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Défi n° 210 proposé par Martine Quai des Rimes pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" Inspirez-vous de cette photo (prise par Martine : Île de Noirmoutier, devant le passage du Gois à marée haute) pour écrire un texte en vers ou en prose."

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- Bin !...

Gnnniii ! Les freins crissent. La bicyclette pile net.

Éjectée à califourchon, tétanisée jusqu'au bout de ses arpions, Georgette sent que se démantèlent les bielles de sa cervelle.

- Bin ça alors !... s'hébète Georgette.

- Ah bin ça alors... se répète Georgette.

- Ah bin ça alors de ça alors... J' suis pas devenue benête, essaie de se convaincre Georgette.

Incapable de penser elle se fige, pétrifiée.

Longtemps.

Jusqu'au moment où le chlorure de polyvinyl de sa capette anti gros temps -  ramolli par le soleil brûlant - se mette à lui chauffer le ciboulot et la tire de son apathie.

- Ma Georgette, ce n'est pas parce que tu as oublié tes lunettes que tu n'es plus capable de voir la vérité en face : ON A VOLÉ TA ROUTE !  Tu découvres de bien curieuses mœurs en ces terres vendéennes... Dans ta Franche-Comté, on vole de tout, pourtant personne n'a jamais eu le toupet de dérober le moindre sentier. Ne traînasse pas, déjà que tu stationnes illégalement, remonte vite sur ton biclou et surtout, n'aggrave pas ton cas, ne fais pas de folie en dépassant le cinquante !

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Georgette, nez dans le guidon, se mit à tourner en rond autour du gros point rond. Elle fit un tour, puis un deuxième et encore un troisième.

- Je vais me réveiller... Ça n'est qu'un mauvais rêve... se rassurait-elle. Le voleur de route a bien de la  veine d'être tombé sur une  bonne fille comme moi, je lui accorde un sursis : je fais sept tours de piste, pas un de plus, afin de lui laisser le temps de restituer la chaussée bien asséchée. Hier, je jure qu'elle était là, j'y ai roulé tranquille, avec, dans mon panier, du sel en fleur fine de Noirmoutier. Ce matin je me suis traitée de tête de linotte : pour accompagner mon sel, j'avais tout bonnement oublié de rapporter des petites pommes de terre bonnottes, si tendres en papillote. J'ai bondi sur mon Pégase et... vous connaissez la suite... La route a bel et bien disparu et n'est pas reparue, même après mes sept tours de manège...

Georgette un peu déboussolée, rebroussa chemin, après avoir vérifié que son itinéraire de retour n'avait pas été escamoté.

Rentrée dans son gîte de location, Georgette un tantinet tracassée, se rua sur la bouteille de Trouspinette - apéritif vendéen à base de pousses d'épines noires - dont elle avait descendu deux verres avant de partir, histoire de se donner du mollet.

Elle chaussa ses lunettes, prit une loupe et passa un long temps à analyser la composition de ce vin d'épines. Elle n'y trouva apparemment aucun élément hallucinogène rédhibitoire. Pour vérifier, elle en goûta un fond de verre, avec suspicion. D'un demi verre elle y re-goûta, avec application. Elle en reprit une grosse lichette avec délectation puis, toute guillerette, se fit cuire des coquillettes.

 

 

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Défi n°209 proposé par Jeanne Fadosi pour les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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Jeanne nous demande d'écrire un texte en prose incluant trois ou quatre expressions avec "œil" ou "yeux".

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Lorsqu'à huit heures un quart Malcomm Ode ouvrit l'œil, il n'en crut pas ses yeux il venait de rater son autocar, celui de sept heures moins le quart.

Roulant des yeux furibards il sauta dans son falzar.

- J'en ai ras la casquette de ce cossard de réveil qui hoquète au lieu d'activer ses clochettes. Dès ton réveil Bertille-Adèle, bazarde-le à la poubelle.

- Pfmiumm, disserta la belle en se pelotonnant voluptueusement sous la couette en plumettes.

Un petit sanglot la tira de sa recherche d'un secondo dodo.

- Qui pleure ici ? s'enquit Bertille-Adèle. C'est toi, petit réveil ?

