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En Avent; l'aventure ! 5

Publié le par François & Marie

- Mais je ne me fâche pas, seigneur Perceval, j'essaie juste de comprendre : pourquoi y a t-il un portail démonique dans les couloirs de Kaamelott ?

- Ah, ça Sire, c'est pas moi, j'y connais rien en démonique ...

- Je n'ai pas dit que c'était vous, déjà que vous n'êtes pas capable de reconnaître un lapin d'un sanglier !

- Si si je sais ça, le lapin il oblitère et pas le sanglier.

- Hein ? Quoi ? Le lapin, il ... ? Dites donc, ça  va pas mieux vous.

- C'est pas comme ça qu'on dit ?

- Non, et puis on s'en fout ! Moi ce que je veux c'est me débarrasser de ce portail qui ouvre sur un autre univers, c'est un coup à récupérer plein de démons, ça .

-  Et si on demandait à Merlin ?

- Merlin ? mais son seul pouvoir c'est d'arriver à reconnaître une chanterelle d'une morille, et encore ...

- La morille, c'est pas celle qui oblitère ?

Publié dans Bande Dessinée

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En Avent l'aventure ! 4

Publié le par François & Marie

-Bien alors... Voyons voir,  comment ça marche cette affaire ?

Santa termine une Suzette à la cannelle en examinant le prototype "Viaggio ®" qu'il doit tester pour validation. Peu habitué à la réalité virtuelle ni à la 3D immersive, notre Père Noël reste circonspect...

- Qu'est ce que je suis censé faire ? Je pense que  le masque c'est pour visualiser le jeu et cette drôle de lampe doit pouvoir générer des images ... C'est joli d'ailleurs ces petites loupiotes ! Ça ne vaut pas un bon livre d'aventures, mais il faut vivre avec son temps. Je vais quand même faire une partie pour me rendre compte, je ne risque pas grand-chose...

Publié dans Bande Dessinée

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En Avent, l'aventure ! 3

Publié le par François & Marie

- Oh, oh, oh ! Quel bon parfum de cannelle, mes crêpes préférées. Tu arrives au bon moment, j'ai bien besoin de faire une pause.

- Ouh là ! On dirait que cette année tu as beaucoup de nouveautés à déballer ! Tu crois que les lutins pourront produire tous ces joujoux ?

- Ils en ont l'habitude! Dès que nous aurons choisi les nouveaux modèles, les cadeaux vont se multiplier comme des gerbes de sauterelles.

-Ça nous promet une joyeuse activité pour les jours qui viennent. Qu’est-ce que tu as repéré d'original ?

- Il y a ce nouveau jeu électronique que je dois tester : "Viaggio". Je suis intrigué, il parait qu'il nous embarque dans de grandes aventures insolites...

- Eh bien, dis donc... je préfère les jeux plus traditionnels toutefois il en faut pour tous les goûts !

Publié dans Bande Dessinée

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En Avent, l'aventure ! 2

Publié le par François & Marie

Dans la cuisine  des Noël, Santa Mama jongle avec dextérité et avec ses crêpes.
Les caribous sont hypnotisés par les disques sucrés virevoltant dans l'air en l'embaumant de cannelle et d'érable. Elles n'ont même pas le temps de tomber dans le plat qu'elles sont happées par les gourmands.

- Ah ah les caribous ! Bande de gloutons, régalez vous, il y en pour tout le monde ! Il vous faut des forces pour courir dans la neige. 
J'en réseve une bonne pile pour Santa, je sais qu'il est très occupé en ce moment, lui aussi a besoin de prendre des forces. Il vient de recevoir les nouveaux prototypes de jouets, il a beaucoup de travail pour les expérimenter ...
Après le goûter nous irons voir où il en est.

 

Publié dans Bande Dessinée

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En Avent, l'aventure 1

Publié le par François & Marie

- Youuuu Hou ! c'est vraiment super ce lac gelé ! Vrouuu ! On peut y patiner toute la nuit boréale !

