. Observe son costard :  mou, un peu fripé par un trajet en bus bondé, Ernest rentre. Si les plis du pantalon sont tirés au cordeau et le bas du veston sans accordéon, Ernest sort.

Fouinarde va pour allonger son maigrichon cou de dindon lorsque... pchiiiiiiiiiiiitttt, ça urge ! Pchiiiiiiiiiiiiiiiiiit trépigne la cocotte-minute.

Agacée, Dame Fouinarde bondit, coupe le gaz - parfois ça explose ces engins-là - et vite, retourne aux nouvelles...

- Ben ça alors ! proteste la marmitonne, ben ça alors... clabaude en écho sa lippe déconfite.

Plus de traces d'Ernest ! Sa porte est close, hermétiquement muette...

Où s'est évaporé Ernest ? Est-il rentré ? Est-il sorti ?

- Maudite soupe mal salée ! Tu viens de saboter l'épilogue d'une affaire cruciale.

Fouinarde rage, elle peste et enrage.

Des idées de vengeance la ballonnent.

Elle est jalouse.

Jalouse de celui qui dans la rue a tout vu.

De celui qui a suivi de bout en bout le scénario.

De celui qui connaît le fin mot de l'histoire.

Elle sait déjà qu'il ne lui révélera rien, qu'il ne parlera pas, qu'il la laissera croupir dans son incertitude.

Elle explose de rage.

Elle va lui faire payer cher le tourment qu'elle endure : d'une louche de brouet elle va l' É-BOUI-LLAN-TER !

Maquillé de soleil, le pissenlit serein, offre ses jolies dents de lion à la lumière du matin.

 

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