- Snif-foui. S'il te plait gentille Bertille, appelle-moi par mon prénom : Tictacomtois. Je ne veux plus être considéré seulement comme un RÉVEIL, celui qui déchire la bulle des rêves et tire en sursaut du sommeil. On ne voit de moi que mon côté face, celui où se trémoussent, guillerettes - pour mieux nous leurrer -  les implacables aiguilles, complices du temps qui passe. As-tu, ne serait-ce qu'une seule fois par simple curiosité, jeté un coup d'œil sur mon côté pile ?

- Euh... non, j'avoue. Retourne-toi pour voir. Ouh là... Tictacomtois, tes yeux sont très mélancoliques... aurais-tu des soucis ?

- Depuis hier je n'ai plus le cœur à drelin-dreliner, on a enfermé derrière des barreaux de fer mon ami Roro, le gentil robot d'acier aux grands yeux de bulles.

On l'accuse bien à tort, lui qui vit de l'air du temps, d'avoir dévoré Pimpin, le lapin des Mytho, ses voisins. Depuis ce triste épisode, je me sens bien seul, je n'ai plus que mes yeux pour pleurer.

- Un robot sans bouche dévoreur de lapin ? Mon œil ! La supercherie saute aux yeux. Comment faire pour t'aider ?

- Va trouver Z'yeux de mouche, la caméra noire de la rue des Mouchards, elle capte tout et n'a pas froid aux yeux.

Bertille mit sa mantille - une dame de bonne condition, bien qu'en chemise de nuit, se doit de ne point sortir en cheveux - et courut interroger l'espionne aux yeux noirs.

Celle-ci lui délivra un renseignement primordial - qu'elle lui fit payer les yeux de la tête - il y a deux jours, en pleine canicule, la femme Mytho se baladait incongrument emmitouflée d'un col de lapin.

Bertille-Adèle vit rouge. Elle courut alerter les pandores galonnés et culottés de bleu. Rendus chez les Mytho, ils tirèrent de sa sieste le pot au feu - qui n'avait pas trop les yeux en face des trous -

il reconnut fièrement avoir mijoté un civet dont il était encore, slurp, tout enivré.

On libéra Roro que Bertille adopta.

On condamna les Mytho à épousseter, journellement - et... avec délicatesse, je vous prie - la carapace de Roro le petit robot. Leurs balayettes, en plumes de paon bleu, n'étaient pas anodines : les ocelles de leurs grands yeux étant des indics à la botte de l'impitoyable Z'yeux de mouche. On pouvait compter sur elle pour garder à l'œil les mythomanes Mytho.

Tictacomtois se reprit à tictacer en toute sérénité, prenant soin de retarder chaque jour d'un quart d'heure, afin que le temps file moins vite pour sa bienfaitrice, sa bonne fée, Bertille- Adèle.

Malcomm Ode pardonna à Tictacomtois son omission de carillon.

Il lui jura que, plus jamais, il ne le traiterait ni de cossard, ni de réveil.

Il lui offrit une rééducation de sonnerie auprès des bronzes cristallins d'un bienveillant clocher comtois, très coquet sous son croquignolet croquet jaune - caca d'oie.

 

 

 

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C'est un jardin extraordinaire

Publié le par François & Marie

Marie continue de révéler les belles histoires de son jardin :

 

Le clou du spectacle

Les ages de la vie

Monsieur Météo

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Les images de Marie

Publié le par François & Marie

Marie sait découvrir, dans le petit peuple qui habite son pré, des images insolites qui échappent à ces messieurs-dames de la ville, trop pressés pour remarquer  ces jolis cadeaux du quotidien.

Heureusement Marie veille....

Hommage à l'automne naissant: "Roses d'antan"

 

Pioupioutage

Les coings-coings

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Défi n°208 proposé par Jill Bill pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" Clamez votre innocence dans une affaire mal barrée pour vous..."

Trois mots imposés : St Frusquin, échafauder, alcades.

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- Prévenu, levez-vous.

La voix de stentor du magistrat fit vibrer le silence du Tribunal.

- Euh, je suis déjà debout, vu qu'on ne m'a pas donné de quoi poser mon postérieur, Votre Honneur.

- Ne dites pas "Votre Honneur" mais "Monsieur le Juge", je vous prie.

- Bien enregistré, Monsieur le Jugejevousprie.

Le regard de l'homme de loi se fit perçant sous la broussaille des sourcils.

- Prévenu, veuillez décliner votre identité.

- AH , Alejan-dro, Alexan-der, Ales-sandro, Mon-sieur le pré-sident, articula dis-tincte-ment ledit prévenu.