- Ouiiii ! Et on peut faire des maxi batailles de boules de neige et jouer aux " Rênes des Neiges !" : libéréééééé délivréééé ♪ ♫

- Il faut en profiter ! Le patron a recommencé à actionner ses ateliers, mon vieux, ça turbine à fond ! Les dernières commandes arrivent dans les entrepôts et les lutins empaquètent à qui mieux mieux. On va entrer dans la période "Magie de Noël".

- Hééé oui ! On a reçu beaucoup de lettres cette année, je sens que la Grande Tournée sera giga !

- Tu peux dire giga giga même ! Heureusement qu'avant le grand départ Santa Mama nous gâte avec ses bonnes crêpes au sirop d'érable...

- Hummm et à la crème de marron ... Ça c'est Giga giga !

Publié dans Bande Dessinée

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défi n°256 proposé par Colette pour les croqueurs de mots

Publié le par François & Marie

À partir de phrases de chansons, n’importe lesquelles, d’un ou de plusieurs chanteurs, sur l’automne ou le thème de votre choix, assemblez ces phrases pour en faire un texte cohérent.
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La petite fleur de pommier n'a pas tout compris.
Elle lorgne son voisin. Il doit savoir, lui. Il semble être là depuis toujours.
Qu'est ce qu'il est grand...
Est-ce que la voix d'une minuscule fleurette parviendra jusqu'à ce colossal végétal ?
Fleur de pommier s'enhardit, rassemble en conque ses cinq pétales, oriente ses étamines vers le géant et se lance.
- Bonjour Maître grand arbre, je suis ta voisine, une petite fleur... sur le pommier “reines des reinettes”, là... tout en bas...
- Bonjour fleurette ! Tu peux m'appeler par mon prénom "épicéa".
- Dis... Maître épicéa, je peux vous poser une question, s' te plaît ?
- Vas-y gamine, fais pas ta timide.
- Tôt ce matin, un humain avec des bottes et un chapeau est venu inspecter la branche fleurie que je partage avec mes soeurs. Si tu les avais entendues bougonner ! Sais-tu qui est ce bipède peu galant venu espionner à la loupe nos folioles encore ensommeillées ?
- Ah ah ah !... Je vois, pouffe le géant, l'espion c'est Marius, le jardinier. Rassure- toi, il ne vous veut que du bien.
- Ouf ! Pourtant, il a prononcé une phrase étrange, tu veux bien que je vous la dise ?
- Je t'écoute petite.
- Il a siffloté "cet automne la récolte sera belle"... Dis, c'est quoi l'automne ?
- Eh... mais... c'est vrai ça... Une fleur de pommier née en avril ne connaît jamais cette saison là... Toi, tu es née au printemps, tu ne connaitras ni l'été, ni l'automne et encore moins l'hiver... L'automne, c'est en septembre (1) quand  .../... Les raisins rougissent du nez.../...
- C'est rigolo !
- Ta couronne de pétales va s'envoler, laissant place à la nouaison des futures pommes. Elles seront mûres "dès que la première pluie de septembre les aura bénites" (paroles de Fernande, la fermière).
- Dis, ensuite, qu'est ce qu'on en fait ?
- Le temps des pommes (2) est un moment agréable, demande donc à " Colin, un jour avec Colette, la fille du voisin, il faisait la cueillette des pommes du jardin !"
- Et après ?
- Les feuilles du pommier vont tomber, c'est la fin de l'été , les colchiques dans les prés fleurissent (3) " la feuille d'automne emportée par le vent, en ronde monotone tombe en tourbillonnant." Le sol en est jonché, les feuilles mortes se ramassent à la pelle (4), voici l'automne (5) qui revient avec ses brouillards du matin, les feuilles qui tombent s'amoncellent couvrant les cours et les marelles... On arrivera en octobre (6). Le vent fera craquer les branches, octobre prendra sa revanche, le soleil sortira à peine et des nuages seront pris aux antennes
.
- C'est triste, dis ?
- Pas du tout ! On va en haut des collines voir ce qu'octobre illumine (6) C'est une féerie ! Toutes les couleurs font la ronde pour décorer notre monde (7). Eh gamine ! tu ne vas pas te mettre à pleurer, l'automne c'est beau, l'hiver aussi, le printemps et l'été sont également magnifiques !
- Sni... Je ne pleure pas, j' te f' rai dire, c'est juste une petite goutte de rosée... Pfuit... elle s'est déjà évaporée !
- Parfait ! Chantons ensemble Hallelujah !
(8)

......................................................................................................

1 - C'est en septembre - Gilbert Bécaud

2 – Le temps des pommes - Les rats d'Swompe

3 – Colchiques dans les prés

4- Les feuilles mortes se ramassent à la pelle - Yves Montand

5 – Automne - Pierre Lozère

6 - Octobre - Francis Cabrel

7 – Couleurs d'automne - Pierre Lozère

8 – Hallelujah - Léonard Cohen

 

- C'est rigolo, tu as vu Marie,  on dirait des grosses châtaignes ! Ça pousse à l'automne ? 

- Hi Hi, ça, c'est des p'tiots nérissons et c'est l'ami du jardinier alors il faut être gentil avec eux.

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Défi n° 255 proposé par Martine - Quai des Rimes

Publié le par François & Marie

 

Décrivez un de vos défauts ou atouts physiques ou de personnalité en utilisant

le plus possible d’adjectifs en gras dans l’extrait de la tirade du nez

de Cyrano de Bergerac ci-dessous.

Vous pouvez aussi utiliser d’autres adjectifs.

Amusez-vous, Amusez-nous !

 

Extrait de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac :

Agressif: Moi, Monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse !
Amical: Mais il doit tremper dans votre tasse !
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap!
Descriptif:  C’est un roc ! . .. c’est un pic ! . . . c’est un cap !
Que dis-je, c’est un cap ?. .. C’est une péninsule !
Curieux:  De quoi sert cette oblongue capsule ?
D’écritoire, Monsieur, ou de boite à ciseaux ?
Gracieux:  Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ?
Truculent:  Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ?
Prévenant:  Gardez-vous, votre tête entrainée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol !
Tendre:  Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane !
Pédant: L’animal seul, Monsieur, qu’Aristophane

Appelle Hippocampelephantocamelos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os !
Cavalier:  Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode!
Emphatique: Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral !
Dramatique :  C’est la Mer Rouge quand il saigne !
Admiratif:  Pour un parfumeur, quelle enseigne !
Lyrique:  Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?
Naïf:  Ce monument, quand le visite-t-on ?
Respectueux: Souffrez, Monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue!
Campagnard:  He, ardé ! C’est-y un nez ? Nanain !
C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain !
Militaire:  Pointez contre cavalerie !
Pratique:  Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot !

Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »

Cher locuteur.
D'entrée, sachez que mes propos ne se veulent nullement agressifs.
Pourtant, n'est-ce point vous montrer un tantinet curieux, juste un brin cavalier, voire, quasiment à la limite de l'indiscrétion, lors que vous sollicitez autrui d'une auto-description ?


Dans cette affaire, vous semblez vous être réservé le beau rôle.
En une courte phrase vous proposez " Décrivez un de vos défauts, ou atout physique ". Point final. Alors que le destinataire, lui, doit développer et se dévoiler...

Pourtant la réalité n'est pas aussi simple qu'il y paraît, "... nous l'allons montrer tout à l'heure", comme dirait Jean de La Fontaine.
Au début, vous êtes le loup, ils sont les agneaux.

Cher locuteur, quand faut y aller, faut y aller ! Êtes vous prêt ?

Vous posez vos lunettes sévères sur votre nez et la question dans la foulée.
Vous voilà satisfait de vous-même – vous n'avez pas bégayé - prêt à écouter, vous vous abandonnez au dossier de votre fauteuil mimosa (salissant, certes. Soldé 50 % chez Ingvar, le Suédois.)