- " Monsieur le Juge ". On dit Monsieur le Juge et non "Monsieur le président", rectifia en soupirant Monsieur le Juge.

- Euh voui Monsieur le pr Juge.

- Prévenu, veuillez me stipuler à nouveau votre patronyme.

- Stimuler mon patronyme ? euh... ? Monsieur le pré Juge ?

- Oui ... PRÉCISER votre NOM DE FAMILLE,  c'est clair, non ? s'agita le juge de paix dont la paix intérieure commençait à s'écorner.

- AH, Monsieur le prési Juge.

- AH ? pourquoi dites-vous "AH" ? Avez-vous compris ma question ?

- Voui Monsieur le presid Juge, je comprends que vous me demandez de simuler le nom de ma famille patronyme.

- On dit "ou-i" et non pa "vou-i", s'irrite l'alcade en agitant sa large manche d'alcade d'où pointe un index d'alcade. Allez-vous vous décider à répondre à ma question ! Comment vous appelez-vous ! (scregneugneu)

Des perles de sueur embuèrent le front du prévenu. Il venait de commettre une bourde en échauffant la bile de son investigateur.

Son voisin de dortoir, habitué aux ors du Palais (de justice) l'avait pourtant bien coatché : fais gaffe mec, t'es mal barré, n'aggrave pas ton cas, réponds clairement aux questions, ne mets pas les mains dans tes poches (qu'il avait cousues pour éviter le geste réflexe), vide - les de leur inutile St Frusquin, sois pré-sen-table, rabats à la brillantine le caquet de tes épis capillaires; ne t'asperge pas de sent - bon, ton écœurante gomina y pourvoira. N'énerve pas le Juge, ne nie pas les accusations, n'en rajoute pas non plus, histoire de te faire mousser.

Ce conseilleur en pyjama (rayé) était un sage. Il l'avait convaincu : il allait faire son mea culpa, il avait même échafaudé le projet d'y adjoindre deux Pater et deux Avé, censés lui éviter la guillotine.

- Prévenu, RÉPONDEZ !

- AH. Mon patronyme de famille stipulé est "AH", Monsieur le préside juge.

- Ah ! c'est AH... ah ?... s'étonna le juge. Et votre prénom ? C'est Alexandre en triple exemplaire ?

- Oui Monsieur le présiden Juge. Mes parents se sont connus autour d'une macédoine de légumes - ils en ont toujours été friands. Comme ils avaient de l'ambition pour moi, ils me rêvaient empereur... ouais, ni plombier, ni ministre, simplement Empereur. En toute logique, ce serait Empereur de Macédoine, comme Alexandre Le Grand, d'où mon prénom. C'est tout simple.

- Quelle raison les a amenés à vous doter d'une triplette d'Alexandre ? s'inquiéta l'alcade à la robe vermillon qui se cala dans le velours vermillon de son fauteuil d'alcade vermillon.

- C'est limpide, Monsieur le Juge-président, s'ils m'ont doté c'est parce qu'ils n'ont pas voulu faire de jaloux : mon père est Espagnol, ma mère Anglaise et notre voisin de palier, Italien, d'où Alejandro-Alexander-Alessandro.

- Han han... han, han... réflexionna le juge vermillon qui reprit.

- Énumérer tous ces Alexandre me paraît un exercice fastidieux, si vous le permettez, je vais m'en tenir aux initiales. Donc, AAA AH...

- Ah ah ah ah ! s'esclaffèrent poliment en écho, le greffier en chef, grand dégingandé au teint bistre, le stagiaire judiciaire, bigleux lèche-bottes boutonneux, l'apprentie greffière bonne fille ronde et pas fière et le technicien de surface, emblousé de vert de gris, occupé à fourbir au Miror la balance justicière. Ah ah ah ah !

- Suffit ! tonna l'alcade, menaçant l'assistance de sa canne d'alcade vermillon au pommeau vermillon d'argent. Son regard de braise les tint en joue tandis qu'il allait tester son autorité. Votre cas est gravissime AAA AH (onc ne pipa.), les chefs d'accusation vous concernant sont les suivants : VOLS, j'ai bien dit VOLS z'au pluriel AAA AH (s'il y avait eu une mouche, on l'eut entendue voler, hélas il n'y avait pas de mouche... jamais là quand on en a besoin...). Je m'en vais les énumérer. Levez-vous AAA AH (pas de couac, tous se tinrent cois).