Imaginez que l'autre vous réponde sur le champ en larges envolées, moulinant du vent et vous noyant sous moult(s) descriptifs.
Vous qui pensiez planer en indolente torpeur, vous êtes électrisé par cette girouette éolienne.
Pas simple de discerner le vrai du faux chez cet allocutaire.
Au mieux, le classeriez-vous en emphatique spontané ? Au pire, le ramèneriez-vous au niveau des pédants ? (en imaginant que vous soyez un peu jaloux de sa culture du "Connais-toi Toi-même.)

Expectatif, vous repoussez vivement mimosa, jetez vos binocles et courez prendre l'air, exempt de vent.
Pas si facile que ça de devoir trancher.

Le lendemain vous trouve requinqué et confiant.
Vous allez vite déchanter.
Face à vous un personnage qui, d'entrée, semble mener le jeu.
Il exige de rester debout, aussi raide et inexpressif que la momie de Ramsès II.
Menton pointé, il fixe un point au-delà de mimosa (rhume des foins chronique ?)
Impassible, il attend que vous parliez.
D'une voix de fausset vous énoncez l'exposé.
D'un déclic Ramsès enclenche son lobe occipital.
Ses réponses vous mitraillent, brèves, sèches, ton monocorde scandé de “Monsieur” hachés et tranchants, faute d'être respectueux.
De profil, on perçoit le recroquevillement de votre lobe temporal qui a juste eu le temps de vous remémorer: les militaires sont tenus au devoir de réserve.
Bombardé par tous ces mots incisifs vous manquez d'air.
Vous tressaillez. Vous tressautez. Vous tressaillez encore. Vous tressautez toujours.
Entre deux spasmes vous bredouillez " À l'aide... je convulse..."
Pff, vous avez simplement le hoquet. Pauvre poule mouillée !

Cher locuteur, suite à cet épisode, vous êtes las du dramatique.
Vous vous rêvez en tendre bonbon anglais, vous fondez en un décor douillet de tapis épais...
Des fauteuils moelleux et dodus vous enfouissent. De précieuses tentures vous emmitouflent.
Vous humez les fragrances des roses-thé et du thé à la rose servi par une gracieuse et prévenante camériste.
L'hôtesse du lieu, élégante douairière, vous charme en mode Soprano lyrique et vous touche à l'âme.
Aucune parole n'a été échangée.Vous êtes subjugué, admiratif.


Requinqué par ce Nirvana, c'est avec le sourire que ce matin vous accueillez un campagnard aussi rougeaud que truculent.

Il parle fort, fait des remarques sur tout, " Mazette ! çan, y'en est' ti du bin brave n'escayïer... Du travaux d'avant guérre, çan, recta..."
Il vous a à la bonne, vous donne d'amicales claques dans le dos " Bin mon gars, i fâît piaisi de r'trouver un pays dans c'ta grand'ville !"
Ce naïf s'étonne de tout " Vôs clairez mém' le je ! i dait coûter bonbon, vieux, tout çan ..."
Son esprit pratique est sans cesse en éveil - il est toujours prêt à rendre service - "P'tiot gars ç'ta chés' êst bin bancalouse...T'vas cheudre à pe te déniaper l'coq six, recta... Bouge point ! j'm'en va t'la r'vissi. Nam d'in ptiot bonhoumme, j'a touj' man tren'visse dins ma pouch' ! N'y v'là, i'est fâît, recta !"

- Celui-ci, cher locuteur, ne vous a pas donné beaucoup de mal, il était transparent comme eau de roche !
- Et vous ?
- Quoi, moi ?
- Vous deviez vous décrire...
- Je l'ai fait, cher locuteur ! Vous qui ne manquez pas de psychologie, vous retrouverez facilement un peu de moi en chacun des personnages évoqués... Cherchez un peu. Pour une fois c'est à vous de faire fonctionner votre matière grise !



 

 

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Défi n° 254 proposé par Jeanne FaDoSi pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Jeanne nous dit :
"Essayons de faire abstraction du vécu de ces deux dernières années pour écrire un texte de quelques lignes en prose ou en vers (libres ou pas) dans lequel nous nous projetons dans cet avenir proche. Rêvons un peu, beaucoup, passionnément !"

...................................................................................................................................

Armand est un vieux monsieur qui a franchi avec enthousiasme le seuil de la nonantaine.
Lorsqu'il décida de vivre sa retraite dans la maison familiale, les gens du bourg murmurèrent, mi-figue, mi raisin,
- "L'original" est revenu.
"L'original" est une formule neutre et prudente utilisée par ses congénères, qui l'ont souvent considéré en décalage vis-à-vis d'eux.
Si d'aventure l'un d'eux croisait Monsieur Armand dans ses périodes "fantaisistes"- chaussures dépareillées, rubans colorés noués à son grand feutre noir, soliloquant avec sauterelles et pâquerettes – il aurait été tenté de majorer “original” en toc toc brindezingue et personne ne l'en aurait blâmé !
Pourtant, aucun n'a jamais franchi cette limite ;
in extremis on se souvenait que ce personnage "travaillait aux impôts". C'est suffisamment flou pour troubler et assez clair pour en imposer (sic !)
Monsieur Armand possède une autre particularité. Contrairement à ses semblables vieillissants qui s'agrippent à leur mémoire ancienne, lui, gomme sciemment le passé. Il le considère comme un vécu périmé encombrant ; il le vire sans aucun scrupule.
Puisqu'on lui a souvent assuré que la nature a horreur du vide, Monsieur Armand pressent que les petits tiroirs de son cerveau n'attendent qu'une chose : être à nouveau remplis.
Mais, par quoi ?
Depuis peu l'esprit de Monsieur Armand est en brouillamini. Il subodore qu'il s'y trame des étrangetés, comme qui dirait, des bizarreries...
Nullement inquiet, plutôt excité, il pressent que les petites cases vides sont en train de se combler à nouveau.
Peu à peu, il perçoit des informations qui le surprennent. Des détails concernant le futur.
Puis, Monsieur Armand n'a plus de doutes, il sait qu'il sait de quoi demain sera fait.
Le voilà face à un dilemme : s'il dévoile abruptement cette nouvelle singularité, on va le juger ramollo du ciboulot et, s'il se tait, il va faillir au devoir de donner un coup de pouce à ceux qui en auraient besoin.
Il décide d'informer son entourage, par petites touches, sans les effaroucher ni les alarmer.
Monsieur Armand est comme un volcan qui voudrait exploser et qui ne peut se permettre qu'un discret pet de coucou.
Tourneboulé, il réfléchit longuement, assis à l'entrée du jardin public où il attend son arrière petite fille.