- Bin, excusez-moi de vous demander pardon Votre St Siège, je vous rerépète que j'suis debout, puisque je n'ai pas de siège.

- Gnin... "Monsieur le Juge"... bref. Je fais lecture. Chef d'accusation premier :       " Le sieur AAA AH a dérobé une précieuse clé à une fermière."

- Ça n'était que la CLÉ DES CHAMPS ! Je milite pour la libération des sauterelles et des coccinelles, Monsieur le Jugebref.

- Chef d'accusation deuxième : " Le sieur AAA AH a volé douze bidons d'huile." (du coin de l'œil l'homme de robe s'assura que personne ne se bidonnait.)

- La dose D'HUILE DE COUDE à appliquer d'urgence à une foultitude de feignants et feignasses, Monsieur le....

- Chef d'accusation troisième : " Le sieur AAA AH a subtilisé quatre boites légères comme plumes."

- Quatre boîtes de petites bulles ! des jolies BULLES POUR NIVEAU À BULLES. Fallait bien que quelqu'un s'inquiète enfin du sort de la tour de Pise, M'sieur le...

- Chef d'accusation quatrième : " Le sieur AAA AH a chouravé un marteau, une échelle et, plus ébaubissant encore, une boite de trous..."

-  J'essplique : sur les coups de midi, un jour d'août, mon poteau le cuistot s'est trouvé bougrement ébaubi, lui aussi, lorsque, tel un typhon, des touristes japonais ont débarqué dans sa guinguette au stade ultime de l'hypoglycémie tourbillonnante. Il y avait urgence vitale à lui venir en aide. Je n'ai fait que lui dégoter un MARTEAU À CLOUS DE GIROFLE (si bons dans sa blanquette) et une ÉCHELLE À MONTER LES BLANCS D'ŒUFS destinés à une superbe île flottante, sorte de madeleine-doudou pour ces insulaires affamés. Vous auriez fait la même chose pour un de votre pote, Mons'...

- Mouai... Et la boite de trous AAA AH ?

- Votre Seigneurie, comme on n'a pas manqué de vous l'apprendre sur les bancs de la Fac de Droit, le vermicelle japonais est d'un diamètre différent de celui de nos vermicelles vermisseaux, j'ai donc amicalement procuré à mon ami marmiton un assortiment de TROUS DE RECHANGE POUR SES PASSOIRES.

-  Chef d'accusation cinquième : Le sieur AAA AH, a chapardé... ah ! ah ! ah ! DE LA PEINTURE À PEINDRE DE L'ÉCOSSAIS." Ah ! ah ! ah ! ah! ah !... Bin quoi ? Ça ne vous fait pas marrer la peinture à peindre en écossais ? ah ! ah ! ah ! ah  !

- Ahahahah ! Ahahahh ! s'exclama enfin l'assistance qui était dure de la comprenette.

- Après une longue délibération instantanée entre moi-même et moi aussi, nous avons décidé d' ACQUITTER le sieur AAA AH qui nous a bien dilaté la rate, déclara haut et fort le Juge magnanime (Ernest, dit Nènèss' pour les intimes).

L'assistance porta en triomphe l'amnistié.

Nènèss ', le vieil alcade fatigué rentra à petits pas retrouver sa pipe, ses chaussons et ses chats. Avant de s'enrouler dans son plaid écossais élimé, il le considéra un instant et gloussa  " Hihi ! cher vieux tartan, ça te dirait d'être repeint, un d' ces jours ? ".

 

 

 

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Défi n° 207 proposé par DOMI, Amiral de la Communauté des CROQUEURS DE MOTS

Publié le par François & Marie

 

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                           AVISSS À LA POPULATION !

           DOMI, NOTRE AMIRAL, qui tient la barre du fier navire 

           DES CROQUEURS DE MOTS

           RECRUTE DES MOUSSAILLONS !

           VENEZ REJOINDRE L'ÉQUIPAGE !

Ève et son Adam jadis croquèrent la pomme,

tandis que Léonard nous croquait sa Joconde

et le grand loup méchant, le rouge chaperon.

ICI, NOUS, AVEC DÉLICES, NOUS CROQUONS LES MOTS !

                                  VENEZ !