Il dévisse le pommeau de sa canne et en extrait précautionneusement une petite flûte.
Il se met à en jouer doucement les yeux clos. Manière efficace de renouer avec la sérénité.
Les oiseaux et les grillons font silence. Un long temps.
Peu à peu cesse la musique de Monsieur Armand qui conserve les yeux clos.
Face à lui, tout doucement, une voix joyeuse fait écho à la vibration de ses flûtis.
- Salut pépé !
- Oh ! Tu es là ma Criquette ! Bonjour ma sauterelle préférée !
- Tu es prêt pour le tour du parc à pas de géant ? Tu te souviens, on a commencé ce rituel alors que j'avais un peu plus de deux ans ! On riait comme des bossus, moi qui trottinais et toi qui chaussais des bottes de sept lieues !
- Les temps changent, c'est toi maintenant qui feras les plus grands pas. Profitons-en, dans quelques semaines les allées seront fermées.
- Ah ! Ils vont les goudronner, ce sera sympa ! Remarque Criquette sans y penser vraiment.Tu sais quoi pépé ?
- Ben non, je ne suis pas devin...
- Le mois prochain, pour mon anniv', j'ai... Oh... tu ne devineras jamais !
- Eh non, je ne suis pas prophète !
- Écoute bien : j'ai la permission d'aller danser en boîte de nuit et de mettre une jolie robe de demoiselle, j'suis trop contente !
- Oh, tu sais les boîtes et les boutiques, ça s'ouvre, ça ferme, ça ouvre à nouveau, les rideaux de fer sont faits pour ça... Ça n'est pas mal non plus de danser chez soi, en chemise de nuit...
- Pépé! Tu charries trop là ! s'exclame l'adolescente en faisant mine de dénouer les rubans du feutre. Et puis j'ai enfin droit au maquillage ! Tu verras, je vais dégoter un beau gloss à faire pâlir les roses !
- Jolie comme tu es, ça ne m'étonne pas ma Criquette ! Er même si on ne voit que tes yeux, tu vas faire des ravages !
- … Tais-toi, pépé, on croirait que tu veux me bâillonner !
- Non, non, pas du tout, moi je ne veux rien de tel... Au fait, à quel moment fais-tu tes courses alimentaires ?
- Ben... Comme tout le monde, en rentrant, en fin de journée, pourquoi ?
- Je me disais que tu pourrais les faire pendant ta pause de midi... Tu sais avant dix neuf heures, en automne, il fait sombre dans les rues...
Criquette vient se planter devant Monsieur Armand et le regarde intensément, mi surprise, mi rieuse .
- Eh ! Pépé !... Tu ne vas tout de même pas aller jusqu'à me parler de restrictions et de couvre-feu ! Oh là ! On est en 2018 et non en 1941, la guerre est ter-mi-née, pépé !
- Tss tss... On ne sait jamais à quel genre de guerre on peut avoir à faire... Profite bien de la vie ma Criquette ! Allez viens, on va le dénicher ensemble le beau gosse qui fera pâlir les roses !
Criquette s'étrangle de rire
- Pépé ! C'est un "beau gloss" que je dois trouver, pas un "beau gosse" !
- On ne sait jamais, l'un n'empêche pas l'autre ma Criquette ! Ai confiance en la vie et... en ton pépé !

 

 

 

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Défi n°253 proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de Mots

Publié le par François & Marie

Le lundi 20 septembre 2021

 Je propose le thème suivant :

« Refaire le monde sur le zinc

 A l'aide de ces 15 expressions en verlan,

 Qu'importe l'ordre ! »

Texte en français bien sûr, incluant ces 15 expressions....!!!

Auch = chaud

Beubard = barbe

 Cheum = moche

 Gueudin = dingue

 Joibour = bourgeois

 Keum = mec

 Laisse béton = laisse tomber

 Meuf = femme

 Nawak = n'importe quoi

 Péta = taper

 Résoi = soirée

 Teillebout = bouteille

 Veugra = grave

 Yeuve = vieux

Zeyo = oseille

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- Fait auch sur ton bitume l' Jojo...
- Faut t'y faire l' Marco, la loi c'est la loi : les soiffards accoudés au zinc sont interdits, en revanche masque et terrasse sont obligatoires.
- Ach... en terrasse, avec ce vent, on n'peut même pas péta le carton... Chienne de vie...
- Tss tss, malgré tout ce tintouin la vie continue ! Te laisse pas abattre mon Marco. Je te ressers la même chose ?
- Tu peux carrément avancer la teillebout, il me semble apercevoir une forme blanche qui domine la foule. Il se pourrait bien que le Pierre-Antoine-Philippe se dirige par ici.
- Le Pierre-Antoine-Philippe... Tu veux dire le "PAP " ?  Ça fait un bail qu'il a pas traîné ses pompes dans le coin...
- Il se fait yeuve not' PAP, après une chute veugra ce printemps, il godille comme il peut...
- Bon courage, gars, il va te disséquer cet épisode menu-menu, t'en as pour la résoi.
- Bah, ça fait toujours de la compagnie, et puis, comme il a de la zeyo et qu'il casque facilement, ça aide; je peux me forcer à l'écouter patiemment... Attends... attends... mon Jojo... Je fais erreur, ce n'est pas notre PAP, il lui manque quelque chose...
- Je te fais confiance, le soleil m'éblouit, je ne le distingue pas bien... Laisse venir... S'cuse, on m'appelle au fond.
Le Marco suit des yeux le dégingandé à la pèlerine laiteuse. Sa canne de dandy le dirige droit sur lui.
- Salut keum ! Content de trouver enfin une chaise, grommelle l'homme à l'étole en s'installant pile, face au Marco.
- ... Monsieur, je...
- MONSIEUR ? Elle est bien bonne celle là ! C'est carrément nawak ! Eh ! ... le Marco, tu m'appelles "monsieur" maintenant ? Tu ne me reconnais pas ?
- Euh... c'est toi... Pierre-Antoine-Philippe ?
- Qui veux-tu que ce soit ? C'est geudin mec, d'abord, tu m'offusques avec du "monsieur", puis tu me traites de "Pierre-Antoine-Philippe", comme si j'étais un  joibour... Tu as oublié mon surnom ?
- Te fâche pas, gars ! Tu es toujours notre PAP, pourtant, j'ai eu un doute, où est passée ta somptueuse beubard ?
- Laisse béton le Marco... c'est ma meuf... Elle a décrété que les élastiques des masques laissaient des faux-plis, très cheum, dans mon opulente pilosité. Elle a tant insisté, jour après jour, que, pour avoir la paix, j'ai rageusement tout rasé. Si tu voyais ma tronche, un vrai cul de poulot déplumé. Par vengeance, je garde mon masque à la maison, même la nuit !
- T'es vraiment un peu fada l' PAP ! Et... tu respires...?
- T'inquiète mon Marco, j'suis un finaud ! Dans mon masque d'intérieur j'ai découpé une ouverture assez ample pour me
sustenter, me délecter d'un bon cigare et ronfler comme une toupie ! Ma légitime en trépigne d'exaspération et moi je reste im-per-tur-bable !
- J'imagine l'ambiance !
- Je ne céderai pas ! J'ai appris la patience et la persévérance il y a six mois après une mauvaise chute (y en a-t-il de bonne, d'ailleurs). Tu n'étais pas au courant ? Il faut que je te raconte ça mon Marco. C'est une longue histoire... Figure-toi que c'était juste la veille de mo...
- Vite Jojo ! Fais péter les munitions !

 

 

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L'crô a pe le r'nâd

Publié le par François & Marie

Défi n°253 proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de Mots.
Jeudi poésie : Poème dans un patois.
…...........................................................................................

Poème emprunté au Jeannot d' la Fontaïne.
En patouès francoprovençal, arpitan (qui inclut la Franche-Comté)

.......................................................................................... .

 

L' CRÔ À PE LE R'NÂD

 

 

L' Métre Crô joussi su in maouss' foyârd

T'niot dins san bô in grous bout d'gruére.

L' Métre R'nâd, que fionot pou ique, ça trouvé bin aguichi,

È li dit qu'm'en çan :

« Hé ! Bin l' bonjeu, Mansieû' l' Crô,

Vos seutes tant bin fait, tant brave à r'gaidjïer !

Vrai de vrai, sins étr' mentou, si vôs chaintaï

Aussi bin qu' vos pieums sant balles,

Vôs seutes l' Pacha d' tous lès bous d' Vencent-Frèd'valle.»

À c' tès mouts, vieux ... v' là l' crô fin heureux;

È s'crait d'jà à l'Opèra d'Paris ♪ CROÂ ♪ CROÂ ♫

El euvr' in bô si lârge, qu'èl en èchappe san from'ton.

Le r'nâ' l'chope, l'emboque, à pe li dit : « Man ban Mansieû',

Craïyez don' jaimais lès bonimentous

Ès embobinnant touj' lès iodots qu' lès ècoutant :

J' compte que ç' t' anicreuche équivaut bin à in fremège.»

L'crô, bin capot, bin quinaud,

Jera, ouat... mâs bin trop taïd, que nion, onc, l'embobin'rot.

 

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