                   

http://croqueursdemots.apln-blog.fr/

 

 

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C'est la rentrée

Publié le par François & Marie

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Défi n° 206 proposé par Astree "Fleur de flocons" pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

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" Pouvez-vous imaginer qu'un personnage fictif rencontré à travers un roman ou un film vous écrive ? À moins que ce soit vous qui ayez quelque chose à lui dire... Présentez-nous ce personnage, sa lettre ou la vôtre. "

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                            Cher Monsieur Larousse,

                                                                              Permettez moi d'abord de vous féliciter pour vos recueils riches de mots par milliers. Merci pour ces précieux alliés que j'apprécie à un point tel que, si je devais m' isoler sur une île déserte en emportant un seul livre, c'est votre dictionnaire que je choisirais. Au fait, pourquoi diable m'en irais-je sur une île déserte ?

                                                                Figurez-vous Monsieur, que vous m'avez causé grand tort et placée dans une situation fort délicate vis à vis de mes partenaires de Scrabble. Je m'en vais vous détailler la chose -  en calligraphiant les chiffres, NON PAS EN LETTRES, comme le conseille vivement le GUIDE DU BIEN ÉCRIRE, mais en CHIFFRES, afin que vous mesuriez l' ÉTENDUE DE MON DÉSARROI et l' ENVERGURE  de VOTRE RESPONSABILITÉ -   Après tirage, à l'aveugle, de sept petits pions carrés que je plaçai délicatement sur mon mini chevalet scrabbleux, imaginez ma joie lorsque je découvris que le sort m'avait attribué un mot ravissant " GYKJXWZ ", quelle aubaine ! J'allais empocher le pactole en cumulant la valeur de chacune de ces lettres RICHES, soit 60 points, et, en PLUS, je fis " SCRABBLE " (50 points supplémentaires in my pocket). Comme un bonheur n'arrive jamais seul, je me retrouvai sur une CASE ROUGE, qui TRIPLA mes GAINS. J'allais atteindre le Nirvana.

Récapitulons : 60 x 3 + 50 = 230 POINTS.

C'est alors que l'un des mes partenaires ADVERSAIRES s'écria :

« Tss Tsss Tssss, HALTE LÀ ! C'EST PAS DANS L' DICO ... »

Et QUI EST RESPONSABLE du fait que gykjxwz ne soit pas dans l' dico ? VOUS, Monsieur.

                                                   Dans votre Larousserie, j'aurais dû logiquement dénicher MON gykjxwz entre votre définition fort instructive de " gymnosophiste " et celle, plus indispensable encore de " gyromancie ". À la place de MON gykjxwz il y a un vide, une vacance, un désert. Qu'en déduire ? Est-ce de la mauvaise volonté de votre part ? Est-ce un fâcheux oubli ? Est-ce le rejet d'un mot aussi banal et simple que le nom  du volcan islandais Eyjafjallajökull ?

                                                    Votre omission, cher Monsieur Laroussétourdi, me fut fort préjudiciable, me fâcha avec mes amis, me condamna aux parties de Scrabble en solitaire. En vérité je me suis bien amusée ! Quelle revanche de pouvoir tarabiscoter des mots qui, tss tsss tssss, ne sont pas dans l' dico, quel plaisir de gagner chacune des parties.

                                                      Autre point de dissension entre vous et moi, cher Monsieur Laroussemeur : votre logo. Vous adulez les aigrettes d'un de mes ennemis intimes, le Taraxacum aux dents de lion que vous incitez à semer à tout vent. Je confirme ! Cet intrus a colonisé ma verdure champêtre. Ce sournois s'incline obséquieusement sous les lames de ma tondeuse, se redresse après mon passage, me nargue, superbe, arrogant, indemne et flavescent. Oui, oui, Monsieur Laroussi, grâce à vous mon gazon est flavescent.

                                                       Je ne vous salue point Monsieur, vous avez ruiné ma carrière scrabblesque et m'avez déçue en odifiant le cramaillot, notre Taraxacum franc-comtois, fort prisé en confiture mais honni au milieu de mon herbage.

PS : Adieu Monsieur, vous n'avez plus ma préférence. Prochainement je m'expatrierai vers une île déserte, en compagnie du grand et du petit Robert.

                                   

 

Publié dans Défis

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Défi n° 205 (lipogramme en " G ") proposé par Jazzy pour Les Croqueurs de Mots.

Publié le par François & Marie

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" Adepte du lipogramme, cet ours polaire, arrivé dans nos contrées, se charge d'annuler toute lettre " G " de son vocabulaire. "

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- Allo allo allo ! SOS Maître ! je suis perdu... Alloooo... s'époumone ours blanc.

- Allo ? C'est toi Gédéon ? s'écrie le vieux grizzly, c'est toi l'ours blanc Gédéon, le  galopin fugueur ? C'est une galéjade ? Je me gausse, tu bigophones à ton magister âgé, au lieu de voyager jusqu'à lui ? As-tu songé qu'en utilisant cette énergie tu allais encourager l'aggravation de la désagrégation des glaces du Groenland ? Ah ! elles ont bigrement dégénéré les exigences que tu griffonnas en prologue de ton ouvrage " Soyons vigilants. Protégeons le globe. " 

- Maître, vous faites erreur, je.../

- Gnagnagna, gringalet gredin ! Je distingue mal ton langage, il émerge en gargouillis, en borborygmes, un vrai jargon, est-ce en argot que tu grognes gauchement ? Tu sembles très éloigné, comme si tu voyageais à l'étranger...

- Justement Maître... je voulais vous dire.../

- Mon gaillard, daigne te garder de guillotiner mon langage.

- Maiiis... Maîîître... si j'ose vous couper la parole, c'est que.../

- Il suffit, garnement ! abrège ton trépignement de gosse trop gâté, tu obligerais bigrement ton vieux maître si tu regagnais diligemment ta grotte. Moi-même et tes amis plantigrades présageons que tu diligenteras ton retour. Nous ne te tiendrons pas rigueur de ta fugue, espiègle gamin. Pour te signifier que nous n'éprouvons point d'aigreur à ton encontre, nous t'avons gratiné des godiveaux et grillé des gaufres de gobio-gobio, ce goujon que tu goûtes bougrement !

- Oh ! Maître... Vous savez combien j'éprouverais une vive satisfaction en savourant ces poissons, mais je me trouve en immense désarroi...

Petit ours blanc ne put rien ajouter, les contractions spasmodiques de la cloison musculaire et tendineuse - en forme de coupole - séparant les cavités thoracique et abdominale, lui provoquèrent de furieux hoquets : il se mit à chouiner.

- Sont-ce des sanglots que je distingue ? s'étonna le grizzly.

- Je vous en supplie Maître, écoutez-moi : je suis en double détresse. Primo, je suis très très loin loin, perdu perdu, secondo nous sommes tombés dans le traquenard d'une œuvre littéraire dans laquelle Jazzy nous impose de ne pas faire entrer la lettre de l'alphabet, incluse entre le " F " et le " H".

- Tu veux dire le " G " ?

- Arrrh... Chuuuuuuut ! malheureux, cette lettre est interdite, verboten, interdetta, prohibit.

- Tu veux dire que tu t'es engagé à mettre l'embargo sur le " G " ?

- Arrrh ... (accablement profond)

- Bon, j'ai bien enre♦istré : pas de " ♦ ", je m'y en♦a♦e.

- Pfffou... c'est pas " palpé " !

En effet, ça n'était pas " palpé " : le vieil ursidé, mammifère omnivore, considéré comme sous-espèce de l'ours brun - 180 à 250 jours d'activité physiologique à partir de la fécondation jusqu'à la mise bas - s'entêta.

- Tu veux dire que je ne saurai jamais pourquoi, toi, ♦édéon, si♦ne du sa♦gittaire,  ♦ai, ♦affeur, ♦ourmand, tu t'es éloi♦né de la banquise du ♦roeland ?

- (Quand je vous disais que ça n'était pas ♦a♦né !) Maître je m'en vais tout vous avouer, sans manquer de détermination, ni perdre de volume : j'ai lâchement abandonné notre équipe pour m'adonner, solitairement, à un sport de plein air qui nous vient d'Écosse. Après avoir façonné une petite boule de vapeur d'eau atmosphérique pétrifiée en fins cristaux blancs, j'ai putté, putté, putté sur les pavés liquides solidifiés par le froid. Pendant des heures j'ai folâtré, insouciant, d'une humeur de pinson, sans me rendre compte que je dérivais et que j'accroissais la distance d'un lieu à un autre lieu. Et voilà que je me retrouve en un site hors du commun, sur un fleuve du département trente et un, dont les affluents sont, entre autres, le Lot et le Tarn. Sur ses rives croissent des corps feuillus  à branches et troncs, inconnus dans nos contrées frissonnantes.

- Bin mon ♦énéral ! C'est du lourd. Tu vas na♦er jusqu'à ces ♦enres éni♦matiques, les re♦arder de près pour m'en si♦naler leurs sin♦ularités en un abré♦é ar♦umenté.

- Hélas... Je ne sais ni me soutenir sur l'eau ni me déplacer dans le milieu aquatique au moyen de mouvements appropriés...

- Bref, tu ne sais pas na♦er ?

- Ma réponse est opposée à l'affirmatif...

- Quelle tra♦édie, adieu, tu vas finir noyé...

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Vous qui passez près du fleuve toulousain, ne soyez pas surpris d'y voir un bel ours blanc qui se balade, insouciant et tranquille, sur un tronc de noyer qui lui a opportunément évité de se noyer.

 

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Défi n° 204 (Robert) proposé par Zaza Rambette pour les Croqueurs de mots.

Publié le par François & Marie

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Zaza Rambette nous propose de :

" Parler des Robert, célèbres ou non, en prose ou en vers et surtout de nous faire sourire."

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- Eh bien M'âm' Michu, quelle nouvelle ! Le petit Robert serait le fils putatif du grand Larousse ?

- Eh là ! Jamais je n'ai affirmé qu'une péripatéticienne chevelue intervenait dans cette affaire, en revanche je sais que l'Ancy Clopédie est bien l'ancêtre du ptiot Robert.

- Alors dans ce cas, le ptiot Robert serait le cousin du Roberto...

- Exact ! Le fameux Roberto à qui sa mère disait : Tôt ou tard les carabiniers sauront que tu braconnes des têtards quand tu rentres très tard Roberto.

- En voilà un qui aurait dû se prénommer Robertard...

- Savez-vous pourquoi les Bobby, Roberto et autres Robin ont occulté leur prénom Robert et opté pour des diminutifs ?

- Euh... non, pour avoir les cheveux plus courts ?

- Parce qu'ils trouvent Robert malsein ...

- Savez-vous que certains Robert sont thésaurisateurs ?

- Ah ? Ils économisent ? capitalisent ? font leur pelote ?

- Non, non. Ils accumulent les chiffres, ce sont en quelque sorte des bègues en chiffres.

- ... ?

- Certains sont tri-bègues :

Tri-bègue du chiffre " un ", Saint Robert. Après avoir fait l'ermite, il se mit enfin au boulot, fonda l'abbaye de Molesne puis celle de Citeaux, et mourut en paix en 1110.

Tri-bègue du " neuf ", Robert Bresson. Son clap de fin fit clac en 1999.

Tri-bègue du " huit ", en 1888 on adapte sur les biberons la tétine " Robert " en caoutchouc. Les nourrissons qui en avaient marre de biberonner à la régalade, lui disent merci Robert !

D'autres ont hérité de chiffres bi-bègues :

En 1773, oh joie pour Charles-Ange Surcouf Sieur de Boisgris et son épouse Rose-Julienne Truchot de la Chesnais : Robert vient de naître en leur foyer malouin; aussitôt ils rêvent de lui voir embrasser la prêtrise. J' t'en fiche ! Le Robert Surcouf, jeunot intrépide et bagarreur au tempérament de feu, a d'autres visées. À treize ans il fugue de l'internat religieux après avoir mordu le mollet d'un prêtre qui tentait de le retenir, aïe-eu - il devait avoir une dent contre lui - quitte père et mère, prend la mer et ne chôme pas ! Il devient capitaine-corsaire, fait cauchemarder les Anglais. On le surnomme " l'ogre du Bengale " (il apprécie) et aussi " gros Robert " (ça, il aime moins). Son périple s'achève à St Malo où il meurt riche armateur, à cinquante quatre ans. (il eut attendu une année de plus : 55, il se retrouvait double bi-bègue... c'est ballot-ballot ! c'est perdu, tant pis.)

Bi-bègue du " quatre ", Robert Charlebois (1944), québécois chantant qui nous assure qu'il reviendra à Montréal quand les hommes vivront d'amour, pour rencontrer Madame Bertrand.

1994 a sonné la pause de la pose pour Doisneau, le Robert du clic-clac Kodak.

En 2011, Robert Lamoureux s'en est allé vérifier si son canard - celui qui est toujours vivant - a été, oui ou non, mitonné en magrets par le grand Saint Pierre de là-haut.

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Robert est illustre et brillant sous son haubert.

Si on enlève le haubert de Robert,

que restera-t-il du Robert ?

Peut-être un dictionnaire...

BONNE FÊTE ROBERT !

 

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